Totalitarisme(s)

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Re: Totalitarisme(s)

par joseph1 » lun. 12 juin 2023, 11:22

Le gouvernement a lancé une campagne publique, avec spot TV et affiches, sur la sexualité.
L' une d' elle nous dit : " La pénétration me fait mal. Que faire ?
Faute de s' occuper de ses tâches régaliennes le gouvernement s' occupe, avec nos impôts, de la vie intime des femmes.

" La spécificité du totalitarisme consiste à viser la domination totale, notamment sur la vie intime des gens. "
( inspiré de Hannah Arendt ).

L' affiche :

https://sun6-22.userapi.com/impg/jDzIUg ... type=album

La campagne :

https://www.santepubliquefrance.fr/dete ... lle/outils

par MB » lun. 02 avr. 2007, 1:05

Bonsoir Savinien !

Je crois finalement que le grand problème du terme même de "totalitarisme" est son origine. Le monde communiste, à mon sens, correspond mieux pour le décrire, et pourtant nous l'associons souvent avec une plus grande facilité au monde nazi ou fasciste au sens le plus large.

C'est que ce terme a été créé par les mussoliniens, qui s'en sont revendiqués ouvertement. Il leur a servi de programme, alors que la réalité de la dictature du Duce était assez éloignée de ce qu'il signifiait. La réalité ainsi décrite leur a échappé, et d'autres ont su, mieux que les fascistes italiens, lui insuffler une sorte de vie ; mais la connotation fasciste lui est restée.

Ce que vous me répondez sur les idéologues me fait énormément plaisir, et si cela ne vous embête pas, j'ai fait une fiche de lecture dans le salon consacré à cet effet, à un petit essai nommé le Perdant radical. Je vous invite à la lire (et mieux, à lire le livre) ; le petit opuscule, qui parle plutôt des fanatiques islamistes, m'a énormément inspiré dans ma façon de voir les idéologues de gauche dure.

Fraternellement
MB

par Savinien » dim. 01 avr. 2007, 23:05

Mon cher MB, ravi de ce complément d'information, me voilà rassurez !

Je disais stalinisme car votre texte me semblait être la description de la vie d'un soviétique des années vingt-trentes. J'ai donc parlé de stalinisme mais en aucun cas je ne cherchais à minimiser les autres régimes de la même idéologie.

Cependant, attendre 1942 pour qualifier l'état nazi de totalitaire me semble faire peu de cas de ce qui précéda, en 1942, l'état nazi adopte une réelle économie de guerre mais le totalitarisme est déjà en place.

Pour le fascisme, oui, un état totalitaire ne se caractérise pas seulement pas le meurtre.
Cela me fait penser à une de mes thèses favorites, c'est que l'idéologie communiste, qu'on exonère souvent de ses horreurs pratiques en invoquant son "noble idéal", est dès sa racine totalement orientée vers la suppression de toute liberté : il ne s'agit pas de libérer le peuple ou de faire en sorte qu'il se porte mieux ; il s'agit au contraire de faire en sorte qu'il soit totalement dépendant du pouvoir, qu'il soit comme une pâte malléable au gré du politique.
Thèse que vous n'êtes pas le seul à partager, heureusement !
les idéologues communistes ne recherchent qu'une seule chose, c'est la justification de l'envie d'un pouvoir démesuré et de leur rage de ne pas pouvoir plier le monde à leur volonté. Dans tous les pays communistes, cela a fini comme ça : il semble que j'aie raison...
Attention car il y a idéologues et idéologues. Si Trosky, Lénine et consort on vérifié votre hypothèse, Marx, Engels Luxembourg non !
PS : au fait, je vous rejoins dans votre réponse à Chrome.
Cette diffamation bête et stupide m'énerve au plus au point, reprocher cela aux cathos est une véritable insulte à l'intelligence.

par MB » dim. 01 avr. 2007, 20:42

Savinien a écrit : MB, votre critique se rapporte au totalitarisme stalinien mais le totalitarisme hitlérien ne rentre pas du tout dans ce schémas. Vous êtes également par moment fort caricatural en faisant de cas particuliers, des généralités. Je vous rappelle que la situation évolua depuis la "révolution" d'Octobre.
Bonsoir !

