Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

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Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par Olivier JC » jeu. 30 mai 2024, 8:14

ChristianK a écrit : mer. 29 mai 2024, 14:30Exactement. Les 1ers xtiens étaient cettainement très fermés et apologétiques sur le fond, étant très minoritaires. Les pays plus majoritairement xtiens sont les plus contaminés par les mondains, de sorte que seule une partie ou un aspect de Vatican II y est acttivé.
C'est toute la difficulté du christianisme, ce me semble, à savoir qu'il est par principe une religion à vocation minoritaire. Certes, sa doctrine peut jusqu'à un certain point devenir dominante, et l'histoire l'a montré en Europe. Il n'en demeure pas moins que cela reste superficiel, et l'histoire de l'Europe le montre aussi.

D'un simple point de vue sociologique, une religion dont le fondateur a été tué en raison de sa doctrine et qui a toujours exalté ceux de ces adeptes qui étaient tués pour les mêmes motifs ne peut qu'être en permanence sur la brèche et en danger de disparition. L'histoire le montre également si l'on veut bien la lire avec les yeux de la foi et non uniquement avec ceux du sociologue.

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Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par ChristianK » mer. 29 mai 2024, 14:30

Exactement. Les 1ers xtiens étaient cettainement très fermés et apologétiques sur le fond, étant très minoritaires. Les pays plus majoritairement xtiens sont les plus contaminés par les mondains, de sorte que seule une partie ou un aspect de Vatican II y est acttivé.
La distinction fond et forme est excellente et elle est dans le discours d'ouverture de Jean XXIII. Sauf que le passage contre les "prophètes de malheur" et l'élimination de l'obligation du serment antimoderniste par Paul a fait en sorte que la forme a fini par mordre sur le fond il semble. Comme la forme liturgique a tout de suite mordu sur le st sacrifice expiatoire, même si celui ci restait bien présent dans l'intro du missel de 70 (pas celle de 69) et est revenu dans les caté de 92 et 2005.

Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par Olivier JC » mer. 29 mai 2024, 9:08

ChristianK a écrit : mar. 28 mai 2024, 17:28Seulement votre idée de déséquilibre est une hypothèse possible sans plus; on peut penser que d'un côté il y a déséquilibre d'adaptation pasto d'ouverture, de l'autre d'adaptation pasto de fermeture. Mais il est aussi parfaitement possible que ce soit l'adaptation pasto de fermeture qui soit équilibrée. Selon quel critère? d'abord 20 fois plus de vocations proportionnelles, noviciats et séminaires morts de l'autre côté, messe western etc. Bref faut tester.
Disons que si les premiers chrétiens avaient été dans cette même logique de fermeture au prétexte d'évoluer dans un monde païen, le visage de l'Eglise serait bien différent. S. Grégoire le Grand, qui avait envoyé S. Augustin de Cantorbéry que nous fêtions hier reprendre en main l'Angleterre, l'invitait expressément à être attentif aux coutumes locales et à adapter le message chrétien aux peuples convertis.

Vous comprendrez que je parle surtout de la forme. Dans la pastorale que vous dites d'ouverture, non seulement la forme est souvent à pleurer, mais au surplus il n'y a souvent pas de fond, ou quand il y en a, il est tronqué ou biaisé. Mais il suffit que tel prêtre ou tel évêque, parfaitement conciliaire, soit clair et droit sur le fond, on constate que le reste suit. Voyez aux Etats-Unis.

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Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par ChristianK » mar. 28 mai 2024, 17:28

Oui, c'est une formulation plus précise. Un peu plus, on pourrait préciser "expression formelle pastorale". Ou "principalement pastorale"
Seulement votre idée de déséquilibre est une hypothèse possible sans plus; on peut penser que d'un côté il y a déséquilibre d'adaptation pasto d'ouverture, de l'autre d'adaptation pasto de fermeture. Mais il est aussi parfaitement possible que ce soit l'adaptation pasto de fermeture qui soit équilibrée. Selon quel critère? d'abord 20 fois plus de vocations proportionnelles, noviciats et séminaires morts de l'autre côté, messe western etc. Bref faut tester.

Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par Olivier JC » mar. 28 mai 2024, 13:54

ChristianK a écrit : lun. 27 mai 2024, 20:55Certes la fsspx dit transmettre l'intégralité de la foi, c'est pourquoi au lieu de se voir néotridentine antimoderniste elle se voit comme transmettant la tradition apostolique tout court, en remontant aux apôtres.
Il me semble plus exact de considérer que la Fraternité S. Pie X assure la transmission de la tradition apostolique dans l'expression formelle qui était la sienne dans la première moitié du XXe siècle, c'est-à-dire qu'outre un contenu doctrinal, il y a également un contenu "culturel". Il y a non seulement le contenu, mais aussi le "contenant".

