Sur l'idée de nature

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Re: Sur l'idée de nature

par levergero78 » dim. 19 mai 2013, 11:36

Pour les chrétiens, le mariage n’est pas seulement l’amour entre un homme et une femme ; il est aussi le signe de l’amour de Dieu pour les hommes, un signe de son Alliance. C’est à travers leur amour mutuel, dans toutes ses dimensions (partage des bons et des mauvais moments, amour physique, fécondité, respect de la liberté de l’autre) que les époux découvrent ce qu’est l’amour de Dieu pour l’humanité : le don de soi sans réserve. Les réflexions théologiques sur le Cantique des cantiques, livre de la Bible qui est un poème d'amour entre un homme et une femme, interprété comme l'amour entre Yahvé et Israël, sont sans doute à l'origine de cette perception de l'amour du couple comme image de l'amour de Dieu.
À cette dimension du mariage comme image de l'alliance entre Dieu et son peuple, la théologie paulinienne (Épître aux Éphésiens, Épître aux Corinthiens), qui sert de référence à la définition actuelle du mariage chrétien, ajoute un autre niveau. Les textes de Paul sont fréquemment utilisés dans le mariage chrétien.
Pour préparer leur mariage, au cours de quelques réunions avec le prêtre ou une équipe paroissiale, les fiancés choisissent souvent (avec différents degrés de latitude selon les confessions) les cantiques, les chants et le texte de leur engagement mutuel....

Re: La religion peut-elle rendre homophobe ?

par Un gentil athée » dim. 19 mai 2013, 10:49

Bonjour Christophe,
Christophe a écrit :
Un gentil athée a écrit :la "loi morale naturelle" (que je distingue du "droit naturel" auquel j'adhère)
Est-ce que vous pourriez préciser la distinction qui vous opérez entre ces deux concepts ?
Le droit naturel et la loi morale naturelle possèdent en commun la revendication d'une certaine objectivité/universalité et prétendent tous les deux pouvoir se fonder à l'aide d'arguments tirés de la raison ou de l'expérience.

Le droit naturel prescrit le comportement qu'on ne doit pas adopter envers nos semblables, et se résume au principe de non-agression. On peut objectivement le déterminer par des expériences de pensée comme celle décrite dans ce message, qui montrent que nier le principe de non-agression conduit à une contradiction performative. Je définis la liberté comme le droit de faire tout ce qui ne contredit pas le principe de non-agression. Elle a pour corollaire la responsabilité : nul autre n'est tenu d'assumer les mauvaises conséquences pour soi-même d'un choix libre que la personne qui a fait ce choix ; et toute personne qui contrevient au principe de non-agression doit en assumer les conséquences judiciaires sous forme, au moins, d'une compensation. On ne peut vraiment être libre et responsable que si l'action posée l'a été hors de tout usage de la force ou menace d'usage de la force, et en conscience. C'est pourquoi, si quelqu'un tue quelqu'un d'autre suite à un accès de démence, il ne peut pas être traîné en justice pour répondre de ses actes (il ne peut l'être que pour déterminer que, justement, il n'était pas dans son état normal à ce moment et donc qu'il ne peut pas répondre de ses actes) car même s'il a "agit" hors de tout usage de la force ou menace d'usage de la force, il ne savait pas ce qu'il faisait. Cas plus évident : un lion qui dévore un chrétien, ou, cas encore plus évident : un rocher qui dévale une montagne et écrase quelqu'un ne peuvent pas être traînés en justice...

La loi morale naturelle prescrit le comportement qu'on doit obligatoirement adopter envers nos semblables et envers nous-même, et le comportement qu'on ne doit pas adopter envers nous-même. Elle repose sur l'idée (à mon avis largement fictionnelle) selon laquelle existerait une Nature (au sens à la fois déontologique et téléologique) humaine monolithique à laquelle tout un chacun serait obligé de se conformer, dans chacun de ses actes. Mais je ne vois pas d'argument décisif à l'appui de cette thèse, au contraire.

Je ne rejette pas entièrement la loi morale naturelle.

Il y a certains comportements envers soi-même qu'on doit éviter selon moi : ce sont les comportements qui diminuent, de manière importante et prolongée notre capacité à être des individus libres et responsables (ex. : l'abus d'alcool).

