@prochoix/touriste
Remettons en relation les différents éléments qui se répondent les uns aux autres, histoire de ne pas perdre le fil - ça pourrait en plus être très instructif :
1. des métaphores
. Vous avez utilisé un parallèle entre l'embryon humain / le nouveau-né humain, l'œuf / la poule, le gland / le chêne, et la chenille / le papillon,
pour illustrer (démontrer ?) votre certitude que l'embryon humain n'a rien à voir avec un être humain :
"Quand on mange un œuf on ne mange pas une poule, un gland n'est pas un chêne ni une chenille un papillon, etc."
autrement dit, un embryon ou un fœtus humain ne sont pas des êtres humains, comme l'œuf n'est pas une poule, ni le gland un chêne, ni la chenille un papillon.
. Je vous ai fait remarquer que :
- en effet, un œuf n'est pas une poule, mais il n'est pas non plus l'équivalent d'un embryon, puisqu'il peut lui-même contenir un embryon : c'est plutôt l'équivalent, au début, de l'ovule, et ensuite de l'ensemble fœtus+placenta.
- en effet, un gland n'est pas un chêne, puisqu'il contient une plantule, un chêne en miniature. Il serait donc plutôt l'équivalent non pas de l'embryon, mais de ce qui contient l'embryon - un œuf de poule, ou un utérus.
- la chenille est un animal vivant de la même espèce que l'adulte qu'elle deviendra. De même toute forme larvaire de tout insecte.
- utiliser ces métaphores,
outre qu'elles montrent une utilisation plus qu'approximative des connaissances en biologie, ne constitue donc pas du tout une illustration de la question, encore moins une démonstration,
puisqu'elles ne font que déplacer la question dans le domaine animal ou végétal.
- d'un certain côté, cependant, ces métaphores illustrent bien comment on peut avoir tendance à sauter un peu trop vite à la conclusion, en ne prenant pas le temps de creuser l'aspect purement biologique, scientifique, de la question.
- sur tout cela, vous avez simplement répondu :
. "
Ok alors quand vous voyez un gland devant vous, vous dites "oh mon Dieu j'ai failli me prendre un chêne" ?", ce qui, vous noterez, ne répond absolument pas à ce que j'ai écrit.
(à vrai dire, quand je vois un bébé qui trébuche, je dis (pas vous ?) "oh, attention, ce bébé va tomber" et pas, bizarrement, "oh, attention, cet être humain va tomber", et pourtant je sais que ce bébé est un être humain de même que je sais que le gland contient un mini-chêne)
. et vous protestez sur une remarque annexe de ma part, où je laisse entendre que vous avez repris des arguments sans les vérifier ni les approfondir ;
vous me parlez de votre voisin :
d'une part, vous remarquerez que vous avez donc effectivement repris et utilisé un propos tel quel sans en vérifier le sens ni la réalité biologique précise qu'il décrit ;
mais surtout, d'autre part, que vous prenez bien le temps de répondre à une remarque annexe, mais pas du tout sur le fond :
les parallèles que vous avez utilisé ne démontrent rien, n'apportent aucun élément de réponse, ne sont pas des arguments, et ne répondent pas du tout à la question concernant l'embryon humain. Vous auriez pu le reconnaître, ou au moins discuter ce point - vous n'en avez rien fait, vous avez discuté
l'origine des images employées, mais absolument pas leur
sens, ni leur utilisation.
2. être humain ou individu
Vous protestez ne surtout pas confondre morale et législation, et donc ne pas du tout tirer argument de la définition légale du statut du fœtus humain. Sur ce point, j'aurais d'après vous mal compris votre propos :
Soit vous m'avez mal lue, ce que j'espère et ce pour quoi je penche, soit vous êtes malhonnête.
Cgs m'écrit qu"On ne peut affirmer l'article 3 de la déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU, où tout être humain à droit à la vie, et décider que pour certains êtres humains, ce droit démarre seulement à partir d'un certain âge." ; je me suis contentée de répondre que la déclaration des droits de l'homme ne dit pas que "tout être humain a droit à la vie" mais que "tout individu a droit à la vie" : je pense que ça fait une différence car "être humain" et "individu" (ou "personne") ne sont pas connotées exactement de la même manière. Et la déclaration dit que les individus naissent libres et égaux en droit, pas qu'ils sont conçus libres et égaux en droit. C'est tout."
. D'accord, sauf que votre premier message, c'est ça :
"L'article 3 de la déclaration universelle des droits de l'homme dit que "tout individu" a droit à la vie. La science ne dit pas ce qu'est un individu. La déclaration dit aussi, article 1 : "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits". Vous avez votre réponse."
Ce qui appelle plusieurs remarques :
- Là, pour le coup, vous aviez mis "être humain". Mais si vous distinguez à ce point, dans ce texte, entre "être humain" et "individu", et que seul "l'individu" a "droit à la vie",
alors quid des "êtres humains" que vous avez défini comme "naissant libres et égaux en dignité et en droit" ?