C'est un constat, non pas nécessairement une critique. Dès lors, en effet, que le rôle propre des pasteurs est de protéger le troupeau, il n'est pas totalement incongru, quand la tempête frappe le pré, de garder les brebis à la bergerie toutes portes closes. C'est un souci de protection qui ne semble plus nécessairement être la priorité dans l'esprit d'autres pasteurs, qui peuvent sembler plus soucieux de ceux qui ne font pas partie du troupeau et n'ont nulle envie d'en être.

Il y a, de mon point de vue, le même déséquilibre d'un côté et de l'autre même s'il est en miroir.

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Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par ChristianK » lun. 27 mai 2024, 20:55

C'est un peu plus compliqué. Certes la fsspx dit transmettre l'intégralité de la foi, c'est pourquoi au lieu de se voir néotridentine antimoderniste elle se voit comme transmettant la tradition apostolique tout court, en remontant aux apôtres. Mais elle transmet aussi l'idée, depuis 1975-80 environ, que des parties du concile sont hérétiques modernistes. C'est un élément de plus, ou à côté de l'intégralité de la foi, même si elle est bien plus proche de cette intégralité qu'un très grand nombre de postconciliaires locaux.

Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par Léon » mer. 22 mai 2024, 11:46

@Gaudens,

pardon je me suis emporté tout seul, par maladresse.
La réalité, c'est que j'éprouve un grand vide, mais aussi une soif d'absolu, une soif de vrai que je cherche à étancher.

@ChristianK,

de prime abord, la Fraternité se propose et travaille à transmettre l'intégrité de la foi, l'intégralité de la foi catholique.
L'antimodernisme est donc secondaire, justement pour défendre l'intégrité de la foi chrétienne.

Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par ChristianK » lun. 20 mai 2024, 19:01

@Léon

Il peut être très utile d'écouter ce que la fsspx a à dire pour avoir un autre son cloche, voir les problêmes sous un angle nouveau, mais "modernisme" tout court manque de subtilité, sauf si on parle de groupes particuliers, certaines fac de théologie etc.
Ne pas être antimoderniste, rendre le serment antimoderniste non obligatoire n'est pas la même chose qu'être moderniste au sens du serment. Ca devient un terme un peu fourre tout à la fsspx.

Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par Gaudens » lun. 20 mai 2024, 16:33

Que vous arrive-t-il Léon pour traiter subitement de forum de "novateur et fanatique du Vatican actuel"? Vous y contribuez depuis assez longtemps pour vérifier que cette accusation est injuste et que les opinions y sont bien diverses. Seriez-vous sous influence?
En tous cas,nous serions désolés de votre départ mais en tous cas souhaitons tous , et moi entre autres, que l'"Esprit Saint vous aide dans votre vie et dans votre chemin de foi.

Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par Léon » lun. 20 mai 2024, 14:13

ChristianK a écrit : mer. 15 mai 2024, 1:59 Exactement. On compte sur les laïcs pour s'informer eux mêmes de la doctrine par les catés, les lectures etc.
La cause principale est le biblisme homilétique (et catéchétique jusqu'au caté de 92, 65-92=27 ans) qui vient du concile. Certes le dogme est là, la doctrine morale etc, mais tout est bloqué par le biblisme qui doit être l'âme de toute la prédication (Dei verbum), dit le concile. Donc la doctrine même du et des concile(s) ne se rend pas en prédication courante. Sans avoir un biblisme total sur le fond, on se retrouve néanmoins avec un biblisme pratique et pasto qui a un effet de censure sur la doctrine. Donc le catholicisme complet n'est plus prêché. Va falloir payer...
Bonjour ChristianK,

pardon pour le retard...
J'ai pris contact avec le prieur local de la FSSPX pour m'aider.
Je n'ai pas votre niveau d'analyse, c'est à dire que je m'estime être une buse, un incapable en terme de foi et de raison.
Le vide créé par environ 40 ans de modernisme est bien trop grand...
Du coup, je ne suis plus le bienvenu sur ce forum novateur et fanatique du vatican actuel.
Pourtant, le vatican n'est pas infaillible, contrairement au Pape normalement.
Je me fixe pour tâche et objectif, de réviser les bases de la foi chrétienne, c'est là mon devoir et ma joie aussi.
Je vous dis adieu à tous, et merci aussi pour votre soutien, salut.

Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par Gaudens » ven. 17 mai 2024, 16:58

Pardon,Christian et Xavi, de rejouer la mouche du coche dans votre débat mais vous soulevez ici ou là des points qui me seulement à relever:

Si j'ai bien lu, Xavi écrit que pour la FSSPX le Concile Vatican II est entièrement pastoral et elle le lui reprocherait.Il me semble que c'est l'inverse,les promoteurs du dernier concile affirmant son caractère pastoral et les lefebvristes y décelant au contraire des erreurs doctrinales,donc quelques pas en dehors du purement pastoral.