De même, je considère qu'il est bon d'adopter des comportements qui favorisent, chez soi ou chez les autres, une augmentation de notre capacité à être des individus libres et responsables (ex. : s'instruire et instruire autrui). Mais il s'agit de quelque chose vers lequel on doit tendre, non de quelque chose qui s'impose à nous et selon des modalités précises, dans chacun de nos actes.

Plutôt que de loi morale naturelle, on pourrait plutôt parler de "télos naturel". A chaque fois, ce qui constitue la légitimité de ce "télos", c'est le lien plus ou moins direct qu'il entretient avec la liberté et la responsabilité qui sont des notions centrales dans la question du droit naturel.

Cordialement,

Mikaël

Re: Sur l'idée de nature

par Un gentil athée » dim. 19 mai 2013, 0:23

Suliko a écrit :Je crois que ce que voulait dire gentil athée, c'est que ce n'est pas ce lobby qui est à l'origine de la "dénaturation" du mariage, mais qu'il est simplement à l'origine de ce projet de loi, qui est de toute façon bien postérieur à cette "dénaturation", qui a commencé il y a plusieurs décennies déjà.
Voilà, c'était ça :)

Re: Sur l'idée de nature

par jeanbaptiste » dim. 19 mai 2013, 0:17

Oui, les prémisses sont plus anciens c'est évident. On peut même clairement dire que les prémisses trouvent leur origine dans une conception tronquée du mariage chrétien.

Il reste que c'est avec ce projet de loi que la dénaturation du mariage est "actée" réellement dans la société et dans la loi.

Il reste que vue la réaction du peuple français face à ce projet, il n'est pas si évident que le mariage était totalement dénaturé dans les esprits.

Mais qu'importe, ça n'était de toute manière pas le sujet.

Re: Sur l'idée de nature

par Suliko » sam. 18 mai 2013, 23:03

jeanbaptiste a écrit :
(Cependant, il ne me semble pas que jeanbaptiste ait évoqué le lobby LGBT...)

Indirectement, si, puisque c'est le lobby LGBT qui a été porteur du projet de loi.
Bah vous êtes fort vous, vous me reprochez de faire porter le chapeau au lobby LGBT, on vous fait remarquer que je n'en ai pas parlé, et vous revenez en disant que si puisque c'est ce lobby qui a porté le projet dont je parle ...

1) Moins j'ai rien dis sur le LGBT, ça n'était pas mon sujet.

2) Alors, le lobby LGBT c'est le porteur du projet ou non ? Il porte le "chapeau" ou non ? Parce qu'à vous lire, c'est pas clair ;)
Je crois que ce que voulait dire gentil athée, c'est que ce n'est pas ce lobby qui est à l'origine de la "dénaturation" du mariage, mais qu'il est simplement à l'origine de ce projet de loi, qui est de toute façon bien postérieur à cette "dénaturation", qui a commencé il y a plusieurs décennies déjà.

Re: Sur l'idée de nature

par jeanbaptiste » sam. 18 mai 2013, 22:58

(Cependant, il ne me semble pas que jeanbaptiste ait évoqué le lobby LGBT...)

Indirectement, si, puisque c'est le lobby LGBT qui a été porteur du projet de loi.
Bah vous êtes fort vous, vous me reprochez de faire porter le chapeau au lobby LGBT, on vous fait remarquer que je n'en ai pas parlé, et vous revenez en disant que si puisque c'est ce lobby qui a porté le projet dont je parle ...

1) Moins j'ai rien dis sur le LGBT, ça n'était pas mon sujet.

2) Alors, le lobby LGBT c'est le porteur du projet ou non ? Il porte le "chapeau" ou non ? Parce qu'à vous lire, c'est pas clair ;)

Re: Sur l'idée de nature

par Suliko » sam. 18 mai 2013, 22:21

Indirectement, si, puisque c'est le lobby LGBT qui a été porteur du projet de loi.
D'accord, mais c'est le gouvernement qui a si bien accueilli ce projet et qui se bat avec passion pour lui malgré les oppositions...

Suliko

Re: Sur l'idée de nature

par Un gentil athée » sam. 18 mai 2013, 22:10

Suliko a écrit :(Cependant, il ne me semble pas que jeanbaptiste ait évoqué le lobby LGBT...)
Indirectement, si, puisque c'est le lobby LGBT qui a été porteur du projet de loi.