Je comprends ce que vous voulez dire, mais il me semble que votre analyse est biaisée.

- Peut-être vais-je vous scandaliser, mais il me semble que le totalitarisme hitlérien ne me paraît pas parfaitement représentatif de ce type de régime. Pour quelques raisons très simples :
1° d'une part, il a duré peu de temps (le régime dure 12 ans, dont 6 de guerre, et on s'accorde généralement à parler d'un Etat vraiment dur à partir de 1942, "l'Etat SS"), ce qui n'est pas suffisant pour faire de la théorie.

2° par ailleurs, la propriété privée n'est pas abolie, et dans bien des domaines, le droit existe encore (un exemple caricatural : l'historien G. Mosse a pu fuir, quoique Juif, même après les lois supprimant définitivement la possibilité de l'exil pour les Juifs. Pourquoi ? Parce que les douaniers n'étaient pas tenus de la respecter, les décrets d'application n'étant pas encore sortis...).

3° D'autre part, là où les mécanismes totalitaires ont joué à plein, c'est dans des lieux plus que dans d'autres : H. Arendt définit les camps d'extermination comme le lieu même de l'Etat nazi, celui où le totalitarisme se réalise tel quel. Toute l'Allemagne n'était pas un camp d''extermination. Sans aller jusque là, la vie était plus difficile pour certaines nations que pour d'autres : les pays slaves ont vécu une terreur absolue ; les Allemands, moins (pour la simple raison que beaucoup d'entre eux n'étaient pas foncièrement en désaccord avec le régime) ; les Danois occupés ont été si peu maltraités qu'ils ont pu protéger les Juifs de leur pays, et qu'ils ont même organisé des élections libres.
4° Enfin, une raison toute bête : à supposer que l'Etat nazi soit vraiment totalitaire, il semble qu'il ait atteint un degré que bien peu de dictatures "de droite" ont pu obtenir. Je crois même que c'est le seul (une cinquantaine de meurtres politiques sous les 20 ans de Mussolini : appeler cela un Etat totalitaire, ça me fait bien rigoler). En revanche, à côté de cela, tous les Etats dirigés par des communistes ont connu la terreur, le massacre de masse, le mensonge, les camps de concentration, à un moment ou à un autre (dans les pays d'Europe de l'Est, de l'arrivée de l'Armée rouge à 1956, avec des variations nationales après). On réduit souvent cela à un moment "stalinien" - or Staline n'a rien inventé, la Russie d'octobre n'est vraiment pas un endroit où il fait bon vivre (la "terreur" revient sans cesse dans les plaintes des mutins de Cronstadt, quelques mois après la prise du pouvoir par les bolcheviques). Bref, un Etat totalitaire de droite, contre une quinzaine au moins de communistes : la différence de compte est telle qu'il me paraît logique de s'inspirer prioritairement des dictatures de gauche, staliniennes ou pas, pour dire ce que c'est que le totalitarisme. D'autant qu'un grand nombre des procédures mises en place par les nazis ont été inspirées du travail en commun mené entre 1939 et 1941 avec les Soviétiques (pour monter les camps d'extermination, les nazis ont obtenu plein d'indications techniques des maîtres du goulag).
Et quand j'y pense, le degré d'enrégimentement atteint dans les dictatures communistes d'Asie est encore plus cauchemardesque (Cambodge, Chine de la Révolution culturelle, et de toutes les périodes d'ailleurs).

- J'ajouterai encore une chose : vous avez raison en disant que le "stalinisme" tel que je vous l'ai décrit n'est pas l'ensemble de ce qu'ont vécu les habitants des dictatures communistes. Mais je vous garantis (témoignage de mes parents et de leurs proches à l'appui) que même vécue dans un cadre mettant de côté la terreur, même vécue dans un dénûment moins grand, la vie sous le communisme est tout entière canalisée et orientée de façon à rétrécir au maximum le cerveau des administrés. La laideur omniprésente, la pénurie, le mensonge, les menaces de la vie courante, la surveillance généralisée, la difficulté à se cultiver en dehors des canaux officiels, le cantonnement maximal de la vie religieuse, les choses autour de vous dont aucune ne fonctionne, la dépendance permanente à l'égard d'un petit chef par ci - par là (il y en avait beaucoup, je vous assure), tout cela est fait pour vous abrutir. D'ailleurs, même en période d'accalmie, les gens savaient que la terreur pouvait revenir du jour au lendemain, puisque tout dépendait des caprices de la direction politique. Lisez les Essais politiques de Vaclav Havel (c'est en Points essais, je crois), ils vont apporteront beaucoup de renseignements.

Je pense donc que lorsque vous me reprochez de faire une généralité d'un cas particulier, vous avez tort. La terreur que vous appelez stalinienne me paraît au contraire représentative de ce qu'est vraiment la nature du totalitarisme. Cela me fait penser à une de mes thèses favorites, c'est que l'idéologie communiste, qu'on exonère souvent de ses horreurs pratiques en invoquant son "noble idéal", est dès sa racine totalement orientée vers la suppression de toute liberté : il ne s'agit pas de libérer le peuple ou de faire en sorte qu'il se porte mieux ; il s'agit au contraire de faire en sorte qu'il soit totalement dépendant du pouvoir, qu'il soit comme une pâte malléable au gré du politique. C'est une thèse à creuser, mais je pense que, fondamentalement, les idéologues communistes ne recherchent qu'une seule chose, c'est la justification de l'envie d'un pouvoir démesuré et de leur rage de ne pas pouvoir plier le monde à leur volonté. Dans tous les pays communistes, cela a fini comme ça : il semble que j'aie raison...

Bien à vous
MB

PS : au fait, je vous rejoins dans votre réponse à Chrome.

par Savinien » sam. 31 mars 2007, 13:08

Je me permets quelques petites préçisions concerant les allégations absurdes de Chrome.
Une simple réflexion les met à bat . Le pape n'ayant jamais oublié le pendant de l'interdiction de la contraception, à savoir la chasteté (qui n'est pas l'abstinence). Donc, si un africain voudrait respecter la doctrine, il se devrait, non seulement de ne pas utiliser de moyens contraceptifs mais également d'être chaste. Ce serait un non sens, un paradoxe énorme au vu de la doctrine que de respecter l'un sans l'autre.
Evidemment me direz vous, la critique anti catho se distingue souvent par une ignorance grasse et un obscurantisme des plus affirmés.
-Il est ausi une chose fort étonnante ; les personnes beuglant au génoçide n'ont jamais mis les pieds en Afrique, n'ont jamais été impliquées dans des oeuvres caritatives travaillant là-bas.
En quoi donc font'ils autorité ?
-Je rappelle également que l'Eglise catholique n'est présente que dans l'Afrique noir de l'Ouest alors que c'est l'Afrique du Sud la plus touchée ...
- Je rajouterai également le racisme sous-entendu de ces affirmations : les noirs seraient incapable de contrôler leurs pulsions sexuelles, d'être fidèle etc ... On appréçiera.
Et doivent-ils aller les acheter dans des distributeurs au Cora du coin ? Vous n'avez manifestement pas songé aux problèmes d'approvisionnement.
N'exagérons rien, de nombreuses campagnes d'information et de distributions ont lieu.

MB, votre critique se rapporte au totalitarisme stalinien mais le totalitarisme hitlérien ne rentre pas du tout dans ce schémas. Vous êtes également par moment fort caricatural en faisant de cas particuliers, des généralités. Je vous rappelle que la situation évolua depuis la "révolution" d'Octobre.

par MB » ven. 30 mars 2007, 0:02

Avé

Pour saisir un peu mieux ce que peut être le totalitarisme, il faut voir les gens qui le subissent dans leur vie concrète. Imaginons ainsi un Soviétique moyen à la grande époque...