Ecrire que "circonstantiellement",VII ait été une erreur,est-ce contraire à la foi catholique,Xavi?
Il me semble au contraire que c'est la seule critique qu'on serait en droit de lui faire,d'un point de vue catholique. Il s'est tenu à un moment donné,après deux décennies de retour à la paix dans le monde (en gros) et d'expansion économique alimentant un optimisme qui s'est vite révélé illusoire quelques années après, quand le monde occidental a implosé spirituellement et a commencé à rejeter l'enseignement chrétien.

Enfin,Christian me semble placer trop d'espoir dans la FSSPX.Celle-ci me parait trop engagée depuis trente ans sur le chemin du schisme ;elle n'a pas saisi la main que Benoit XVI lui tendit en son temps et c'est maintenant trop tard,je le crains, pour qu'elle puisse jouer un rôle dans la Catholica. Ses traits sont aujourd'hui trop figés pour cela.Les Communautés in Ecclesia Dei, peut-être...
Mais l'Esprit Saint en jugera peut-être autrement.

Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par ChristianK » ven. 17 mai 2024, 0:40

@Xavi
Hélas, vous persistez dans une série d’affirmations qui montrent un regard négatif sur les déclarations conciliaires
Non, pas les, mais des. J’appuie totalement le concile sur
-la vengeance divine (vindicta)
-la défense de la doctrine
-la réfutation des erreurs.
-la primauté du latin et du grégorien

Tout ce qui est pasto peut être erroné sans exception.

Mais ce petit résumé exact rappelle seulement le fait que tout langage humain oral ou écrit (et cela s’applique aux textes bibliques inspirés) implique toujours inévitablement une réception selon la compréhension de ce langage par celui qui écoute ou qui lit. Un texte est toujours à interpréter et à comprendre par son destinataire. À cet égard, la communion de l’Église est indispensable. Sans l’éclairage de la Tradition, tout texte biblique peut être déformé par des interprétations particulières selon les subjectivités infiniment variables.
C’est ce que dit le serment antimoderniste… D’autre part la réception n’est pas qu’une affaire de compréhension mais aussi d’hérésie et de péché. Que la crainte de l’enfer soit un don divin est parfaitement compréhensible par les hérétiques qui s’y opposent ou le censurent (cryptogamie); c’est justement pcq c’est parfaitement compréhensible qu’ils s’y opposent, avec les mondains.
Si l’absence de compréhension vient de la volonté de ne pas comprendre, il faut s’y opposer bec et ongle dans le combat de foi.
Il faut bien sûr éviter tout biblisme qui ne serait « que pasto et pratique », mais cela me semble une évidence. Tout usage de la parole biblique doit sans cesse veiller à sa cohérence avec la Tradition catholique et donc les dogmes.
Il y a peut-être un malentendu ici. Par biblisme qui n’est que pasto et pratique, je voulais dire que Dei verbum est bibliste seulement en ce sens, pas au sens doctrinal ou protestant. Pour la doctrine pas de problème, mais à cause du biblisme pasto (seulement) de Dei verbum la doctrine, le dogme, ne se rend pas dans les homélies, années après années (sauf chez les néotrindentins)
Il me semble, par contre, contraire à la foi catholique de considérer que « le concile peut avoir été une erreur, au moins circonstancielle, en tout ou partie ».
Non c’est pas contraire à la foi, si on précise bien (au contraire de la fsspx) « erreur pasto »

Vous ne partagez pas la conviction que « les déclarations conciliaires, fruit de discussions humaines souvent complexes, sont, pour toute l’Église, un phare sans lequel les déviations de la foi catholique peuvent être tout aussi graves que celles du "biblisme"». Au contraire, vous pensez « Jamais en pasto. L’esprit n’a rien à voir là-dedans ». Je ne peux que confirmer mon désaccord.
J’apporte une nuance due à votre formulation : si on dit « les déclarations » prises comme un tout (au lieu de « des ») , oui c’est un phare (avec grosses imperfections ^possibles) sans lequel les choses peuvent (SEULEMENT), ont la possibilité d’être pires. Ça me fait penser à la réponse de Paul VI, qui était d’accord sur le désastre, à Lefebvre : la « solution » de ce dernier était pire que le mal. Ici, ma position est celle des tests empiriques nécessaires (car on est en pasto, dans la pratique) pour trancher. Ça peut être vrai, mais ça peut être faux. Donc malgré ses erreurs risquées, la fsspx a une mission cruciale, d’ici l’élimination de certaines cohortes générationnelles.
Vous considérez de manière critique que « le concile commet une omission en ne précisant pas la place centrale que doit avoir le dogme en homilétique ».

Mais, dire que le Concile « permet » la censure du dogme du seul fait qu’il ne le mentionne pas explicitement me semble une déduction erronée qui ne s’explique que par un a priori négatif.