Re: Sur l'idée de nature

par Suliko » sam. 18 mai 2013, 21:26

Je crois qu'on fait beaucoup porter au lobby LBGT le chapeau en ce qui concerne le détournement du sens du mariage... Toutefois, c'est un mauvais procès qu'on lui fait car ce sont les hétérosexuels qui ont commencés :) En effet, cela fait un bout de temps déjà que les gens ne se marient plus dans l'optique de la procréation mais simplement par amour romantique, parce que ça fait l'occasion de faire la fête, parce que c'est la tradition, parce que ça se fait, parce que ça présente des avantages fiscaux, etc. Le lobby LGBT n'a fait qu'en tirer les conséquences logiques...
C'est tout à fait vrai! Ce loby ne fait qu'aller un peu (beaucoup) plus loin dans une logique qui existe depuis déjà des décennies. Comment voulez-vous reprocher à ces gens de défendre des positions absurdes et de faux droits? Ils ont grandi dans une société qui ne pouvait que favoriser l'émergence de telles opinions...
Cela ne veut bien sûr pas dire qu'il ne faut pas protester contre cette loi. Cependant, le problème est beaucoup plus profond que cela. Même si les manifestants parvenaient à faire retirer cette loi (ce dont je doute), il ne s'agirait pas d'une bataille civilisationnelle gagnée. Il s'agirait simplement d'avoir pu éviter les manifestations les plus extrêmes d'une logique individualiste qui continuera à être dominante dans notre société occidentale post-chrétienne.
(Cependant, il ne me semble pas que jeanbaptiste ait évoqué le lobby LGBT...)

Suliko

Re: Sur l'idée de nature

par Un gentil athée » sam. 18 mai 2013, 21:14

jeanbaptiste a écrit :Mais voyez la question du mariage homosexuel : l'homosexualité a toujours existé, et sa défense aussi (on sait qu'elle était "institutionnalisé" en Grèce dans des temps anciens), mais jamais, jamais il n'y a eu de mariage homosexuel jusqu'à aujourd'hui. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il était absolument évident, comme il est évident que nous sommes mortels, que l'homosexualité n'avait rien à faire avec le mariage qui était intimement lié à la procréation, et que deux hommes ou deux femmes ne procréaient pas.
Je crois qu'on fait beaucoup porter au lobby LBGT le chapeau en ce qui concerne le détournement du sens du mariage... Toutefois, c'est un mauvais procès qu'on lui fait car ce sont les hétérosexuels qui ont commencés :) En effet, cela fait un bout de temps déjà que les gens ne se marient plus dans l'optique de la procréation mais simplement par amour romantique, parce que ça fait l'occasion de faire la fête, parce que c'est la tradition, parce que ça se fait, parce que ça présente des avantages fiscaux, etc. Le lobby LGBT n'a fait qu'en tirer les conséquences logiques...

Re: Sur l'idée de nature

par jeanbaptiste » sam. 18 mai 2013, 16:36

Tous les hommes ? Ce serait peut-être beaucoup dire en parlant de tous les humains, jeanbaptiste.
Oui, bien sûr, j'ai forcément tort car je faisais là des généralités, et il y a toujours des faits qui viennent les contredire ;)

Mais voyez la question du mariage homosexuel : l'homosexualité a toujours existé, et sa défense aussi (on sait qu'elle était "institutionnalisé" en Grèce dans des temps anciens), mais jamais, jamais il n'y a eu de mariage homosexuel jusqu'à aujourd'hui. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il était absolument évident, comme il est évident que nous sommes mortels, que l'homosexualité n'avait rien à faire avec le mariage qui était intimement lié à la procréation, et que deux hommes ou deux femmes ne procréaient pas.

La légalisation du mariage homosexuel n'est pas qu'un saut anthropologique comme on l'entend ici et là, c'est un aussi un saut dans le domaine de la raison humaine. Quelque chose est signifié par là du rapport de la raison humaine au réel : un certains refus du réel au nom de la toute-puissance du "vouloir" humain.

Hannah Arendt disait que l'acceptation sans étonnement de la formule "tout est possible" était déjà le signe d'un basculement dans la possible acceptation des systèmes totalitaires. Ce qu'elle l'appelle les gardes-fous de la raison avaient sauté, et nous avions là l'un des signes.

Je voulais parler de cela, en fait.

