par ti'hamo » sam. 10 déc. 2011, 23:04
Merci pour le commentaire de Benoît XVI, effectivement toujours de bon conseil dans ce domaine de l'interprétation des textes, et toujours aussi bon professeur.
Si je peux me permettre tout de même, mes propres réactions sur quelques remarques au cours de votre discussion :
(chacun retrouvera la paternité de ses répliques :-)
. Saint Paul parlait dans un contexte bien différent. A l'époque, ses paroles étaient libératrices.
Elles le sont toujours. Soit, comme le dit Benoit XVI, nous avons à tenir compte du contexte - non pas, il l'explique bien, pour écarter le texte, mais pour en élargir le sens, de même que le sens de la révélation est peu à peut approfondi et mieux compris dans la tradition de l'Église.
Mais, donc, ces paroles le sont toujours, libératrices. Rappeler aux femmes de ne pas s'enfermer systématiquement dans une attitude contestataire, rejetant automatiquement tout le masculin et ce qui en vient, et rappeler aux hommes de s'ouvrir à leur épouse, de les aimer réellement d'un véritable amour de don gratuit, ça reste très d'actualité. (non ?)
. (Le rôle de l'homme est toujours auréolé d'un certain prestige, ça c'était rigolo parce que, dans les archétypes, il y a aussi "sortir les poubelles".)
. Je remercie particulièrement Imx pour la réflexion qu'il prend le temps d'exposer : alors, certes, on l'accuse de manquer de pragmatisme ; mais, je regrette, pour prendre le contrepied d'une remarque d'un autre intervenant : comment ça, on ne se pose pas tous les jours des questions existentielles et métaphysiques ??
Et bien, on devrait. Et Imx le rappelle très bien ici, de belle façon.
D'ailleurs, si, comme rappelé dans la méditation de Benoit XVI sur le texte de St Paul, vous vous demandez, chaque soir, "que dois-je faire pour agir mieux encore envers mon époux ou mon épouse ?", ceci est une question métaphysique puisqu'elle inclue la question "pourquoi dois-je agir mieux encore envers mon époux ou mon épouse ?"
(vous me direz "parce que je l'aime, c'est évident" : mais justement, ça n'est évident que si on se remet le nez dessus chaque jour, que si on reprend le même engagement jour après jour, que si on reste conscient du sens de cet engagement - sinon, tout ça s'émousse, ou se perd dans le vague. Et bien, ça, c'est métaphysique).
Et de la même façon que nos actes, nos décisions, sont subordonnés à ces choix métaphysiques,
de même la réflexion sur ce passage de St Paul non seulement ne peut faire l'impasse sur les remarques rapportées par Imx, mais doivent commencer par là.
Qu'on ne se sente pas très chaud pour les envolées métaphysiques et qu'on préfère sauter directement à la conclusion pratique, soit, pourquoi pas,
mais la réflexion, elle, commence par là, sinon la conclusion pratique n'a aucun sens, n'est fondée sur rien de solide - et serait plus empirique que réellement pratique.
Et si on saute directement à la conclusion, on ne peut pas se permettre d'écarter ni de mépriser la réflexion de ceux qui en sont capables, réflexion qui, justement, conditionne la conclusion pratique. On ne peut pas se contenter de prétendre "moi, j'agis, j'ai un esprit pratique", et écarter les réflexions de ceux qui se donnent la peine de creuser le sens de ces actes.
(un peu comme si au médecin je demande de laisser tomber la partie diagnostique proprement médicale, et de se contenter de me donner l'ordonnance pour que je puisse aller à la pharmacie, en avançant que, dans la vie, on agit, on va se soigner, on ne passe pas son temps à se poser des questions scientifiques sur les maladies...)
. Je trouve dommage et un peu triste la façon dont Salésienne, je crois, présente les choses :
"En tant que Chrétienne, je suis soumise au Christ. Ma vie tend vers l'union au Christ. Le Christ est mon maître, mon Amour, l'Epoux de mon âme, et c'est à Lui que va mon obéissance. A l'Eglise en second pour les matières spirituelles. Aux lois naturelles qui régisent la société ensuite (qui sont donc applicables dans la famille). Quant à mon mari, ce n'est qu'un pauvre pécheur comme moi. Donc, je ne lui dois pas obéissance."
