par zelie » sam. 28 déc. 2013, 12:22
Bonjour P. Christian,
deux lignes semblent se dégager de votre propos; la question de la construction de la croyance en une transcendance chez l'homme, et la psychose comme chemin possible d'exploration de la transcendance.
Les "épiphanies" psychotiques sont légions, sont même plus la norme que le contraire; un détail suffit à plonger le psychotique dans un délire, et le délire est quasi-permanent parfois. Mais une vision, une hallucination visuelle, auditive, ne peuvent pas être des épiphanies. C'est carrément un univers complètement différent. Qu'on ait affaire à un auteur à l'imagination débordante et psychotique, et qu'on prenne plaisir à le lire et à s'interroger, c'est une chose, mais pour autant n'allez pas mélanger initiative divine et hallucination.
La réincarnation, indirectement incluse dans l'hallucination sur le bijou à connotation chrétienne que vous décrivez, n'est pas une réalité pour le croyant. Le principe même de la réincarnation invalide l'idée de la rédemption. Je ne sais pas si vous êtes catholique ou non, et si vous me dites que vous ne l'êtes pas je respecte infiniment vos croyances, mais je veux juste vous faire savoir que pour un catholique, la réincarnation... c'est pas dans le top ten.
Tous les auteurs, psychotiques ou non, démarrent sur une once de réalité pour broder une histoire dessus. Tant que ce n'est qu'un jeu où personne n'est dupe, on peut y prendre plaisir. Mais il y a un pas qu'il ne faut pas franchir: estimer qu'une personne malade, surtout d'une maladie pas très bien circonscrite dans l'esprit du lecteur, -mais peut-être très clairement définie par des spécialistes-, puisse être prise comme référente pour bâtir une réflexion réelle. Là on tombe dans un jeu de dupes.
Vous ne pourrez bâtir une réflexion profitable qu'en ayant à l'esprit toutes les réserves nécessaires de ce jeu, et en ce sens, vous avez raison de souligner l'horizontalité du raisonnement psychotique; encore une différence majeure qui invalide une telle pensée. Aussi, la psychose comme chemin d'exploration de la transcendance, pour moi, c'est un peu biaisé.
Ensuite, remarquer que la construction de l'idée de la transcendance a pris des chemins excessifs ou hasardeux, c'est juste le propre de l'homme. Toutes les fois que l'Homme a voulu faire bouger les lignes de sa connaissance et explorer des pistes inconnues, il a tâtonné, expérimenté et trié, et de tri en tri, a privilégié des voies au détriment d'autres. L'histoire de la religion chrétienne est ponctuée de schismes, de sectes, d'hérésies; je ne sais rien des champignons hallucinogènes à une époque reculée, mais avant le christianisme, au sein du judaïsme, existait déjà des sectes des des courants marginaux, à connotation politiques, comme les zélotes, ou à connotation extrémistes religieux dans l'ascétisme, comme les ésséniens. Et coté occultisme, la nécromancie, pour ne citer qu'elle, est plus vieille encore. Que pour certains esprits pressés et déviationnistes, le message évangélique soit trop peu spectaculaire et ait un coté décevant comblé à grand coup de champignons, pourquoi pas, mais ça aussi, c'est vieux comme le monde; après tout, quand on lit Anne-Catherine Emmerich, -avec toutes les réserves dues à son fichu secrétaire-, on en apprend de belles sur les moeurs antédiluviennes...
Pour certains, les manuscrits de la mer morte sont de facture pro-essénienne. Si ce postulat est vérifiable, on peut comprendre alors le recours à des bizarreries occultes pour "enrichir" le message évangélique primordial, et le fait qu'ensuite un chercheur y ait mis la main dessus et en ait tiré un scoop suicidaire. Mais en ce qui concerne ces manuscrits, il ne ne faut pas oublier qu'ils ne sont pas reconnus comme faisant partie du message biblique par le Vatican; à méditer: pourquoi des spécialistes ont mis de coté ce soi-disant trésor archéologique?
Vos lectures seraient à comparer avec les écrits d'Eusèbe de Césarée; lui aussi décrit beaucoup de choses, et certes comme il est chrétien il ne va pas tirer une balle dans le pied de ses correligionnaires, mais quand il aborde les communautés chrétiennes valides, il ne cite jamais de choses dans la veine de l'occultisme. La recherche de la vérité chez le chrétien ne peut en rien justifier n'importe quel moyen, l'un valant l'autre; car le principe de la chrétienté, c'est que le moyen et la fin sont pétri de la même pâte.
Le fondement de la croyance chez l'homme correspond pour les scientifiques à un besoin particulier à l'espèce humaine seulement, celui de comprendre l'univers qui l'entoure, et pour certains archéologues, c'est cette particularité-là qui sépare définitivement l'homme de l'animal.
Mais le fondement de la croyance en Dieu chez le chrétien, c'est Dieu lui-même qui vient vers l'homme et le forme; c'est Dieu qui a pris l'initiative de sa propre révélation. Heureusement pour nous!