- Il vit dans un appartement communautaire avec sa famille (quand il a la chance de ne pas se trouver dans un bidonville accolé à son usine), c'est-à-dire qu'il partage avec, mettons, 3 personnes, une seule pièce. Les autres pièces de l'appartement sont occupées, chacune, par une autre famille. Il y a été installé d'office, par des canaux administratifs. Il faut supporter la promiscuité, le bruit (et les gens peu fiables étaient souvent couplés à des familles de ploucs alcooliques, histoire de les rendre fous), l'impossibilité de se retirer ne serait-ce que 5 secondes dans un coin isolé. Ajoutez à cela l'ambiance de surveillance généralisée, puisque chaque famille épie l'autre. Inutile de préciser l'inconfort total, l'absence de meubles, etc.

- Il part au travail. Comme c'est l'administration qui l'a fait habiter là où il se trouve, son domicile se trouve à une éternité de son usine ou de son bureau. Mais il a intérêt à ne pas arriver en retard, cela montrerait sa fainéantise petite-bourgeoise (avec les risques que cela suppose...).

- Quand il est au travail, il est soumis au stakhanovisme, c'est-à-dire aux cadences infernales (faire travailler les gens sans arrêt, au-delà de l'épuisement complet, tout cela au nom de l'idéologie : un méchant patron style Dickens n'en aurait même pas rêvé), pour des travaux souvent inutiles (on produit de l'acier de très mauvaise qualité, inutilisable). Naturellement, là aussi, il est soumis à la surveillance généralisée, un contremaître étant toujours là pour vérifier si quelqu'un, un peu fatigué, ne prépare pas un "sabotage contre-révolutionnaire" (d'autant que le contremaître lui-même est surveillé par un commissaire politique, qui lui-même, et ainsi de suite) Revenu chez lui, il est totalement abruti.

- Il veut se distraire. Aller au café ? Il n'y en a pas, ou si peu, ou si chers (les consommations de ce type peuvent coûter très cher dans l'échelle du pouvoir d'achat prolétarien). Aller au cinéma ? Pour voir des films de propagande (du type : le creusement d'un grand canal en Asie centrale, c'est-à-dire, en mots voilés que tout le monde comprend, le massacre de 10 000 travailleurs forcés), ou des films racontant les exploits du kolkhozien moderne. Lire le journal ? bien tiens ! On va parler du rapport du dernier cacique local se félicitant de la démocratisation rapide de son district (traduire : la déportation ou l'exécution de plusieurs milliers de paysans dits riches, avec les familles). Ecouter la radio ? Il aura droit à la dernière symphonie du compositeur en vogue (poème symphonique : "L'usine d'étain", je n'invente rien). Il veut se cultiver, avoir droit à sa part de beauté... facile. Il n'a qu'à voir autour de lui (un splendide urbanisme socialiste, avec des flaques de pollution partout), ou à aller à l'institution culturelle locale qui lui montrera une très belle collection de toiles lui présentant "L'entente entre les ouvriers", "L'essai du nouveau tracteur", "Examen au Konsomol", "Conversation entre Staline et deux kolkhoziens"... Il vaut mieux qu'il manifeste son approbation, mais tout le monde aura compris qu'elle est automatique.
Ou encore : il veut lire... excellente idée. Déjà que dans l'unique librairie à disposition, les livres sont extrêmement chers (pas à sa portée en fait), ils parlent des sujets terriblement intéressants que tout le monde devine : par exemple une biographie de Kirov (qu'on vient d'assassiner, mais il sait bien qu'en fait, ce sont des salauds de contre-révolutionnaires qui ont fait ça) ou l'incontournable, l'analyse des écrits d'Engels par le camarade secrétaire général. Bon, il peut se rattraper dans la bibliothèque, où parfois même, il peut avoir accès à de la littérature classique. Allez, oui, il s'entend bien avec le bibliothécaire, ça peut s'arranger : il emprunte un Dostoïevski, mais avec 5 volumes de la correspondance de Lénine, histoire de ne pas éveiller les soupçons. Il saura d'ailleurs en dire beaucoup de bien en les rendant. De toute façons, les gens intéressants, cultivés, agréables, fins, ont été soigneusement éliminés en purges successives ; donc s'il a des choses un peu olé-olé à dire, il trouvera peu de monde pour l'écouter.

