par Héraclius » ven. 16 oct. 2015, 12:07
Comprenez moi-bien, Christophe ; il ne s'agit évidemment pas de renier les racines chrétiennes de notre pays, ou de l'europe. Il faut être aveugle (ou tristement pervers, dans le cas d'une certain nombre de gouvernants) pour les nier. Il ne s'agit pas non plus de nier que ce pays lui-même existerait ; j'estime qu'il est bon d'en avoir une conception lâche et évolutive (je ne crois pas qu'un pays ait une essence irréductible), et je regrette profondément l'erreur nationaliste dans laquelle s'est plongée l'europe, MAIS je ne crois pas non plus que par un fantasme pseudo-universalisme il faille oublier, ou faire semblant d'oublier, le "mode de pensée culturel" propre à la France.
Simplement, je regrette la vision des "nations" (le terme est impropre, bien sûr) qu'avaient le bas moyen-âge et la rennaissance. En ces temps, le monde était profondément universaliste, au sens juste et chrétien du terme. Un européen était d'abord catholique, et ensuite, bien après, castillan ou anglois. On voyage beaucoup à travers l'europe, dont les milieux érudits et religieux sont tous liés par la langue latine ; les universités sont, déjà, internationales, dans une certaine mesure. On vient de l'europe entière écouter les cours d'un Thomas d'Aquin, Napolitain enseignant à la Sorbonne. Le pouvoir, le potestas, est vu comme universel, avec bien sûr l'alliance souvent muée en compétition du Pape et de l'Empereurs, souverains du monde.
Dans ce monde-là, il y a bien sûr des royaumes, des souverains nommés par Dieu, des cultures diverses, et chaque "nation" a sans doute son ange protecteur. Dieu en sauve certaines contre la voracités des autres (Sainte Jeanne d'Arc peut en témoigner).
C'est après, avec la fin de la rennaissance et surtout l'âge moderne, que va petit à petit se constituer une autre vision de la nation. Cette vision, c'est celle de l'absolutisme royal, liée à une conception dévoyée du droit divin. C'est l'abandon progressif du latin, langue universelle ; c'est la nationalisation des églises locales, particulièrement en France avec le gallicanisme ; c'est la négation de la Papauté, forcé contre elle-même à se comporter en état-nation ; c'est la paix de Westphalie et son "Un Roi, une Loi, une Foi" ; c'est l'évangélisation liée à la cultures des nations évangélisatrices, contrairements aux efforts des jésuites pour distinguer la culture du contenu de la foi ; c'est la suppression de ces mêmes jésuites, trop universalistes ("catholique ?") dans leur soumisson transnationale au Saint Père ; c'est, plus récemment, un prêtre français traitant en chaire le pape Benoît XV de "pape boche" à cause de la soumission de ce dernier à son devoir pontifical de paternité universelle lors de la 1ère guerre mondiale.
Comprenez-vous mon point de vue ?
Dieu vous garde,
Héraclius -
Comprenez moi-bien, Christophe ; il ne s'agit évidemment pas de renier les racines chrétiennes de notre pays, ou de l'europe. Il faut être aveugle (ou tristement pervers, dans le cas d'une certain nombre de gouvernants) pour les nier. Il ne s'agit pas non plus de nier que ce pays lui-même existerait ; j'estime qu'il est bon d'en avoir une conception lâche et évolutive (je ne crois pas qu'un pays ait une essence irréductible), et je regrette profondément l'erreur nationaliste dans laquelle s'est plongée l'europe, MAIS je ne crois pas non plus que par un fantasme pseudo-universalisme il faille oublier, ou faire semblant d'oublier, le "mode de pensée culturel" propre à la France.
Simplement, je regrette la vision des "nations" (le terme est impropre, bien sûr) qu'avaient le bas moyen-âge et la rennaissance. En ces temps, le monde était profondément universaliste, au sens juste et chrétien du terme. Un européen était d'abord catholique, et ensuite, bien après, castillan ou anglois. On voyage beaucoup à travers l'europe, dont les milieux érudits et religieux sont tous liés par la langue latine ; les universités sont, déjà, internationales, dans une certaine mesure. On vient de l'europe entière écouter les cours d'un Thomas d'Aquin, Napolitain enseignant à la Sorbonne. Le pouvoir, le potestas, est vu comme universel, avec bien sûr l'alliance souvent muée en compétition du Pape et de l'Empereurs, souverains du monde.
Dans ce monde-là, il y a bien sûr des royaumes, des souverains nommés par Dieu, des cultures diverses, et chaque "nation" a sans doute son ange protecteur. Dieu en sauve certaines contre la voracités des autres (Sainte Jeanne d'Arc peut en témoigner).
C'est après, avec la fin de la rennaissance et surtout l'âge moderne, que va petit à petit se constituer une autre vision de la nation. Cette vision, c'est celle de l'absolutisme royal, liée à une conception dévoyée du droit divin. C'est l'abandon progressif du latin, langue universelle ; c'est la nationalisation des églises locales, particulièrement en France avec le gallicanisme ; c'est la négation de la Papauté, forcé contre elle-même à se comporter en état-nation ; c'est la paix de Westphalie et son "Un Roi, une Loi, une Foi" ; c'est l'évangélisation liée à la cultures des nations évangélisatrices, contrairements aux efforts des jésuites pour distinguer la culture du contenu de la foi ; c'est la suppression de ces mêmes jésuites, trop universalistes ("catholique ?") dans leur soumisson transnationale au Saint Père ; c'est, plus récemment, un prêtre français traitant en chaire le pape Benoît XV de "pape boche" à cause de la soumission de ce dernier à son devoir pontifical de paternité universelle lors de la 1ère guerre mondiale.
Comprenez-vous mon point de vue ?
Dieu vous garde,
Héraclius -