Catholiques dits "intégristes"

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Re: Catholiques dits "intégristes"

par Suliko » ven. 02 sept. 2011, 16:27

il suffit seulement d'étudier la synthèse systématique que constitue le Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise.
http://www.vatican.va/roman_curia/ponti ... oc_fr.html
Merci pour ce lien! Je vais le lire dès que j'aurai un peu de temps...
Certainement. Mais la question de la liberté religieuse ne peut se poser aujourd'hui à nous que dans le cadre de l'hermeuneutique de la réforme promue par SS. Benoît. Le problème est d'une réelle complexité. Il faudrait ouvrir un autre fil de discussion - à moins qu'il n'en existe déjà un. Il me semble clair en tout cas que ce qu'affirme le Concile Vatican II sur la liberté religieuse n’implique strictement aucun changement sur le plan doctrinal. Il faudrait plutôt parler d'une nouvelle orientation de la doctrine sociale de l’Eglise - mais conforme à sa Tradition. En particulier, une adaptation de son enseignement relatif à la fonction et aux devoirs de l’Etat.
Mais j'ai quand même l'impression qu'il y a un changement avec Vatican II...Par exemple, losqu'on lit dans "Dignitatis humanae" :"Les communautés religieuses ont aussi le droit de ne pas être empêchées d’enseigner et de manifester leur foi publiquement" (C'est moi qui souligne). J'ai déjà lu quelques fils à ce sujet, mais j'ai vraiment de la peine à être convaincue...Pour moi, il y a clairement un changement d'orientation. Un pape antérieur n'aurait jamais accordé de droits objectifs à une fausse religion, seulement une tolérance de fait, en raison de la situation historique. De toute manière, cela dépasse le cadre de ce fil et il vaut mieux que j'arrête là la discussion. J'ouvrirai peut-être un autre fil à ce sujet, mais j'ai bien peur que la débat tourne en rond...J'avoue juste humblement que j'ai des doutes sur certaines positions conciliaires...Le temps et l'étude les estompera peut-être..

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Virgile » ven. 02 sept. 2011, 15:45

Bonjour,
Suliko a écrit :Pourriez-vous m'indiquer quelques bons livres ou articles à ce sujet? Parce que je suis un peu sceptique...J'avoue avoir du mal à voir la continuité sur certains points...
il suffit seulement d'étudier la synthèse systématique que constitue le Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise.
http://www.vatican.va/roman_curia/ponti ... oc_fr.html
Oui, mais ce n'est pas parce que la genèse de cette modernité trouve son origine dans la Chrétienté et sa pensée que les idées modernes sont compatibles avec la doctrine de l'Eglise...Il peut y avoir déviance de cette pensée moderne dans un sens tout à fait contraire à la pensée catholique...
Je n'en discute pas. Ce que je voulais écrire, c'est qu'il faut rappeler avec insistance et preuves à l'appui l'origine religieuse de la modernité - en particulier le fait que la problématique de tous les penseurs des Lumières comme de ceux du dix-neuvième siècle se développe à partir de concepts puisés aux sources de la chrétienté, tout simplement parce que certains ignorent purement et simplement la genèse de la modernité, quand d'autres la nient carrément.
D'ailleurs, ce que l'Eglise a toujours défendu, c'est le droit de la vrai religion à s'exprimer dans tous les domaines de la société. Jamais elle n'a concédé ce droit objectif aux fausses religions, bien qu'elle ait, à plusieurs reprises, permis l'expression des faux cultes pour ne pas provoquer des troubles sociaux (cf avec les protestants)
Certainement. Mais la question de la liberté religieuse ne peut se poser aujourd'hui à nous que dans le cadre de l'hermeuneutique de la réforme promue par SS. Benoît. Le problème est d'une réelle complexité. Il faudrait ouvrir un autre fil de discussion - à moins qu'il n'en existe déjà un. Il me semble clair en tout cas que ce qu'affirme le Concile Vatican II sur la liberté religieuse n’implique strictement aucun changement sur le plan doctrinal. Il faudrait plutôt parler d'une nouvelle orientation de la doctrine sociale de l’Eglise - mais conforme à sa Tradition. En particulier, une adaptation de son enseignement relatif à la fonction et aux devoirs de l’Etat.

