par Exmusulman11 » mer. 19 déc. 2012, 19:47
Bonjour à tous et à toutes,
Je préfère ne pas donner mon nom. Vous m'excuserez. Je suis un jeune musulman qui après une série de transformations intellectuelles et spirituelles suis venu au Christ d'un élan de foi sincère et profond, pur de toute superstition ou convoitise. J'habite dans un pays musulman où la conversion est fermement condamnée par le droit et le peuple. Cela ne me pose pas particulièrement problème, je me passe sans douleur des messes, des églises, de Noël et de l'ambiance chrétienne. Je ne ressens pas de privation à cet égard.
Avec le temps, j'ai senti croître en moins des penchants de détachement, d'abnégation et de renoncement. A vrai dire, ils ont toujours existé, mais ils étaient auparavant étouffés par le dogme musulman. J'ai 21 ans, et le manque de sensualité, d'hédonisme si je puis dire, qui me caractérise m'a toujours d'une manière ou d'une autre mis en délicatesse avec mon entourage, surtout lorsqu'on est fils unique d'une famille musulmane. Le célibat est très mal vu en Islam, et le monachisme aussi. Par conséquent, je ressentais toujours une certaine culpabilité à cet égard, ceux d'entre vous qui connaissent les positions de l'islam vis-à-vis de la chair et du mariage ont plus de chance de me comprendre. D'autant plus que la virilité agressive et la puissance sexuelle sont regardées comme des vertus spirituelles en Islam, en se basant notamment sur l'exemple du prophète et de ses compagnons.
Aujourd'hui apostat de l'islam et ayant donné tout mon coeur au Seigneur Jésus, j'ai arrêté de regarder en arrière (il n'est cependant pas improbable que j'entreprenne un de ces jours un règlement de compte doctrinal avec les religieux de l'islam et les professionnels du dialogue islamo-chrétien), mais en même temps je me retrouve arrêté au seuil de l'Eglise romaine, pour plusieurs raisons. La première, c'est l'expérience blessante que j'ai pu avoir avec les représentants de l'Eglise catholique romaine, il n'est pas facile, au moins sur le plan psychologique, d'être simultanément désavoué par son peuple (les musulmans en général) et par l'Eglise. La porte fermée, l'indifférence, les messages laissés sans réponse, la complaisance et les amabilités avec les persécuteurs. Beaucoup d'éléments ont contribué à nourrir ma déception dans l'Eglise romaine, dans le temps même où des protestants, des évangéliques, des unitariens, des TJ ont tenté d'exploiter cette déception pour me convertir à leurs hérésies respectives. Je refuse toujours de m'abandonner au fanatisme chaleureux de ces groupes, car leur immaturité spirituelle et leur prosélytisme aveugle ne me vont tout simplement pas.
La deuxième raison, ce sont mes idées que certains peuvent juger trop hétérodoxes. J'ai peur de sacrifier ma totale liberté de pensée en revêtant officiellement la foi catholique. J'ai vu certains catholiques qui dans leur défense acharnée et inconditionnelle de leur église finissent par piétinier les sentiments de personnes ayant des doutes ou des interrogations au fond légitimes, surtout lorsqu'elles sont originaires d'une religion comme l'islam. J'ai peur de me retrouver un jour moi aussi à défendre ma chappelle, de porter une "casquette" et de brandir un quelconque drapeau. Il y'a ce côté social qui m'effraie, l'Eglise en tant que chose sociale.
En définitive, devant tant d'impasses et de restrictions à la fois mondaines et spirituelles, je ne sais que faire de ces inclinaisons au détachement et à l'abnégation, de cette aspiration au sacerdoce qui ne cesse de grandir. Il y'a tellement d'autres éléments dans ma vie qui expliquent ce type de penchants, mais que je ne pourrai pas vous exposer afin de rester concis et concentré sur l'essentiel.
Je me tourne vers vous frères et soeurs, dans l'espoir d'obtenir des réponses sans me faire juger (comme c'est trop souvent le cas).