Cependant, ses remarques sur la communication et la vie de couple étant par ailleurs édifiantes, je suppose qu'il s'agit là surtout d'une maladresse, ou d'une façon différente de comprendre cette phrase :
pour moi, je trouve dommage cette énumération qui place l'époux tout en dernier, en insistant sur son imperfection, et en le plaçant après les "lois naturelles qui régissent la société".
C'est là une vision descendante qui me parle peu ; d'ailleurs, en pratique, justement, il me semble que le fondement même de cette société et de ces lois naturelles, c'est la petite société primordiale que constitue la famille : c'est donc d'abord vers mon épouse que je me tournerais, dans cette réflexion, et ensuite, en m'appuyant sur ce que nous construisons ensemble, j'élargirais le champ à la société, aux lois naturelles (et même à l'Église).
Dieu, j'apprends à Le connaître et à L'aimer, en acte et en vérité, justement d'abord et avant tout dans mon épouse.
Soit dit en passant, la société est elle aussi constituée de "pauvres pécheurs", ...et l'Église de même.
On dira donc, "non, mais, dans l'Église, c'est à ce qui en elle est de Dieu, que j'obéis" : parfaitement ; et bien, de même dans l'époux. :-)
"Ma vie tend vers l'union au Christ", par l'union à votre époux (et moi, à mon épouse). "Le Christ est mon maître, mon Amour, l'Epoux de mon âme, et c'est à Lui que va mon obéissance", d'abord et avant toutes choses par et à travers l'amour en acte envers votre époux (et moi envers mon épouse).
Nous n'aimons pas le Christ tous seuls chacun dans notre coin, puis l'Église, pour ensuite commencer à nous intéresser à notre époux ou à notre épouse.
Merci pour le commentaire de Benoît XVI, effectivement toujours de bon conseil dans ce domaine de l'interprétation des textes, et toujours aussi bon professeur.
Si je peux me permettre tout de même, mes propres réactions sur quelques remarques au cours de votre discussion :
(chacun retrouvera la paternité de ses répliques :-)
. [i]Saint Paul parlait dans un contexte bien différent. A l'époque, ses paroles étaient libératrices.[/i]
Elles le sont toujours. Soit, comme le dit Benoit XVI, nous avons à tenir compte du contexte - non pas, il l'explique bien, pour écarter le texte, mais pour en élargir le sens, de même que le sens de la révélation est peu à peut approfondi et mieux compris dans la tradition de l'Église.
Mais, donc, ces paroles le sont toujours, libératrices. Rappeler aux femmes de ne pas s'enfermer systématiquement dans une attitude contestataire, rejetant automatiquement tout le masculin et ce qui en vient, et rappeler aux hommes de s'ouvrir à leur épouse, de les aimer réellement d'un véritable amour de don gratuit, ça reste très d'actualité. (non ?)
. ([i]Le rôle de l'homme est toujours auréolé d'un certain prestige[/i], ça c'était rigolo parce que, dans les archétypes, il y a aussi "sortir les poubelles".)
. Je remercie particulièrement Imx pour la réflexion qu'il prend le temps d'exposer : alors, certes, on l'accuse de manquer de pragmatisme ; mais, je regrette, pour prendre le contrepied d'une remarque d'un autre intervenant : comment ça, on ne se pose pas tous les jours des questions existentielles et métaphysiques ??
Et bien, on devrait. Et Imx le rappelle très bien ici, de belle façon.
D'ailleurs, si, comme rappelé dans la méditation de Benoit XVI sur le texte de St Paul, vous vous demandez, chaque soir, "que dois-je faire pour agir mieux encore envers mon époux ou mon épouse ?", ceci est une question métaphysique puisqu'elle inclue la question "[b]pourquoi[/b] dois-je agir mieux encore envers mon époux ou mon épouse ?"