Amicalement.
Virgile.

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Suliko » ven. 02 sept. 2011, 14:25

pour commencer, je dirais que l'Eglise n'a pas "abandonné" au vingtième siècle - ou au vingt et unième les positions qu'elles tenaient pour justes et parfaitement fondés au dix-neuvième siècle. Il faudrait reprendre en détail tous les textes, ce qui est un peu difficile sur un forum et impossible pour moi: pas le temps en ce moment.
Pourriez-vous m'indiquer quelques bons livres ou articles à ce sujet? Parce que je suis un peu sceptique...J'avoue avoir du mal à voir la continuité sur certains points...
ce qu'il peut faire, c'est d'abord montrer, preuves à l'appui, que la génèse du discours de cette modernité ne se trouve pas ailleurs que dans la pratique multiséculaire de l'Eglise. Puis établir la profonde et constante continuité de l'enseignement de l'Eglise en matière de doctrine sociale, en particulier du dix-neuvième siècle à aujourd'hui.
Oui, mais ce n'est pas parce que la genèse de cette modernité trouve son origine dans la Chrétienté et sa pensée que les idées modernes sont compatibles avec la doctrine de l'Eglise...Il peut y avoir déviance de cette pensée moderne dans un sens tout à fait contraire à la pensée catholique...
Ce que l'on comprendrait surtout, c'est qu'à nier la part religieuse de l'humanité (pas seulement les catholiques: les protestants, les juifs, maintenant les musulmans en France, et jusqu'aux hommes de bonnes volonté qui cherchent la vérité), la modernité se condamne elle-même à l'absurde d'un nihilisme effrayant - ce que viennent à dénoncer certains de ses propres penseurs. Un hiver sans printemps, une solitude sans hommes (et sans femmes), un monde sans espérance...
Ce que vous dites est juste: la modernité nie la nécessité de la religion d'un point de vue social, en la reléguant à la sphère privée. Seulement, à partir du moment où une société comprend que la modernité se trompe et que la religion ne peut être un fait strictement privé, il n'est pas possible qu'elle permette à toutes les religions de s'exprimer à part égale dans la sphère publique. Comment un Etat confessionnel pourrait-il reconnaître à égalité toutes les religions et leur donner les mêmes droits? C'est tout bonnement impossible...D'ailleurs, ce que l'Eglise a toujours défendu, c'est le droit de la vrai religion à s'exprimer dans tous les domaines de la société. Jamais elle n'a concédé ce droit objectif aux fausses religions, bien qu'elle ait, à plusieurs reprises, permis l'expression des faux cultes pour ne pas provoquer des troubles sociaux (cf avec les protestants)

Pardonnez mes questions insistantes, mais elles touchent vraiment à un sujet qui me tracasse beaucoup ces derniers temps...

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Virgile » ven. 02 sept. 2011, 14:08

Suliko a écrit :En même temps, la modernité politique (démocratie libérale, liberté de conscience, de culte, etc...) a été condamnée sans recours par tous les papes du XIXème et d'une partie du XXème. Les catholiques traditionnalistes, et particulièrement la FSSPX, ne font que rester sur des positions qu'ils jugent que les papes n'auraient jamais dû abandonner...Si ces derniers semblent montrer une incapacité à trier le bien du mal dans la modernité (politique), c'est sans doute qu'il la considère intrinsèquement mauvaise et néfaste pour les âmes...
Bonjour à nouveau,

pour commencer, je dirais que l'Eglise n'a pas "abandonné" au vingtième siècle - ou au vingt et unième les positions qu'elles tenaient pour justes et parfaitement fondés au dix-neuvième siècle. Il faudrait reprendre en détail tous les textes, ce qui est un peu difficile sur un forum et impossible pour moi: pas le temps en ce moment.

Lorsque la modernité politique nous parle de démocratie libérale, de liberté de conscience et du culte, etc., elle le fait à partir d'une conception de l'homme dont il faut reconnaître qu'elle est assez inacceptable non seulement pour un catholique, mais pour quiconque dispose encore d'un peu de bon sens et de très peu d'esprit idéologique.

