par Peccator » ven. 20 juin 2014, 14:12
Bonjour,
mon expérience de la vie conjugale est relativement courte, et je ne suis même pas marié... Ceci dit, au cours de nos quelques années de vie commune, nous avons eu nous aussi nos difficultés, comme tous les couples.
J'ai l'impression à vous lire qu'à l'heure actuelle, tout dialogue est impossible entre vous tellement les tensions sont fortes. Tensions entre vous, mais aussi tensions au sein de chacun de vous.
Je pense que dans ces situations, un temps de séparation est bienvenu, pour permettre à chacun de prendre du recul et laisser les tensions s'adoucir. Ce qu'on appelle un "temps de désert". C'est un temps où il est important de prier, de demander conseil à Dieu, de méditer sur le mystère de la Trinité, sur les paroles du Christ à propos du mariage, sur le sens que l'on donne soi-même au mariage.
J'ai aussi le sentiment que vos deux familles ont pris une place trop importante dans votre couple : il serait souhaitable que chacun de vous arrive à rétablir une certaine distance, car si cette séparation n'est qu'occasion pour donner une importance encore plus grande à l'influence familiale, c'est mal barré. N'oubliez pas : les époux quittent leur père et leur mère, et ne font plus qu'une seule chair. Quand on grandit, Freud nous explique la nécessité de faire le meurtre du père... Dans un mariage, c'est un peu pareil : il faut arriver à rompre avec la pression familiale pour que le couple puisse être vraiment uni.
Je pense que votre femme va avoir du travail à faire sur elle-même. Mais lequel, je ne sais pas : c'est vous que nous lisons, et pas elle. Par contre, il est pour moi évident qu'il va vous falloir bouger vous aussi. Par exemple, non, ce n'est pas généralement la femme qui quitte le foyer conjugal. Il y a des tas de femmes qui ont été abandonnées par leur mari, parti refaire sa vie dans les bras d'une autre laissant sa femme seule avec ses enfants. Je pense même que c'est la majorité des cas (je n'ai aucun chiffre à l'appui).
Quelques sujets de méditation qui peut-être pourraient vous aider :
- le mariage comme union librement consentie de deux personnes libres, et qui est à l'image de la relation qui existe en Dieu au sein de la Trinité.
- la différence qu'il y a entre recevoir ce qui est donné librement, et exiger de l'autre ce qu'il est supposé devoir donner.
- la fidélité infaillible de Dieu, qui continue à aimer l'homme malgré toutes ses infidélités, ses manquements à l'amour, l'immaturité de sa foi et de sa charité.
- le fait que Dieu nous aime tel que nous sommes : il ne nous demande pas de changer pour nous aimer. Attendez-vous de votre femme qu'elle soit différente ?
- le fait que quand nous aimons Dieu, cet amour nous change : votre amour pour votre femme provoque-t-il des changements en vous ? Vous dites être colérique, par exemple : faites-vous des progrès sur ce plan ?
- le fait que dans le mariage, c'est Dieu qui unit deux êtres, et que nul homme ne peut rompre ce que Dieu a uni : pensez-vous que Dieu agisse pour maintenir cette union ?
- le fait qu'on ne peut pas changer l'autre : on ne peut que changer soi-même et prier pour l'autre (prier pour son bien, et non demander qu'il change comme on le souhaiterait...). Demandez donc conseil à Dieu sur ce que vous pouvez changer en vous, et priez pour la conversion de votre femme. Du reste, vous avez déjà fait des premiers pas : vous avez rompu avec votre maîtresse.
Pour la question de l'annulation, c'est à votre prêtre qu'il faut s'adresser (celui de votre choix, pas forcément celui devant qui vous vous êtes mariés), qui pourra au besoin vous recommander un canoniste.
Attention qu'une annulation, ce n'est pas un divorce : c'est un examen des circonstances du mariage lui-même, pour voir si oui ou non les conditions nécessaires du mariage étaient réunies. Si elles ne l'étaient pas, alors on reconnait que ce mariage n'a en réalité jamais eu lieu. C'est très, très différent d'un divorce (qui lui reconnait qu'il y a bien eu mariage, et que ce mariage est fini). A vous lire, je n'ai pas le sentiment que vous soyez concerné par une annulation. Mais je ne connais pas votre histoire, je ne suis pas canoniste, et ce n'est pas sur un forum internet que vous aurez la réponse. Le seul moyen de savoir, c'est de poser la question aux bonnes personnes.
Quoiqu'il en soit, j'ai le sentiment que c'est prématuré. Pour l'instant, vous êtes en pleine crise. Ce n'est pas au milieu des tourmentes qu'il faut remettre en question ce qui a été décidé dans le calme.
Aujourd'hui, je vous suggère surtout de faire une retraite, seul puisqu'en couple cela semble être impossible actuellement, et de chercher quelqu'un qui pourrait être intermédiaire entre vous deux pour maintenir une possibilité de communication, le temps que vous soyez de nouveau en mesure de parler directement l'un à l'autre.
Question importante : vous-même, vous ne voulez pas avoir d'enfant ? Ou est-ce que vous ne pouvez pas en avoir, et qu'elle vous le reproche ? Etait-ce déjà le cas au moment de votre mariage ?
