par Hulda » mar. 18 août 2015, 11:00
Bonjour Chahar.
Je dois vous avouer que votre post m'a plutôt troublée, car j'ai vécu une expérience similaire à la vôtre.
Je ne vais pas vous faire un roman de ma vie, mais je crois qu'un résumé pourrait peut être vous éclairer, ou vous rassurer.
Comme vous, j'ai, à un moment de ma vie, sombré dans ce que l'humain a de pire en lui. J'ai eu une enfance très chaotique, marquée par de nombreux problèmes de santé, et surtout par des parents incapables d'assumer leur rôle. Mes seuls principes ou lignes de conduites, je les devait à ma foi en Dieu. Je voulais aider la terre entière, mais j'avais l'impression que cette terre ne voulait pas de moi. Je n'avais aucun repère, aucune limite, je n'ai pas pu me construire comme une personne "normale".
Et ce qui devait arriver arriva. J'ai littéralement plongé.
Grande, belle, intelligente, j'avais malgré tout certains atouts. J'en ai usé pour commettre des actes que d'aucuns qualifieraient d'abjects. Manipulations, souffrances, jeux pervers, rien ne m'arrêtait. Je me complaisais dans les relations à risque. Et plus je m'enfonçais, plus je devenais folle.
Il y avait pourtant quelques moments de lucidité, durant lesquels j'essayais de sortir la tête de l'eau. J'ai consulté, on m'a collé des étiquettes: "bipolaire", "schizophrène", "borderline". Je rencontrais des gens bien, mais je ne pouvais pas m'empêcher de les faire souffrir. Et la descente aux enfers continua, jusqu'au jour où je suis tombée sur quelqu'un de pire que moi, qui m'a complètement détruite.
J'ai fui. Je me suis isolée. Mon état empirait, je buvais, me droguais, je jouissais toujours de plaisirs libidineux. A un tel point qu'au final, je finis par ne plus avoir envie de rien.
J'étais complètement perdue. Je ne croyais plus en rien. Mais, par orgueil, par fierté, je ne voulais surtout pas d'aide.
Et un jour, un peu par hasard (fallait-t-il voir l'oeuvre de Dieu?), j'ai rencontré quelqu'un de différent.
Cet homme avait les mêmes rêves, les mêmes passions que moi. Et il était d'une empathie incroyable. Il me donnait envie de démarrer une nouvelle vie.
Bien sur, mon côté "diabolique" a vite repris le dessus: je n'ai vu que ses défauts, je le trouvais faible, maladroit, et surtout, oppressant. Il me mettait mal à l'aise. Lui aussi, j'ai voulu le détruire.
Notre relation a tourné court, évidemment. J'ai voulu qu'il sorte de ma vie. Mais il s'est accroché, il s'est obstiné, à un tel point que cela en devenait obsessionnel. J'ai même porté plainte contre lui pour harcèlement, c'est dire!
En fait, ce que j'ai compris avec le recul, c'est que cet homme m'aimait vraiment. Oui, cela peut paraître très fleur bleue, sachant que le sentiment amoureux est très subjectif. Mais il y avait une telle force en lui, qu'il aurait pu accepter n'importe quel fardeau. Et il ne m'a jamais charmée, ou endormie. Il a toujours été sincère. Qui plus est, nous avions de réelles affinités.
Je l'ai de nouveau accepté dans ma vie. Ce fut une période extrêmement éprouvante, aussi bien pour lui que pour moi. Mais nous nous sommes accrochés. J'ai suivi une longue psychothérapie, j'ai fait un énorme travail sur moi même, et, tout en étant soutenue, j'ai remonté la pente. Et j'ai retrouvé la Foi.
Aujourd'hui la vie n'est quand même pas un long fleuve tranquille. Mais je n'ai plus de "crises de folie". Je mène une vie simple, quasi normale, mais qui passe pour le paradis en comparaison de ce que j'ai vécu. Je vis de nouveau seule, mais je reste très proche de l'homme qui m'a aidé. Et je fais en sorte de positiver.
Les mots ne sont rien, on a toujours du mal à faire passer l'intensité de ce que l'on a vécu dans un simple post, surtout lorsqu'on souhaite toucher des personnes qui subissent des maux tels que les vôtres. Chahar, je ne connais pas votre vie, aussi je me permettrais juste de vous donner des avis, au lieu de conseils:
-Au regard de ce que vous décrivez, la relation que vous entretenez avec votre conjoint vous conduira à votre perte si vous souhaitez continuer dans sa direction. Ne faudrait-il pas faire une croix sur lui, aussi dur que cela puisse être? On dirait qu'il a une emprise totale sur votre vie, mais vous avez réussi à vous en éloigner. C'est un bon signe.
-Essayez de structurer votre vie. Trouvez un emploi, des amis de confiance sur qui se reposer, et surtout un bon psychothérapeute! C'est ce qui m'a dans mon cas en grande partie aidée. Il faut à un moment donné mettre sa fierté de côté et accepter de l'aide, tout en faisant preuve de discernement. La religion est aussi un bon support lorsqu'on souhaite "purifier" sa vie.
-Et surtout, raccrochez vous à quelque chose de beau, de positif, quelque chose qui vous tient à cœur. Entraînez vous à voir le meilleur dans ce qui vous entoure. Rencontrez des gens qui partagent vos passions, créez une sorte d'émulation. Mais surtout, surtout, ne vous isolez pas. Acceptez la présence, si ce n'est l'aide dans un premier temps, de quelqu'un de bien.
Encore une fois, ce ne sont que des mots, mais sachez qu'il y aura toujours quelqu'un qui vous comprendra. Mais n'oubliez pas que rien ne se fait tout seul. L'issue, c'est à vous seule de la trouver.