Lorsqu'un catholique parle de démocratie, de liberté de conscience, de liberté du culte, je doute fort qu'il puisse vraiment le faire à partir des présupposés idéologiques de la modernité... ce qu'il peut faire, c'est d'abord montrer, preuves à l'appui, que la génèse du discours de cette modernité ne se trouve pas ailleurs que dans la pratique multiséculaire de l'Eglise. Puis établir la profonde et constante continuité de l'enseignement de l'Eglise en matière de doctrine sociale, en particulier du dix-neuvième siècle à aujourd'hui. Vu l'ignorance qui règne chez les catholiques Français de ce qu'est cette doctrine sociale de l'Eglise, ce ne serait pas du luxe...

On s'apercevrait certainement, à l'examen, qu'il y a des incompatibilités qui n'étaient que supposées, et des similitudes qui n'en sont pas. On verrait bien que ce que l'Eglise a toujours condamné, c'est le fait de transformer les idées en idoles muettes et trop souvent couvertes de sang. Ce que l'on comprendrait surtout, c'est qu'à nier la part religieuse de l'humanité (pas seulement les catholiques: les protestants, les juifs, maintenant les musulmans en France, et jusqu'aux hommes de bonnes volonté qui cherchent la vérité), la modernité se condamne elle-même à l'absurde d'un nihilisme effrayant - ce que viennent à dénoncer certains de ses propres penseurs. Un hiver sans printemps, une solitude sans hommes (et sans femmes), un monde sans espérance...

Amicalement.
Virgile.

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Suliko » ven. 02 sept. 2011, 11:33

Mais le fond de la question n'est pas là. Ce qui est le plus frappant dans l'intégrisme catholique, c'est son inaptitude radicale à entreprendre une réflexion sérieuse sur le rapport de la Tradition catholique - qu'il défend envers et contre tout, avec la modernité - qu'il condamne sans recours.
En même temps, la modernité politique (démocratie libérale, liberté de conscience, de culte, etc...) a été condamnée sans recours par tous les papes du XIXème et d'une partie du XXème. Les catholiques traditionnalistes, et particulièrement la FSSPX, ne font que rester sur des positions qu'ils jugent que les papes n'auraient jamais dû abandonner...Si ces derniers semblent montrer une incapacité à trier le bien du mal dans la modernité (politique), c'est sans doute qu'il la considère intrinsèquement mauvaise et néfaste pour les âmes...

P.S.: En ce qui concerne le fait d'être traité de réactionnaire, je vous dirais qu'aujourd'hui, il suffit de prôner le respect des valeurs catholiques pour être considéré comme tel...IL n'est même plus besoin d'être royaliste, contre-révolutionnaire...

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Isabelle47 » ven. 02 sept. 2011, 11:32

Virgile, je suis d'accord avec votre vision des choses.

Je lis en ce moment "Pourquoi le christianisme fait scandale" de Jean Pierre Denis, dont les titres des chapitres sont éloquents:
- De la marge à la nome
- De la norme à la marge
- Du christianisme contre-culturel
et dans cette troisième partie :
- ressourcer la culture
- objecter à la conscience
- relier le temps
- dépasser le visible
- refonder le sens.

La thèse de Denis: le catholicisme seul est une résistance à la barbarie du consumérisme, du "tout-finance" qui dirige le monde.

(mais nous nous éloignons du sujet de l'intégrisme!)

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Virgile » ven. 02 sept. 2011, 5:11

Suliko a écrit :Ce changement assez brutal de position me trouble...Prenons Lamennais: il a été excommunié, mais aujourd'hui, il ne le serait pas...Comment expliquer cela, alors que l'Eglise est la même? Le seul argument qui me vienne à l'esprit est celui de l'obéissance à l'Eglise, mais il n'explique pas tout...
Passons, pour être bref, sur le cas Lamennais (qui pourrait faire l'objet d'un autre fil et qui serait tout autant condamné aujourd'hui qu'il le fut jadis). Le moins que l'on puisse dire, c'est que les rapports entre l’Église et la modernité ont été, depuis la Révolution française (et même depuis bien avant), des rapports de conflits qui opposaient d'une part l'autorité de la raison autonome et l'autorité du Magistère de l'Eglise. Il n'en reste pas moins vrai - malgré ce qu'en disent certains de nos contemporains, que l’exclusion réciproque de la modernité et du catholicisme n’est une évidence que pour ceux qui connaissent mal l'histoire.

