par Perlum Pimpum » jeu. 17 août 2023, 12:16
Bonjour,
Sachez que je suis profondément et de tout cœur avec vous.
Je ne suis pas une bonne chrétienne. Avant de me retourner vers la foi, j'ai énormément péché et j'ai eu des comportements inacceptables et nocifs pendant mon adolescence, dans mes relations amoureuses. J'étais particulièrement toxique, et, je ne connaissais pas l'impucidité ou ce genre de choses. Je vivais une vie d'Athée. Et malheureusement, mon désir de plaire m'a aussi parfois menée dans l'adultère.
Sauf qu'en me retournant vers le Christ, ces désirs n'ont pas disparus. Ainsi chaque jour je pèche contre le Seigneur de ces deux péchés par la pensée, le regard, la masturbation... l'imagination
je n'arrive plus à m'arrêter… Chaque jour je pèche en toute CONSCIENCE, mais malgré ma lutte… je finis par recommencer…
Et j'ai l'impression… que je vais brûler pour tout mes péchés
La grande difficulté où vous vous trouvez résulte principalement qu’ayant longuement réitéré les actes, vous en avez maintenant l’habitus (disposition stable à agir en un sens déterminé), de sorte qu’ayant ainsi tant goûté aux délices corrompus de la chair, vous est extrêmement difficile de vous en passer : ils vous obsèdent.
Vous voudriez changer, et dites chercher refuge dans le Seigneur, mais rien n’y fait : les désirs ne disparaissent pas, et vous continuez d’y céder. De sorte que, saisie de découragement sinon de désespoir, vous en êtes à poser ce diagnostic terrifiant : « je vais brûler pour tout mes péchés ». Et là, je dois intervenir : ne désespérez pas !
Car pourquoi, malgré que vous vous soyez tournée vers le Christ dans l’espérance qu’il vous délivre en vous donnant de refuser de consentir au péché, cette espérance n’a pas été pas suivie d’effet ? Serait-ce que Dieu soit menteur, lui qui a dit : demandez et vous recevrez, qui cherche trouve, qui demande reçoit ? Serait-ce que l’espérance théologale soit trompeuse ? Jamais ! Alors pourquoi ? Pour autant que je sois apte à discerner la réponse, par savoir théologique autant que par expérience passée, parce que vous n’avez pas eu la volonté de changer de conduite, n’en ayant eu que la velléité. Je ne le dis pas pour vous juger - je ne vous juge aucunement, et je comprends votre détresse - mais pour vous donner de comprendre pourquoi, malgré que vous ayez cherché auprès du Christ votre délivrance, vous ne l’avez pas obtenue.
Vous devez comprendre que l’acte d’espérance, comme l’acte de charité, est un acte de la volonté. Pour que le Christ vous libère des actes auxquels vous vous livrez, vous devez VOULOIR cesser de tels actes, et vous tourner vers le Christ pour qu’il donne à votre volonté la force d’accomplir, malgré les passions qui vous assaillent, ce à quoi vous vous êtes résolument décidée. Mais ce n’est pas vouloir cesser d’agir fautivement que vouloir agir fautivement en demandant au Christ qu’il nous libère : il n’y a pas ici volonté mais velléité de changer. Pour que votre espérance ne soit pas vaine, il vous faut passer d’une velléité de changement à une volonté de changement.
La velléité du changement consiste à vouloir pécher tout en demandant au Christ de ne plus vouloir pécher ; et ceci explique pourquoi le Christ n’exauce pas la demande. Il ne l’exauce pas parce que celui qui lui adresse la demande n’a pas la volonté de ce qu’il demande, n’en ayant que la velléité. Demander au Christ une chose qu’on ne veut pas n’est qu’hypocrisie et insolence : « leur coeur est partagé ; ils en porteront la peine » (Os. X, 2). Ne voulant pas changer, n’est pas davantage l’espérance du changement, laquelle est un vouloir. Bref, l’acte d’espérance ne produit son effet qu’autant qu’il soit véritablement posé. Cet acte étant un acte de la volonté, lorsque, loin d’avoir la volonté de changer, n’est que la velléité de changer, l’espérance n’existe pas (il n’y a qu’un simulacre d’espérance), donc ne peut produire son effet.
La volonté du changement consiste à ne plus vouloir pécher. Il vous faut donc vous tourner vers le Christ en lui demandant sincèrement la grâce de vouloir changer d’attitude, de vouloir fermement changer d’attitude, et en cette grâce celle d’avoir la force d’exécuter votre résolution. Il y a ici un cas de causalité réciproque : dans l’ordre de la causalité dispositive, c’est parce que vous voulez changer que Dieu vous donnera de changer ; dans l’ordre de la causalité efficiente, c’est parce que Dieu vous donnera de vouloir changer que vous voudrez changer et changerez. Donc, ce que vous avez à faire, c’est de vouloir changer en demandant au Christ qu’il vous donne de vouloir changer.