- D'autre part, si ce terme "être humain" désigne un être vivant de l'espèce humaine, mais pas forcément un "individu" au sens de "personne",
alors comment pouvez-vous les avoir décrit, dans cette citation, "libres et égaux en dignité et en droits" ?
- Finalement, quel est donc le terme utilisé ici ? Si c'est "être humain", et qu'on les disent "libres et égaux en dignité et en droits", alors votre distinction entre "être humain" et "individu au sens de personne" tombe, ou en tout cas vous ne pouvez pas l'étayer ni l'expliquer par ce texte.
Je vous aide : dans le texte que j'ai trouvé, il est effectivement écrit au premier article :
"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits."
Il est même précisé :
"Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."
Ce qui est étonnant puisqu'un nouveau-né n'est pas franchement doué de raison (ni de conscience morale). Voilà donc que ce texte considère les êtres humains comme des êtres doués de conscience et de raison, et leur reconnaît la dignité découlant de ces facultés, avant même qu'ils en soient effectivement pourvus.
. De plus, votre intervention complète se présentait ainsi :
" Je n'ai aucun doute sur le fait qu'un embryon est un être humain, mais creusons un peu.
Larousse, "être" :
1. Tout ce qui vit et, spécialement, individu d'une espèce animale ; créature : Les êtres vivants.
2. Personne, individu : La mort d'un être cher.
3. Nature profonde de quelqu'un : Il était bouleversé jusqu'au fond de l'être.
L'embryon est vivant : c'est un être. Et comme il est de l'espèce humaine, c'est un être humain. Ok.
Mais la science ne dit pas qu'il est un être au sens 2, c'est-à-dire qu'il est une personne. La "science" a déjà réussi à démontrer que les noirs étaient des êtres inférieurs et que les femmes devaient rester à la maison, alors je me méfie quand on la mêle à la morale pour démontrer tout et rien.
L'article 3 de la déclaration universelle des droits de l'homme dit que "tout individu" a droit à la vie. La science ne dit pas ce qu'est un individu. La déclaration dit aussi, article 1 : "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits". Vous avez votre réponse.
Vous remarquerez que l'enchaînement de ces deux paragraphes, tel que vous les présentiez, peut laisser entendre, sans malhonnêteté ni mauvaise foi, que vous vous appuyiez sur la déclaration des droits de l'Homme pour apporter une réponse définitive à la question évoquée au paragraphe précédent.
. Concernant un autre parallèle que vous établissez pour répondre sur ce point, votre réponse à Cgs manque un peu de sérieux :
Vous et moi admettons une continuité d'essence entre un enfant de cinq ans et le même individu à dix-huit ans, pourtant vous les traitez de façon différente, ils n'ont d'ailleurs pas les mêmes droits.
Comme il ne me semble pas que vous soyez là en train de justifier l'infanticide des enfants mineurs, comme la différence de droit dont il s'agit ne remette en question ni le droit à la vie ni la reconnaissance et le respect de la dignité des individus concernés,
et à moins que vous ne considériez le "droit à la vie" comme un droit parmi d'autres, équivalent au droit de vote ou d'ouvrir un compte bancaire,
il ne me semble pas que votre parallèle (là encore), permette de démontrer quoi que ce soit, ni de répondre aux propos de Cgs.
. Quant à l'article dont vous donnez le lien, on y lit quand-même ceci :
"ce qui importe, c’est de savoir jusqu’à quel moment on peut être sûr que l’embryon n’est pas un être humain (puisqu’il n’est pas même un être vivant) ? Il suffit de montrer qu’il existe des stades où l’embryon n’est pas suffisamment vivant, ce qui est le cas jusqu’à la fin du premier trimestre, où il n’a pas encore d’activité neuronale."
Où on constate une certaine confusion :
. il s'agit de trouver des stades auxquels l'embryon, n'étant "pas suffisamment vivant", n'est donc "pas même un être vivant" (?) (ou l'on apprend d'ailleurs qu'il serait possible en biologie d'être "un peu vivant" et du coup, tout en étant un peu vivant, de ne pas être un être vivant...).
. on déclare, comme ça, que c'est justement le cas quand il n'y a pas d'activité neuronale. Sans explication. On décrète. Pouf.
(où l'on apprend que "vivant", en biologie, se confondrait avec "disposant d'une activité neuronale").
Ça ne fait pas très sérieux... invoquer la biologie et écrire des phrases comme ça, ça n'est vraiment pas sérieux.
Merci, donc, pour vos prochaines réponses,
. de répondre vraiment au sujet, aux arguments, et non de vous contenter de remarques périphériques,
. d'exposer clairement le cheminement de votre pensée - répondre ponctuellement par des allusions ou des citations (qui changent d'une fois sur l'autre !), sans exposer ce que, vous, vous en tirez, réduit considérablement la portée de votre propos.
(voyez : comme aucun des parallèles que vous avez voulu utiliser ne s'applique, mais comme vous vous êtes surtout contenté, en guise de réponse, d'établir ces parallèles,
on ne sait vraiment ni ce que vous affirmez, ni pourquoi vous pensez pouvoir l'affirmer.)