par François-Xavier » mar. 31 juil. 2012, 11:37
الصغير a écrit :si un Dieu est mort à cause d'un peuple qui l'a crucifié, peut-on encore parler d'un Dieu?
الصغير a écrit :Et que dire d'un Dieu inhumé et mis dans une tombe? Il a demeuré 9 mois dans le sein d'une femme puis vint au monde comme on le sait. Comment peut-on faire cela de Dieu? Puis Le mettre sur la Croix à cause de nos péchés? Dieu n'est-Il pas capable de pardonner nos péchés sans ce massacre, si nous l'implorons directement par la prière? A-t-on besoin de tous ces prêtres et de tous ces intermédiaires pour obtenir la rédemption?
Cher Yassine as saghir !
Voici quelques éléments de réponse :
Le plan de Dieu sur l'homme
Dieu a créé le monde, et il a créé l’homme pour qu'il Le loue, qu'il Le serve. Mais que serait l’homme pour Dieu si Dieu obligeait l’homme à agir ou penser indépendamment de Lui ? Dieu ne veut pas qu’un homme se contente de le suivre parce qu’il en est contraint, mais il désire que ce soit sa propre conscience qui le pousse. C’est pourquoi Dieu donne à l’homme la liberté.
Cf. Vatican II, Gaudium et Spes 17:
« Car Dieu a voulu le laisser à son propre conseil pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à lui, s’achever ainsi dans une bienheureuse plénitude. La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. L’homme parvient à cette dignité lorsque, se délivrant de toute servitude des passions, par le choix libre du bien, il marche vers sa destinée et prend soin de s’en procurer réellement les moyens par son ingéniosité. »
Cette liberté l’homme l’a exercée au jardin d’Eden, où historiquement, en mangeant du fruit de l’arbre, il a rompu son union avec Dieu.
En toute liberté, l'homme a rompu son alliance avec Dieu
La création, la vie sociale, nos corps et nos âmes portent encore la trace de cette rupture. Le monde tel que nous le connaissons n’est pas tel que l’a créé Dieu. On voit bien par l’observation de la nature, que le monde a un ordre, une cohérence, a une potentialité de vie. Mais que cette potentialité de vie qu’a la création, la nature, notre corps, est blessée.
C’est ainsi que même en connaissant ce qui est bon pour moi, ce qui est bon pour l’autre, ce qui est bon pour la société, je fais des actes, parfois, qui vont contre tout ce que je veux et je crois.
cf. Rm 7,14b-15
« moi, je suis charnel, vendu au péché. Car je ne sais pas ce que je fais; le bien que je veux, je ne le fais pas; mais le mal que je hais, je le fais. »
La bonne nouvelle : c’est que Dieu cherche à nous libérer de cette blessure, cette blessure à mort. Parce qu’il est patient, miséricordieux, et qu’il ne revient pas sur la promesse d’alliance.
Jésus est le Messie : étymologiquement, « celui que Dieu oint avec l’Huile », qui a un pouvoir de royauté. Dans la tradition judéo chrétienne, l’Oint est un roi, un prêtre et un juge (Cf. Melchisedech) et c’est celui qui rétablit toute justice sur terre.
Dans la tradition musulmane, on reconnaît à Jésus un rôle particulièrement important dans l’histoire de l’Univers.
- Si Jésus est Messie, c’est Lui qui juge à la fin des temps (cf. les Hadiths qui rapportent cette croyance dans l’Islam)
- Si Jésus juge l’humanité, il est plus qu’un simple « rasûl » (messager) ou même qu’un « nabiy », porteur de grâces et de charismes prophétiques lui permettant d’accomplir des miracles pour corroborer la véracité de sa mission divine.
- Si Jésus juge, il a le pouvoir de mettre à sa droite ceux qui ont mérité de vivre dans l’éternité au Royaume de Dieu, et ceux qui sont éloignés du Royaume pour toujours.
