ullysse a écrit :Depuis l'aube de l'humanité, depuis Adam et Ève, l'homme vie dans le péché. Ce qui semble vouloir dire que la création a sombré dès le commencement. Ainsi, l'homme est-il une création déchue? Le mal ne reigne-t-il pas en maître depuis la Genèse?
Oui, l’homme est, en effet, une création « déchue ». Il ne vit pas de la vie bien supérieure qui lui a été donnée, mais d’une vie diminuée par un fait qui s’est produit « au commencement de l’histoire de l’homme », comme nous le dit le catéchisme (CEC, n° 390), mais non au commencement de l’histoire de la création, ni au commencement de l’histoire de l’univers.
La création n’a pas sombré dès son commencement.
Raistlin a écrit :la liberté inclut NECESSAIREMENT la possibilité du mal. La seule autre solution aurait été que Dieu ne crée que des automates
Cette réflexion tout à fait juste ne signifie pas que le mal est une chose qui existe et que Dieu aurait créée.
Notre liberté essentielle à notre vie, à une communion éternelle avec Dieu, implique nécessairement la possibilité de partager la liberté même de Dieu, essentielle à un véritable amour partagé, et donc la possibilité d’exister en dehors de cet amour, de cette communion avec Lui.
Il y a, dans ce fil, une ambiguïté sur le sens du mot « mal ». Le fait qu’une feuille tombe, ce n’est pas le mal. Le fait qu’un animal cesse de respirer, ce n’est pas le mal. Un tremblement de terre ou une explosion physique, ce n’est pas un mal. Rien de ce qui est matériel n’est un mal, même si on utilise parfois l’expression « mal physique » qui peut être trompeuse.
Levergero78 a écrit : Dans un but de caricature pour dédouaner Dieu d'avoir laissé le mal s'installer dans l'être humain ?
Des hommes qui n'auraient connu et fait que le bien comme à l'origine dans le jardin d'Eden, cela est inconcevable ? Pourquoi vouloir les traiter de pantins ?
Non, c'est indéfendable et cette antienne devient vraiment lassante...
Cette réaction me semble considérer le mal comme une réalité distincte, comme une chose matérielle créée à côté d’une autre qui serait le bien.
En réalité, il y a la vie et l’amour en Dieu, l’attachement éternel à la communion divine, et la liberté de s’en écarter.
Même si cela nous semble inconcevable, le Christ lui-même, qui est Dieu, a exprimé qu’il avait lui-même ce choix essentiel : Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Le Fils unique a toujours été dans la communion divine de toute éternité. Mais, en Lui, la liberté a toujours été présente. On est, bien sûr, en plein mystère car comment pourrions-nous imaginer que le Fils s’écarte du Père ?
Il est cependant certain que Dieu est libre. Il agit gratuitement sans obligation, par un choix libre, en tout ce qu’il fait.
On est pas des pantins parce qu’on choisit de vivre dans cette communion et d’y rester éternellement.
Adam et Eve n’avait pas pour unique perspective de faire « le bien », comme si tout était prédéterminé, mais ils étaient librement dans la communion avec Dieu, après avoir été mis dans l’Eden, avec la liberté de Dieu lui-même. Dans cette communion, ils avaient toute liberté pour développer le monde qui leur a été confié.
Aldous a écrit : pourquoi serait-il rationnel que Dieu accepte qu'il y ait le mal (l'homme est frappé par le malheur comme le marteau vous frappe la tête) en vue d'y trouver un bien.
Le mal quand on parle de son existence par rapport à Dieu ne se circonscrit pas au péché (et à la liberté de l'homme) mais aussi au malheur, c'est-à-dire tout le mal qui n'est pas conséquence du péché: les intempéries, la maladie qui fait perdre son bébé à une maman, etc...
… et il faut bien le dire il y a dans cette création (imparfaite) un mal qui ne vient pas du choix de l'homme. C'est comme je viens de le dire: le malheur des intempéries, de la maladie qui frappe injustement donc irrationnellement.
…les athées disent justement qu'il y a un problème à croire en un Dieu infiniment bon et infiniment tout puissant et le mal. C'est ce qui (les) choque et révolte…
Cher Aldous, ce que vous écrivez est, en effet, au cœur de la difficulté. Elle est insurmontable si vous considérez le mal comme une réalité indépendante, et même une réalité physique.
Il me semble que la réponse de la révélation chrétienne est toute autre.
Le monde est bon. Il demeure seulement dans un état inachevé et incontrôlé parce que l’homme créé à l’image de Dieu pour le diriger et le développer ne remplit pas son rôle.
Dans l’harmonie avec Dieu, l’homme avait tout, absolument tout, y compris toute puissance nécessaire pour vaincre toute mort physique, jusqu’à pouvoir déplacer les montagnes, pour ne subir aucune souffrance, ni aucun effet négatif d’aucun événement de la création physique.