(vous me direz "parce que je l'aime, c'est évident" : mais justement, ça n'est évident que si on se remet le nez dessus chaque jour, que si on reprend le même engagement jour après jour, que si on reste conscient du sens de cet engagement - sinon, tout ça s'émousse, ou se perd dans le vague. Et bien, ça, c'est métaphysique).
Et de la même façon que nos actes, nos décisions, sont subordonnés à ces choix métaphysiques,
de même la réflexion sur ce passage de St Paul non seulement ne peut faire l'impasse sur les remarques rapportées par Imx, mais [b]doivent commencer par là[/b].
Qu'on ne se sente pas très chaud pour les envolées métaphysiques et qu'on préfère sauter directement à la conclusion pratique, soit, pourquoi pas,
mais la réflexion, elle, commence par là, sinon la conclusion pratique n'a aucun sens, n'est fondée sur rien de solide - et serait plus empirique que réellement pratique.
Et si on saute directement à la conclusion, on ne peut pas se permettre d'écarter ni de mépriser la réflexion de ceux qui en sont capables, réflexion qui, justement, conditionne la conclusion pratique. On ne peut pas se contenter de prétendre "moi, j'agis, j'ai un esprit pratique", et écarter les réflexions de ceux qui se donnent la peine de creuser le sens de ces actes.
(un peu comme si au médecin je demande de laisser tomber la partie diagnostique proprement médicale, et de se contenter de me donner l'ordonnance pour que je puisse aller à la pharmacie, en avançant que, dans la vie, on agit, on va se soigner, on ne passe pas son temps à se poser des questions scientifiques sur les maladies...)
. Je trouve dommage et un peu triste la façon dont Salésienne, je crois, présente les choses :
"[i]En tant que Chrétienne, je suis soumise au Christ. Ma vie tend vers l'union au Christ. Le Christ est mon maître, mon Amour, l'Epoux de mon âme, et c'est à Lui que va mon obéissance. A l'Eglise en second pour les matières spirituelles. Aux lois naturelles qui régisent la société ensuite (qui sont donc applicables dans la famille). Quant à mon mari, ce n'est qu'un pauvre pécheur comme moi. Donc, je ne lui dois pas obéissance."[/i]
Cependant, ses remarques sur la communication et la vie de couple étant par ailleurs édifiantes, je suppose qu'il s'agit là surtout d'une maladresse, ou d'une façon différente de comprendre cette phrase :
pour moi, je trouve dommage cette énumération qui place l'époux tout en dernier, en insistant sur son imperfection, et en le plaçant après les "lois naturelles qui régissent la société".
C'est là une vision descendante qui me parle peu ; d'ailleurs, en pratique, justement, il me semble que le fondement même de cette société et de ces lois naturelles, c'est la petite société primordiale que constitue la famille : c'est donc d'abord vers mon épouse que je me tournerais, dans cette réflexion, et ensuite, en m'appuyant sur ce que nous construisons ensemble, j'élargirais le champ à la société, aux lois naturelles (et même à l'Église).
Dieu, j'apprends à Le connaître et à L'aimer, en acte et en vérité, justement d'abord et avant tout dans mon épouse.
Soit dit en passant, la société est elle aussi constituée de "pauvres pécheurs", ...et l'Église de même.
On dira donc, "non, mais, dans l'Église, c'est à ce qui en elle est de Dieu, que j'obéis" : parfaitement ; et bien, de même dans l'époux. :-)
"[i]Ma vie tend vers l'union au Christ"[/i], par l'union à votre époux (et moi, à mon épouse). "[i]Le Christ est mon maître, mon Amour, l'Epoux de mon âme, et c'est à Lui que va mon obéissance[/i]", d'abord et avant toutes choses par et à travers l'amour en acte envers votre époux (et moi envers mon épouse).
Nous n'aimons pas le Christ tous seuls chacun dans notre coin, puis l'Église, pour ensuite commencer à nous intéresser à notre époux ou à notre épouse.