Or, à part un très petit nombre, même les meilleurs croyants commettent ou ont commis des fautes contre Dieu. Et ce parce que notre nature est blessée.
Qui est le Messie ?
Qui est cet homme à qui Dieu a donné le pouvoir aux pêcheurs d’entrer dans le Royaume ?
C’est par le Messie que Dieu permet à l’homme de se libérer du péché. Parce que le Messie est un homme, et que lui ne pèche pas et n’a pas péché, que la nature humaine retrouve grâce auprès de Dieu, parce que le Messie est l’homme des prédilections de la vision de
Daniel (Dn 7,13-14) :
« Je regardais donc dans cette vision nocturne, et voici, quelqu'un, semblable au Fils de l'homme, venait avec les nuées du ciel, et Il s'avança jusqu'à l'Ancien des jours. Ils Le présentèrent devant lui, et Il Lui donna la puissance, l'honneur et le royaume, et tous les peuples, les tribus et les langues Le servirent; Sa puissance est une puissance éternelle qui ne Lui sera point ôtée, et Son royaume ne sera jamais détruit. »
Le Royaume éternel et indestructible appartient au Messie, et il y fait entrer qui il veut, c'est-à-dire les Saints de Dieu.
Dieu et l’homme
Depuis la création du monde, Dieu s’est adressé aux hommes en envoyant des prophètes, qui eux-mêmes ont relaté leur relation directe à Dieu dans des écrits. Ces écrits ont été rassemblés dans un corpus sacré. On observe cependant que ce qui fait la relation entre Dieu et l’homme c’est une relation personnelle entre Dieu et certains d’entre eux. Car Dieu a créé l’homme pour que nous Le louions, nous Le servions et nous L’aimions, car Lui-même nous aime, et nous aime bien plus que nous pourrions l’imaginer.
Dieu créée l’homme : mais Il créée l’homme pour l’aimer. Car la nature profonde de Dieu est une nature de miséricorde, c'est-à-dire d’union cœur à cœur avec l’âme des hommes. C’est en Dieu que la miséricorde est toute puissante ; et la miséricorde n’est pas un regard hautain ou dédaigneux, c’est la croyance que Dieu est plus proche de notre âme que nous le sommes nous-mêmes. Dieu nous aime tous en tant qu’être humains mais nous aime aussi chacun de façon personnelle et individuelle.
Et c’est parce qu’il nous aime qu’il cherche à nous rétablir, par le Messie, dans notre dignité pour que nous soyons libérés des liens de cette blessure des origines, et que nous ne connaissions pas la mort éternelle. Nous pouvons nous libérer de cette blessure mortelle qui nous vient de nos premiers parents en nous mettant dès maintenant, dans les pas du Messie qui nous jugera à la fin des temps.
Nous avons besoin comme médiateur de Jésus, vrai homme…
C’est parce que Jésus est un vrai homme qu’il nous rachète aux yeux de Dieu. C’est parce qu’il est un homme comme chacun d’entre nous que son absence de péché et son amour total pour l’humanité lui permet de nous rétablir dans l’innocence. Il est le premier homme comme Adam au sens où il n’est pas marqué par la blessure, et il est aussi le dernier homme au sens où c’est lui qui est le juge de tout homme, à la fin des temps.
Jésus réponse à notre soif de Dieu : c’est en Jésus, Origine et achèvement, que nous accomplissons réellement notre liberté humaine et que nous pouvons suivre notre conscience, qui nous dit : aime Dieu comme Dieu t’aime. Nous le faisons parfaitement en imitant Jésus.
Imiter Jésus, c’est concrètement être capable de consacrer sa vie au service des autres, demeurer jusqu’à l’épreuve dans ce regard de miséricorde que Dieu a pour nous en ayant nous même sur les autres ce même regard de miséricorde. Consacrer sa vie, c’est aussi être capable de la donner, et de suivre en cela tous ceux qui, ayant voulu suivre Jésus de façon radicale, ont perdu leur vie en témoignant de Jésus (les martyrs) ou ont cherché l’union à Dieu dès cette vie terrestre par la vie monastique.
Imiter Jésus c’est être capable de ne plus vivre pour soi, et laisser le Messie vivre en soi, lui qui nous délivre de la mort à laquelle nous sommes tous condamnés.
Comment Jésus nous délivre de la mort ?
La cause de la mort, c’est le mal, pas Dieu. C’est le mal que l’humanité a commis en se détournant de Dieu, en refusant son alliance, en refusant le bonheur promis par Dieu ; Dieu ne reprend pas sa promesse de bonheur pour l’homme. De nombreuses fois, l’homme s’est détourné de Dieu en commettant le mal pas refus de la miséricorde de Dieu. Ce refus est réél : il a causé de nombreuses catastrophes, des guerres, des injustices, des humiliations, et a même eu des conséquences concrètes sur le monde qui nous entoure : ce n’est pas Dieu qui désire les catastrophes naturelles… L’équilibre du monde qui reposait sur l’alliance conclue entre Dieu et l’homme a été rompu par le péché de l’homme.
Mais malgré cela, malgré cette volonté réelle de nos premiers parents de se détourner de l'alliance, de la proposition de bonheur que nou soffrait Dieu, Dieu a voulu en envoyant Sa Parole divine, compenser dans son immense miséricorde, les défections humaines à l’alliance. Et Sa Parole, c’est le Messie.
Pour que Son Messie assume entièrement la condition de l’homme et puisse rétablir le Royaume, il fallait qu’il assume, qu’il porte le péché et dissolve ses liens. Il fallait donc qu’il soit mis à mort par les pécheurs, à cause du péché lui qui n’a pas péché. Il a compensé la désobéissance d’Adam, par son obéissance jusqu’à la mort, et a rétabli en cela la dignité d el'homme, en le rendant capable d'entrer à nouveau dans l'alliance divine. C’est pourquoi Dieu l’a exalté en le ressuscitant, en lui donnant, conformément à la prophétie de Daniel, tout pouvoir sur le Royaume c’est à dire le Sacerdoce, la Royauté, et la Juridiction.
Avec Lui, nous pouvons franchir le ravin de la mort, et aussi ressusciter, car Il nous a ouvert la voie.
Le Messie triomphe des enfers
Comment le Messie nous précède t’Il dans la mort et la résurrection ?
La descente aux enfers est l’accomplissement, la phase ultime de la mission messianique de Jésus
Le Christ est donc descendu dans la profondeur de la mort (cf. Mt 12, 24 ; Rm 10, 7 ; Ep 4, 9) afin que cf. Jn 5, 25
" les morts entendent sa voix et que ceux qui l’auront entendue vivent "
Jésus, est donc vraiment" le Prince de la vie " (Ac 3, 15), a
" réduit à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et a affranchi tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort " (He 2, 14-15).
Désormais le Christ ressuscité " détient la clef de la mort et de l’Hadès " (Ap 1, 18) .
Jésus, s’il délivre l’homme de la mort et juge le monde, a le pouvoir du pardon et de la vie, c’est que Jésus est Dieu.
« Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles (...). Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va pour délivrer de leurs douleurs Adam dans les liens et Ève, captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils (...) ‘Je suis ton Dieu, et à cause de toi je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, je suis la Vie des morts’ (Ancienne homélie pour le Samedi Saint : PG 43, 440A. 452C. 461).
O Mors ero Mors tua, morsus tuus ero, inferne!
O Mort, je serai ta mort, je serai ta morsure, ô enfer !
