par etienne lorant » lun. 21 juil. 2014, 14:36
L'agression a finalement eu lieu, mais pas en magasin. Et l'agresseur est inconnu. J'avais fermé la boutique, je franchissais le pont sur le fleuve et au moment de descendre du trottoir sur la chaussée qui descend du pont, il y a eu un choc, rien qu'un grand choc, sans aucune souffrance. Je me suis réveillé aux urgences de l'hôpital, j'avais douze point suture sur le front (ou plutôt le haut de la tête, un endroit curieux). Un des médecins m'a dit que la police avait emporté mon vélo à la fourrière. Un vélo ? Quel vélo, je n'ai pas roulé en vélo depuis quinze ans. Mon "explication" personnelle, c'était qu'ayant souffert d'une sciatique, j'avais dû glisser en descendant mon pied droit du trottoir du pont sur les pavés de la chaussée... Mais, finalement, non : comment expliquer alors que je sois resté évanoui plus de vingt minutes.
Cela s'est passé le jeudi saint. Mon traditionnel repas du dimanche de pâques avec les proprios de la boutique a dû être annulé: je ne voulais pas me montrer avec un gros bandage. Le vendredi, je suis revenu à la boutique et j'ai croisé Jean-Paul, une relation de longue date - puisqu'il est ce Jean-Paul qui s'est converti en découvrant à l'intérieur d'un de mes bouquins, une image de Jésus miséricordieux, telle qu'elle est distribuée par la congrégation Faustinum. En tout cas, des mots me viennent sur la bouche (des mots qui m'échappent d'un coup), je dis : "Et dire que je n'oserai même pas me rendre à l'église à Pâques". Mais Jean-paul de me répondre du tac au tac: "Justement, j'ai communié ce matin, j'avais demandé une hostie et le prêtre m'en a donné deux ... J'ai directement communié.
Je n'ai rien dit sur internet jusqu'à ce jour à propos de cet incident, cet accident qui fut une agression. Je n'en sais toujours pas plus. Il n'y a pas eu d'enquête officielle. Pourtant, depuis le temps que je travaille dans le quartier, je m'attendais à des commentaires, mais c'est étrange comme les bouches semblent cousues en de telles occasions.
Finalement j'ai appris :
1 Que c'est bien un vélo, en "wheeling" (roue arrière motrice, roue avant levée) qui m'a heurté au point de me faire voler jusqu'au milieu de la chaussée;
2 Qu'il s'agissait d'un vélo volé.
Deux ou trois semaines plus tard, un homme qui s'est présenté comme juif est venu me féliciter à la boutique pour le fait d'avoir osé parler ouvertement de ma foi. Mais il m'a dit aussi : "faites attention à vous, dans cette ville, dire en quoi on a foi, ou dire simplement que l'on croit en quelque chose, c'est très dangereux..." J'ai repris le travail mais je n'ai pas gardé de relations en dehors de ma clientèle. Le temps où l'on pouvait sortir et manger un morceau en ville avec quelques relations, avant de rentrer, est définitivement clos. Tout au début de cette année, j'avais fait une première triste expérience: un verre qu'on m'avait offert était "épicé" avec une substance qui fait tout oublier... Je n'ai jamais plus mis les pieds dans un café. Toutes ces histoires sont pour moi autant d'indices, de symptômes d'une société en état de décomposition rapide...
Mais pour le reste, tout va bien

L'agression a finalement eu lieu, mais pas en magasin. Et l'agresseur est inconnu. J'avais fermé la boutique, je franchissais le pont sur le fleuve et au moment de descendre du trottoir sur la chaussée qui descend du pont, il y a eu un choc, rien qu'un grand choc, sans aucune souffrance. Je me suis réveillé aux urgences de l'hôpital, j'avais douze point suture sur le front (ou plutôt le haut de la tête, un endroit curieux). Un des médecins m'a dit que la police avait emporté mon vélo à la fourrière. Un vélo ? Quel vélo, je n'ai pas roulé en vélo depuis quinze ans. Mon "explication" personnelle, c'était qu'ayant souffert d'une sciatique, j'avais dû glisser en descendant mon pied droit du trottoir du pont sur les pavés de la chaussée... Mais, finalement, non : comment expliquer alors que je sois resté évanoui plus de vingt minutes.
Cela s'est passé le jeudi saint. Mon traditionnel repas du dimanche de pâques avec les proprios de la boutique a dû être annulé: je ne voulais pas me montrer avec un gros bandage. Le vendredi, je suis revenu à la boutique et j'ai croisé Jean-Paul, une relation de longue date - puisqu'il est ce Jean-Paul qui s'est converti en découvrant à l'intérieur d'un de mes bouquins, une image de Jésus miséricordieux, telle qu'elle est distribuée par la congrégation Faustinum. En tout cas, des mots me viennent sur la bouche (des mots qui m'échappent d'un coup), je dis : "Et dire que je n'oserai même pas me rendre à l'église à Pâques". Mais Jean-paul de me répondre du tac au tac: "Justement, j'ai communié ce matin, j'avais demandé une hostie et le prêtre m'en a donné deux ... J'ai directement communié.
Je n'ai rien dit sur internet jusqu'à ce jour à propos de cet incident, cet accident qui fut une agression. Je n'en sais toujours pas plus. Il n'y a pas eu d'enquête officielle. Pourtant, depuis le temps que je travaille dans le quartier, je m'attendais à des commentaires, mais c'est étrange comme les bouches semblent cousues en de telles occasions.
Finalement j'ai appris :
1 Que c'est bien un vélo, en "wheeling" (roue arrière motrice, roue avant levée) qui m'a heurté au point de me faire voler jusqu'au milieu de la chaussée;
2 Qu'il s'agissait d'un vélo volé.
Deux ou trois semaines plus tard, un homme qui s'est présenté comme juif est venu me féliciter à la boutique pour le fait d'avoir osé parler ouvertement de ma foi. Mais il m'a dit aussi : "faites attention à vous, dans cette ville, dire en quoi on a foi, ou dire simplement que l'on croit en quelque chose, c'est très dangereux..." J'ai repris le travail mais je n'ai pas gardé de relations en dehors de ma clientèle. Le temps où l'on pouvait sortir et manger un morceau en ville avec quelques relations, avant de rentrer, est définitivement clos. Tout au début de cette année, j'avais fait une première triste expérience: un verre qu'on m'avait offert était "épicé" avec une substance qui fait tout oublier... Je n'ai jamais plus mis les pieds dans un café. Toutes ces histoires sont pour moi autant d'indices, de symptômes d'une société en état de décomposition rapide...
Mais pour le reste, tout va bien :wow: :wow: :wow: