par Nanimo » dim. 12 mai 2019, 23:26
axou a écrit : ↑ven. 09 janv. 2015, 13:57j'étais hier à midi à Notre Dame de Paris à la messe d'hommage aux victimes de l'attentat. Je suis bouleversée au plus profond de moi même. Je suis venue rendre hommage, en tant que française et chrétienne, à nos martyrs, lâchement assassinés par les mécréants et les apostats, les apostats de la liberté et de l'amour, les apostats de la foi.
En passant devant les unes de Charlie Hebdo, il m'arrivait souvent de rire, et parfois d'être choquée. (…) Ah, ils ne respectent vraiment rien, me disais-je, même pas la maladie, la vieillesse et la mort.
Et pourtant j'étais contente qu'ils soient là, contente surtout qu'ils se moquent des religions et des religieux, ce qui me parraissait un bon rempart contre la pensée totalitaire qui menace toute pensée religieuse, d'une certaine façon un bon rempart pour que dans notre société française, la religion repose sur une authentique spiritualité qui n'a pas besoin du respect unanime pour se sentir exister.
Depuis des années j'étais très admirative de leur engagement courageux contre la pensée totalitaire islamiste et des risques importants qu'ils prenaient, la preuve. (…) En filigrane, même si le bon goût laissait souvent à désirer (on va dire ça comme ça), ils luttaient contre les vrais blasphèmes : les morts innocents, l'oppression de la femme, l'injustice, la liberté bafouée, la corruption.
Ce sont nos valeurs démocratiques françaises (d'inspiration chrétienne) qui sont touchés en plein coeur: les assassins considèrent qu'un dessin est un blasphème et que le meurtre n'en est pas un, et ce sur notre territoire, et en tuant d'un coup tous ces dessinateurs, ils veulent nous faire taire et nous imposer leur vision totalitaire du monde et leur inversion satanique des valeurs.
Ils se trompent, je pense que l'évènement crée un sursaut démocratique et que les français de tout bord politique et de toute religion font bloc pour dire non à cette intolérable intrusion. (…) J'apprécie que Rachid Benzine (islamologue), dise que les musulmans doivent se remettre en cause sur les notions de sacré et de blasphème et rompre avec les idéologies wahhabites et celle des frères musulmans.
Je suis Charlie. Paix aux martyrs.
Avant de lire
Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo, je ne me serais pas vraiment arrêtée sur le message d'Axou. Comme tous et toutes parmi les cathos, les insultes proférées par
Charlie pour humoristiques qu'elles soient (mais pas dans tous les cas!) ne m'amusaient pas, même si parfois je me faisais feinter, ne sachant plus ce que j'éprouvais.
Victor Hugo est un maître. En le lisant, j'ai fini par situer
Charlie, qui n'est en fait que l'héritier d'une longue lignée d'emmerdeurs. (L'extrait qui suit est à situer dès le Moyen-Âge et ne tient pas compte des bouffons du Roi qui peuvent se réclamer de la même parenté, car Monseigneur ou pas, il fallait les supporter)
On ne saurait se faire une idée des licences que prennent alors les architectes, même envers l'Église. Ce sont des chapiteaux tricotés de moines et de nonnes honteusement accouplés, comme à la salle des Cheminées du Palais de Justice à Paris. C'est l'aventure de Noé sculptée en toutes lettres comme sous le grand portail de Bourges. C'est un moine bachique à oreilles d'âne et le verre en main riant au nez de toute une communauté, comme sur le lavabo de l'abbaye de Bocherville. Il existe à cette époque, pour la pensée écrite en pierre, un privilège tout à fait comparable à notre liberté actuelle de la presse. C'est la liberté de l'architecture.
Cette liberté va très loin. Quelquefois un portail, une façade, une église tout entière présente un sens symbolique absolument étranger au culte, ou même hostile à l'Église. Dès le XIIIe s. Guillaume de Paris, Nicolas Flamel au XVe, ont écrit de ces pages séditieuses. Saint-Jacques-de-la-Boucherie était une église d'opposition.
La pensée alors n'était libre que de cette façon, aussi ne s'écrivait-elle tout entière que sur ces livres qu'on appelait édifices. Sans cette forme édifice, elle se serait vue brûler en place publique par la main du bourreau sous la forme manuscrit, si elle avait été assez imprudente pour s'y risquer.
Donc, premièrement :
Charlie est là depuis des siècles, dans une opposition qui ne ressemble en rien à celle de gauche/droite, laquelle reste à peu près polie; c'est une opposition qui se démarque totalement, mais qui est culturellement très enracinée et très franchouillarde, provocatrice dans son expression.
Deuxièmement : pourquoi ces
Charlie ont-ils survécu au temps? Ils ont forcément une place, autrement ils auraient disparu. Serait-ce parce que l'Église ne peut œuvrer que dans l'humilité? Je laisse à chacun le soin d'y réfléchir.