- Il veut manger. Problème ; y a pas grand-chose. Bobonne vient de revenir, Dieu merci (pardon ! Marx merci), avec une ou deux merveilles recueillies après 3heures de file d'attente, sous la surveillance attentive des autres commères (ces temps-ci, ça allait plus vite que d'habitude, et on a eu de la chance, ils avaient du vinaigre). Pourtant, d'habitude, il connaissait quelqu'un qui leur rapportait des poireaux pris en cachette au sovkhoze - mais bizarrement, il n'est pas venu ce jour-là. Mais quand même, comme il est privilégié, la cantine de l'usine lui fournit tout le nécessaire chaque jour (d'ailleurs, c'est la même chose tous les jours).

- Le petit est malade. On a de la chance : il y a un médecin. On a même dit qu'il y avait une ambulance dans la ville, c'était dit aux actus ! Sauf que le téléphone du district ne marche pas (et de toute façon, l'ambulance n'a plus d'essence). On finit quand même par trouver le médecin. Mais il est salarié par l'Etat lui aussi, et il touche une paye de misère (lui ne construit pas le socialisme, et avec les médecins, on ne sait jamais, ça devient des bourgeois) : comme on fait la queue devant chez lui, il prendra ceux qui payent un bakchich...

- Un grand jour est arrivé ! Le secrétaire local du Parti est venu visiter son usine. Il se tient là, heureux d'être honoré. Superbe discours du secrétaire (quelques heures requérant une attention de tous les instants), on ne peut manquer d'applaudir. Sauf qu'il faut savoir quand il faut applaudir, de quelle manière (se lever ou pas ? ), et surtout quand ne pas le faire. Si on s'y prend mal, ce sera noté...(même chose, d'ailleurs, dans les cours de marxisme : faire les bonnes remarques au bon moment, c'est-à-dire quand il faut absolument parler... savoir se taire, mais aussi savoir prendre le bons gestes, les bonnes attitudes... ça se saura si on s'y prend mal, et on risque plus qu'un simple blâme).

- Sinon, il a quand même besoin de réconfort spirituel. Bon, c'est vrai que c'est mal vu, mais comme chacun sait, la liberté de culte est garantie en URSS (le "prosélytisme" est interdit, lui). Il connaît le pope du coin, il va se confier à lui... mais pas trop : pour que le pope ait sa place à peu près tolérée par le Parti local, il faut qu'il donne des conseils de marxisme chrétien à ses fidèles, qu'il est d'ailleurs tacitement encouragé à dénoncer.

- Le tout dans une ambiance permanente de mensonge, de double ou de triple langage, que tout le monde sait (à commencer par les dirigeants qui parlent quotidiennement de cette manière), mais que personne n'oserait jamais remarquer, évidemment. Ou au contraire, en silences, en regards, en petits détails qui comptent (par exemple : qu'est-ce qui différencie une famille bien née d'une autre ? réponse simple : les enfants de ce milieu ne claquent pas la porte - dans les apparts communautaires, elles n'ont pas de montants en caoutchouc et font du bruit...). Et, bien sûr, dans une atmosphère de terreur, toujours tue, sourde, mais bien réelle. En fait aussi, on pouvait s'arranger, mais il fallait compter avec les milliers de gens qui avaient du pouvoir sur vous (imaginez un guichetier de préfecture française s'adressant à un étranger, mais avec un pouvoir bien plus fort)...