Mais pourquoi vouloir changer ? Pour éviter la damnation éternelle et son cortège de peines ? C’est un motif suffisant. Mais plus encore, pour aimer Dieu infiniment aimable : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. » (Mt. XXII, 37-38). Mais aimer Dieu implique d’accomplir sa volonté : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui. » (Jn. XIV, 21). Aussi la première prière d’espérance que vous avez à adresser au Christ Sauveur est d’aimer Dieu : mon Dieu, donnez-moi de vous aimer parce que vous êtes infiniment aimable, donnez-moi moi de vous aimer par amour de vous, et donnez-moi que vous aimant je m’abstienne du péché, de crainte que péchant je cesse de vous aimer…
Bien évidemment, ne suffira pas de poser un tel acte d’espérance pour ensuite cesser d’espérer. Il nous faut continuellement espérer (et aimer), ou du moins espérer sans négligence, surtout quand surgissent les tentations et les occasions prochaines d’être tentés. Bien évidemment encore, cette vie théologale de foi d’espérance et d’amour devra être alimentée par la confession et la communion fréquente. Et même ainsi, des rechutes seront à craindre, au regard de la force des habitus peccamineux qu’une vie de débauche passée à instauré dans l’âme, d’où le besoin de s’en purger en réitérant les actes contraires, pour obtenir enfin, d’abord la continence, ensuite la chasteté (qu’il s’agisse de la chasteté dans le mariage ou de la chasteté dans le célibat).
Je regrette de ne pas avoir été éduquée dans la foi chrétienne (bien que famille croyante). Je n'aurais sûrement succombé à tout ces vices.
Remarquez enfin que si vous souhaitez être à Dieu, vivre en état de grâce sanctifiante, il vous faudra aussi sortir du concubinage, soit pour vivre dans un célibat asexué, soit pour vivre votre sexualité dans les liens du mariage. Mais, la sexualité maritale étant de soi ordonnée à la procréation, la responsabilité morale des parents est d’éduquer ses enfants dans la voie de la sainteté, en s’y engageant soi-même, chose difficile si l’un des époux est athée.
Cordialement.
Bonjour,
Sachez que je suis profondément et de tout cœur avec vous.
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Je ne suis pas une bonne chrétienne. Avant de me retourner vers la foi, j'ai énormément péché et j'ai eu des comportements inacceptables et nocifs pendant mon adolescence, dans mes relations amoureuses. J'étais particulièrement toxique, et, je ne connaissais pas l'impucidité ou ce genre de choses. Je vivais une vie d'Athée. Et malheureusement, mon désir de plaire m'a aussi parfois menée dans l'adultère.
Sauf qu'en me retournant vers le Christ, ces désirs n'ont pas disparus. Ainsi chaque jour je pèche contre le Seigneur de ces deux péchés par la pensée, le regard, la masturbation... l'imagination
je n'arrive plus à m'arrêter… Chaque jour je pèche en toute CONSCIENCE, mais malgré ma lutte… je finis par recommencer…
Et j'ai l'impression… que je vais brûler pour tout mes péchés[/quote]
La grande difficulté où vous vous trouvez résulte principalement qu’ayant longuement réitéré les actes, vous en avez maintenant l’habitus (disposition stable à agir en un sens déterminé), de sorte qu’ayant ainsi tant goûté aux délices corrompus de la chair, vous est extrêmement difficile de vous en passer : ils vous obsèdent.
Vous voudriez changer, et dites chercher refuge dans le Seigneur, mais rien n’y fait : les désirs ne disparaissent pas, et vous continuez d’y céder. De sorte que, saisie de découragement sinon de désespoir, vous en êtes à poser ce diagnostic terrifiant : « je vais brûler pour tout mes péchés ». Et là, je dois intervenir : ne désespérez pas !
Car pourquoi, malgré que vous vous soyez tournée vers le Christ dans l’espérance qu’il vous délivre en vous donnant de refuser de consentir au péché, cette espérance n’a pas été pas suivie d’effet ? Serait-ce que Dieu soit menteur, lui qui a dit : demandez et vous recevrez, qui cherche trouve, qui demande reçoit ? Serait-ce que l’espérance théologale soit trompeuse ? Jamais ! Alors pourquoi ? Pour autant que je sois apte à discerner la réponse, par savoir théologique autant que par expérience passée, parce que vous n’avez pas eu la volonté de changer de conduite, n’en ayant eu que la velléité. Je ne le dis pas pour vous juger - je ne vous juge aucunement, et je comprends votre détresse - mais pour vous donner de comprendre pourquoi, malgré que vous ayez cherché auprès du Christ votre délivrance, vous ne l’avez pas obtenue.