Faut-il rappeler comment le vrai fils de l’homme, tel qu’il a été créé sans péché, a ressuscité des morts, guérit des handicapés et des malades, multiplié des pains, arrêté une tempête, jusqu’à ressusciter lui-même ?
Raistlin a écrit : Le fait par exemple que nous subissions la souffrance si nous nous brûlons n’est pas forcément un mal mais la simple conséquence du fait que la Création existe. Le fait par contre que nous fassions n’importe quoi avec le feu, ou que nous subissions le malheur comme vous dites, est le fruit direct du péché.
C’est très juste.
Nous pouvons encore ajouter qu’en harmonie avec Dieu, nous aurions pu nous guérir de toute brûlure et ne subir aucune souffrance d’aucun événement naturel.
Aldous a écrit : Des enfants qui brûlent dans un incendie à cause d'une catastrophe naturelle ce n'est pas un mal pour vous?
… En quoi la souffrance la mort d'un enfant innocent est une nécessité?
Pour une seule et unique raison : parce que l’homme ne tient pas son rôle. Dans l’Evangile, Jésus ressuscite la fille de Jaïre et le fils unique de la veuve. L’homme subit la mort de ceux qui l’entoure tout comme la sienne parce qu’il a perdu le contrôle de la création par l’effet du péché originel. Lui seul est responsable de cette situation.
Les interventions de Dieu dans sa création, y compris son incarnation et le salut qu’il nous offre, continuent à tenir compte de cette responsabilité et de la liberté essentielle à la vie de l’homme.
Si Dieu devait se substituer à l’homme pour empêcher toutes les souffrances que la création peut causer aux hommes PARCE QUE les hommes ne maîtrisent pas la création à cause du péché qui les tient en dehors de la communion divine, il supprimerait notre liberté et donc notre possibilité d’aimer et donc de vivre.
Si des enfants brûlent dans un incendie ou si des innocents meurent dans un tremblement de terre, c’est, bien sûr, un mal, mais ce mal n’existe qu’à cause de l’homme éloigné de Dieu, parce que, en dehors de Dieu, il ne maîtrise ni le feu de l’incendie, ni les mouvements du sol, ni les souffrances des brûlures et des chocs, ni la mort physique.
Nous oublions beaucoup trop que les règles de la création ne se limitent pas à celles que nous connaissons. Il y a entre la création et son Créateur des règles d’une étendue que notre seul cerveau ne peut mesurer.
Nous pouvons regarder le Christ pour mieux mesurer toute la puissance qui a été donnée à l’homme sans péché.
[quote="ullysse"]Depuis l'aube de l'humanité, depuis Adam et Ève, l'homme vie dans le péché. Ce qui semble vouloir dire que la création a sombré dès le commencement. Ainsi, l'homme est-il une création déchue? Le mal ne reigne-t-il pas en maître depuis la Genèse?[/quote]Oui, l’homme est, en effet, une création « déchue ». Il ne vit pas de la vie bien supérieure qui lui a été donnée, mais d’une vie diminuée par un fait qui s’est produit « au commencement de l’histoire de l’homme », comme nous le dit le catéchisme (CEC, n° 390), mais non au commencement de l’histoire de la création, ni au commencement de l’histoire de l’univers.
La création n’a pas sombré dès son commencement.
[quote="Raistlin"]la liberté inclut NECESSAIREMENT la possibilité du mal. La seule autre solution aurait été que Dieu ne crée que des automates[/quote]Cette réflexion tout à fait juste ne signifie pas que le mal est une chose qui existe et que Dieu aurait créée.
Notre liberté essentielle à notre vie, à une communion éternelle avec Dieu, implique nécessairement la possibilité de partager la liberté même de Dieu, essentielle à un véritable amour partagé, et donc la possibilité d’exister en dehors de cet amour, de cette communion avec Lui.
Il y a, dans ce fil, une ambiguïté sur le sens du mot « mal ». Le fait qu’une feuille tombe, ce n’est pas le mal. Le fait qu’un animal cesse de respirer, ce n’est pas le mal. Un tremblement de terre ou une explosion physique, ce n’est pas un mal. Rien de ce qui est matériel n’est un mal, même si on utilise parfois l’expression « mal physique » qui peut être trompeuse.
[quote="Levergero78"] Dans un but de caricature pour dédouaner Dieu d'avoir laissé le mal s'installer dans l'être humain ?
Des hommes qui n'auraient connu et fait que le bien comme à l'origine dans le jardin d'Eden, cela est inconcevable ? Pourquoi vouloir les traiter de pantins ?
Non, c'est indéfendable et cette antienne devient vraiment lassante...[/quote]Cette réaction me semble considérer le mal comme une réalité distincte, comme une chose matérielle créée à côté d’une autre qui serait le bien.
En réalité, il y a la vie et l’amour en Dieu, l’attachement éternel à la communion divine, et la liberté de s’en écarter.
