par Cinci » mar. 01 févr. 2022, 5:43
Kerniou a écrit :Pour avoir vécu cette période, je dirais à propos de la déchristianisation qu'elle a commencé à la fin de la guerre et s'est franchement accentuée après le concile.
Bonjour Kerniou,
Oui. Même que le conférencier, dans la vidéo, ferait remonter plus haut le début de la déchristianisation de notre ex-occident chrétien si on pense aux têtes dirigeantes des pays, les riches, les puissants. C'est au XVIIIe siècle que les États commencent à vouloir prendre une distance avec l'idée organique de chrétienté.
La dynamique de décrochage commence avant les années 1940, bien longtemps avant. Sauf que ce n'était pas la masse du peuple chrétien qui se trouvait si profondément affectée. Ce n'était pas encore si dramatique que cela dans l'ensemble ou ni réellement irrécupérable jusque dans les années 1950. C'est ce qu'il dit. Il y avait encore de beaux restes ! Mais la digue cède ou la débâcle populaire intervient vers le milieu des années 1960. C'est précisément là que la réaction se précipite en Europe de l'ouest.
Chez nous, au Québec, ce fut très clair. A couper au couteau ! Le passage d'un régime à l'autre. Avant : il va de soi que la religion est respectable et doit être respectée, ainsi que les curés, le sacré. Après : on dirait que le charme n'opère plus. Il est alors tout naturel de rabaisser la religion, critiquer ouvertement les personnages sacrés d'hier, de moquer les coutumes pieuses multiséculaires, faire le grand ménage dans la croyance ... et le «petit peuple» décroche et ne revient plus. La perte massive des effectifs se produit là. Et ceci intervient avant même la fin des années 1960, bien avant l'imposition de la nouvelle messe de Paul VI, c'est à dire avant les années 1968-1969.
C'est comme si réellement l'ouverture de la boîte de Pandore, le souffle irrésistible d'une volonté de changement, le bouillonnement des discussions rapporté à l'envie par les médias durant toute la période conciliaire avait produit le fruit mûr en 1965-1966 ... et matérialisé alors par la chute très remarquée de la pratique. Les gens ont compris qu'ils étaient désormais «libres», affranchis des anciennes règles et obligations (religieuses, morales ...) «Ce n'était finalement pas si vrai que cela tout ce que les curés racontaient avant ... » Tout cela se produit au moment même qui voit les évêques de l'Église catholique dirent vouloir être à l'écoute du monde, pour dialoguer avec lui au lieu de condamner.
[quote=Kerniou]Pour avoir vécu cette période, je dirais à propos de la déchristianisation qu'elle a commencé à la fin de la guerre et s'est franchement accentuée après le concile.[/quote]
Bonjour Kerniou,
Oui. Même que le conférencier, dans la vidéo, ferait remonter plus haut le début de la déchristianisation de notre ex-occident chrétien si on pense aux têtes dirigeantes des pays, les riches, les puissants. C'est au XVIIIe siècle que les États commencent à vouloir prendre une distance avec l'idée organique de chrétienté.
La dynamique de décrochage commence avant les années 1940, bien longtemps avant. Sauf que ce n'était pas la masse du peuple chrétien qui se trouvait si profondément affectée. Ce n'était pas encore si dramatique que cela dans l'ensemble ou ni réellement irrécupérable jusque dans les années 1950. C'est ce qu'il dit. Il y avait encore de beaux restes ! Mais la digue cède ou la débâcle populaire intervient vers le milieu des années 1960. C'est précisément là que la réaction se précipite en Europe de l'ouest.
Chez nous, au Québec, ce fut très clair. A couper au couteau ! Le passage d'un régime à l'autre. Avant : il va de soi que la religion est respectable et doit être respectée, ainsi que les curés, le sacré. Après : on dirait que le charme n'opère plus. Il est alors tout naturel de rabaisser la religion, critiquer ouvertement les personnages sacrés d'hier, de moquer les coutumes pieuses multiséculaires, faire le grand ménage dans la croyance ... et le «petit peuple» décroche et ne revient plus. La perte massive des effectifs se produit là. Et ceci intervient avant même la fin des années 1960, bien avant l'imposition de la nouvelle messe de Paul VI, c'est à dire avant les années 1968-1969.
C'est comme si réellement l'ouverture de la boîte de Pandore, le souffle irrésistible d'une volonté de changement, le bouillonnement des discussions rapporté à l'envie par les médias durant toute la période conciliaire avait produit le fruit mûr en 1965-1966 ... et matérialisé alors par la chute très remarquée de la pratique. Les gens ont compris qu'ils étaient désormais «libres», affranchis des anciennes règles et obligations (religieuses, morales ...) «Ce n'était finalement pas si vrai que cela tout ce que les curés racontaient avant ... » Tout cela se produit au moment même qui voit les évêques de l'Église catholique dirent vouloir être à l'écoute du monde, pour dialoguer avec lui au lieu de condamner.