Bref, dans ces conditions, on devient totalement fou. Tous les détails de la vie sont soigneusement réglés pour abrutir au maximum les masses ; tout a été prévu. Le pouvoir fait désormais ce qu'il veut de la société. C'est pourquoi, quand on voit les Russes ou les Chinois d'aujourd'hui, on a le droit d'être dégoûté par leur comportement, mais il faut se souvenir qu'ils ont des excuses, eux-mêmes et leurs aïeux ont été complètement décérébrés...

A bientôt
MB

par Charles » jeu. 29 mars 2007, 0:51

Magnifique illustration de la définition que donne Hannah Arendt du mouvement totalitaire :

"...les organisations de sympathisants, les diverses associations professionnelles, les membres du parti, la bureaucratie du parti, les formations d'élite et de police, sont reliées de telle manière que chacune constitue la façade dans une direction, et le centre dans l'autre, autrement dit joue le rôle du monde extérieur normal pour une strate, et le rôle de l'extrémisme radical pour l'autre. Le grand avantage de ce système est que le mouvement fournit à chacune de ses couches, même dans le cadre d'un régime totalitaire, la fiction d'un monde normal en même temps que la conscience d'être différente de ce monde, et plus radicale que lui." (La crise de la culture, Folio, p 132)

:arrow: http://www.youtube.com/watch?v=P8BnpozN5us

à 02:22, les SS tournés alternativement vers le centre et vers l'extérieur...

par Hélène » mar. 21 juin 2005, 22:36

Ravi de rencontrer sur ce forum un autre membre laïc de la Famille de Saint Joseph, je vais participer avec ma femme et nos deux derniers à notre première retraite des familles cet été à Mont Luzin. :)
J'imagine que ce ne doit pas être facile de garder le lien avec le monastère depuis le Québec... il me semble avoir lu de vos nouvelles dans le dernier " Trait d'Union..."
In Christo, en vous souhaitant la bienvenue sur ce forum intelligent,
Très cordialement.
Ah ben, ça, c'est génial ! On y fait des rencontres extraordinaires sur ce forum ! On se verra peut-être à Mont Luzin alors parce que nous espérons nous y rendre si le Seigneur le permet (bien sûr qu'Il le permet, il est BON mais ce sont les moyens financiers qui pourraient nous arrêter: une famille de 4 en avion, c'est pas donné et les billets sont à des prix exhorbitants. Nous espérons trouver des billets de dernière minute, c'est ce que j'ai fait les fois précédentes et, saint Joseph, m'a flanqué en Première Classe les deux fois que je suis revenue en sol canadien ! ;-) ... par ailleurs, nous savons que saint Joseph veille à ce genre de détails futiles :) alors, pas trop d'inquiétudes et avec l'aide de votre prière, on devrait pouvoir s'y rendre...les passeports sont prêts !

Oui, je trouve Montréal très loin de Mont Luzin...malgré que la distance n'existe pas dans l'Esprit Saint !
NB : milles excuses au modérateur, je me suis éloigné du fil, mais ça me fait tellement plaisir de rencontrer un autre membre de notre communauté !

Oui excusez-nous nos écarts de conduite ! On est comme deux frères et soeurs qui se rencontrent et qui sont tout joyeux !! On aurait pu faire cela dans le privée mais je crois que c'est trop beau pour cacher cette rencontre sous le boisseau !

par zefdebruz » mar. 21 juin 2005, 22:23

Hélène Bourgeois a écrit :Surtout que ces fameux préservatifs que les pays occidentaux voulaient expédier par avions (un peu comme on laisse tomber des poches de riz - sans eau c'est utile ! :eat: - dans le désert d'Éthiopie...ça donne bonne conscience et ça fait vite, pas besoin de se donner la peine d'aller à eux, proches, de les toucher, de les soigner...de les aimer et de les éduquer comme mère Teresa touchait aux lépreux, les soignait et les aimait...) sont plus que douteux.