Re: Sur l'idée de nature

par Un gentil athée » sam. 18 mai 2013, 16:20

jeanbaptiste a écrit :Je suis d'accord avec Cinci et Gentil Athée.

La finalité dans la nature est un principe qui est effectif lorsque l'on pense une "raison" à l'œuvre dans l'Univers, un "principe premier" des choses, un dieu etc.

Idem pour la morale au fond. C'est ce qui faisait dire à Hannah Arendt que dans une société profondément religieuse quelque chose comme le nazisme aurait été impossible. C'est ce qui fait dire à Ratzinger qu'une société sans Dieu s'effondre moralement.
Je ne suis pas d'accord. L'immoralité du nazisme peut se comprendre sans faire référence à une finalité de la Nature. Je considère ainsi, selon une démarche un peu comparable à celle à l’œuvre dans ce qu'on appelle l'éthique de la discussion, qu'une personne niant le principe de non-agression commet une contradiction performative. Supposons que A nie le principe de non-agression, et que B l'admette. B peut commencer à torturer A en lui disant : "tu es toujours contre le principe de non-agression ?", si A répond que "oui", alors B peut continuer de torturer A, et lui reposer la même question, jusqu'à ce que A admette le principe de non-agression. Cet argument concret n'est pas fallacieux. En effet, il revient à appliquer à A une conséquence possible de ses propres croyances. Et c'est A lui-même qui finit par réfuter, en s'opposant à cette conséquence, la croyance sur laquelle cette conséquence repose. A ne peut pas se contenter de dire à B : "arrête, je ne veux pas que tu me fasses ça". B sait bien que A ne veut pas être torturé, mais ce n'est pas une raison pour arrêter, dans le cas où l'on n'admet pas le principe de non-agression (une agression, par définition, se contrefiche du consentement : une agression consentie est un oxymore). Seule la vérité morale du principe de non-agression constitue une raison valable d'arrêter cette torture.

Cordialement,

Mikaël

Re: Sur l'idée de nature

par Cinci » sam. 18 mai 2013, 15:59

Bonjour jeanbaptiste,
Mais dans cet océan d'incertitudes, il y a malgré tout des choses si évidentes et si certaines qu'elles l'étaient pour tous les hommes ... jusqu'à ces temps étranges ou les hommes ont décidés de réduire l'univers entier à leur rationalité propre afin de se donner l'illusion qu'ils en ont la maîtrise quasi-totale.
Tous les hommes ? Ce serait peut-être beaucoup dire en parlant de tous les humains, jeanbaptiste.


L'évidence durant les siècles ou la pensée de l'Église dominait dans les esprits en Occident sûrement. Et l'évidence quant à ce que devrait être l'enseignement de la nature ? autre aussi du côté des admirateurs de la grande déesse d'il y a 3000 ans peut-être ?

Il me semble que les mythologies et ensuite l'anthropomorphisme justement (le repli dont vous parlerez) soulève des interprétations variées au sujet des faits de nature, le bien ou l'intentionnalité spirituelle à en retirer.

Moi, je suis d'accord en gros avec votre analyse. Mais vous semblez tenir à pouvoir me donner tort sur ''quelques aspects'' des choses. Possible. Écoutez, que je puisse avoir tort sous un certain angle ne relève pas d'une impossibilité. Mais ça ne me paraîtrait pas évident immédiatement, pas quant au seul point qui était souligné. Enfin ... pas grave ... je suis prêt à croire que vous auriez raison quant à ce que vous pourriez avoir perçu avec votre entendement.

:)