[quote=axou post_id=307605 time=1420804678]j'étais hier à midi à Notre Dame de Paris à la messe d'hommage aux victimes de l'attentat. Je suis bouleversée au plus profond de moi même. Je suis venue rendre hommage, en tant que française et chrétienne, à nos martyrs, lâchement assassinés par les mécréants et les apostats, les apostats de la liberté et de l'amour, les apostats de la foi.
En passant devant les unes de Charlie Hebdo, il m'arrivait souvent de rire, et parfois d'être choquée. (…) Ah, ils ne respectent vraiment rien, me disais-je, même pas la maladie, la vieillesse et la mort.
Et pourtant j'étais contente qu'ils soient là, contente surtout qu'ils se moquent des religions et des religieux, ce qui me parraissait un bon rempart contre la pensée totalitaire qui menace toute pensée religieuse, d'une certaine façon un bon rempart pour que dans notre société française, la religion repose sur une authentique spiritualité qui n'a pas besoin du respect unanime pour se sentir exister.
Depuis des années j'étais très admirative de leur engagement courageux contre la pensée totalitaire islamiste et des risques importants qu'ils prenaient, la preuve. (…) En filigrane, même si le bon goût laissait souvent à désirer (on va dire ça comme ça), ils luttaient contre les vrais blasphèmes : les morts innocents, l'oppression de la femme, l'injustice, la liberté bafouée, la corruption.
Ce sont nos valeurs démocratiques françaises (d'inspiration chrétienne) qui sont touchés en plein coeur: les assassins considèrent qu'un dessin est un blasphème et que le meurtre n'en est pas un, et ce sur notre territoire, et en tuant d'un coup tous ces dessinateurs, ils veulent nous faire taire et nous imposer leur vision totalitaire du monde et leur inversion satanique des valeurs.
Ils se trompent, je pense que l'évènement crée un sursaut démocratique et que les français de tout bord politique et de toute religion font bloc pour dire non à cette intolérable intrusion. (…) J'apprécie que Rachid Benzine (islamologue), dise que les musulmans doivent se remettre en cause sur les notions de sacré et de blasphème et rompre avec les idéologies wahhabites et celle des frères musulmans.
Je suis Charlie. Paix aux martyrs.[/quote]Avant de lire [i]Notre-Dame de Paris[/i], de Victor Hugo, je ne me serais pas vraiment arrêtée sur le message d'Axou. Comme tous et toutes parmi les cathos, les insultes proférées par [i]Charlie[/i] pour humoristiques qu'elles soient (mais pas dans tous les cas!) ne m'amusaient pas, même si parfois je me faisais feinter, ne sachant plus ce que j'éprouvais.
Victor Hugo est un maître. En le lisant, j'ai fini par situer [i]Charlie[/i], qui n'est en fait que l'héritier d'une longue lignée d'emmerdeurs. (L'extrait qui suit est à situer dès le Moyen-Âge et ne tient pas compte des bouffons du Roi qui peuvent se réclamer de la même parenté, car Monseigneur ou pas, il fallait les supporter)[quote]On ne saurait se faire une idée des licences que prennent alors les architectes, même envers l'Église. Ce sont des chapiteaux tricotés de moines et de nonnes honteusement accouplés, comme à la salle des Cheminées du Palais de Justice à Paris. C'est l'aventure de Noé sculptée [i]en toutes lettres[/i] comme sous le grand portail de Bourges. C'est un moine bachique à oreilles d'âne et le verre en main riant au nez de toute une communauté, comme sur le lavabo de l'abbaye de Bocherville. Il existe à cette époque, pour la pensée écrite en pierre, un privilège tout à fait comparable à notre liberté actuelle de la presse. C'est la liberté de l'architecture.
Cette liberté va très loin. Quelquefois un portail, une façade, une église tout entière présente un sens symbolique absolument étranger au culte, ou même hostile à l'Église. Dès le XIIIe s. Guillaume de Paris, Nicolas Flamel au XVe, ont écrit de ces pages séditieuses. Saint-Jacques-de-la-Boucherie était une église d'opposition.
La pensée alors n'était libre que de cette façon, aussi ne s'écrivait-elle tout entière que sur ces livres qu'on appelait édifices. Sans cette forme édifice, elle se serait vue brûler en place publique par la main du bourreau sous la forme manuscrit, si elle avait été assez imprudente pour s'y risquer.[/quote]Donc, premièrement : [i]Charlie[/i] est là depuis des siècles, dans une opposition qui ne ressemble en rien à celle de gauche/droite, laquelle reste à peu près polie; c'est une opposition qui se démarque totalement, mais qui est culturellement très enracinée et très franchouillarde, provocatrice dans son expression.
Deuxièmement : pourquoi ces [i]Charlie[/i] ont-ils survécu au temps? Ils ont forcément une place, autrement ils auraient disparu. Serait-ce parce que l'Église ne peut œuvrer que dans l'humilité? Je laisse à chacun le soin d'y réfléchir.