Il serait temps de s'apercevoir ou de redécouvrir que les apports spécifiques du catholicisme dans pratiquement tous les domaines de l'activité humaine ont permis la naissance de la modernité. C'est la grand Tradition catholique qui est la source même de ce monde moderne dans lequel nous vivons.

Le totalitarisme rationalisant qui semble caractériser une grande partie de la modernité (et dont il faudrait inlassablement expliquer qu'il n'a strictement rien à voir, lui, avec le catholicisme) a toutefois déjà montré ses limites, ou les montrera encore dans un proche avenir. Aussi la tâche des catholiques d'aujourd'hui serait-elle d'abord et avant tout de montrer qu'aucune idéologie n'a jamais sauvé personne et que rien n'est vraiment perdu. Ce que n'avait sans doute pas compris Lamennais... et en ce sens, il n'y a jamais vraiment eu de changement brutal de position. La problématique est la même au dix-neuvième siècle qu'aujourd'hui.
...La forme est toujours liée au fond!
Et pourquoi pas? En ce qui me concerne, j'aime bien la messe en latin (et plutôt la forme extraordinaire), j'ai le portrait de Louis XVI accroché au-dessus de mon bureau, et j'ai des idées réactionnaires (c'est en tout cas l'opinion de ma belle-soeur). Cela ne m'empêche pourtant pas de penser que ma religion doit être présente et active - mais sans aucune concession sur le plan doctrinal, au coeur du monde. L'essentiel est de ne pas commencer par tout refuser, tout nier, tout figer, et ce faisant, non seulement se couper de l'authentique Tradition de l'Eglise mais aussi se trouver incapable de montrer aux gens la manière dont ils peuvent vivre dans le monde moderne - la manière dont il convient de s'exprimer en vérité, de façon accessible et adaptée, et surtout de faire des choix intelligents et authentiquement chrétiens.

A l'inverse, tout accepter, tout encenser, tout réduire à du "fond" au détriment des formes, ne rien vouloir connaître de la vérité du monde moderne, ne rien en savoir au fond, ne plus rien vouloir connaître de la Tradition, dénoncer l'avant Concile comme un autre obscurantisme et prétendre encore être "ouvert" au monde alors que c'est seulement "à tous vents" - équivaut à un suicide pur et simple. Ce fut le choix - malheureux, de nombreux hommes d'Eglise il y a peu. C'est encore le choix d'un certain nombre de catholiques aujourd'hui.

Sans méchanceté aucune: tant pis pour eux.

Amicalement.
Virgile.

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Virgile » ven. 02 sept. 2011, 3:36

Suliko a écrit :Mais en même tant, on peut constater que toutes les communautés ou fraternités qui sont attachées à la messe en latin sont aussi particulièrement attachées à la droiture doctrinale et à un certain conservatisme ou à une certaine vision réactionnaire...La forme est toujours liée au fond!
Merci pour vos interventions toujours intéressantes!
Bonjour,

ce que vous écrivez n'est pas totalement inexact, bien entendu, mais il ne faudrait pas généraliser de façon excessive. Ce que l'on appelle l'intégrisme catholique, au sens strictement actuel du terme, recouvre des réalités très différentes. Plutôt que d'en déterminer l'orientation idéologique, intellectuelle ou spirituelle à partir de références qui sont elles aussi très idéologiques, il conviendrait de préciser ce que l'intégrisme catholique, toutes tendances confondues, ne fait jamais.

Je veux dire par là que l'on peut bien entendu constater qu'il y a beaucoup d'intégristes qui ne "transigent pas sur les questions doctrinales", sont "royalistes", votent "FN", etc. Mais le fond de la question n'est pas là. Ce qui est le plus frappant dans l'intégrisme catholique, c'est son inaptitude radicale à entreprendre une réflexion sérieuse sur le rapport de la Tradition catholique - qu'il défend envers et contre tout, avec la modernité - qu'il condamne sans recours.