Vous devez comprendre que l’acte d’espérance, comme l’acte de charité, est un acte de la volonté. Pour que le Christ vous libère des actes auxquels vous vous livrez, vous devez VOULOIR cesser de tels actes, et vous tourner vers le Christ pour qu’il donne à votre volonté la force d’accomplir, malgré les passions qui vous assaillent, ce à quoi vous vous êtes résolument décidée. Mais ce n’est pas vouloir cesser d’agir fautivement que vouloir agir fautivement en demandant au Christ qu’il nous libère : il n’y a pas ici volonté mais velléité de changer. Pour que votre espérance ne soit pas vaine, il vous faut passer d’une velléité de changement à une volonté de changement.
La velléité du changement consiste à vouloir pécher tout en demandant au Christ de ne plus vouloir pécher ; et ceci explique pourquoi le Christ n’exauce pas la demande. Il ne l’exauce pas parce que celui qui lui adresse la demande n’a pas la volonté de ce qu’il demande, n’en ayant que la velléité. Demander au Christ une chose qu’on ne veut pas n’est qu’hypocrisie et insolence : « leur coeur est partagé ; ils en porteront la peine » (Os. X, 2). Ne voulant pas changer, n’est pas davantage l’espérance du changement, laquelle est un vouloir. Bref, l’acte d’espérance ne produit son effet qu’autant qu’il soit véritablement posé. Cet acte étant un acte de la volonté, lorsque, loin d’avoir la volonté de changer, n’est que la velléité de changer, l’espérance n’existe pas (il n’y a qu’un simulacre d’espérance), donc ne peut produire son effet.
La volonté du changement consiste à ne plus vouloir pécher. Il vous faut donc vous tourner vers le Christ en lui demandant sincèrement la grâce de vouloir changer d’attitude, de vouloir fermement changer d’attitude, et en cette grâce celle d’avoir la force d’exécuter votre résolution. Il y a ici un cas de causalité réciproque : dans l’ordre de la causalité dispositive, c’est parce que vous voulez changer que Dieu vous donnera de changer ; dans l’ordre de la causalité efficiente, c’est parce que Dieu vous donnera de vouloir changer que vous voudrez changer et changerez. Donc, ce que vous avez à faire, c’est de vouloir changer en demandant au Christ qu’il vous donne de vouloir changer.
Mais pourquoi vouloir changer ? Pour éviter la damnation éternelle et son cortège de peines ? C’est un motif suffisant. Mais plus encore, pour aimer Dieu infiniment aimable : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. » (Mt. XXII, 37-38). Mais aimer Dieu implique d’accomplir sa volonté : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui. » (Jn. XIV, 21). Aussi la première prière d’espérance que vous avez à adresser au Christ Sauveur est d’aimer Dieu : mon Dieu, donnez-moi de vous aimer parce que vous êtes infiniment aimable, donnez-moi moi de vous aimer par amour de vous, et donnez-moi que vous aimant je m’abstienne du péché, de crainte que péchant je cesse de vous aimer…
Bien évidemment, ne suffira pas de poser un tel acte d’espérance pour ensuite cesser d’espérer. Il nous faut continuellement espérer (et aimer), ou du moins espérer sans négligence, surtout quand surgissent les tentations et les occasions prochaines d’être tentés. Bien évidemment encore, cette vie théologale de foi d’espérance et d’amour devra être alimentée par la confession et la communion fréquente. Et même ainsi, des rechutes seront à craindre, au regard de la force des habitus peccamineux qu’une vie de débauche passée à instauré dans l’âme, d’où le besoin de s’en purger en réitérant les actes contraires, pour obtenir enfin, d’abord la continence, ensuite la chasteté (qu’il s’agisse de la chasteté dans le mariage ou de la chasteté dans le célibat).
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Je regrette de ne pas avoir été éduquée dans la foi chrétienne (bien que famille croyante). Je n'aurais sûrement succombé à tout ces vices.[/quote]
Remarquez enfin que si vous souhaitez être à Dieu, vivre en état de grâce sanctifiante, il vous faudra aussi sortir du concubinage, soit pour vivre dans un célibat asexué, soit pour vivre votre sexualité dans les liens du mariage. Mais, la sexualité maritale étant de soi ordonnée à la procréation, la responsabilité morale des parents est d’éduquer ses enfants dans la voie de la sainteté, en s’y engageant soi-même, chose difficile si l’un des époux est athée.
Cordialement.