Courage!
Bonjour Chahar.
Je dois vous avouer que votre post m'a plutôt troublée, car j'ai vécu une expérience similaire à la vôtre.
Je ne vais pas vous faire un roman de ma vie, mais je crois qu'un résumé pourrait peut être vous éclairer, ou vous rassurer.
Comme vous, j'ai, à un moment de ma vie, sombré dans ce que l'humain a de pire en lui. J'ai eu une enfance très chaotique, marquée par de nombreux problèmes de santé, et surtout par des parents incapables d'assumer leur rôle. Mes seuls principes ou lignes de conduites, je les devait à ma foi en Dieu. Je voulais aider la terre entière, mais j'avais l'impression que cette terre ne voulait pas de moi. Je n'avais aucun repère, aucune limite, je n'ai pas pu me construire comme une personne "normale".
Et ce qui devait arriver arriva. J'ai littéralement plongé.
Grande, belle, intelligente, j'avais malgré tout certains atouts. J'en ai usé pour commettre des actes que d'aucuns qualifieraient d'abjects. Manipulations, souffrances, jeux pervers, rien ne m'arrêtait. Je me complaisais dans les relations à risque. Et plus je m'enfonçais, plus je devenais folle.
Il y avait pourtant quelques moments de lucidité, durant lesquels j'essayais de sortir la tête de l'eau. J'ai consulté, on m'a collé des étiquettes: "bipolaire", "schizophrène", "borderline". Je rencontrais des gens bien, mais je ne pouvais pas m'empêcher de les faire souffrir. Et la descente aux enfers continua, jusqu'au jour où je suis tombée sur quelqu'un de pire que moi, qui m'a complètement détruite.
J'ai fui. Je me suis isolée. Mon état empirait, je buvais, me droguais, je jouissais toujours de plaisirs libidineux. A un tel point qu'au final, je finis par ne plus avoir envie de rien.
J'étais complètement perdue. Je ne croyais plus en rien. Mais, par orgueil, par fierté, je ne voulais surtout pas d'aide.
Et un jour, un peu par hasard (fallait-t-il voir l'oeuvre de Dieu?), j'ai rencontré quelqu'un de différent.
Cet homme avait les mêmes rêves, les mêmes passions que moi. Et il était d'une empathie incroyable. Il me donnait envie de démarrer une nouvelle vie.
Bien sur, mon côté "diabolique" a vite repris le dessus: je n'ai vu que ses défauts, je le trouvais faible, maladroit, et surtout, oppressant. Il me mettait mal à l'aise. Lui aussi, j'ai voulu le détruire.
Notre relation a tourné court, évidemment. J'ai voulu qu'il sorte de ma vie. Mais il s'est accroché, il s'est obstiné, à un tel point que cela en devenait obsessionnel. J'ai même porté plainte contre lui pour harcèlement, c'est dire!
En fait, ce que j'ai compris avec le recul, c'est que cet homme m'aimait vraiment. Oui, cela peut paraître très fleur bleue, sachant que le sentiment amoureux est très subjectif. Mais il y avait une telle force en lui, qu'il aurait pu accepter n'importe quel fardeau. Et il ne m'a jamais charmée, ou endormie. Il a toujours été sincère. Qui plus est, nous avions de réelles affinités.
Je l'ai de nouveau accepté dans ma vie. Ce fut une période extrêmement éprouvante, aussi bien pour lui que pour moi. Mais nous nous sommes accrochés. J'ai suivi une longue psychothérapie, j'ai fait un énorme travail sur moi même, et, tout en étant soutenue, j'ai remonté la pente. Et j'ai retrouvé la Foi.
Aujourd'hui la vie n'est quand même pas un long fleuve tranquille. Mais je n'ai plus de "crises de folie". Je mène une vie simple, quasi normale, mais qui passe pour le paradis en comparaison de ce que j'ai vécu. Je vis de nouveau seule, mais je reste très proche de l'homme qui m'a aidé. Et je fais en sorte de positiver.
Les mots ne sont rien, on a toujours du mal à faire passer l'intensité de ce que l'on a vécu dans un simple post, surtout lorsqu'on souhaite toucher des personnes qui subissent des maux tels que les vôtres. Chahar, je ne connais pas votre vie, aussi je me permettrais juste de vous donner des avis, au lieu de conseils:
-Au regard de ce que vous décrivez, la relation que vous entretenez avec votre conjoint vous conduira à votre perte si vous souhaitez continuer dans sa direction. Ne faudrait-il pas faire une croix sur lui, aussi dur que cela puisse être? On dirait qu'il a une emprise totale sur votre vie, mais vous avez réussi à vous en éloigner. C'est un bon signe.
-Essayez de structurer votre vie. Trouvez un emploi, des amis de confiance sur qui se reposer, et surtout un bon psychothérapeute! C'est ce qui m'a dans mon cas en grande partie aidée. Il faut à un moment donné mettre sa fierté de côté et accepter de l'aide, tout en faisant preuve de discernement. La religion est aussi un bon support lorsqu'on souhaite "purifier" sa vie.
-Et surtout, raccrochez vous à quelque chose de beau, de positif, quelque chose qui vous tient à cœur. Entraînez vous à voir le meilleur dans ce qui vous entoure. Rencontrez des gens qui partagent vos passions, créez une sorte d'émulation. Mais surtout, surtout, ne vous isolez pas. Acceptez la présence, si ce n'est l'aide dans un premier temps, de quelqu'un de bien.
Encore une fois, ce ne sont que des mots, mais sachez qu'il y aura toujours quelqu'un qui vous comprendra. Mais n'oubliez pas que rien ne se fait tout seul. L'issue, c'est à vous seule de la trouver.
Courage!