Le résultat en est que dans leur rapport à la modernité - modernité dont ils sont pourtant eux-mêmes partie prenante - la plupart des "intégristes" sont incapables de nous expliquer ce qu'il importerait de sauver ou d'abandonner purement et simplement de la culture moderne. Et surtout quels pourraient être les critères d'un tel choix. D'où le recours systématique à une attitude de rejet (dont il faudra surtout retenir qu'elle est en fait purement verbale) de la modernité et des choix de société qu'elle implique à l'aide d'un discours stéréotypé dont les invariants ne remontent pas plus loin que le dix-huitième siècle. Rejet qui n'apporte - paradoxalement, rien de bien sérieux à la défense de la Tradition .

On peut appeler celà, d'une certaine façon, une "fermeture au monde" - mais une fermeture qui n'est pas forcément définitive ou irrémédiable pour tous. C'est probablement aussi parmi ceux dont on dit qu'ils sont attachés à la messe en latin, à la droiture doctrinale, à un certain conservatisme ou même à une certaine vision réactionnaire des choses, que l'on aura encore le plus de chance de trouver des gens cultivés et assez bienveillants pour chercher vraiment à discerner dans la modernité ce qui est digne d'être aimé ou admiré.

Amicalement.
Virgile.

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Suliko » jeu. 01 sept. 2011, 22:09

En général, cette tendance est, historiquement parlant, proche de ce qu'on appelait autrefois le "traditionalisme", opposé à la Révolution française (j'ai du mal à trouver des infos plus précises sur le mouvement mais on y associe habituellement les noms de Bonald et de Joseph de Maistre).
Mais, si je ne me trompe pas, tous les papes de la période postrévolutionnaire ont condamné sans ambages la révolution française et ses conséquences politiques et religieuses...Ce n'est qu'avec le concile qu'une vision différente et plus nuancée a vu le jour. Est-ce que je me trompe? C'est bien pour cela que Mgr Lefebvre, pour qualifier le concile Vatican II, parlait de révolution (de 1789) dans l'Eglise...
Ce changement assez brutal de position me trouble...Prenons Lamennais: il a été excommunié, mais aujourd'hui, il ne le serait pas...Comment expliquer cela, alors que l'Eglise est la même? Le seul argument qui me vienne à l'esprit est celui de l'obéissance à l'Eglise, mais il n'explique pas tout...
Maintenant, même si on trouve les 3 choses ensemble chez Mgr Lefebvre et une partie de ceux qui l'ont suivi, rien n'oblige à associer forcément:
- l'intégrisme en matière ecclésiologique et théologique
- le traditionalisme contre-révolutionnaire
- la "messe en latin" ou l'attachement au missel "de St Pie V".
Mais en même tant, on peut constater que toutes les communautés ou fraternités qui sont attachées à la messe en latin sont aussi particulièrement attachées à la droiture doctrinale et à un certain conservatisme ou à une certaine vision réactionnaire...La forme est toujours liée au fond!

Merci pour vos interventions toujours intéressantes!

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Michael*69 » jeu. 01 sept. 2011, 21:44

@Archi

En même temps intégriste veut dire quelqu'un d'intègre :p

Merci pour vos explications en tout cas ;)

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Michael*69 » jeu. 01 sept. 2011, 21:42

Suliko, il se trouve que Vatican II est arrivé (par hasard?) lors de ma découverte de la philosophie et des études qui ont suivi.
Ce sont ces études (et des rencontres aussi) qui m'ont éloignée de la religion et non Vatican II.
Cependant, par la suite, quand je me suis de nouveau "replongée" dans la foi et que j'ai "reconstruit" une foi adulte (et non une foi d'enfant) c'est donc à ce moment-là que je me suis aperçue de la différence entre pré-vatican II et post-vatican II.
J'ai parlé, dans mon message précédent, de la liturgie; c'était énorme, la différence que je voyais entre la messe en français, face aux fidèles et la messe que j'avais connue toute mon enfance (latin). Je n'étais pas du tout à l'aise avec la messe en français. Je la trouvais fade. Je n'y retrouvais plus rien.
J'ai cru qu'il s'agissait d'une nostalgie de l'enfance. Ou alors dûne "résistance au changement". Mais, me renseignant mieux, je me suis rendue compte que rien n'était insignifiant et que, par exemple, servir la messe face aux fidèles ou le dos tournés, cela avait une importance essentielle. La même chose pour ce qui concerne le chant grégorien. Ou les vêtements liturgiques. Ou les gestes précis du prêtre. Idiem pour l'agenouillement pour la communion...
Je me reconnais dans votre temoignage, a la seule différence que vous c'est que je n'avais jamais connu la messe en latin, lors de mon retour dans la foi, j'ai redecouvert ce qui m'avait fait partir, c'est vraiment difficile a expliquer, mais la messe etait fade comme vous dites, je ne comprenais pas, je me reconnaissait pas, j'essayais de me concentrer de prier, je n'y arrrivais pas, alors je rentrais dans les églises en dehors des heures de messes, pour prier et parler à Dieu, mais c'etait pas assez, je voulais aussi le loué le dimanche , la messe tridentine m'apporte tout ca, je pense que chaque personne trouve ou pratique sa foi selon certains rites qui peuvent lui correspondre :) .

