@Xavi
Hélas, vous persistez dans une série d’affirmations qui montrent un regard négatif sur les déclarations conciliaires
Non, pas les, mais des. J’appuie totalement le concile sur
-la vengeance divine (vindicta)
-la défense de la doctrine
-la réfutation des erreurs.
-la primauté du latin et du grégorien
Tout ce qui est pasto peut être erroné sans exception.
Mais ce petit résumé exact rappelle seulement le fait que tout langage humain oral ou écrit (et cela s’applique aux textes bibliques inspirés) implique toujours inévitablement une réception selon la compréhension de ce langage par celui qui écoute ou qui lit. Un texte est toujours à interpréter et à comprendre par son destinataire. À cet égard, la communion de l’Église est indispensable. Sans l’éclairage de la Tradition, tout texte biblique peut être déformé par des interprétations particulières selon les subjectivités infiniment variables.
C’est ce que dit le serment antimoderniste… D’autre part la réception n’est pas qu’une affaire de compréhension mais aussi d’hérésie et de péché. Que la crainte de l’enfer soit un don divin est parfaitement compréhensible par les hérétiques qui s’y opposent ou le censurent (cryptogamie); c’est justement pcq c’est parfaitement compréhensible qu’ils s’y opposent, avec les mondains.
Si l’absence de compréhension vient de la volonté de ne pas comprendre, il faut s’y opposer bec et ongle dans le combat de foi.
Il faut bien sûr éviter tout biblisme qui ne serait « que pasto et pratique », mais cela me semble une évidence. Tout usage de la parole biblique doit sans cesse veiller à sa cohérence avec la Tradition catholique et donc les dogmes.
Il y a peut-être un malentendu ici. Par biblisme qui n’est que pasto et pratique, je voulais dire que Dei verbum est bibliste seulement en ce sens, pas au sens doctrinal ou protestant. Pour la doctrine pas de problème, mais à cause du biblisme pasto (seulement) de Dei verbum la doctrine, le dogme, ne se rend pas dans les homélies, années après années (sauf chez les néotrindentins)
Il me semble, par contre, contraire à la foi catholique de considérer que « le concile peut avoir été une erreur, au moins circonstancielle, en tout ou partie ».
Non c’est pas contraire à la foi, si on précise bien (au contraire de la fsspx) « erreur pasto »
Vous ne partagez pas la conviction que « les déclarations conciliaires, fruit de discussions humaines souvent complexes, sont, pour toute l’Église, un phare sans lequel les déviations de la foi catholique peuvent être tout aussi graves que celles du "biblisme"». Au contraire, vous pensez « Jamais en pasto. L’esprit n’a rien à voir là-dedans ». Je ne peux que confirmer mon désaccord.
J’apporte une nuance due à votre formulation : si on dit « les déclarations » prises comme un tout (au lieu de « des ») , oui c’est un phare (avec grosses imperfections ^possibles) sans lequel les choses peuvent (SEULEMENT), ont la possibilité d’être pires. Ça me fait penser à la réponse de Paul VI, qui était d’accord sur le désastre, à Lefebvre : la « solution » de ce dernier était pire que le mal. Ici, ma position est celle des tests empiriques nécessaires (car on est en pasto, dans la pratique) pour trancher. Ça peut être vrai, mais ça peut être faux. Donc malgré ses erreurs risquées, la fsspx a une mission cruciale, d’ici l’élimination de certaines cohortes générationnelles.
Vous considérez de manière critique que « le concile commet une omission en ne précisant pas la place centrale que doit avoir le dogme en homilétique ».
Mais, dire que le Concile « permet » la censure du dogme du seul fait qu’il ne le mentionne pas explicitement me semble une déduction erronée qui ne s’explique que par un a priori négatif.
