par etienne lorant » dim. 28 juin 2009, 21:41
Jésus meurt et triomphe de la mort
Saint Jean rapporte que notre divin Rédempteur, avant d'expirer, baissa la tête (Jn 19, 30). Ce fut pour marquer qu'il acceptait la mort de la main de son Père avec une entière soumission, puisqu'il mettait alors le comble à son humble obéissance en subissant le supplice de la croix (Ph 2, 8).
Ayant les mains et les pieds cloués à la croix, Jésus ne pouvait mouvoir aucune partie de son corps, excepté la tête. Or, la mort, dit saint Athanase, n'osait s'avancer pour ôter la vie à l'Auteur de la vie; il a donc fallu qu'il l'invitât lui-même, en inclinant la tête, à venir le frapper. Saint Matthieu, parlant de la mort de Jésus-Christ, dit qu'il exhala ou envoya hors de lui son esprit (Mt 27, 50). Selon saint Ambroise, l'Évangéliste se sert de cette expression pour montrer que Notre-Seigneur mourut, non par nécessité ni par le fait des bourreaux, mais parce qu'il voulut bien mourir; il ne perdit point la vie, mais il la quitta de son plein gré. Il mourut volontairement, afin de sauver l'homme de la mort à laquelle il était condamné.
Tout cela avait été prédit par le prophète Osée, en ces termes: "Je les délivrerai des mains de la mort, je les rachèterai de la mort. Ô mort! je serai ta mort; ô enfer! je serai ta ruine!" (Os 13, 14). Saint Jérôme, saint Augustin, saint Grégoire et l'Apôtre lui-même, comme nous le verrons bientôt, appliquent littéralement ce passage à Jésus-Christ qui, par sa mort, nous a délivrés des mains de la mort, c'est-à-dire de l'enfer, où l'on souffre une mort éternelle. Et proprement, suivant l'explication des interprètes, dans le texte hébreu, au lieu de Mort, on lit le mot Scheol, qui signifie Enfer.
Mais comment Jésus-Christ a-t-il été la mort de la mort? C'est que notre Sauveur, par sa mort, a vaincu et détruit la mort que le péché nous avait causée. L'Apôtre demande ce qu'est devenue, après cette défaite, la mort de son aiguillon, qui est le péché; il assure que la victoire du Sauveur a tout fait disparaître: "La mort a été engloutie dans la victoire" (! Co 15, 54). Par sa mort, l'Agneau divin a détruit le péché, qui était la cause de notre mort. Tel fut donc le triomphe du Fils de Dieu: en mourant pour nous, il a ôté du monde le péché, et nous a par conséquent délivrés de la mort éternelle, à laquelle tout le genre humain était assujetti.
Considérations sur la Passion
Saint Alphonse-Marie de Liguori
Jésus meurt et triomphe de la mort
Saint Jean rapporte que notre divin Rédempteur, avant d'expirer, baissa la tête (Jn 19, 30). Ce fut pour marquer qu'il acceptait la mort de la main de son Père avec une entière soumission, puisqu'il mettait alors le comble à son humble obéissance en subissant le supplice de la croix (Ph 2, 8).
Ayant les mains et les pieds cloués à la croix, Jésus ne pouvait mouvoir aucune partie de son corps, excepté la tête. Or, la mort, dit saint Athanase, n'osait s'avancer pour ôter la vie à l'Auteur de la vie; il a donc fallu qu'il l'invitât lui-même, en inclinant la tête, à venir le frapper. Saint Matthieu, parlant de la mort de Jésus-Christ, dit qu'il exhala ou envoya hors de lui son esprit (Mt 27, 50). Selon saint Ambroise, l'Évangéliste se sert de cette expression pour montrer que Notre-Seigneur mourut, non par nécessité ni par le fait des bourreaux, mais parce qu'il voulut bien mourir; il ne perdit point la vie, mais il la quitta de son plein gré. Il mourut volontairement, afin de sauver l'homme de la mort à laquelle il était condamné.
Tout cela avait été prédit par le prophète Osée, en ces termes: "Je les délivrerai des mains de la mort, je les rachèterai de la mort. Ô mort! je serai ta mort; ô enfer! je serai ta ruine!" (Os 13, 14). Saint Jérôme, saint Augustin, saint Grégoire et l'Apôtre lui-même, comme nous le verrons bientôt, appliquent littéralement ce passage à Jésus-Christ qui, par sa mort, nous a délivrés des mains de la mort, c'est-à-dire de l'enfer, où l'on souffre une mort éternelle. Et proprement, suivant l'explication des interprètes, dans le texte hébreu, au lieu de Mort, on lit le mot Scheol, qui signifie Enfer.
Mais comment Jésus-Christ a-t-il été la mort de la mort? C'est que notre Sauveur, par sa mort, a vaincu et détruit la mort que le péché nous avait causée. L'Apôtre demande ce qu'est devenue, après cette défaite, la mort de son aiguillon, qui est le péché; il assure que la victoire du Sauveur a tout fait disparaître: "La mort a été engloutie dans la victoire" (! Co 15, 54). Par sa mort, l'Agneau divin a détruit le péché, qui était la cause de notre mort. Tel fut donc le triomphe du Fils de Dieu: en mourant pour nous, il a ôté du monde le péché, et nous a par conséquent délivrés de la mort éternelle, à laquelle tout le genre humain était assujetti.
Considérations sur la Passion
Saint Alphonse-Marie de Liguori