par Etienne » lun. 09 oct. 2006, 19:07
Charles à écrit:
La scène finale où la femme idéalisée monte par hasard dans son taxi est une sorte d'épreuve de sa liberté (apparemment) retrouvée. Pendant tout le trajet, il est tenté de revenir à l'état de crise mimétique... et finalement il cède. Son regard dans le rétroviseur est de désir... c'est le même fantasme, la même ambition, le même inassouvissement qui le reprennent et la même guerre qui se déclenche. Il y aura donc une autre résolution violente, une autre victime émissaire et un autre sacrifice.
Parce que comme je l'ai dit, le sacrifice n'est jamais qu'une solution temporaire et qu'il doit être par essence réitéré, ritualisé. La crise n'est jamais que momentanément apaisée, il faut sans cesse un nouveau sacrifice (le rite) pour ramener l'état des rapports sociaux de la violence à la paix.
Bonjour Charles,
Votre explication est très juste (vrai) et me fait ressentir les émotions que j'avais en le regardant la première fois, comme la scène HALLUCINANTE et queLque part TERRIFIANTE ou après son carnage (et un peu de prison) il conduit son taxi comme si de rien était et parle à ses collègues. On ressent presque de soulagement pour lui (pour moi) que cela se passe bien jusqu'à ce rétro et cette musique qui m'a réellement angoissé. Et justement puisque d'apès vous le sacrifice doit-être, à un moment ou à un autre, réitéré. Le mal est puissant déguisé en rite... Rite tout taché de traditions criminelles enfouis en nous et légitimé parce que nous croyons que cet un héritage, dans le sens que nous sommes une partie de ce rite, Quel subterfuge du tentateur non?
C'est toute la finesse de Scorsese que d'avoir mis en scène une crise mimétique et sa résolution sacrificielle et à la fois d'avoir montré son insuffisance et leur réitération inévitable.
Il y a plusieurs scènes extraordinnaires de justesse dans ce film, mais la scène du sacrifice est peut être la plus puissante, surtout le long plan sur les murs tachés de sang. Poétiquement, j'ai eu le sentiment d'être face à une chose très ancienne et très classique, cela m'a rappelé un vers d'Eschyle : "l'abattoir humain au sol trempé de sang", qu'il écrit au sujet du palais des Atrides.
Le fait que le sacrifice du proxénète fasse l'unanimité est aussi une fulgurance de Scorsese et prouve sa compréhension sacrificielle de ce qu'il met en scène.
La scène du carnage est extraordinaire car elle se fond avec le personnage de De Niro, on sentait ce type de comportement chez De Niro tout au long du film, mais je ne pensais pas que ce serait si bien filmé à la fin, Scorsese film De Niro en prévoyant ce que nous verrons ou ressentiront de cette scene, le fait de filmer en hauteur a peut-être contribuer à cette réussite, comme si notre âme et non notre oeil regardait. Un peut comme un tableau dans lequel on plonge.
Tu ne me reconnais pas??? Et bien tiens prend ça!!! LOL
Charles à écrit:
[quote]La scène finale où la femme idéalisée monte par hasard dans son taxi est une sorte d'épreuve de sa liberté (apparemment) retrouvée. Pendant tout le trajet, il est tenté de revenir à l'état de crise mimétique... et finalement il cède. Son regard dans le rétroviseur est de désir... c'est le même fantasme, la même ambition, le même inassouvissement qui le reprennent et la même guerre qui se déclenche. Il y aura donc une autre résolution violente, une autre victime émissaire et un autre sacrifice.
Parce que comme je l'ai dit, le sacrifice n'est jamais qu'une solution temporaire et qu'il doit être par essence réitéré, ritualisé. La crise n'est jamais que momentanément apaisée, il faut sans cesse un nouveau sacrifice (le rite) pour ramener l'état des rapports sociaux de la violence à la paix.
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Bonjour Charles,
Votre explication est très juste (vrai) et me fait ressentir les émotions que j'avais en le regardant la première fois, comme la scène HALLUCINANTE et queLque part TERRIFIANTE ou après son carnage (et un peu de prison) il conduit son taxi comme si de rien était et parle à ses collègues. On ressent presque de soulagement pour lui (pour moi) que cela se passe bien jusqu'à ce rétro et cette musique qui m'a réellement angoissé. Et justement puisque d'apès vous le sacrifice doit-être, à un moment ou à un autre, réitéré. Le mal est puissant déguisé en rite... Rite tout taché de traditions criminelles enfouis en nous et légitimé parce que nous croyons que cet un héritage, dans le sens que nous sommes une partie de ce rite, Quel subterfuge du tentateur non?
[quote]C'est toute la finesse de Scorsese que d'avoir mis en scène une crise mimétique et sa résolution sacrificielle et à la fois d'avoir montré son insuffisance et leur réitération inévitable.
Il y a plusieurs scènes extraordinnaires de justesse dans ce film, mais la scène du sacrifice est peut être la plus puissante, surtout le long plan sur les murs tachés de sang. Poétiquement, j'ai eu le sentiment d'être face à une chose très ancienne et très classique, cela m'a rappelé un vers d'Eschyle : "l'abattoir humain au sol trempé de sang", qu'il écrit au sujet du palais des Atrides.
Le fait que le sacrifice du proxénète fasse l'unanimité est aussi une fulgurance de Scorsese et prouve sa compréhension sacrificielle de ce qu'il met en scène.[/quote]
La scène du carnage est extraordinaire car elle se fond avec le personnage de De Niro, on sentait ce type de comportement chez De Niro tout au long du film, mais je ne pensais pas que ce serait si bien filmé à la fin, Scorsese film De Niro en prévoyant ce que nous verrons ou ressentiront de cette scene, le fait de filmer en hauteur a peut-être contribuer à cette réussite, comme si notre âme et non notre oeil regardait. Un peut comme un tableau dans lequel on plonge.
Tu ne me reconnais pas??? Et bien tiens prend ça!!! LOL