par Jean-Mic » mar. 11 mars 2014, 12:43
Je ne crois pas qu'il existe à proprement parler des communautés mixtes. On devrait plutôt parler de
communautés doubles, conformément à une très longue tradition de l'Eglise.
Les FMJ, fraternités monastiques de Jérusalem, rassemblent fréquemment (mais pas toujours, en tout cas à leurs débuts) une communauté masculine ET une communauté féminine. Les deux communautés ont leur vie propre, avec un(e) prieur(e) chacune, une maison propre, etc. Les deux communautés se rejoignent pour célébrer l'office en commun, et plus rarement pour certaines missions pastorales qui leur sont confiées (je pense à Vézelay où l'accueil et la visite -hautement spirituelle- de la basilique sont assurés indifféremment par un moine ou une moniale). En dehors donc de ce sommet que représente la prière commune, hommes et femmes sont bel et bien séparés.
Dans les communautés nouvelles, il arrive également que l'on ait des communautés doubles sur le même modèle. C'est le cas des frères et sœurs de Saint-Jean (= les "petits gris"), sans que ce soit systématique, loin de là.
Pour les communautés issus du Renouveau (Chemin Neuf, Béatitudes, Emmanuel, ...), on retrouve des cas similaires, mais on trouve également (pas toujours) des communautés triples : des hommes consacrés dans le célibat (prêtres ou non), des femmes consacrées dans le célibat, des couples et des familles. Pour les consacrés-célibataires, on est sur le modèle expliqué plus haut. Les familles, elles, vivent généralement un peu plus à l'écart, dans des maisons ou des appartements préservant la vie de famille et la liberté due aux enfants : eux ne sont pas, et n'ont pas à être, des "petits moines", mais bien des enfants scolarisés et socialisés comme tous les enfants de leur âge. La règle et la célébration de l'office sont également adaptées pour les familles, et les parents, dont le devoir d'état reste premier, peuvent exercer dans certains cas, un emploi extérieur à la communauté.
Comme je le disais en préambule, c'est une très vieille tradition de l'Eglise. Elle était notamment en vigueur jusqu'au X°s. en Irlande et partout où les moines irlandais ont porté l'Evangile (Franche-Comté et Suisse notamment). Elle a été restaurée au XII°s. par Robert d'Arbrissel à l'abbaye de Fontevraud, qui comptait quatre maisons, ayant chacune leur(e) prieur(e) mais réunies sous l'abbatiat commune d'une abbesse. (cliquez pour plus de détails)
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- Il s'agit d'un monastère double et non mixte, c'est-à-dire que Robert s'engage à ce qu'à aucun moment il n'y ait de contact entre un moine et une moniale. Il répartit ses adeptes en quatre lieux distincts: le Grand-Moustier avec les contemplatives, des moniales de chœur, Sainte-Marie Madeleine avec des sœurs converses, des femmes ayant vécu dans le siècle, Saint-Jean-l'Habit pour les moines et Saint-Lazare pour les sœurs qui soigneront les lépreux qui seront, eux, hébergés à l'extérieur. Les contemplatives se consacrent à l'office divin (prières) les sœurs converses et les moines au travail à leur profit (seuls les moines pourront dire la messe).
Bien que très établie, cette tradition des communautés doubles a presque toujours été regardée avec méfiance par beaucoup, à commencer par des évêques, et l'incompréhension qu'elle a souvent suscitée a (disons-le) alimenté beaucoup de fantasmes infondés.
Fraternellement
Jean-Mic
Je ne crois pas qu'il existe à proprement parler des communautés mixtes. On devrait plutôt parler de [b]communautés doubles[/b], conformément à une très longue tradition de l'Eglise.
Les FMJ, fraternités monastiques de Jérusalem, rassemblent fréquemment (mais pas toujours, en tout cas à leurs débuts) une communauté masculine ET une communauté féminine. Les deux communautés ont leur vie propre, avec un(e) prieur(e) chacune, une maison propre, etc. Les deux communautés se rejoignent pour célébrer l'office en commun, et plus rarement pour certaines missions pastorales qui leur sont confiées (je pense à Vézelay où l'accueil et la visite -hautement spirituelle- de la basilique sont assurés indifféremment par un moine ou une moniale). En dehors donc de ce sommet que représente la prière commune, hommes et femmes sont bel et bien séparés.
Dans les communautés nouvelles, il arrive également que l'on ait des communautés doubles sur le même modèle. C'est le cas des frères et sœurs de Saint-Jean (= les "petits gris"), sans que ce soit systématique, loin de là.
Pour les communautés issus du Renouveau (Chemin Neuf, Béatitudes, Emmanuel, ...), on retrouve des cas similaires, mais on trouve également (pas toujours) des communautés triples : des hommes consacrés dans le célibat (prêtres ou non), des femmes consacrées dans le célibat, des couples et des familles. Pour les consacrés-célibataires, on est sur le modèle expliqué plus haut. Les familles, elles, vivent généralement un peu plus à l'écart, dans des maisons ou des appartements préservant la vie de famille et la liberté due aux enfants : eux ne sont pas, et n'ont pas à être, des "petits moines", mais bien des enfants scolarisés et socialisés comme tous les enfants de leur âge. La règle et la célébration de l'office sont également adaptées pour les familles, et les parents, dont le devoir d'état reste premier, peuvent exercer dans certains cas, un emploi extérieur à la communauté.
Comme je le disais en préambule, c'est une très vieille tradition de l'Eglise. Elle était notamment en vigueur jusqu'au X°s. en Irlande et partout où les moines irlandais ont porté l'Evangile (Franche-Comté et Suisse notamment). Elle a été restaurée au XII°s. par Robert d'Arbrissel à l'abbaye de Fontevraud, qui comptait quatre maisons, ayant chacune leur(e) prieur(e) mais réunies sous l'abbatiat commune d'une abbesse. (cliquez pour plus de détails)[spoiler][list]Il s'agit d'un monastère double et non mixte, c'est-à-dire que Robert s'engage à ce qu'à aucun moment il n'y ait de contact entre un moine et une moniale. Il répartit ses adeptes en quatre lieux distincts: le Grand-Moustier avec les contemplatives, des moniales de chœur, Sainte-Marie Madeleine avec des sœurs converses, des femmes ayant vécu dans le siècle, Saint-Jean-l'Habit pour les moines et Saint-Lazare pour les sœurs qui soigneront les lépreux qui seront, eux, hébergés à l'extérieur. Les contemplatives se consacrent à l'office divin (prières) les sœurs converses et les moines au travail à leur profit (seuls les moines pourront dire la messe).[/list][/spoiler]
Bien que très établie, cette tradition des communautés doubles a presque toujours été regardée avec méfiance par beaucoup, à commencer par des évêques, et l'incompréhension qu'elle a souvent suscitée a (disons-le) alimenté beaucoup de fantasmes infondés.
Fraternellement
Jean-Mic