En fait, les homélies ne sont pas l’objet particulier de la déclaration Dei Verbum que vous considérez et l’absence du mot « dogme » ne constitue pas, à elle seule, une omission de sa place centrale qui est, au contraire, clairement rappelée sous le vocable plus général de la Sainte Tradition :
Tout à fait, OK. Mais au no 24 on parle de l’homélie et tout à coup le dogme est absent, il y a bifurcation. Naturellement, Ça n’implique aucunement la censure du dogme, mais ça le permet, comme aussi bien sûr sa non censure. Vous me direz : alors la cause est ailleurs. Oui, mais la concile est aussi cause permissive (comme pour la musique pop vs le grégorien), avec infinies conséquences.
Mais, contrairement au texte biblique inchangeable de la parole de Dieu, le Concile rappelle que « Cette Tradition qui vient des Apôtres progresse dans l’Église, sous l’assistance du Saint-Esprit » et « C’est cette même tradition, qui fait connaître à l’Église le canon intégral des Livres Saints ; c’est elle aussi qui, dans l’Église, fait comprendre cette Écriture Sainte » (DV n° 8).
À cet égard, contrairement à ce que vous écrivez, il me semble excessif d’affirmer que les dogmes « sont la parole ».
Pas si clair. Ils ne le sont pas exclusivement bien sûr. Mais la parole inclut les doctrines morales infaillibles, en fait tout ce qui est infaillible.
Vous estimez que « l’équilibrisme de Vatican II va entrainer des contresens et de terribles omissions, si évidentes depuis 50 ans », mais cette évidence ne me semble pas du tout réelle. Bien au contraire, chacun peut observer les profonds changements qui n’ont cessé de se démultiplier dans la société (et particulièrement dans la société occidentale) où les bouleversements des structures les plus fondamentales comme la famille, autant que le développement des sciences et des technologies, ont profondément affecté les modes de pensée et de vie, ce qui a inévitablement influencé la théologie et les orientations religieuses de diverses manières.
Dans les désordres postconciliaires, qui peut prétendre distinguer avec « évidence » ce qui serait imputable aux pères conciliaires de ce qui résulte des regards nouveaux et des idées nouvelles dans la société.
Attention, j’admets totalement le point, Mgr Lefebvre aussi d’ailleurs quand il écrit que la tempête est une cause, mais que justement le concile a ouvert les digues (omission des défenses, exactement l’idée de la cryptogamie de Rahner). La censure de L’enfer et du purgatoire en prédication, es indulgences etc.etc, est tout sauf inévidente.
Sans le Concile Vatican II, qui peut affirmer que les désordres n’auraient pas été pires encore ?
C’est la question à 1 million! Mon hypothèse, invérifiable, Ça aurait été pire en 65-85, puis avec remontée spectaculaire, comme chez les néotridentins ou certaines communautés nouvelles (20 X plus de vocations proportionnelles, rajeunissement spectaculaire).
Mais, il me semble vain d’en discuter s’il n’y a pas d’abord la conviction que l’Esprit Saint a été activement à l’œuvre dans le Concile et a veillé lui-même à ce que ses déclarations majeures soient conformes au plan divin et au plus grand bien de l’Église et du monde.
Soyons un peu plus concrets :
-y a-t-il un lien entre concile et messe western (on pourrait dire messe cowboy) et la participation active, la permission de la musique pop et le transfert de pouvoir liturgique aux post conciliaires locaux, toute choses dans le texte du concile ?
-la messe cowboy détruit-elle le symbolisme du st sacrifice expiatoire des catés et de l’intro du novus ordo ?
-Le st esprit conciliaire veut-il la destruction symbolique du st sacrifice expiatoire enseigné par l’église ?
-Donc le st esprit se contredit-il ?
-le st Esprit ne pourrait-il pas punir certains manipulateurs de concile? Purifier son église en la punissant implacablement avant un nouveau concile correcteur ?
Il serait prudent de limiter le rôle du st Esprit à ce qui est infaillible. D’ailleurs les différentes notes théologiques sur le degré de certitude des documents montrent que la certitude pasto est toujours beaucoup plus basse. C’est pourquoi la foi à la fsspx est essentiellement la même.