Je vous propose un fil de discussion au sujet de ces préservatifs...qui "sauvent" :hang: des vies... (il y a 2 pages de discussion). Les statistiques en matière d'aide de la part de l'Église et d'organismes catholiques sont intéressantes...mais bien sûr, elles ne font pas les manchettes.

http://www.fsjinfo.net/forums/viewtopic ... if&start=0
Ravi de rencontrer sur ce forum un autre membre laïc de la Famille de Saint Joseph, je vais participer avec ma femme et nos deux derniers à notre première retraite des familles cet été à Mont Luzin. :)
J'imagine que ce ne doit pas être facile de garder le lien avec le monastère depuis le Québec... il me semble avoir lu de vos nouvelles dans le dernier " Trait d'Union..."
In Christo, en vous souhaitant la bienvenue sur ce forum intelligent,
Très cordialement.
NB : milles excuses au modérateur, je me suis éloigné du fil, mais ça me fait tellement plaisir de rencontrer un autre membre de notre communauté !

par Hélène » mar. 21 juin 2005, 20:52

Surtout que ces fameux préservatifs que les pays occidentaux voulaient expédier par avions (un peu comme on laisse tomber des poches de riz - sans eau c'est utile ! :eat: - dans le désert d'Éthiopie...ça donne bonne conscience et ça fait vite, pas besoin de se donner la peine d'aller à eux, proches, de les toucher, de les soigner...de les aimer et de les éduquer comme mère Teresa touchait aux lépreux, les soignait et les aimait...) sont plus que douteux.

Je vous propose un fil de discussion au sujet de ces préservatifs...qui "sauvent" :hang: des vies... (il y a 2 pages de discussion). Les statistiques en matière d'aide de la part de l'Église et d'organismes catholiques sont intéressantes...mais bien sûr, elles ne font pas les manchettes.

http://www.fsjinfo.net/forums/viewtopic ... if&start=0

Les prix et l'approvisionnement des préservatifs

par Christophe » mar. 21 juin 2005, 20:22

Welcome Chrome...
chrome a écrit :autre detail amusant prenons les decisions relatives au preservatif, ne pensez vous pas que JP2 ait comdamné les 4 prochaine generations africaine a crever du sida pour la gloire de Dieu :lol:
[align=justify]Parce que vous pensez sérieusement - regardez moi dans les yeux sans rougir - que les africains ont les moyens de s'acheter des préservatifs ? :-x Eux qui n'ont déjà pas de quoi se nourrir, se loger ou se vêtir !!! Le prix des préservatifs est prohibitif pour l'africain moyen.

Et doivent-ils aller les acheter dans des distributeurs au Cora du coin ? Vous n'avez manifestement pas songé aux problèmes d'approvisionnement.

Ce sont bien plutôt ceux qui ne proposent que cette solution qui sont des criminels ! L'abstinence et la fidélité sont les seules protections gratuites - c'est-à-dire à la portée de tous les africains - efficace, facile d'accès et d'emploi...
:lol:

Cordialement
Christophe[/align]

par Hélène » mar. 21 juin 2005, 17:40

Bonjour VexillumRegis !

Il me semble que nous nous suivons de forums en forums... :) et c'est une grande joie et un honneur pour moi de me retrouver parmi vous ! Il se peut que la phrase soit de Voltaire... c'est le père Joseph-Marie Verlinde qui avait cité Lénine. Mais peut-être avez-vous raison. Peut-être que Lénine avait répété les paroles assassines de Voltaire ou alors, le même esprit les animait ?... :-x
Je profite de cette petite précision pour saluer la qualité de vos contributions sur le forum !
Je rougis de timidité :oops: . Je vous remercie pour vos bons mots et je vous renvoie la réciproque... ce n'est, à vrai dire, rien que je n'aie reçu... ;-)

par VexillumRegis » mar. 21 juin 2005, 17:30

[align=justify]Bonjour Hélène,
Hélène Bourgeois a écrit :..."Mentez ! Mentez ! disait Lénine (à propos de l'Église), il en restera toujours quelque chose !"
Il me semble (mais je peux me tromper !) que c'est Voltaire qui est l'auteur de ce mot mémorable. Mais après tout Lénine a bien pu le plagier !