Re: Sur l'idée de nature

par Un gentil athée » sam. 18 mai 2013, 15:56

Bonjour,

Concernant le soi-disant anthropocentrisme de la vision scientifique (au sens dit "moderne") du monde :
Cette vision ne nie pas le finalisme, elle se contente d'examiner et d'exprimer le monde avec les moyens humains dont nous disposons pour l'examiner et l'exprimer. Par exemple, nul ne nie que le comportement humain soit intentionnel (à part peut-être de très rares ultra-matérialistes). Toutefois, la manière scientifique d'analyser le comportement humain doit faire apparaître des enchaînements — éventuellement complexes — de causes observables et d'effets observables. J'admets que la perception de finalités est naturelle, de même qu'est naturel, également, l'impression que le Soleil tourne autour de la Terre, ou l'impression que les objets solides sont vraiment solides (i.e. sans espace vide). Néanmoins, cette perception est insuffisante à comprendre le monde, voire erronée (l'exemple du géocentrisme ou de l'impression d'absence de vide dans les objets solides prouve que la vérité n'est pas toujours dans la naïveté, mais souvent dans son dépassement). Par exemple, dire que les éléments matériels s'attirent entre eux parce qu'ils s'aiment ne permet aucune prédiction. Dire qu'ils sont attirés en raison d'une force qui s'exprime selon la loi :
Image,
ça permet des prédictions.
C'est pourquoi la science doit aller au-delà de l'impression bien naturelle de finalité, de même que, dans un autre registre, le Christianisme, avec la Trinité, doit également aller contre l'évidence naturelle selon laquelle un seul Dieu ne peut pas être trois personnes.
Tout n'étant pas tout noir ou tout blanc :
- On peut admettre que ce qui serait observable mais non soumis au déterminisme peut néanmoins donner lieu à une forme de compréhension. Ainsi, la psychologie populaire n'est pas entièrement nulle et non avenue. D'autant qu'elle est une tentative de compréhension de l'esprit humain par quelque chose qui lui est très semblable : un autre esprit humain.
- De même, ce qui ne serait pas observable mais régi par un déterminisme rigoureux peut donner lieu à une appréhension par la raison pure. Ainsi, le modèle du Big Bang est satisfaisant pour la raison même si on ne peut pas entièrement le valider par l'expérience.
- Mais ce qui n'est ni observable ni déterministe, je ne vois pas comment il pourrait faire l'objet d'autre chose que de la croyance ou de la Foi.
Si la Nature, considérée comme un tout, est mue par une intentionnalité, celle-ci, par définition, est extérieure à elle, donc inobservable. On se trouve donc dans le 3ème cas que j'évoque. L'observation de la Nature permet-elle de savoir quel est le but poursuivi ? J'en doute. On pourrait très bien imaginer :
- que nous sommes des cobayes et que l'on souhaite simplement tester nos réactions (il n'y aurait donc pas de Bien et de Mal relativement au respect de la "loi naturelle") ;
- que l'être qui a conçu la Nature nous veut pour co-auteur : ainsi, il serait très intéressé par le fait que l'on détourne sa création pour lui donner un autre sens, un autre but que celui qu'il avait fixé au début ;
- que l'être qui a conçu la Nature s'intéresse surtout aux résultats, et qu'il souhaite nous laisser libre d'utiliser nos fonctions naturelles comme il nous plaira, à partir du moment où le renouvellement des générations s'effectue correctement ;
- etc.
Les sciences (spécialement les sciences cognitives) permettent d'aller jusqu'à analyser notre propension à attribuer de l'intentionnalité, à en démonter les mécanismes, à expliquer leur existence, à montrer les erreurs que cela occasionne (ex. : lorsqu'on attribue, à tort, de l'intentionnalité à ce qui en est manifestement dépourvu, par exemple à des animaux primitifs, des robots, etc.).
Je me permets de vous soumettre cet article du chercheur en psychologie Paul Bloom :
http://www.yale.edu/minddevlab/papers/r ... atural.pdf

Cordialement,

Mikaël

Re: Sur l'idée de nature

par jeanbaptiste » sam. 18 mai 2013, 13:48

Cet équilibre, d'inspiration piétiste, vous avez le droit de penser qu'il conduit à une impasse. Je le pense aussi. Mais il n'est pas d'inspiration antichrétienne, au contraire même. Cependant, il est révélateur d'une grande différence de vision du monde entre catholiques, pour qui la foi est rationnelle, et au moins certains protestants, pour qui la foi commence là où la raison s'est tue.
Oui, vous avez tout à fait raison SPK. Cette précision est importante. Kant était chrétien protestant et sa morale s'en ressent fortement.

Par volonté de simplifier j'ai fais un raccourci entre le kantisme "réel", ses conséquences intrinsèques inévitables (fidéisme ou rationalisme), et l'usage que la plupart des kantiens en feront : rationalisme.

En voulant utiliser Kant comme illustration de mes propos j'ai déformé sa pensée véritable.

P.S. : tout cela fut facilité par le fait que mon étude de la Faculté de juge remonte à plus de 6 ans maintenant, et que ça n'est pas mon livre de chevet ;)

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