Je vous souhaite de très joyeuses fêtes,
et que Dieu vous garde,
Zélie
Bonjour P. Christian,
deux lignes semblent se dégager de votre propos; la question de la construction de la croyance en une transcendance chez l'homme, et la psychose comme chemin possible d'exploration de la transcendance.
Les "épiphanies" psychotiques sont légions, sont même plus la norme que le contraire; un détail suffit à plonger le psychotique dans un délire, et le délire est quasi-permanent parfois. Mais une vision, une hallucination visuelle, auditive, ne peuvent pas être des épiphanies. C'est carrément un univers complètement différent. Qu'on ait affaire à un auteur à l'imagination débordante et psychotique, et qu'on prenne plaisir à le lire et à s'interroger, c'est une chose, mais pour autant n'allez pas mélanger initiative divine et hallucination.
La réincarnation, indirectement incluse dans l'hallucination sur le bijou à connotation chrétienne que vous décrivez, n'est pas une réalité pour le croyant. Le principe même de la réincarnation invalide l'idée de la rédemption. Je ne sais pas si vous êtes catholique ou non, et si vous me dites que vous ne l'êtes pas je respecte infiniment vos croyances, mais je veux juste vous faire savoir que pour un catholique, la réincarnation... c'est pas dans le top ten.
Tous les auteurs, psychotiques ou non, démarrent sur une once de réalité pour broder une histoire dessus. Tant que ce n'est qu'un jeu où personne n'est dupe, on peut y prendre plaisir. Mais il y a un pas qu'il ne faut pas franchir: estimer qu'une personne malade, surtout d'une maladie pas très bien circonscrite dans l'esprit du lecteur, -mais peut-être très clairement définie par des spécialistes-, puisse être prise comme référente pour bâtir une réflexion réelle. Là on tombe dans un jeu de dupes.
Vous ne pourrez bâtir une réflexion profitable qu'en ayant à l'esprit toutes les réserves nécessaires de ce jeu, et en ce sens, vous avez raison de souligner l'horizontalité du raisonnement psychotique; encore une différence majeure qui invalide une telle pensée. Aussi, la psychose comme chemin d'exploration de la transcendance, pour moi, c'est un peu biaisé.
Ensuite, remarquer que la construction de l'idée de la transcendance a pris des chemins excessifs ou hasardeux, c'est juste le propre de l'homme. Toutes les fois que l'Homme a voulu faire bouger les lignes de sa connaissance et explorer des pistes inconnues, il a tâtonné, expérimenté et trié, et de tri en tri, a privilégié des voies au détriment d'autres. L'histoire de la religion chrétienne est ponctuée de schismes, de sectes, d'hérésies; je ne sais rien des champignons hallucinogènes à une époque reculée, mais avant le christianisme, au sein du judaïsme, existait déjà des sectes des des courants marginaux, à connotation politiques, comme les zélotes, ou à connotation extrémistes religieux dans l'ascétisme, comme les ésséniens. Et coté occultisme, la nécromancie, pour ne citer qu'elle, est plus vieille encore. Que pour certains esprits pressés et déviationnistes, le message évangélique soit trop peu spectaculaire et ait un coté décevant comblé à grand coup de champignons, pourquoi pas, mais ça aussi, c'est vieux comme le monde; après tout, quand on lit Anne-Catherine Emmerich, -avec toutes les réserves dues à son fichu secrétaire-, on en apprend de belles sur les moeurs antédiluviennes...
Pour certains, les manuscrits de la mer morte sont de facture pro-essénienne. Si ce postulat est vérifiable, on peut comprendre alors le recours à des bizarreries occultes pour "enrichir" le message évangélique primordial, et le fait qu'ensuite un chercheur y ait mis la main dessus et en ait tiré un scoop suicidaire. Mais en ce qui concerne ces manuscrits, il ne ne faut pas oublier qu'ils ne sont pas reconnus comme faisant partie du message biblique par le Vatican; à méditer: pourquoi des spécialistes ont mis de coté ce soi-disant trésor archéologique?
Vos lectures seraient à comparer avec les écrits d'Eusèbe de Césarée; lui aussi décrit beaucoup de choses, et certes comme il est chrétien il ne va pas tirer une balle dans le pied de ses correligionnaires, mais quand il aborde les communautés chrétiennes valides, il ne cite jamais de choses dans la veine de l'occultisme. La recherche de la vérité chez le chrétien ne peut en rien justifier n'importe quel moyen, l'un valant l'autre; car le principe de la chrétienté, c'est que le moyen et la fin sont pétri de la même pâte.
Le fondement de la croyance chez l'homme correspond pour les scientifiques à un besoin particulier à l'espèce humaine seulement, celui de comprendre l'univers qui l'entoure, et pour certains archéologues, c'est cette particularité-là qui sépare définitivement l'homme de l'animal.
Mais le fondement de la croyance en Dieu chez le chrétien, c'est Dieu lui-même qui vient vers l'homme et le forme; c'est Dieu qui a pris l'initiative de sa propre révélation. Heureusement pour nous!
Je vous souhaite de très joyeuses fêtes,
et que Dieu vous garde,
Zélie