En fait, les homélies ne sont pas l’objet particulier de la déclaration Dei Verbum que vous considérez et l’absence du mot « dogme » ne constitue pas, à elle seule, une omission de sa place centrale qui est, au contraire, clairement rappelée sous le vocable plus général de la Sainte Tradition :
Tout à fait, OK. Mais au no 24 on parle de l’homélie et tout à coup le dogme est absent, il y a bifurcation. Naturellement, Ça n’implique aucunement la censure du dogme, mais ça le permet, comme aussi bien sûr sa non censure. Vous me direz : alors la cause est ailleurs. Oui, mais la concile est aussi cause permissive (comme pour la musique pop vs le grégorien), avec infinies conséquences.
Mais, contrairement au texte biblique inchangeable de la parole de Dieu, le Concile rappelle que « Cette Tradition qui vient des Apôtres progresse dans l’Église, sous l’assistance du Saint-Esprit » et « C’est cette même tradition, qui fait connaître à l’Église le canon intégral des Livres Saints ; c’est elle aussi qui, dans l’Église, fait comprendre cette Écriture Sainte » (DV n° 8).

À cet égard, contrairement à ce que vous écrivez, il me semble excessif d’affirmer que les dogmes « sont la parole ».
Pas si clair. Ils ne le sont pas exclusivement bien sûr. Mais la parole inclut les doctrines morales infaillibles, en fait tout ce qui est infaillible.
Vous estimez que « l’équilibrisme de Vatican II va entrainer des contresens et de terribles omissions, si évidentes depuis 50 ans », mais cette évidence ne me semble pas du tout réelle. Bien au contraire, chacun peut observer les profonds changements qui n’ont cessé de se démultiplier dans la société (et particulièrement dans la société occidentale) où les bouleversements des structures les plus fondamentales comme la famille, autant que le développement des sciences et des technologies, ont profondément affecté les modes de pensée et de vie, ce qui a inévitablement influencé la théologie et les orientations religieuses de diverses manières.

Dans les désordres postconciliaires, qui peut prétendre distinguer avec « évidence » ce qui serait imputable aux pères conciliaires de ce qui résulte des regards nouveaux et des idées nouvelles dans la société.
Attention, j’admets totalement le point, Mgr Lefebvre aussi d’ailleurs quand il écrit que la tempête est une cause, mais que justement le concile a ouvert les digues (omission des défenses, exactement l’idée de la cryptogamie de Rahner). La censure de L’enfer et du purgatoire en prédication, es indulgences etc.etc, est tout sauf inévidente.

Sans le Concile Vatican II, qui peut affirmer que les désordres n’auraient pas été pires encore ?

C’est la question à 1 million! Mon hypothèse, invérifiable, Ça aurait été pire en 65-85, puis avec remontée spectaculaire, comme chez les néotridentins ou certaines communautés nouvelles (20 X plus de vocations proportionnelles, rajeunissement spectaculaire).
Mais, il me semble vain d’en discuter s’il n’y a pas d’abord la conviction que l’Esprit Saint a été activement à l’œuvre dans le Concile et a veillé lui-même à ce que ses déclarations majeures soient conformes au plan divin et au plus grand bien de l’Église et du monde.
Soyons un peu plus concrets :
-y a-t-il un lien entre concile et messe western (on pourrait dire messe cowboy) et la participation active, la permission de la musique pop et le transfert de pouvoir liturgique aux post conciliaires locaux, toute choses dans le texte du concile ?
-la messe cowboy détruit-elle le symbolisme du st sacrifice expiatoire des catés et de l’intro du novus ordo ?
-Le st esprit conciliaire veut-il la destruction symbolique du st sacrifice expiatoire enseigné par l’église ?
-Donc le st esprit se contredit-il ?
-le st Esprit ne pourrait-il pas punir certains manipulateurs de concile? Purifier son église en la punissant implacablement avant un nouveau concile correcteur ?

Il serait prudent de limiter le rôle du st Esprit à ce qui est infaillible. D’ailleurs les différentes notes théologiques sur le degré de certitude des documents montrent que la certitude pasto est toujours beaucoup plus basse. C’est pourquoi la foi à la fsspx est essentiellement la même.

Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par Xavi » jeu. 16 mai 2024, 20:16

Bonsoir Christian,

Hélas, vous persistez dans une série d’affirmations qui montrent un regard négatif sur les déclarations conciliaires ce qui, hélas encore, entrave les possibilités de marcher en communion avec l’Église.

Vous écrivez certes, de manière exacte, que « Parole= écriture + tradition. Donc dogme. »

Mais ce petit résumé exact rappelle seulement le fait que tout langage humain oral ou écrit (et cela s’applique aux textes bibliques inspirés) implique toujours inévitablement une réception selon la compréhension de ce langage par celui qui écoute ou qui lit. Un texte est toujours à interpréter et à comprendre par son destinataire. À cet égard, la communion de l’Église est indispensable. Sans l’éclairage de la Tradition, tout texte biblique peut être déformé par des interprétations particulières selon les subjectivités infiniment variables.