Bonjour,
mon expérience de la vie conjugale est relativement courte, et je ne suis même pas marié... Ceci dit, au cours de nos quelques années de vie commune, nous avons eu nous aussi nos difficultés, comme tous les couples.
J'ai l'impression à vous lire qu'à l'heure actuelle, tout dialogue est impossible entre vous tellement les tensions sont fortes. Tensions entre vous, mais aussi tensions au sein de chacun de vous.
Je pense que dans ces situations, un temps de séparation est bienvenu, pour permettre à chacun de prendre du recul et laisser les tensions s'adoucir. Ce qu'on appelle un "temps de désert". C'est un temps où il est important de prier, de demander conseil à Dieu, de méditer sur le mystère de la Trinité, sur les paroles du Christ à propos du mariage, sur le sens que l'on donne soi-même au mariage.
J'ai aussi le sentiment que vos deux familles ont pris une place trop importante dans votre couple : il serait souhaitable que chacun de vous arrive à rétablir une certaine distance, car si cette séparation n'est qu'occasion pour donner une importance encore plus grande à l'influence familiale, c'est mal barré. N'oubliez pas : les époux quittent leur père et leur mère, et ne font plus qu'une seule chair. Quand on grandit, Freud nous explique la nécessité de faire le meurtre du père... Dans un mariage, c'est un peu pareil : il faut arriver à rompre avec la pression familiale pour que le couple puisse être vraiment uni.
Je pense que votre femme va avoir du travail à faire sur elle-même. Mais lequel, je ne sais pas : c'est vous que nous lisons, et pas elle. Par contre, il est pour moi évident qu'il va vous falloir bouger vous aussi. Par exemple, non, ce n'est pas généralement la femme qui quitte le foyer conjugal. Il y a des tas de femmes qui ont été abandonnées par leur mari, parti refaire sa vie dans les bras d'une autre laissant sa femme seule avec ses enfants. Je pense même que c'est la majorité des cas (je n'ai aucun chiffre à l'appui).
Quelques sujets de méditation qui peut-être pourraient vous aider :
- le mariage comme union librement consentie de deux personnes libres, et qui est à l'image de la relation qui existe en Dieu au sein de la Trinité.
- la différence qu'il y a entre recevoir ce qui est donné librement, et exiger de l'autre ce qu'il est supposé devoir donner.
- la fidélité infaillible de Dieu, qui continue à aimer l'homme malgré toutes ses infidélités, ses manquements à l'amour, l'immaturité de sa foi et de sa charité.
- le fait que Dieu nous aime tel que nous sommes : il ne nous demande pas de changer pour nous aimer. Attendez-vous de votre femme qu'elle soit différente ?
- le fait que quand nous aimons Dieu, cet amour nous change : votre amour pour votre femme provoque-t-il des changements en vous ? Vous dites être colérique, par exemple : faites-vous des progrès sur ce plan ?
- le fait que dans le mariage, c'est Dieu qui unit deux êtres, et que nul homme ne peut rompre ce que Dieu a uni : pensez-vous que Dieu agisse pour maintenir cette union ?
- le fait qu'on ne peut pas changer l'autre : on ne peut que changer soi-même et prier pour l'autre (prier pour son bien, et non demander qu'il change comme on le souhaiterait...). Demandez donc conseil à Dieu sur ce que vous pouvez changer en vous, et priez pour la conversion de votre femme. Du reste, vous avez déjà fait des premiers pas : vous avez rompu avec votre maîtresse.
Pour la question de l'annulation, c'est à votre prêtre qu'il faut s'adresser (celui de votre choix, pas forcément celui devant qui vous vous êtes mariés), qui pourra au besoin vous recommander un canoniste.
Attention qu'une annulation, ce n'est pas un divorce : c'est un examen des circonstances du mariage lui-même, pour voir si oui ou non les conditions nécessaires du mariage étaient réunies. Si elles ne l'étaient pas, alors on reconnait que ce mariage n'a en réalité jamais eu lieu. C'est très, très différent d'un divorce (qui lui reconnait qu'il y a bien eu mariage, et que ce mariage est fini). A vous lire, je n'ai pas le sentiment que vous soyez concerné par une annulation. Mais je ne connais pas votre histoire, je ne suis pas canoniste, et ce n'est pas sur un forum internet que vous aurez la réponse. Le seul moyen de savoir, c'est de poser la question aux bonnes personnes.
Quoiqu'il en soit, j'ai le sentiment que c'est prématuré. Pour l'instant, vous êtes en pleine crise. Ce n'est pas au milieu des tourmentes qu'il faut remettre en question ce qui a été décidé dans le calme.
Aujourd'hui, je vous suggère surtout de faire une retraite, seul puisqu'en couple cela semble être impossible actuellement, et de chercher quelqu'un qui pourrait être intermédiaire entre vous deux pour maintenir une possibilité de communication, le temps que vous soyez de nouveau en mesure de parler directement l'un à l'autre.
Question importante : vous-même, vous ne [i]voulez[/i] pas avoir d'enfant ? Ou est-ce que vous ne [i]pouvez[/i] pas en avoir, et qu'elle vous le reproche ? Etait-ce déjà le cas au moment de votre mariage ?