par ami de la Miséricorde » sam. 12 janv. 2013, 7:36
Biographie
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Sermon de Saint Aelred de Rievaulx
CONFESSIONS
Et voilà, Seigneur que j'ai parcouru le monde et fait le tour des choses ; qu'y a-t-il, en effet, dans le monde sinon concupiscence des yeux, convoitise de la chair et orgueil de la vie ? Celui qui sait vos secrets ne nous l'a-t-il pas dit lui-même ? J'ai cherché en ces choses du repos pour mon âme inquiète, mais je n'ai trouvé partout que labeurs, peines et afflictions d'esprit. Pendant ce temps vous m'appeliez, Seigneur, vous criiez parce que je restais sourd ; vous m'avez alors frappé, terrassé et vous avez vaincu enfin mon entêtement. Vous m'avez adouci, assagi et attendri. Et à la fin, mais bien tard, j'ai entendu votre appel : « Venez à moi vous tous qui peinez et êtes accablés » Et j'ai dit : « Tendez la main, Seigneur, vers l'ouvrage de vos mains » (Job 14). Car j'étais là gisant dans mes souillures, empêtré, embourbé dans la fange, ployant sous le poids d'une habitude invétérée. Je me vis alors tel que j'étais et je vis où j'en étais arrivé.
Je me faisais peur, Seigneur, et je fuyais mon propre visage. Le sombre tableau de mon âme malheureuse m'épouvantait. Mais, si je ne pouvais plus me complaire en moi-même, c'était parce que vous commenciez à me plaire. Je voulais m'arracher à moi-même et fuir vers vous, mais je ne pouvais me libérer. « Ce qui me retenait, c'était ces misères de misères, ces vanités de vanités, mes anciennes amies » (S. AUGUSTIN, Conf., 8, 11). J'étais retenu dans les chaînes de ma mauvaise habitude, j'étais tenu par les liens du sang et surtout par la douceur d'une amitié qui m'était plus chère que la vie. Tout cela me plaisait, me charmait, mais vous l'avez emporté à la fin. J'ai vu qu'il n'y avait jamais de douceur qui ne fut mêlée de quelque amertume ; jamais de joie sans tristesse et que tout succès est suivi d'échecs. Le lien d'une tendre amitié est chose bien agréable, mais on craint sans cesse quelque offense et la séparation devra bien arriver un jour. Ces amitiés si douces en leur début, évoluent et finissent. J'ai vu que ces commencements n'étaient pas sans reproches, que dans la suite, survenaient des fautes et que leur issue certaine était la damnation. La mort entrevue me terrifiait, car pour une âme telle que la mienne, il devait y avoir un châtiment après la mort. Les gens qui me connaissaient, ignorant ce qui se passait en moi et jugeant d'après les apparences, allaient répétant, « Comme tout lui réussit, comme il est heureux ».
Ils ne savaient donc pas que l'absence de mon seul vrai bien me faisait mal. Ma plaie était large et me faisait souffrir. Elle me torturait et m'empoisonnait intérieurement. Si vous n'aviez pas tendu la main vers moi alors, Seigneur, je n'aurais pu me tolérer plus longtemps et peut-être aurais-je eu recours au pire remède qu'offre le désespoir. Mais je commençais à ce moment à entrevoir la joie qu'il y avait à vous aimer. Progressivement, car je manquais trop d'expérience, ou plutôt, à mesure que vous m'en donniez la grâce, je comprenais la solidité et la joie tranquille de votre amour.
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
Biographie
http://nominis.cef.fr/contenus/saint/414/Saint-Aelred.html
[b]Sermon de Saint Aelred de Rievaulx
CONFESSIONS [/b]
Et voilà, Seigneur que j'ai parcouru le monde et fait le tour des choses ; qu'y a-t-il, en effet, dans le monde sinon concupiscence des yeux, convoitise de la chair et orgueil de la vie ? Celui qui sait vos secrets ne nous l'a-t-il pas dit lui-même ? J'ai cherché en ces choses du repos pour mon âme inquiète, mais je n'ai trouvé partout que labeurs, peines et afflictions d'esprit. Pendant ce temps vous m'appeliez, Seigneur, vous criiez parce que je restais sourd ; vous m'avez alors frappé, terrassé et vous avez vaincu enfin mon entêtement. Vous m'avez adouci, assagi et attendri. Et à la fin, mais bien tard, j'ai entendu votre appel : « Venez à moi vous tous qui peinez et êtes accablés » Et j'ai dit : « Tendez la main, Seigneur, vers l'ouvrage de vos mains » (Job 14). Car j'étais là gisant dans mes souillures, empêtré, embourbé dans la fange, ployant sous le poids d'une habitude invétérée. Je me vis alors tel que j'étais et je vis où j'en étais arrivé.
Je me faisais peur, Seigneur, et je fuyais mon propre visage. Le sombre tableau de mon âme malheureuse m'épouvantait. Mais, si je ne pouvais plus me complaire en moi-même, c'était parce que vous commenciez à me plaire. Je voulais m'arracher à moi-même et fuir vers vous, mais je ne pouvais me libérer. « Ce qui me retenait, c'était ces misères de misères, ces vanités de vanités, mes anciennes amies » (S. AUGUSTIN, Conf., 8, 11). J'étais retenu dans les chaînes de ma mauvaise habitude, j'étais tenu par les liens du sang et surtout par la douceur d'une amitié qui m'était plus chère que la vie. Tout cela me plaisait, me charmait, mais vous l'avez emporté à la fin. J'ai vu qu'il n'y avait jamais de douceur qui ne fut mêlée de quelque amertume ; jamais de joie sans tristesse et que tout succès est suivi d'échecs. Le lien d'une tendre amitié est chose bien agréable, mais on craint sans cesse quelque offense et la séparation devra bien arriver un jour. Ces amitiés si douces en leur début, évoluent et finissent. J'ai vu que ces commencements n'étaient pas sans reproches, que dans la suite, survenaient des fautes et que leur issue certaine était la damnation. La mort entrevue me terrifiait, car pour une âme telle que la mienne, il devait y avoir un châtiment après la mort. Les gens qui me connaissaient, ignorant ce qui se passait en moi et jugeant d'après les apparences, allaient répétant, « Comme tout lui réussit, comme il est heureux ».
Ils ne savaient donc pas que l'absence de mon seul vrai bien me faisait mal. Ma plaie était large et me faisait souffrir. Elle me torturait et m'empoisonnait intérieurement. Si vous n'aviez pas tendu la main vers moi alors, Seigneur, je n'aurais pu me tolérer plus longtemps et peut-être aurais-je eu recours au pire remède qu'offre le désespoir. Mais je commençais à ce moment à entrevoir la joie qu'il y avait à vous aimer. Progressivement, car je manquais trop d'expérience, ou plutôt, à mesure que vous m'en donniez la grâce, je comprenais la solidité et la joie tranquille de votre amour.
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde