par jeanbaptiste » mer. 16 mai 2012, 16:40
Une proposition :
1) Dans la Bible
L'âme traduit, dans la Bible, l'hébreu nèfèsh et le grec psukhè qui ne désignent d'ailleurs les mêmes choses.
Nèfèsh : ce mot désigne le
gosier : nourriture (ps 107,5), le goût (Pr 27,7) et naturellement la respiration et même le souffle (Jb 41,13). La privation de nourriture et du souffle conduit à la mort, (1 R 17,21) l'absence de souffle c'est la mort. Donc
le souffle c'est la vie ! (penser au début de la Genèse...)
Ensuite, le terme désigne par extension
le désir : aussi bien la convoitise (Pr 10,3), le désir du mal (Os 4,8) que
le désir de Dieu Lui-même (Ps 25,1).
C'est donc toute la vie qui est recouverte par ce terme, de sa dimension matérielle, nutritive, à sa dimension plus affective, voire spirituelle. D'ailleurs, plus tardivement dans le judaïsme, le terme en viendra à
désigner jusqu'à la personne humaine elle-même (Lv 2,1 par exemple).
Psukhè : Dans la LXX (la Septante), psukhè traduit nèfèsh. Avec ceci de particulier que l'idée de l'immortalité de cette psukhè se fait jour, et qu'il y a une distinction qui se réalise progressivement d'avec le corps (Sg 9,15). La psukhè, progressivement, traduit le "spirituel" mais plus le "corporel".
Nouveau Testament : Le NT hérite de cette "imprécision" (qui en est peut-être une !) de la LXX. La psukhè désigne toujours la vie corporelle (Mt 6,25) ; elle désigne la personne humaine aussi (Rm 2,9) ; elle désigne aussi la vie après la mort (Jn 12, 25) qui est toujours corporelle (Lc 16,22) mais est aussi plus que cela (He 10, 39). Il y a une distinction avec le corps mais qui n'est pas complète.
source :
Dictionnaire Critique de Théologie, PUF.
Catéchisme de l'Église Catholique
362 La personne humaine, créée à l’image de Dieu, est un être à la fois corporel et spirituel. Le récit biblique exprime cette réalité avec un langage symbolique, lorsqu’il affirme que " Dieu modela l’homme avec la glaise du sol ; il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant " (Gn 2, 7). L’homme tout entier est donc voulu par Dieu.
363 Souvent, le terme âme désigne dans l’Écriture Sainte la vie humaine (cf. Mt 16, 25-26 ; Jn 15, 13) ou toute la personne humaine (cf. Ac 2, 41). Mais il désigne aussi ce qu’il y a de plus intime en l’homme (cf. Mt 26, 38 ; Jn 12, 27) et de plus grande valeur en lui (cf. Mt 10, 28 ; 2 M 6, 30), ce par quoi il est plus particulièrement image de Dieu : " âme " signifie le principe spirituel en l’homme.
364 Le corps de l’homme participe à la dignité de l’" image de Dieu " : il est corps humain précisément parce qu’il est animé par l’âme spirituelle, et c’est la personne humaine toute entière qui est destinée à devenir, dans le Corps du Christ, le Temple de l’Esprit (cf. 1 Co 6, 19-20 ; 15, 44-45) :
Corps et âme, mais vraiment un, l’homme, dans sa condition corporelle, rassemble en lui-même les éléments du monde matériel qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet, et peuvent librement louer leur Créateur. Il est donc interdit à l’homme de dédaigner la vie corporelle. Mais au contraire il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour (GS 14, § 1).
365 L’unité de l’âme et du corps est si profonde que l’on doit considérer l’âme comme la " forme " du corps (cf. Cc. Vienne en 1312 : DS 902) ; c’est-à-dire, c’est grâce à l’âme spirituelle que le corps constitué de matière est un corps humain et vivant ; l’esprit et la matière, dans l’homme, ne sont pas deux natures unies, mais leur union forme une unique nature.
Le Catéchisme reprend la doctrine catholique traditionnelle qui est une parfaite reprise de la philosophie grecque (âme = forme du corps qui l'anime) pour expliquer pleinement le texte biblique.
Ce qui me semble fondamentale c'est cette idée de l'âme comme "animant" le corps, lui donnant la vie.
On peut dire que le corps c'est de la bidoche avec une dimension de "vécu", de "vie", que lui donne l'âme, cette réalité spirituelle qui fait qu'une personne qui marche avec tout son vécu, son histoire n'est pas un robot, ou un cadavre qui serait suspendu à des fils comme une marionnette.
L'âme est en fait une réalité très concrète, nous en faisons tous l'expérience.
Une proposition :
[size=150]1) Dans la Bible[/size]
L'âme traduit, dans la Bible, l'hébreu nèfèsh et le grec psukhè qui ne désignent d'ailleurs les mêmes choses.
[u][b]Nèfèsh[/b][/u] : ce mot désigne le [i]gosier[/i] : nourriture (ps 107,5), le goût (Pr 27,7) et naturellement la respiration et même le souffle (Jb 41,13). La privation de nourriture et du souffle conduit à la mort, (1 R 17,21) l'absence de souffle c'est la mort. Donc [i]le souffle c'est la vie[/i] ! (penser au début de la Genèse...)
Ensuite, le terme désigne par extension [b]le désir[/b] : aussi bien la convoitise (Pr 10,3), le désir du mal (Os 4,8) que [i]le désir de Dieu Lui-même [/i](Ps 25,1).
C'est donc toute la vie qui est recouverte par ce terme, de sa dimension matérielle, nutritive, à sa dimension plus affective, voire spirituelle. D'ailleurs, plus tardivement dans le judaïsme, le terme en viendra à [i]désigner jusqu'à la personne humaine elle-même[/i] (Lv 2,1 par exemple).
[b][u]Psukhè[/u][/b] : Dans la LXX (la Septante), psukhè traduit nèfèsh. Avec ceci de particulier que l'idée de l'immortalité de cette psukhè se fait jour, et qu'il y a une distinction qui se réalise progressivement d'avec le corps (Sg 9,15). La psukhè, progressivement, traduit le "spirituel" mais plus le "corporel".
[b][u]Nouveau Testament[/u][/b] : Le NT hérite de cette "imprécision" (qui en est peut-être une !) de la LXX. La psukhè désigne toujours la vie corporelle (Mt 6,25) ; elle désigne la personne humaine aussi (Rm 2,9) ; elle désigne aussi la vie après la mort (Jn 12, 25) qui est toujours corporelle (Lc 16,22) mais est aussi plus que cela (He 10, 39). Il y a une distinction avec le corps mais qui n'est pas complète.
[b]source[/b] : [i]Dictionnaire Critique de Théologie[/i], PUF.
[size=150]Catéchisme de l'Église Catholique[/size]
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362 La personne humaine, créée à l’image de Dieu, est un être à la fois corporel et spirituel. Le récit biblique exprime cette réalité avec un langage symbolique, lorsqu’il affirme que " Dieu modela l’homme avec la glaise du sol ; il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant " (Gn 2, 7). L’homme tout entier est donc voulu par Dieu.
363 Souvent, le terme âme désigne dans l’Écriture Sainte la vie humaine (cf. Mt 16, 25-26 ; Jn 15, 13) ou toute la personne humaine (cf. Ac 2, 41). Mais il désigne aussi ce qu’il y a de plus intime en l’homme (cf. Mt 26, 38 ; Jn 12, 27) et de plus grande valeur en lui (cf. Mt 10, 28 ; 2 M 6, 30), ce par quoi il est plus particulièrement image de Dieu : " âme " signifie le principe spirituel en l’homme.
364 Le corps de l’homme participe à la dignité de l’" image de Dieu " : il est corps humain précisément parce qu’il est animé par l’âme spirituelle, et c’est la personne humaine toute entière qui est destinée à devenir, dans le Corps du Christ, le Temple de l’Esprit (cf. 1 Co 6, 19-20 ; 15, 44-45) :
Corps et âme, mais vraiment un, l’homme, dans sa condition corporelle, rassemble en lui-même les éléments du monde matériel qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet, et peuvent librement louer leur Créateur. Il est donc interdit à l’homme de dédaigner la vie corporelle. Mais au contraire il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour (GS 14, § 1).
365 [b]L’unité de l’âme et du corps est si profonde que l’on doit considérer l’âme comme la " forme " du corps (cf. Cc. Vienne en 1312 : DS 902) ; c’est-à-dire, c’est grâce à l’âme spirituelle que le corps constitué de matière est un corps humain et vivant ; l’esprit et la matière, dans l’homme, ne sont pas deux natures unies, mais leur union forme une unique nature.[/b][/quote]
Le Catéchisme reprend la doctrine catholique traditionnelle qui est une parfaite reprise de la philosophie grecque (âme = forme du corps qui l'anime) pour expliquer pleinement le texte biblique.
Ce qui me semble fondamentale c'est cette idée de l'âme comme "animant" le corps, lui donnant la vie.
[b]On peut dire que le corps c'est de la bidoche avec une dimension de "vécu", de "vie", que lui donne l'âme, cette réalité spirituelle qui fait qu'une personne qui marche avec tout son vécu, son histoire n'est pas un robot, ou un cadavre qui serait suspendu à des fils comme une marionnette.[/b]
L'âme est en fait une réalité très concrète, nous en faisons tous l'expérience.