Mais en faites nou sommes tous catholique avant tout mais avec des rites différents :)

Re: Catholiques dits "intégristes"

par archi » jeu. 01 sept. 2011, 21:38

Il faut rappeler que le terme "intégriste", sans la connotation péjorative qu'il a prise, correspond à une tendance théologique et ecclésiale qui s'est formée en opposition à la crise moderniste, celle du Syllabus de Pie IX (on parle aussi de "catholicisme intégral"). On peut y associer la théologie qui avait cours avant le Concile, principalement thomiste, et plus généralement scolastique, et une vision ecclésiologique ultramontaine.

Au Concile, cette tendance a constitué ce qu'on appelait la "minorité conciliaire", dont Mgr Lefebvre était un des représentants les plus actifs.

En général, cette tendance est, historiquement parlant, proche de ce qu'on appelait autrefois le "traditionalisme", opposé à la Révolution française (j'ai du mal à trouver des infos plus précises sur le mouvement mais on y associe habituellement les noms de Bonald et de Joseph de Maistre).

Etant donné le rôle que Mgr Lefebvre a joué après le Concile, à la fois dans la contestation de celui-ci et dans une certaine vision de la liturgie, il n'est donc pas anormal, à la base, de parler d'"intégrisme" ou de "traditionalisme".

Maintenant, même si on trouve les 3 choses ensemble chez Mgr Lefebvre et une partie de ceux qui l'ont suivi, rien n'oblige à associer forcément:
- l'intégrisme en matière ecclésiologique et théologique
- le traditionalisme contre-révolutionnaire
- la "messe en latin" ou l'attachement au missel "de St Pie V".

A vrai dire, de ce que je sais de Mgr Lefebvre, et de la façon de célébrer la liturgie traditionnelle qu'il a laissé à la FSSPX (et par ricochet à ceux du mouvement "traditionaliste" actuel qui sont restés en union avec le Pape), il me semble qu'on peut tout à fait en faire un héritier du Mouvement Liturgique, largement initié par un Dom Guéranger (qui était tout ce qu'il y a de plus ultramontain), où un St Pie X (le pape de la lutte anti-moderniste) a joué un rôle essentiel... mais qui a aussi compris beaucoup de représentants proches de la pensée "conciliaire", dont notre Pape actuel est à son tour l'héritier. Mouvement Liturgique qui est aussi à l'origine de la volonté de réforme liturgique, de l'introduction du vernaculaire, de la notion de participation active...

Il serait donc simpliste de mettre systématiquement l'attachement à la liturgie traditionnelle dans le panier "intégriste" ou même "traditionaliste" (au sens originel de ces termes).

En revanche, on doit l'attacher à la volonté de refaire de la liturgie "la source et le sommet de la vie de l'Eglise", l'endroit où la Révélation n'est pas seulement reportée sur du papier (Ecriture ou documents magistériels) mais assimilée et vécue. Donc c'est bien un attachement à la Tradition avec un grand T, parfois enfouie sous des tonnes de "dévotions" privées.

