par papillon » sam. 01 févr. 2014, 4:35
Peccator a écrit :Jeremy43 a écrit :Chaque soldat, chaque allemand, avait la possibilité à chaque instant de dire stop. Mais ils ne l'ont pas fait, bien au contraire, ils allaient même bien au delà des ordres dans la plus pure cruauté.
Ce raisonnement est un peu simpliste, et fait fi de la façon dont fonctionne la psyché...
Je vous invite à lire une introduction à la psychologie sociale, et notamment à la soumission à l'autorité.
La mise en place et le maintien d'un régime totalitaire utilise et exploite à fond tous les mécanismes de manipulation, des individus et des foules, à commencer par les différentes modalités de la soumission.
Je suis aussi d'accord avec Peccator.
C'est facile de porter un jugement sur ces faits avec le recul que nous avons, hors du contexte de l'époque, et sans le bouleversement psychologique et émotionnel que peut créer un état de guerre et l'effroyable impact d'insécurité, d'angoisse et de peur qui l'accompagne.
Sur le plan des émotions, nous sommes tous vulnérables.
Il y a eu des héros, bien sûr, mais les gens ne sont pas tous des héros et il peut être difficile de s'y retrouver dans ses valeurs, ses convictions, ses opinions quand tout change autour de soi et que le monde qui servait de support à ces valeurs et ces convictions n'existe plus.
Notre comportement est conditionné à un mode de vie dans la société dans laquelle nous vivons. Quand tout cela bascule, bien des choses en nous peuvent aussi basculer.
La guerre est une horreur.
Que l'on pense au célèbre massacre de My Lai au Vietnam, qui a été analysé sous tous ses angles en psychologie.
Je ne crois pas qu'aucun de ces soldats, en temps de paix, se serait mis à assassiner ses voisins. Et pourtant...
Je viens de terminer la lecture du roman de Sofi Oksanen "Quand les colombes disparurent" . J'avais lu précédemment "Purge".
Bon, ce sont des romans, mais qui décrivent très bien les multiples visages de la guerre et ses conséquences sur la nature et le coeur des hommes....et sur leurs choix.
touriste a écrit :
Sur le fait que nous soyons tous capables du pire : je ne le pense pas, mais je pense aussi que certains contextes sociétaux favorisent tels ou tels comportements violents (je pense au viol notamment). Dans le cas du meurtre répété il y a certainement une combinaison de facteurs : les névroses propres du meutrier et leurs origines (traumatismes, contextes familiaux, sociaux, sociétaux, et bien sûr une folie qui n'est imputable entièrement à rien de tout ça).
Bien à vous
C'est de notoriété publique que beaucoup d'assassins psychopathes ont une histoire personnelle affligeante : enfants laissés à eux-mêmes, battus, violés, privés d'amour et de soins, humiliés.
Cela n'excuse pas leurs crimes mais les explique très bien.
Ce que certaines personnes ont du mal à comprendre, c'est qu'il existe des hommes et des femmes très malades psychologiquement, dont le développement a été complètement bousillé pendant leur enfance et qui sont incapables à l'âge adulte de ressentir des émotions normales, incapables d'amour, incapables de la moindre empathie. Ils peuvent tuer ou torturer dans une indifférence totale ou encore y trouver une stimulation sexuelle. Enfin, tout cela est bien connu.
Le fait est que lorsqu'un individu est aussi malade dans sa tête et dans son coeur, il ne sert pas à grand chose de lui parler de bons sentiments . Ces notions lui sont étrangères.
Enfin, pour terminer, être un catholique pratiquant est une chose , avoir la foi en est une autre.
Pratiquer une religion dans ses rites n'est garant de rien, pas plus que d'avoir été élevé dans une famille croyante et pratiquante.
Nous en avons eu un triste exemple sur ce forum .
[quote="Peccator"][quote="Jeremy43"]Chaque soldat, chaque allemand, avait la possibilité à chaque instant de dire stop. Mais ils ne l'ont pas fait, bien au contraire, ils allaient même bien au delà des ordres dans la plus pure cruauté.[/quote]
Ce raisonnement est un peu simpliste, et fait fi de la façon dont fonctionne la psyché...
Je vous invite à lire une introduction à la psychologie sociale, et notamment à la soumission à l'autorité.
La mise en place et le maintien d'un régime totalitaire utilise et exploite à fond tous les mécanismes de manipulation, des individus et des foules, à commencer par les différentes modalités de la soumission.[/quote]
Je suis aussi d'accord avec Peccator.
C'est facile de porter un jugement sur ces faits avec le recul que nous avons, hors du contexte de l'époque, et sans le bouleversement psychologique et émotionnel que peut créer un état de guerre et l'effroyable impact d'insécurité, d'angoisse et de peur qui l'accompagne.
Sur le plan des émotions, nous sommes tous vulnérables.
Il y a eu des héros, bien sûr, mais les gens ne sont pas tous des héros et il peut être difficile de s'y retrouver dans ses valeurs, ses convictions, ses opinions quand tout change autour de soi et que le monde qui servait de support à ces valeurs et ces convictions n'existe plus.
Notre comportement est conditionné à un mode de vie dans la société dans laquelle nous vivons. Quand tout cela bascule, bien des choses en nous peuvent aussi basculer.
La guerre est une horreur.
Que l'on pense au célèbre massacre de My Lai au Vietnam, qui a été analysé sous tous ses angles en psychologie.
Je ne crois pas qu'aucun de ces soldats, en temps de paix, se serait mis à assassiner ses voisins. Et pourtant...
Je viens de terminer la lecture du roman de Sofi Oksanen "Quand les colombes disparurent" . J'avais lu précédemment "Purge".
Bon, ce sont des romans, mais qui décrivent très bien les multiples visages de la guerre et ses conséquences sur la nature et le coeur des hommes....et sur leurs choix.
[quote="touriste"]
Sur le fait que nous soyons tous capables du pire : je ne le pense pas, mais je pense aussi que certains contextes sociétaux favorisent tels ou tels comportements violents (je pense au viol notamment). Dans le cas du meurtre répété il y a certainement une combinaison de facteurs : les névroses propres du meutrier et leurs origines (traumatismes, contextes familiaux, sociaux, sociétaux, et bien sûr une folie qui n'est imputable entièrement à rien de tout ça).
Bien à vous[/quote]
C'est de notoriété publique que beaucoup d'assassins psychopathes ont une histoire personnelle affligeante : enfants laissés à eux-mêmes, battus, violés, privés d'amour et de soins, humiliés.
Cela n'excuse pas leurs crimes mais les explique très bien.
Ce que certaines personnes ont du mal à comprendre, c'est qu'il existe des hommes et des femmes très malades psychologiquement, dont le développement a été complètement bousillé pendant leur enfance et qui sont incapables à l'âge adulte de ressentir des émotions normales, incapables d'amour, incapables de la moindre empathie. Ils peuvent tuer ou torturer dans une indifférence totale ou encore y trouver une stimulation sexuelle. Enfin, tout cela est bien connu.
Le fait est que lorsqu'un individu est aussi malade dans sa tête et dans son coeur, il ne sert pas à grand chose de lui parler de bons sentiments . Ces notions lui sont étrangères.
Enfin, pour terminer, être un catholique pratiquant est une chose , avoir la foi en est une autre.
Pratiquer une religion dans ses rites n'est garant de rien, pas plus que d'avoir été élevé dans une famille croyante et pratiquante.
Nous en avons eu un triste exemple sur ce forum .