A propos de l'article du journal La Vie :
« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. » Trouver et apprécier l’équilibre n’a rien de facile. Mais à l’aune des événements de ces derniers jours, on ne peut qu’en appeler au sens des responsabilités. Le président de la République et le Premier ministre, qui se sont élevés ces deux dernières semaines à la hauteur du drame, devraient maintenant s’y employer.»
Pour le dire sobrement : je ne suis pas d'accord avec le genre d'éléments de réflexion que l'on trouve dans l'article.
Pourquoi?
Premièrement, cette limite à laquelle songeait l'ONU en 1948 n'est que la limite à laquelle tout le monde consent déjà et qui est l'interdiction de faire usage des médias (journaux, radio, cinéma, etc.) dans le but d'inciter directement les gens à commettre des crimes contre la personne. Entendre : appel au meurtre, appel à la discrimination raciale, diffamation (répandre le bruit que l'évêque opère un réseau pédophile quand ce n'est pas le cas, etc.). On parle d'actes criminels pouvant entraîner des effets réels et graves pour les personnes ciblées : perte de vie, perte d'emploi, ruine de son entreprise, dommage à la réputation qui entraîne des pertes économiques substantielles, limitation de mouvement, etc. On ne songe pas à limiter le droit d'expression des uns à raison de la croyance des autres, pour éviter de peiner des tenants d'un dogme religieux et qui souffriraient subjectivement du fait de voir leur foi bafouer publiquement par les idées d'autrui, par leur façon d'être, de manger ou de se comporter.
Deuxièmement, le journal
La Vie veut en appeler au "politique" pour
forcer les gens à ne pas se comporter comme ils le voudraient, le souhaiteraient et l'aimeraient vis-à-vis l'islam et en particulier à l'égard de fanatiques religieux. Le journal
La Vie voudrait voir autoriser dans la sphère publique
qu'un seul type d'expression : le sien. C'est un réflexe qui est tout à fait antidémocratique, et qui, comme tel serait à dénoncer.
Démocratie
En démocratie : n'importe qui peut/devrait avoir le droit de dire ce qu'il pense des fanatiques religieux. Le droit de le dire, l'écrire, l'imprimer et le diffuser.
En démocratie,
un incroyant peut ne pas respecter le prophète Machin, si ses dogmes ni sa religion et puis le dire à haute voix. Dans une vraie démocratie : un ministre en poste pourrait se rendre à un
Talk-Show télévisé et dire à l'heure de grande écoute : «Écoutez, pour moi, le Coran c'est de la merde.»
Dans une démocratie ... mais peut-être pas à la cour de Versailles, peut-être pas dans le cercle diplomatique des ambassadeurs de l'UE, du Qatar ... ou peut-être pas non plus lors d'une conférence interreligieuse devant mettre en présence le nonce apostolique avec le grand rabbin et le mufti.
Il y a une différence entre l'
étiquette qui conviendrait entre gens courtois prenant le thé et souhaitant échanger aimablement et puis
la démocratie, en tant que système politique et un système qui autorise justement les dissidents (... de la cour, de l'étiquette royale, des pontifications de l'université, de l'autorité du syndicat, des avis de quelque grande lumière encensée par le pouvoir public et qui prétend que ... blablabla ...) La démocratie réelle c'est pour Jacquou le droit d'envoyer paître cul par-dessus tête le représentant royal avec son système d'idées et de représentation et qu'il voudrait voir être une exclusive.
Le pouvoir
Cette affaire de "maniement de langage" est une affaire de pouvoir dans le fond. Et la démocratie c'est l'idée que les opposants puissent exercer leur contre-pouvoir en pouvant prendre la parole à leur tour. Aussi, le journal
La Vie se révèle être
un journal de courtisans; moi c'est ce que je comprendrais. Je rajoute : on voit aussi que la démocratie est toujours un combat à mener, à reconduire et à refaire. Ça demande du courage en vérité. Et ce n'est pas loin non plus du même courage qu'il demande pour s'affirmer comme chrétien dans le monde.
Non, moi je déteste profondément des articles qui seront de même farine que celui montré plus haut, qui sont encore des appels au "politiquement correct" et à l'emprisonnement d'une caste dans son propre discours, pour y être toujours plus coupé des avis de la majorité du monde.