Donc, la parole de Dieu, c’est, en effet, indivisiblement « écriture + tradition (dont principalement les dogmes) ».

Vous avez aussi raison d’observer qu’il n’y a pas de différence entre la Bible et les dogmes par rapport aux risques de manipulation des mots et même que les mots de la Bible sont davantage « manipulables car de formulation moins juridique ou philosophique ».

Je suis d’accord de considérer comme vous que, dans l’enseignement, il « vaut mieux commencer par le dogme et finir par l’exégèse, bien que les 2 soient essentiels », mais c’est parce que l’un et l’autre relèvent de l’interprétation ou de l’explicitation.

L’exégèse de la Bible est de l’analyse et de l’interprétation. Ce n’est pas la Bible elle-même qui est le fondement tant du dogme que de l’exégèse.

Il faut bien sûr éviter tout biblisme qui ne serait « que pasto et pratique », mais cela me semble une évidence. Tout usage de la parole biblique doit sans cesse veiller à sa cohérence avec la Tradition catholique et donc les dogmes.

Vous avez aussi parfaitement raison de considérer que la Tradition n’est pas seulement la transmission de l’Écriture et qu’elle est plus, puis de rappeler que Dei verbum dit que ce n’est pas de la seule Écriture que l’Église tire la Parole.

Il me semble, par contre, contraire à la foi catholique de considérer que « le concile peut avoir été une erreur, au moins circonstancielle, en tout ou partie ».

Vous ne partagez pas la conviction que « les déclarations conciliaires, fruit de discussions humaines souvent complexes, sont, pour toute l’Église, un phare sans lequel les déviations de la foi catholique peuvent être tout aussi graves que celles du "biblisme"». Au contraire, vous pensez « Jamais en pasto. L’esprit n’a rien à voir là-dedans ». Je ne peux que confirmer mon désaccord.

Vous considérez de manière critique que « le concile commet une omission en ne précisant pas la place centrale que doit avoir le dogme en homilétique ».

Mais, dire que le Concile « permet » la censure du dogme du seul fait qu’il ne le mentionne pas explicitement me semble une déduction erronée qui ne s’explique que par un a priori négatif.

En fait, les homélies ne sont pas l’objet particulier de la déclaration Dei Verbum que vous considérez et l’absence du mot « dogme » ne constitue pas, à elle seule, une omission de sa place centrale qui est, au contraire, clairement rappelée sous le vocable plus général de la Sainte Tradition : « Cette sainte Tradition et la Sainte Écriture de l’un et l’autre Testament sont donc comme un miroir où l’Église en son cheminement terrestre contemple Dieu, dont elle reçoit tout » (DV n° 7) et « Quant à la Tradition reçue des Apôtres, elle comprend tout ce qui contribue à conduire saintement la vie du peuple de Dieu et à en augmenter la foi ; ainsi l’Église perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération, tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit. » (DV n° 8)

Mais, contrairement au texte biblique inchangeable de la parole de Dieu, le Concile rappelle que « Cette Tradition qui vient des Apôtres progresse dans l’Église, sous l’assistance du Saint-Esprit » et « C’est cette même tradition, qui fait connaître à l’Église le canon intégral des Livres Saints ; c’est elle aussi qui, dans l’Église, fait comprendre cette Écriture Sainte » (DV n° 8).

À cet égard, contrairement à ce que vous écrivez, il me semble excessif d’affirmer que les dogmes « sont la parole ».

Vous estimez que « l’équilibrisme de Vatican II va entrainer des contresens et de terribles omissions, si évidentes depuis 50 ans », mais cette évidence ne me semble pas du tout réelle. Bien au contraire, chacun peut observer les profonds changements qui n’ont cessé de se démultiplier dans la société (et particulièrement dans la société occidentale) où les bouleversements des structures les plus fondamentales comme la famille, autant que le développement des sciences et des technologies, ont profondément affecté les modes de pensée et de vie, ce qui a inévitablement influencé la théologie et les orientations religieuses de diverses manières.

Dans les désordres postconciliaires, qui peut prétendre distinguer avec « évidence » ce qui serait imputable aux pères conciliaires de ce qui résulte des regards nouveaux et des idées nouvelles dans la société. Sans le Concile Vatican II, qui peut affirmer que les désordres n’auraient pas été pires encore ?

Mais, il me semble vain d’en discuter s’il n’y a pas d’abord la conviction que l’Esprit Saint a été activement à l’œuvre dans le Concile et a veillé lui-même à ce que ses déclarations majeures soient conformes au plan divin et au plus grand bien de l’Église et du monde.

Si vous n’avez pas cette conviction qui est la mienne, je comprends votre désarroi et votre perception critique, mais j’en suis désolé.

Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par ChristianK » jeu. 16 mai 2024, 15:04

@Xavi
La « manipulabilité du biblisme » est une réalité certaine dont les multiples doctrines protestantes autant que d’autres particularismes ne cessent de témoigner, mais, hélas, il me semble plus grave encore de mettre en doute l’autorité et la fiabilité pour la foi catholique de déclarations conciliaires.
Dans le mille pour les protestants. Pour le concile, distinguo : vérité dogmatique oui, discours pastoral non, le concile peut avoir été une erreur , au moins circonstancielle, en tout ou partie (eg.la 1ere phrase de gaudium et spes sur les joies et espoirs mondains en pleines années 60; la joie est une notion relative…)
La foi catholique se caractérise principalement, par rapport aux alternatives chrétiennes, par la conviction que l’Esprit Saint assiste en tout temps le Corps du Christ et que les déclarations conciliaires, fruit de discussions humaines souvent complexes, sont, pour toute l’Église, un phare sans lequel les déviations de la foi catholique peuvent être tout aussi graves que celles du « biblisme ».
Jamais en pasto. L’esprit n’a rien à voir là dedans. Elle est très hautement humaine et faillible
Il est toujours possible de prêter de mauvaises intentions à un texte, mais, en tant que catholiques, nous sommes, au contraire, invités à chercher un sens positif en tout texte essentiel du Magistère.
Exact, mais il ne s’agit pas d’intentions (quoique certains experts rédacteurs aient parlé entre eux de pièges ayant été plantés volontairement dans le texte, explicitement, pendant le concile, prévoyant l’usage subséquent des ambiguïtés), mais de conséquences objectives, d’omissions, d’ambiguïtés, d’équilibrismes. Le texte ne dit pas de censurer le dogme dans les homélies, il se borne à le permettre (analogie : le latin-grégorien qui doit avoir la 1ere place…)

.
Il ne me semble dès lors pas justifié de considérer que l’absence de référence explicite au « dogme » dans un texte du Concile puisse s’interpréter comme une « permission de sa censure ». C’est un procès d’intention dont la seule réalité est d’exprimer un manque de foi dans le Magistère sans lequel il n’y a pas d’Église catholique et apostolique.
Non car il ne s’agit pas de l’intention. Il s’agit des faits observables et du rapport de ces faits avec le texte. Une omission laisse la question des intentions totalement ouverte.
Oui, la Parole de Dieu est l’âme de la théologie et de la foi. Les dogmes n’en sont que des précisions et des interprétations qui ont certes une parfaite autorité mais qui sont toujours fondées sur la Parole de Dieu.
Ils sont la parole.
Le langage des dogmes peut et doit continuer à évoluer car il faut sans cesse s’adapter au sens des mots. Un dogme n’a jamais été considéré, par la foi catholique, comme une parole de Dieu. La Parole de Dieu, c’est l’Ancien et le Nouveau Testament. Le dogme, c’est une parole de l’Église qui éclaire avec une parfaite autorité l’interprétation de la Parole de Dieu, sa compréhension.
Non, voir le concile : Parole= écriture + tradition. Donc, dogme.
Voir aussi le texte du serment antimoderniste, qui reste valide même si non obligatoire.
Il est donc parfaitement juste que « La théologie dogmatique sera exposée selon un plan qui propose en premier lieu les thèmes bibliques eux-mêmes » et que la Bible (et donc le « biblisme » dans un sens positif) vient d’abord et le dogme ensuite.

Le Catéchisme nous invite à ne pas confondre la Sainte Écriture qui « est » la parole de Dieu et la Sainte Tradition qui « porte » la parole de Dieu et la « transmet intégralement » mais n’est pas la parole de Dieu elle-même. (C.E.C., n°s 81 et 82).
Non, la tradition n’est pas la transmission de l’écriture , elle est plus, ; Dei verbum dit que ce n’est pas de la seule écriture que l’église tire la Parole.
Il me semble que si vous mettez en doute à la fois une parole conciliaire et la Bible, vous affaiblissez les deux piliers de la foi.
Personne ne met en doute la bible, on rejette la censure du dogme en pasto. Ensuite une parole pasto, conciliaire ou non, est absolument faillible (là est une vérité fsspx, qui se trompe seulement en disant que le concile n’est que pasto, en sa totalité)

Vous écrivez que « Tous les experts disent que les 2 axes du concile sont l'adaptation au monde et la centralité de l'écriture biblique. »

Oui, bien sûr ! Contrairement à la parole de Dieu définitive et dont les mots ne peuvent en rien être changés, les dogmes comme tous les enseignements du Magistère doivent utiliser un langage compréhensible à chaque époque et qu’il faut sans cesse adapter car le sens des mots et l’intelligence du réel évolue. La vérité ne change pas, mais le langage et la compréhension du réel des humains change. Cette « adaptation au monde » est une nécessité incontournable, même si elle est pleine de dangers et de possibilités de perversion.
Il n’y a pas de différence sur ce point entre dogme et écriture, puisque les mots de l’écriture sont aussi hautement manipulables par herméneutique. En fait plus manipulables car de formulation moins juridique ou philosophique.
De même, la « centralité de l’écriture biblique » est un axe incontournable. La parole de Dieu révélée de la Bible reste toujours le fondement à partir duquel l’enseignement de l’Église doit éclairer les humains de chaque époque par ses dogmes et autres enseignements essentiels.
Oui mais placer le dogme en second est dangereux pastoralement et éducativement (séminaristes). Il vaut mieux commencer par le dogme et finir par l’exégèse, bien que les 2 soient essentiels. De toute façon, cette question n’est pas exactement la même que le biblisme homilétique, à mon avis désastreux.
Ici, le mot « biblisme » revêt un sens particulier. En effet, il me semble que vous appelez ici « biblisme », une déviance qui consiste précisément à penser que le texte biblique pourrait se suffire à lui-même (sans avoir besoin du dogme et de la Sainte Tradition de l’Église) et permettre au lecteur d’accéder directement tout seul au sens de la parole de Dieu, indépendamment des éclairages de l’Église. C’est le fameux « sola scriptura » des protestants qui confond, avec tant de dégâts, la parole de Dieu avec son interprétation et sa réception. Nous sommes bien d’accord là-dessus sans qu’il soit nécessaire de développer davantage ici ce « biblisme » trompeur que vous pouvez dénoncer à juste titre.
Exactement. Sauf bien sûr que chez les protestants c’est cohérent, il n’y a pas de dissonance. En catho, le biblisme (qui n’est que pasto et pratique) entraine l’incohérence et la décomposition mentale, par l’écart énorme entre l’homilétique et le caté (que le card. Sarah a tenté de corriger dans un document du Vatican sur l’homélie où sont liés les nos du caté et les passages bibliques, mais qui bien sûr n’est pas suivi)
En ce sens, vous pouvez certainement considérer que « ce n'est pas en rajoutant du biblisme qu'on aura la parole ». Non, bien sûr. C’est dans la communion de l’Église que la transmission authentique se réalise.
Exactement, alors comme disait Talleyrand au congrès de Vienne, si ça va sans dire, ça va mieux encore en le disant, donc le concile commet une omission en ne précisant pas la place centrale que doit avoir le dogme en homilétique. (avec le mot dogme, pas autre chose)
Mais, même si de multiples homélies contemporaines sont critiquables, rien ne justifie d’imputer un tel « biblisme » au Concile lui-même tant il est fondamentalement contraire à la foi catholique. Ne dévalorisons ni les paroles du Concile, ni la Bible. Ils requièrent l’un et l’autre toute notre attention.
Contraire est trop fort. Le concile n’est pas contraire. Il s’agit d’omission.
Sachons reconnaître le sens positif de toutes les paroles conciliaires et le fondement inébranlable de la Bible sans lesquels la transmission intégrale de la foi catholique, des dogmes et des grands écrits magistériels que vous citez, risquerait elle-même d’être affaiblie.
La seule façon de reconnaitre le sens positif c’est en citant à répétition et aussi souvent que Vatican II, le concile de Trente (eg.la crainte de l’enfer comme don divin, dogme explicite) et Vatican I (infaillibilité dogmatique et théologie naturelle en apologétique). Autrement l’équilibrisme de Vatican II va entrainer des contresens et de terribles omissions, si évidentes depuis 50 ans.

Re: L’Église a-t-elle une doctrine ?

par Xavi » jeu. 16 mai 2024, 11:26

Bonjour Christian,

La « manipulabilité du biblisme » est une réalité certaine dont les multiples doctrines protestantes autant que d’autres particularismes ne cessent de témoigner, mais, hélas, il me semble plus grave encore de mettre en doute l’autorité et la fiabilité pour la foi catholique de déclarations conciliaires.

La foi catholique se caractérise principalement, par rapport aux alternatives chrétiennes, par la conviction que l’Esprit Saint assiste en tout temps le Corps du Christ et que les déclarations conciliaires, fruit de discussions humaines souvent complexes, sont, pour toute l’Église, un phare sans lequel les déviations de la foi catholique peuvent être tout aussi graves que celles du « biblisme ».

Il est toujours possible de prêter de mauvaises intentions à un texte, mais, en tant que catholiques, nous sommes, au contraire, invités à chercher un sens positif en tout texte essentiel du Magistère.

Toutes les citations du Concile reproduites dans votre message me semblent excellentes et irréprochables.

Tous les dogmes viennent toujours préciser la foi catholique longtemps après la foi apostolique des débuts de l’Église et le don de la Parole de Dieu.