(antienne des Ténèbres du samedi saint dans le rite romain)
[quote="الصغير"]si un Dieu est mort à cause d'un peuple qui l'a crucifié, peut-on encore parler d'un Dieu?[/quote]
[quote="الصغير"]Et que dire d'un Dieu inhumé et mis dans une tombe? Il a demeuré 9 mois dans le sein d'une femme puis vint au monde comme on le sait. Comment peut-on faire cela de Dieu? Puis Le mettre sur la Croix à cause de nos péchés? Dieu n'est-Il pas capable de pardonner nos péchés sans ce massacre, si nous l'implorons directement par la prière? A-t-on besoin de tous ces prêtres et de tous ces intermédiaires pour obtenir la rédemption?[/quote]
Cher Yassine as saghir !
Voici quelques éléments de réponse :
[b]Le plan de Dieu sur l'homme[/b]
Dieu a créé le monde, et il a créé l’homme pour qu'il Le loue, qu'il Le serve. Mais que serait l’homme pour Dieu si Dieu obligeait l’homme à agir ou penser indépendamment de Lui ? Dieu ne veut pas qu’un homme se contente de le suivre parce qu’il en est contraint, mais il désire que ce soit sa propre conscience qui le pousse. C’est pourquoi Dieu donne à l’homme la liberté.
[quote]Cf. Vatican II, Gaudium et Spes 17:
« Car Dieu a voulu le laisser à son propre conseil pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à lui, s’achever ainsi dans une bienheureuse plénitude. La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. L’homme parvient à cette dignité lorsque, se délivrant de toute servitude des passions, par le choix libre du bien, il marche vers sa destinée et prend soin de s’en procurer réellement les moyens par son ingéniosité. »[/quote]
Cette liberté l’homme l’a exercée au jardin d’Eden, où historiquement, en mangeant du fruit de l’arbre, il a rompu son union avec Dieu.
[b]
En toute liberté, l'homme a rompu son alliance avec Dieu[/b]
La création, la vie sociale, nos corps et nos âmes portent encore la trace de cette rupture. Le monde tel que nous le connaissons n’est pas tel que l’a créé Dieu. On voit bien par l’observation de la nature, que le monde a un ordre, une cohérence, a une potentialité de vie. Mais que cette potentialité de vie qu’a la création, la nature, notre corps, est blessée.
C’est ainsi que même en connaissant ce qui est bon pour moi, ce qui est bon pour l’autre, ce qui est bon pour la société, je fais des actes, parfois, qui vont contre tout ce que je veux et je crois.
[quote]cf. Rm 7,14b-15
« moi, je suis charnel, vendu au péché. Car je ne sais pas ce que je fais; le bien que je veux, je ne le fais pas; mais le mal que je hais, je le fais. »
La bonne nouvelle : c’est que Dieu cherche à nous libérer de cette blessure, cette blessure à mort. Parce qu’il est patient, miséricordieux, et qu’il ne revient pas sur la promesse d’alliance.[/quote]
[b]Jésus est le Messie[/b] : étymologiquement, « celui que Dieu oint avec l’Huile », qui a un pouvoir de royauté. Dans la tradition judéo chrétienne, l’Oint est un roi, un prêtre et un juge (Cf. Melchisedech) et c’est celui qui rétablit toute justice sur terre.
Dans la tradition musulmane, on reconnaît à Jésus un rôle particulièrement important dans l’histoire de l’Univers.
- Si Jésus est Messie, c’est Lui qui juge à la fin des temps (cf. les Hadiths qui rapportent cette croyance dans l’Islam)
- Si Jésus juge l’humanité, il est plus qu’un simple « rasûl » (messager) ou même qu’un « nabiy », porteur de grâces et de charismes prophétiques lui permettant d’accomplir des miracles pour corroborer la véracité de sa mission divine.
- Si Jésus juge, il a le pouvoir de mettre à sa droite ceux qui ont mérité de vivre dans l’éternité au Royaume de Dieu, et ceux qui sont éloignés du Royaume pour toujours.
