12 janvier Saint Aelred de Rievaulx

« Que le juste pratique encore la justice, et que le saint se sanctifie encore. » (Ap 22.11)
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12 janvier Saint Aelred de Rielvaulx

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Sermon de Saint Aelred de Rielvaulx dans l'octave de l'Epiphanie

[...] 4. Le commencement de la conversion, et comme le début d'une sorte de naissance spirituelle, pour devenir conforme au divin enfant de Bethléem, c'est de porter les livrées de la pauvreté, c'est de devenir comme un animal devant vous, Seigneur, afin de jouir des délices de votre présence. Mais parce qu'il est écrit : « Mon Fils, vous vous êtes mis au service de Dieu,» tenez ferme, « et préparez votre âme à la tentation (Eccl. II, 1). » Le Seigneur Jésus nous dérobe sa face momentanément, non pour se retirer, mais pour se voiler. C'est alors l'Égypte, alors les ténèbres, alors le trouble. Assis dans les ténèbres, et à l'ombre de la mort, tristement privés de la joie que nous avions goûtée, liés et enchaînés dans le fer, c'est-à-dire par la dureté de notre propre coeur, il faut que dans notre tribulation, nous criions vers le Seigneur et qu'il nous délivre de nos nécessités. Dissipant à la lumière de la consolation les obscurités de cette épreuve, et rompant par la grâce de la componction les chaînes de notre dureté intérieure, d'un visage plus serein, il nous précède à Nazareth, afin de nous faire goûter douze années de délices, nourris au milieu des fleurs, des Ecritures et des fruits des vertus. De même qu'en nous est conçu et naît le Seigneur Jésus, de même il croit et est nourri dans nos cœurs, jusqu'à ce que nous arrivions tous à l'âge de l'homme parfait et à la mesure de l'âge de plénitude du Christ (Eph. IV, 13). [...]

Source : abbaye-saint-benoit.ch

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Re: 12 janvier Saint Aelred de Rievaulx

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Biographie
http://nominis.cef.fr/contenus/saint/41 ... elred.html

Sermon de Saint Aelred de Rievaulx

CONFESSIONS


Et voilà, Seigneur que j'ai parcouru le monde et fait le tour des choses ; qu'y a-t-il, en effet, dans le monde sinon concupiscence des yeux, convoitise de la chair et orgueil de la vie ? Celui qui sait vos secrets ne nous l'a-t-il pas dit lui-même ? J'ai cherché en ces choses du repos pour mon âme inquiète, mais je n'ai trouvé partout que labeurs, peines et afflictions d'esprit. Pendant ce temps vous m'appeliez, Seigneur, vous criiez parce que je restais sourd ; vous m'avez alors frappé, terrassé et vous avez vaincu enfin mon entêtement. Vous m'avez adouci, assagi et attendri. Et à la fin, mais bien tard, j'ai entendu votre appel : « Venez à moi vous tous qui peinez et êtes accablés » Et j'ai dit : « Tendez la main, Seigneur, vers l'ouvrage de vos mains » (Job 14). Car j'étais là gisant dans mes souillures, empêtré, embourbé dans la fange, ployant sous le poids d'une habitude invétérée. Je me vis alors tel que j'étais et je vis où j'en étais arrivé.

Je me faisais peur, Seigneur, et je fuyais mon propre visage. Le sombre tableau de mon âme malheureuse m'épouvantait. Mais, si je ne pouvais plus me complaire en moi-même, c'était parce que vous commenciez à me plaire. Je voulais m'arracher à moi-même et fuir vers vous, mais je ne pouvais me libérer. « Ce qui me retenait, c'était ces misères de misères, ces vanités de vanités, mes anciennes amies » (S. AUGUSTIN, Conf., 8, 11). J'étais retenu dans les chaînes de ma mauvaise habitude, j'étais tenu par les liens du sang et surtout par la douceur d'une amitié qui m'était plus chère que la vie. Tout cela me plaisait, me charmait, mais vous l'avez emporté à la fin. J'ai vu qu'il n'y avait jamais de douceur qui ne fut mêlée de quelque amertume ; jamais de joie sans tristesse et que tout succès est suivi d'échecs. Le lien d'une tendre amitié est chose bien agréable, mais on craint sans cesse quelque offense et la séparation devra bien arriver un jour. Ces amitiés si douces en leur début, évoluent et finissent. J'ai vu que ces commencements n'étaient pas sans reproches, que dans la suite, survenaient des fautes et que leur issue certaine était la damnation. La mort entrevue me terrifiait, car pour une âme telle que la mienne, il devait y avoir un châtiment après la mort. Les gens qui me connaissaient, ignorant ce qui se passait en moi et jugeant d'après les apparences, allaient répétant, « Comme tout lui réussit, comme il est heureux ».

Ils ne savaient donc pas que l'absence de mon seul vrai bien me faisait mal. Ma plaie était large et me faisait souffrir. Elle me torturait et m'empoisonnait intérieurement. Si vous n'aviez pas tendu la main vers moi alors, Seigneur, je n'aurais pu me tolérer plus longtemps et peut-être aurais-je eu recours au pire remède qu'offre le désespoir. Mais je commençais à ce moment à entrevoir la joie qu'il y avait à vous aimer. Progressivement, car je manquais trop d'expérience, ou plutôt, à mesure que vous m'en donniez la grâce, je comprenais la solidité et la joie tranquille de votre amour.

Source : livres-mystiques.com

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