Il ne me semble dès lors pas justifié de considérer que l’absence de référence explicite au « dogme » dans un texte du Concile puisse s’interpréter comme une « permission de sa censure ». C’est un procès d’intention dont la seule réalité est d’exprimer un manque de foi dans le Magistère sans lequel il n’y a pas d’Église catholique et apostolique.

Oui, la Parole de Dieu est l’âme de la théologie et de la foi. Les dogmes n’en sont que des précisions et des interprétations qui ont certes une parfaite autorité mais qui sont toujours fondées sur la Parole de Dieu.

Le langage des dogmes peut et doit continuer à évoluer car il faut sans cesse s’adapter au sens des mots. Un dogme n’a jamais été considéré, par la foi catholique, comme une parole de Dieu. La Parole de Dieu, c’est l’Ancien et le Nouveau Testament. Le dogme, c’est une parole de l’Église qui éclaire avec une parfaite autorité l’interprétation de la Parole de Dieu, sa compréhension.

Il est donc parfaitement juste que « La théologie dogmatique sera exposée selon un plan qui propose en premier lieu les thèmes bibliques eux-mêmes » et que la Bible (et donc le « biblisme » dans un sens positif) vient d’abord et le dogme ensuite.

Le Catéchisme nous invite à ne pas confondre la Sainte Écriture qui « est » la parole de Dieu et la Sainte Tradition qui « porte » la parole de Dieu et la « transmet intégralement » mais n’est pas la parole de Dieu elle-même. (C.E.C., n°s 81 et 82).

« Le Magistère de l’Église engage pleinement l’autorité reçue du Christ quand il définit des dogmes, c’est-à-dire quand il propose, sous une forme obligeant le peuple chrétien à une adhésion irrévocable de foi, des vérités contenues dans la Révélation divine ou bien quand il propose de manière définitive des vérités ayant avec celles-là un lien nécessaire » (C.E.C., n° 88)

Il me semble que si vous mettez en doute à la fois une parole conciliaire et la Bible, vous affaiblissez les deux piliers de la foi.

Vous écrivez que « Tous les experts disent que les 2 axes du concile sont l'adaptation au monde et la centralité de l'écriture biblique. »

Oui, bien sûr ! Contrairement à la parole de Dieu définitive et dont les mots ne peuvent en rien être changés, les dogmes comme tous les enseignements du Magistère doivent utiliser un langage compréhensible à chaque époque et qu’il faut sans cesse adapter car le sens des mots et l’intelligence du réel évolue. La vérité ne change pas, mais le langage et la compréhension du réel des humains change. Cette « adaptation au monde » est une nécessité incontournable, même si elle est pleine de dangers et de possibilités de perversion.

De même, la « centralité de l’écriture biblique » est un axe incontournable. La parole de Dieu révélée de la Bible reste toujours le fondement à partir duquel l’enseignement de l’Église doit éclairer les humains de chaque époque par ses dogmes et autres enseignements essentiels.

Il me semble que vous ne pouvez qu’être d’accord avec ce qui précède et la fin de votre message me semble montrer davantage ce qui fait problème et qui me semble, en fait, lié au sens que vous donnez au mot « biblisme ». C’est d’ailleurs un bon exemple des difficultés de la compréhension des mots de la Bible elle-même et des enseignements de l’Église comme les textes conciliaires.

Vous écrivez que « la parole de Dieu telle que reçue et comprise par l'église, c'est exactement le dogme et la morale, donc humanae vitae et veritatis splendor, et cela ce n'est déjà plus du biblisme ».

Ici, le mot « biblisme » revêt un sens particulier. En effet, il me semble que vous appelez ici « biblisme », une déviance qui consiste précisément à penser que le texte biblique pourrait se suffire à lui-même (sans avoir besoin du dogme et de la Sainte Tradition de l’Église) et permettre au lecteur d’accéder directement tout seul au sens de la parole de Dieu, indépendamment des éclairages de l’Église. C’est le fameux « sola scriptura » des protestants qui confond, avec tant de dégâts, la parole de Dieu avec son interprétation et sa réception. Nous sommes bien d’accord là-dessus sans qu’il soit nécessaire de développer davantage ici ce « biblisme » trompeur que vous pouvez dénoncer à juste titre.

En ce sens, vous pouvez certainement considérer que « ce n'est pas en rajoutant du biblisme qu'on aura la parole ». Non, bien sûr. C’est dans la communion de l’Église que la transmission authentique se réalise.

Mais, même si de multiples homélies contemporaines sont critiquables, rien ne justifie d’imputer un tel « biblisme » au Concile lui-même tant il est fondamentalement contraire à la foi catholique. Ne dévalorisons ni les paroles du Concile, ni la Bible. Ils requièrent l’un et l’autre toute notre attention.

Sachons reconnaître le sens positif de toutes les paroles conciliaires et le fondement inébranlable de la Bible sans lesquels la transmission intégrale de la foi catholique, des dogmes et des grands écrits magistériels que vous citez, risquerait elle-même d’être affaiblie.

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