Même si cela nous semble inconcevable, le Christ lui-même, qui est Dieu, a exprimé qu’il avait lui-même ce choix essentiel : Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Le Fils unique a toujours été dans la communion divine de toute éternité. Mais, en Lui, la liberté a toujours été présente. On est, bien sûr, en plein mystère car comment pourrions-nous imaginer que le Fils s’écarte du Père ?
Il est cependant certain que Dieu est libre. Il agit gratuitement sans obligation, par un choix libre, en tout ce qu’il fait.
On est pas des pantins parce qu’on choisit de vivre dans cette communion et d’y rester éternellement.
Adam et Eve n’avait pas pour unique perspective de faire « le bien », comme si tout était prédéterminé, mais ils étaient librement dans la communion avec Dieu, après avoir été mis dans l’Eden, avec la liberté de Dieu lui-même. Dans cette communion, ils avaient toute liberté pour développer le monde qui leur a été confié.
[quote="Aldous"] pourquoi serait-il rationnel que Dieu accepte qu'il y ait le mal (l'homme est frappé par le malheur comme le marteau vous frappe la tête) en vue d'y trouver un bien.
Le mal quand on parle de son existence par rapport à Dieu ne se circonscrit pas au péché (et à la liberté de l'homme) mais aussi au malheur, c'est-à-dire tout le mal qui n'est pas conséquence du péché: les intempéries, la maladie qui fait perdre son bébé à une maman, etc...
… et il faut bien le dire il y a dans cette création (imparfaite) un mal qui ne vient pas du choix de l'homme. C'est comme je viens de le dire: le malheur des intempéries, de la maladie qui frappe injustement donc irrationnellement.
…les athées disent justement qu'il y a un problème à croire en un Dieu infiniment bon et infiniment tout puissant et le mal. C'est ce qui (les) choque et révolte…[/quote]Cher Aldous, ce que vous écrivez est, en effet, au cœur de la difficulté. Elle est insurmontable si vous considérez le mal comme une réalité indépendante, et même une réalité physique.
Il me semble que la réponse de la révélation chrétienne est toute autre.
Le monde est bon. Il demeure seulement dans un état inachevé et incontrôlé parce que l’homme créé à l’image de Dieu pour le diriger et le développer ne remplit pas son rôle.
Dans l’harmonie avec Dieu, l’homme avait tout, absolument tout, y compris toute puissance nécessaire pour vaincre toute mort physique, jusqu’à pouvoir déplacer les montagnes, pour ne subir aucune souffrance, ni aucun effet négatif d’aucun événement de la création physique.
Faut-il rappeler comment le vrai fils de l’homme, tel qu’il a été créé sans péché, a ressuscité des morts, guérit des handicapés et des malades, multiplié des pains, arrêté une tempête, jusqu’à ressusciter lui-même ?[quote="Raistlin"] Le fait par exemple que nous subissions la souffrance si nous nous brûlons n’est pas forcément un mal mais la simple conséquence du fait que la Création existe. Le fait par contre que nous fassions n’importe quoi avec le feu, ou que nous subissions le malheur comme vous dites, est le fruit direct du péché.[/quote]C’est très juste.
Nous pouvons encore ajouter qu’en harmonie avec Dieu, nous aurions pu nous guérir de toute brûlure et ne subir aucune souffrance d’aucun événement naturel.
[quote="Aldous"] Des enfants qui brûlent dans un incendie à cause d'une catastrophe naturelle ce n'est pas un mal pour vous?
… En quoi la souffrance la mort d'un enfant innocent est une nécessité?[/quote]Pour une seule et unique raison : parce que l’homme ne tient pas son rôle. Dans l’Evangile, Jésus ressuscite la fille de Jaïre et le fils unique de la veuve. L’homme subit la mort de ceux qui l’entoure tout comme la sienne parce qu’il a perdu le contrôle de la création par l’effet du péché originel. Lui seul est responsable de cette situation.
Les interventions de Dieu dans sa création, y compris son incarnation et le salut qu’il nous offre, continuent à tenir compte de cette responsabilité et de la liberté essentielle à la vie de l’homme.
Si Dieu devait se substituer à l’homme pour empêcher toutes les souffrances que la création peut causer aux hommes PARCE QUE les hommes ne maîtrisent pas la création à cause du péché qui les tient en dehors de la communion divine, il supprimerait notre liberté et donc notre possibilité d’aimer et donc de vivre.
Si des enfants brûlent dans un incendie ou si des innocents meurent dans un tremblement de terre, c’est, bien sûr, un mal, mais ce mal n’existe qu’à cause de l’homme éloigné de Dieu, parce que, en dehors de Dieu, il ne maîtrise ni le feu de l’incendie, ni les mouvements du sol, ni les souffrances des brûlures et des chocs, ni la mort physique.
Nous oublions beaucoup trop que les règles de la création ne se limitent pas à celles que nous connaissons. Il y a entre la création et son Créateur des règles d’une étendue que notre seul cerveau ne peut mesurer.
Nous pouvons regarder le Christ pour mieux mesurer toute la puissance qui a été donnée à l’homme sans péché.