Bonjour Mini,
On ne peut pas parler de tout avec un enfant, du moins à la façon d'un adulte.
L'enfant à une sensibilité particulière au divin, au sacré, s'il y est sensible; ainsi parler trop ouvertement de l'actu sans ramener le discours à sa mesure peut faire plus de mal que de bien.
Je vous donne un exemple.
La nièce d'une relation a pour père quelqu'un qui ne croit pas en Dieu. Néanmoins la petite va au catéchisme (encore enseigné en primaire en Alsace et obligatoire par le concordat) et a fait la remarque suivante : "Mon papa ne croit pas en Dieu. ". Et la catéchiste, non mal intentionnée mais maladroite car n'ayant pas pris la mesure de ce qui se cachait derrière cette remarque a répondu : "Ceux qui ne croient pas en Dieu vont en enfer". Et vlan !
Résultat la petite, ne prenant pas la réelle mesure de l'enfer, refuse de continuer le catéchisme et ne veut plus rien savoir de Dieu. Uniquement parce que dans son amour d'enfant elle ne veut pas être séparée de son père et veut donc "aller en enfer pour être avec papa".
Alors la catéchiste n'a pas fauté au sens strict mais a commis une maladresse qui a peut être détournée définitivement cette enfant d'une relation avec son autre Père.
Tout cela pour dire qu'avec les enfants il faut être prudent, derrière de simples questions se cachent parfois une angoisse. Aussi devant des questions directes, il ne faut pas cacher la vérité mais l'agencer de façon a ce que la réponse en rapport à Dieu soit toujours en rapport avec la notion d'amour.
Cela vaut ce que cela vaut mais la catéchiste aurait pu dire par exemple : "Ceux qui ne croient pas en Dieu iront en enfer, mais ... (un message sur le pardon, la miséricorde, la prière pour son papa etc. )".
Son oncle m'a donc sollicité pour quelques conseils afin de "rattraper le coup".
Il ne faut donc pas être trop franc avec les enfants, cela ne veut pas dire leur mentir mais savoir doser. Je le vois souvent en Eglise, certains s'en fichent royalement mais pour d'autres ils ont une sensibilité très forte. Il suffit de regarder leurs yeux lors de l'Eucharistie, même s'ils ne comprennent pas tout le Mystère, ils brillent souvent plus que les adultes.
Il y aura probablement une certaine réticence ou opposition de la maman, mais vous pouvez essayer d'en discuter avec la maman en reconnaissant certains torts et en proposant de reprendre le sujet avec l'enfant en présence de la maman.
Témoigner c'est bien mais il faut toujours le faire en tenant compte de l'interlocuteur, de la situation, en prenant parfois son temps car il ne faut pas que cela se transforme en contre témoignage.
Comme l'enseignait St Paul à Timothée dans sa seconde lettre ( 2Tim 2, 23-26):
Évite les discussions folles et simplistes : tu sais qu’elles provoquent des querelles.
Or un serviteur du Seigneur ne doit pas être querelleur ; il doit être attentionné envers tous, capable d’enseigner et de supporter la malveillance ;
il doit reprendre avec douceur les opposants, car Dieu leur donnera peut-être de se convertir, de connaître pleinement la vérité :
ils retrouveront alors leur bon sens et se dégageront des pièges du diable qui les retient captifs, soumis à sa volonté.
Cordialement.