Je profite de cette petite précision pour saluer la qualité de vos contributions sur le forum !

- VR - [/align]

par wanderer » mar. 21 juin 2005, 17:23

L'Église catholique reconnaît un fait: les seuls moyens moraux de lutter contre le VIH sont la chasteté avant le mariage et la fidélité. Force est d'ailleurs de reconnaître que les pays africains qui ont développé des campagnes de prévention reposant sur ces principes - y compris des pays musulmans comme le Mali – ont obtenu d'excellents résultats. Maintenant ceux qui ne sont pas tenus par l'enseignement de l'Église peuvent toujours se risquer - car en Afrique il s'agit bien d'un risque tant les conditions hygiéniques sont parfois déplorables - à se servir du préservatif, ils auront alors bien plus de chances d'attraper le VIH que ceux qui suivent les recommandations de l'Église. Un préservatif bien mis et en parfait état - deux conditions difficiles à réunir en Afrique - protège à 97% du VIH alors que la chasteté avant le mariage et la fidélité protègent à 100%.
Je suis bien sûr d'accord avec toi. La morale sexuelle de l'Eglise est de loin le meilleur moyen de se protéger du sida, mais il y a un cas où j'ignore ce que l'Eglise enseigne et qui est important pour moi. Imaginons un enfant qui serait porteur du sida par sa mère, ou encore un pauvre homme contaminé par une transfusion. Il faut bien admettre que c'est une situation terrible, mais que faire dans ce cas où, de toute façon, l'acte d'amour est à la fois ouvert sur la vie et sur la mort. Dans l'absolu, je pense qu'il faut s'abstenir, mais je sais aussi qu'il faut être réaliste et que peu d'hommes en sont capables. Que dit l'Eglise dans ce cas de figure précis des gens contaminés sans avoir eu de rapport sexuel et qui se marient en étant encore vierges?

Wanderer

:)

par Hélène » mar. 21 juin 2005, 17:23

Bonjour Chrome et bienvenue sur ce forum,

J'ai le malheur de vous dire que vos propos sont les mêmes clichés véhiculés dans les médias avec la complicité des détracteurs de l'Église (tenants du Nouvel Âge, loges maçonniques, sectes et autres mouvements de religiosités à la carte, bouquins de type Da Vinci Code, etc.) qui n'ont qu'une seule ambition : détruire l'Église du Christ. Je rêve du jour où nos contemporains cesseront de croire que la vérité se trouve dans les médias, spécialement la télé et l'internet...quoi qu'il y a aussi du bon) mais que la police des idées (forme de totalitarisme) avec pour chef, le prince de ce monde :twisted: a bien réussi à monter et à endoctriner notre monde contre l'Église et les chrétiens.

Pour ce qui est de Hitler, faites-moi le plaisir (et faites vous aussi plaisir) de vérifier vos sources. Hitler a gazé non seulement des juifs mais aussi des prêtres, des religieux et des homosexuels. Il est connu qu'il était un fervent amateur d'ésotérisme et un disciple indéniable des maîtres du soupçon tels que Nietzsche...sa haine contre l'Église catholique est documentée. Allez vérifier..."Mentez ! Mentez ! disait Lénine (à propos de l'Église), il en restera toujours quelque chose !"

En ce qui concerne que Jean Paul II sera blâmé pour crime contre l'humanité dans 200 ans...je crains que ce moment soit hélas déjà là ! :-( Bien sûr que c'est la faute de l'Église la propagation du sida ! Cela n'a rien à voir avec la responsabilité personnelle de tout un chacun n'est-ce pas ? Ni dans l'éducation à une vie saine et digne ni de la responsabilité des riches pays occidentaux... La propagation n'a rien à voir avec les vies déréglées dans le libertinage...c'est la faute de l'Église...parfait bouc émissaire pour nous délivrer de nos crimes et nous déculpabiliser de nos comportements dévoyés. (Pour ceux qui ne me connaissent pas, vous aurez compris l'ironie de ce dernier paragraphe j'espère...)

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