Soit dit en passant, il y a attachement à la liturgie traditionnelle et attachement à la liturgie traditionnelle. On trouve des partisans affichés de la "bonne vieille" (si j'ose dire) messe basse, celle où on assiste pendant 25 minutes au murmure en latin du prêtre... selon le principe que le laïc n'a rien besoin de comprendre. Autant dire qu'on est là tout à l'opposé du mouvement liturgique! Par contre, l'importance du chant grégorien, l'idée de "prier la messe" plutôt que de "prier à la messe" (expression de St Pie X), mais aussi de "chanter la messe" plutôt que de "chanter à la messe", ce qui implique entre autres l'insistance pour les textes du Propre qui sont trop souvent remplacés par des hymnes quelconques dans les messes "modernes"...

Au contraire, si la réforme liturgique a été lancée par le Mouvement liturgique, on doit hélas constater que le résultat est bien souvent à l'opposé de ce que recherchait ce mouvement. Cf la remarque amère du Père Bouyer, "avant Vatican II la liturgie romaine était un cadavre embaumé, maintenant c'est un cadavre en décomposition" (je cite de mémoire).

Bref, il ne faut pas se contenter des étiquettes qui ne permettent pas de distinguer les différents aspects des choses...

In Xto,
archi.

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Isabelle47 » jeu. 01 sept. 2011, 21:31

Suliko a écrit :
Vatican II a correspondu à mon éloignement de la religion.
Pourriez-vous développer un peu plus ce point? Si cela ne vous dérange pas...Si vous ne voulez pas perturber ce fil, répondez-moi par MP.
Suliko, il se trouve que Vatican II est arrivé (par hasard?) lors de ma découverte de la philosophie et des études qui ont suivi.
Ce sont ces études (et des rencontres aussi) qui m'ont éloignée de la religion et non Vatican II.
Cependant, par la suite, quand je me suis de nouveau "replongée" dans la foi et que j'ai "reconstruit" une foi adulte (et non une foi d'enfant) c'est donc à ce moment-là que je me suis aperçue de la différence entre pré-vatican II et post-vatican II.
J'ai parlé, dans mon message précédent, de la liturgie; c'était énorme, la différence que je voyais entre la messe en français, face aux fidèles et la messe que j'avais connue toute mon enfance (latin). Je n'étais pas du tout à l'aise avec la messe en français. Je la trouvais fade. Je n'y retrouvais plus rien.
J'ai cru qu'il s'agissait d'une nostalgie de l'enfance. Ou alors dûne "résistance au changement". Mais, me renseignant mieux, je me suis rendue compte que rien n'était insignifiant et que, par exemple, servir la messe face aux fidèles ou le dos tournés, cela avait une importance essentielle. La même chose pour ce qui concerne le chant grégorien. Ou les vêtements liturgiques. Ou les gestes précis du prêtre. Idiem pour l'agenouillement pour la communion...

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Miss Alice » jeu. 01 sept. 2011, 21:31

Merci bcp pour toutes ces réponses! J'y vois désormais un peu plus clair! Il est vrai que les temps actuels rendent les choses plus compliquées, mais c'est mon avis, que ce qu'elles devraient être....

Re: Catholiques dits "intégristes"

par Michael*69 » jeu. 01 sept. 2011, 21:13

Miss Alice a écrit :En effet le terme "intégriste" est totalement inadapté. Terme bien évidemment utilisé par les médias pour donner, alors que l'on ne le leur demande pas, leur propre jugement des choses. En fait, j'ai "découvert", si je puis dire, la FSSPX via une émission vidéo postée sur internet sur un site "tradi". Je n'ai pas reçu une éducation catholique, chrétienne mais pas catholique. Et jusqu'à là, je ne soupçonnais même pas l'existence de ce type de fraternité! Bref, je voulais savoir en quoi la FSSPX serait moins "fréquentable" qu'une autre?
Merci d'avance,
Miss Alice :dance:
Ils sont rejetés par certains catholique car a un moment donné ils ont été excommmuniés mais depuis le Pape Benoit XVI à réintégrés les membres de la FSSPX, puis aussi une grosse médiatisation anti "tradi" des médias, avec des emissions très orienté.

Le Saint Père a fait un travail de reconciliation, c'est ca qu'il faut retenir. Mais a mes yeux ils sont pas moins frequentable que telle ou telle fraternité ou mouvement.

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