Merci à vous,
En Jésus-Christ.
Bonjour à tous et à toutes,
Je préfère ne pas donner mon nom. Vous m'excuserez. Je suis un jeune musulman qui après une série de transformations intellectuelles et spirituelles suis venu au Christ d'un élan de foi sincère et profond, pur de toute superstition ou convoitise. J'habite dans un pays musulman où la conversion est fermement condamnée par le droit et le peuple. Cela ne me pose pas particulièrement problème, je me passe sans douleur des messes, des églises, de Noël et de l'ambiance chrétienne. Je ne ressens pas de privation à cet égard.
Avec le temps, j'ai senti croître en moins des penchants de détachement, d'abnégation et de renoncement. A vrai dire, ils ont toujours existé, mais ils étaient auparavant étouffés par le dogme musulman. J'ai 21 ans, et le manque de sensualité, d'hédonisme si je puis dire, qui me caractérise m'a toujours d'une manière ou d'une autre mis en délicatesse avec mon entourage, surtout lorsqu'on est fils unique d'une famille musulmane. Le célibat est très mal vu en Islam, et le monachisme aussi. Par conséquent, je ressentais toujours une certaine culpabilité à cet égard, ceux d'entre vous qui connaissent les positions de l'islam vis-à-vis de la chair et du mariage ont plus de chance de me comprendre. D'autant plus que la virilité agressive et la puissance sexuelle sont regardées comme des vertus spirituelles en Islam, en se basant notamment sur l'exemple du prophète et de ses compagnons.
Aujourd'hui apostat de l'islam et ayant donné tout mon coeur au Seigneur Jésus, j'ai arrêté de regarder en arrière (il n'est cependant pas improbable que j'entreprenne un de ces jours un règlement de compte doctrinal avec les religieux de l'islam et les professionnels du dialogue islamo-chrétien), mais en même temps je me retrouve arrêté au seuil de l'Eglise romaine, pour plusieurs raisons. La première, c'est l'expérience blessante que j'ai pu avoir avec les représentants de l'Eglise catholique romaine, il n'est pas facile, au moins sur le plan psychologique, d'être simultanément désavoué par son peuple (les musulmans en général) et par l'Eglise. La porte fermée, l'indifférence, les messages laissés sans réponse, la complaisance et les amabilités avec les persécuteurs. Beaucoup d'éléments ont contribué à nourrir ma déception dans l'Eglise romaine, dans le temps même où des protestants, des évangéliques, des unitariens, des TJ ont tenté d'exploiter cette déception pour me convertir à leurs hérésies respectives. Je refuse toujours de m'abandonner au fanatisme chaleureux de ces groupes, car leur immaturité spirituelle et leur prosélytisme aveugle ne me vont tout simplement pas.
La deuxième raison, ce sont mes idées que certains peuvent juger trop hétérodoxes. J'ai peur de sacrifier ma totale liberté de pensée en revêtant officiellement la foi catholique. J'ai vu certains catholiques qui dans leur défense acharnée et inconditionnelle de leur église finissent par piétinier les sentiments de personnes ayant des doutes ou des interrogations au fond légitimes, surtout lorsqu'elles sont originaires d'une religion comme l'islam. J'ai peur de me retrouver un jour moi aussi à défendre ma chappelle, de porter une "casquette" et de brandir un quelconque drapeau. Il y'a ce côté social qui m'effraie, l'Eglise en tant que chose sociale.
En définitive, devant tant d'impasses et de restrictions à la fois mondaines et spirituelles, je ne sais que faire de ces inclinaisons au détachement et à l'abnégation, de cette aspiration au sacerdoce qui ne cesse de grandir. Il y'a tellement d'autres éléments dans ma vie qui expliquent ce type de penchants, mais que je ne pourrai pas vous exposer afin de rester concis et concentré sur l'essentiel.
Je me tourne vers vous frères et soeurs, dans l'espoir d'obtenir des réponses sans me faire juger (comme c'est trop souvent le cas).
Merci à vous,
En Jésus-Christ.