Or, à part un très petit nombre, même les meilleurs croyants commettent ou ont commis des fautes contre Dieu. Et ce parce que notre nature est blessée.
[b]Qui est le Messie ?[/b]
Qui est cet homme à qui Dieu a donné le pouvoir aux pêcheurs d’entrer dans le Royaume ?
C’est par le Messie que Dieu permet à l’homme de se libérer du péché. Parce que le Messie est un homme, et que lui ne pèche pas et n’a pas péché, que la nature humaine retrouve grâce auprès de Dieu, parce que le Messie est l’homme des prédilections de la vision de
[quote]Daniel (Dn 7,13-14) :
« Je regardais donc dans cette vision nocturne, et voici, quelqu'un, semblable au Fils de l'homme, venait avec les nuées du ciel, et Il s'avança jusqu'à l'Ancien des jours. Ils Le présentèrent devant lui, et Il Lui donna la puissance, l'honneur et le royaume, et tous les peuples, les tribus et les langues Le servirent; Sa puissance est une puissance éternelle qui ne Lui sera point ôtée, et Son royaume ne sera jamais détruit. »[/quote]
Le Royaume éternel et indestructible appartient au Messie, et il y fait entrer qui il veut, c'est-à-dire les Saints de Dieu.
[b]
Dieu et l’homme[/b]
Depuis la création du monde, Dieu s’est adressé aux hommes en envoyant des prophètes, qui eux-mêmes ont relaté leur relation directe à Dieu dans des écrits. Ces écrits ont été rassemblés dans un corpus sacré. On observe cependant que ce qui fait la relation entre Dieu et l’homme c’est une relation personnelle entre Dieu et certains d’entre eux. Car Dieu a créé l’homme pour que nous Le louions, nous Le servions et nous L’aimions, car Lui-même nous aime, et nous aime bien plus que nous pourrions l’imaginer.
Dieu créée l’homme : mais Il créée l’homme pour l’aimer. Car la nature profonde de Dieu est une nature de miséricorde, c'est-à-dire d’union cœur à cœur avec l’âme des hommes. C’est en Dieu que la miséricorde est toute puissante ; et la miséricorde n’est pas un regard hautain ou dédaigneux, c’est la croyance que Dieu est plus proche de notre âme que nous le sommes nous-mêmes. Dieu nous aime tous en tant qu’être humains mais nous aime aussi chacun de façon personnelle et individuelle.
Et c’est parce qu’il nous aime qu’il cherche à nous rétablir, par le Messie, dans notre dignité pour que nous soyons libérés des liens de cette blessure des origines, et que nous ne connaissions pas la mort éternelle. Nous pouvons nous libérer de cette blessure mortelle qui nous vient de nos premiers parents en nous mettant dès maintenant, dans les pas du Messie qui nous jugera à la fin des temps.
[b]Nous avons besoin comme médiateur de Jésus, vrai homme…[/b]
C’est parce que Jésus est un vrai homme qu’il nous rachète aux yeux de Dieu. C’est parce qu’il est un homme comme chacun d’entre nous que son absence de péché et son amour total pour l’humanité lui permet de nous rétablir dans l’innocence. Il est le premier homme comme Adam au sens où il n’est pas marqué par la blessure, et il est aussi le dernier homme au sens où c’est lui qui est le juge de tout homme, à la fin des temps.
Jésus réponse à notre soif de Dieu : c’est en Jésus, Origine et achèvement, que nous accomplissons réellement notre liberté humaine et que nous pouvons suivre notre conscience, qui nous dit : aime Dieu comme Dieu t’aime. Nous le faisons parfaitement en imitant Jésus.
Imiter Jésus, c’est concrètement être capable de consacrer sa vie au service des autres, demeurer jusqu’à l’épreuve dans ce regard de miséricorde que Dieu a pour nous en ayant nous même sur les autres ce même regard de miséricorde. Consacrer sa vie, c’est aussi être capable de la donner, et de suivre en cela tous ceux qui, ayant voulu suivre Jésus de façon radicale, ont perdu leur vie en témoignant de Jésus (les martyrs) ou ont cherché l’union à Dieu dès cette vie terrestre par la vie monastique.
Imiter Jésus c’est être capable de ne plus vivre pour soi, et laisser le Messie vivre en soi, lui qui nous délivre de la mort à laquelle nous sommes tous condamnés.
[b]Comment Jésus nous délivre de la mort ?[/b]
La cause de la mort, c’est le mal, pas Dieu. C’est le mal que l’humanité a commis en se détournant de Dieu, en refusant son alliance, en refusant le bonheur promis par Dieu ; Dieu ne reprend pas sa promesse de bonheur pour l’homme. De nombreuses fois, l’homme s’est détourné de Dieu en commettant le mal pas refus de la miséricorde de Dieu. Ce refus est réél : il a causé de nombreuses catastrophes, des guerres, des injustices, des humiliations, et a même eu des conséquences concrètes sur le monde qui nous entoure : ce n’est pas Dieu qui désire les catastrophes naturelles… L’équilibre du monde qui reposait sur l’alliance conclue entre Dieu et l’homme a été rompu par le péché de l’homme.
Mais malgré cela, malgré cette volonté réelle de nos premiers parents de se détourner de l'alliance, de la proposition de bonheur que nou soffrait Dieu, Dieu a voulu en envoyant Sa Parole divine, compenser dans son immense miséricorde, les défections humaines à l’alliance. Et Sa Parole, c’est le Messie.
Pour que Son Messie assume entièrement la condition de l’homme et puisse rétablir le Royaume, il fallait qu’il assume, qu’il porte le péché et dissolve ses liens. Il fallait donc qu’il soit mis à mort par les pécheurs, à cause du péché lui qui n’a pas péché. Il a compensé la désobéissance d’Adam, par son obéissance jusqu’à la mort, et a rétabli en cela la dignité d el'homme, en le rendant capable d'entrer à nouveau dans l'alliance divine. C’est pourquoi Dieu l’a exalté en le ressuscitant, en lui donnant, conformément à la prophétie de Daniel, tout pouvoir sur le Royaume c’est à dire le Sacerdoce, la Royauté, et la Juridiction.
Avec Lui, nous pouvons franchir le ravin de la mort, et aussi ressusciter, car Il nous a ouvert la voie.
[b]Le Messie triomphe des enfers[/b]
Comment le Messie nous précède t’Il dans la mort et la résurrection ?
La descente aux enfers est l’accomplissement, la phase ultime de la mission messianique de Jésus
Le Christ est donc descendu dans la profondeur de la mort (cf. Mt 12, 24 ; Rm 10, 7 ; Ep 4, 9) afin que cf. Jn 5, 25
[i]" les morts entendent sa voix et que ceux qui l’auront entendue vivent " [/i]
Jésus, est donc vraiment" le Prince de la vie " (Ac 3, 15), a
[i]" réduit à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et a affranchi tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort "[/i] (He 2, 14-15).
Désormais le Christ ressuscité " détient la clef de la mort et de l’Hadès " (Ap 1, 18) .
Jésus, s’il délivre l’homme de la mort et juge le monde, a le pouvoir du pardon et de la vie, c’est que Jésus est Dieu.
[quote]« Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles (...). Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va pour délivrer de leurs douleurs Adam dans les liens et Ève, captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils (...) ‘Je suis ton Dieu, et à cause de toi je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, je suis la Vie des morts’ (Ancienne homélie pour le Samedi Saint : PG 43, 440A. 452C. 461).[/quote]
[centrer][b]O Mors ero Mors tua, morsus tuus ero, inferne![/b]
O Mort, je serai ta mort, je serai ta morsure, ô enfer !
(antienne des Ténèbres du samedi saint dans le rite romain)[/centrer]