par Jean-Mic » jeu. 08 mars 2012, 13:32
En deux mots, l'Evangile de Judas (avec un "s" à la fin, ça change pas mal de chose) est un écrit tardif, né dans une communauté dissidente. Et, comme vous le dites, St Irénée refuse (de l'avis général, à juste titre) de le reconnaître comme un texte inspiré, considérant qu'il n'est pas conforme à l'annonce du Christ.
Sur le fond, je vous renvoie aux liens proposés par Raistlin. Rien à ajouter.
Si vous cherchez des lectures issus d'autres textes apocryphes, c'est à dire qui n'ont pas été reconnus par l'Eglise, vous trouverez plusieurs éditions : de la superbe collection de la Pléiade (comptez environ 100 € pour les deux volumes) à l'édition abrégée et commentée en format de poche chez Seuil, coll. Points (je suppose qu'elle est toujours éditée, sinon en occasion, comptez 7 à 10 €).
La plupart (je parle de ceux réunis dans ces deux éditions) ne sont pas à proprement parler contraires à la doctrine évangélique, mais le recours fréquent au merveilleux et au surnaturel (les détails, plutôt crus, de la vérification de la virginité par une des sage-femmes, ...) font qu'on a parfois l'impression d'une surenchère malhabile et exagérée. En effet, si par définition, ils n'ont pas été reconnus comme
canoniques, c'est à dire comme des Articles de la Foi chrétienne, certains ont été tolérés, tandis que d'autres étaient explicitement utilisés et commentés par les Pères de l'Eglise et, en tout cas, largement diffusés chez les chrétiens.
L'intérêt religieux et spirituel des différents écrits est très variable, d'où l'intérêt d'une édition commentée. Les Pères de l'Eglise ont fait le tri, et certains écrits apocryphes, bien que jamais réunis au Nouveau Testament, sont à la base d'éléments de la Doctrine chrétienne (parmi les plus significatifs : la Dormition et l'Assomption de la Vierge).
En revanche, l'intérêt historique et surtout artistique de certains est capital. Il réside dans le fait qu'ils ont largement inspiré les cultes et dévotions populaires, et l'iconographie. Ils ont donc une place imminente dans l'histoire de l'art. Un seul exemple pour bien comprendre, sans doute le plus connu : là où l'Evangile de Saint Matthieu parle de mages venus d'Orient, les apocryphes précisent (prétendent ?) qu'ils étaient trois, rois, venant de trois parties différentes du monde (connu) et donnent même leur nom.
De la même manière; les apocryphes apportent une foule de détails sur la naissance et l'enfance de Jésus, sur sa mort et sa résurrection (les gardes au tombeau, la descente au séjour des morts, ...), et encore plus sur la vie de la Vierge (de sa conception par le chaste baiser d'Anne et Joachim devant la Porte Dorée, jusqu'à la Dormition), sur la vie et le martyre des apôtres, etc. bien au-delà de ce que disent les (quatre) Evangiles (canoniques).
C'est une présentation, qui paraîtra bien simpliste à certains, et bien trop longue à d'autres. Veuillez m'en excuser. Mais si elle donnent des idées de lecture à un seul ou une seule, tant mieux ! (dans une édition commentée de préférence, je le redis).
Bonne lecture,
Fraternellement
Jean-Mic
En deux mots, l'Evangile de Judas (avec un "s" à la fin, ça change pas mal de chose) est un écrit tardif, né dans une communauté dissidente. Et, comme vous le dites, St Irénée refuse (de l'avis général, à juste titre) de le reconnaître comme un texte inspiré, considérant qu'il n'est pas conforme à l'annonce du Christ.
Sur le fond, je vous renvoie aux liens proposés par Raistlin. Rien à ajouter.
Si vous cherchez des lectures issus d'autres textes apocryphes, c'est à dire qui n'ont pas été reconnus par l'Eglise, vous trouverez plusieurs éditions : de la superbe collection de la Pléiade (comptez environ 100 € pour les deux volumes) à l'édition abrégée et commentée en format de poche chez Seuil, coll. Points (je suppose qu'elle est toujours éditée, sinon en occasion, comptez 7 à 10 €).
La plupart (je parle de ceux réunis dans ces deux éditions) ne sont pas à proprement parler contraires à la doctrine évangélique, mais le recours fréquent au merveilleux et au surnaturel (les détails, plutôt crus, de la vérification de la virginité par une des sage-femmes, ...) font qu'on a parfois l'impression d'une surenchère malhabile et exagérée. En effet, si par définition, ils n'ont pas été reconnus comme [i]canoniques[/i], c'est à dire comme des Articles de la Foi chrétienne, certains ont été tolérés, tandis que d'autres étaient explicitement utilisés et commentés par les Pères de l'Eglise et, en tout cas, largement diffusés chez les chrétiens.
[b]L'intérêt religieux et spirituel des différents écrits est très variable, [u]d'où l'intérêt d'une édition commentée[/u][/b]. Les Pères de l'Eglise ont fait le tri, et certains écrits apocryphes, bien que jamais réunis au Nouveau Testament, sont à la base d'éléments de la Doctrine chrétienne (parmi les plus significatifs : la Dormition et l'Assomption de la Vierge).
[b]En revanche, l'intérêt historique et surtout artistique de certains est capital[/b]. Il réside dans le fait qu'ils ont largement inspiré les cultes et dévotions populaires, et l'iconographie. Ils ont donc une place imminente dans l'histoire de l'art. Un seul exemple pour bien comprendre, sans doute le plus connu : là où l'Evangile de Saint Matthieu parle de mages venus d'Orient, les apocryphes précisent (prétendent ?) qu'ils étaient trois, rois, venant de trois parties différentes du monde (connu) et donnent même leur nom.
De la même manière; les apocryphes apportent une foule de détails sur la naissance et l'enfance de Jésus, sur sa mort et sa résurrection (les gardes au tombeau, la descente au séjour des morts, ...), et encore plus sur la vie de la Vierge (de sa conception par le chaste baiser d'Anne et Joachim devant la Porte Dorée, jusqu'à la Dormition), sur la vie et le martyre des apôtres, etc. bien au-delà de ce que disent les (quatre) Evangiles (canoniques).
C'est une présentation, qui paraîtra bien simpliste à certains, et bien trop longue à d'autres. Veuillez m'en excuser. Mais si elle donnent des idées de lecture à un seul ou une seule, tant mieux ! (dans une édition commentée de préférence, je le redis).
Bonne lecture, :lecteur:
Fraternellement
Jean-Mic