par Théo d'Or » lun. 14 juin 2010, 11:46
« Minuit.
Je suis allongée dans mon lit et attends le sommeil, fatiguée, mais celui-ci me fuit, comme à l’accoutumée. J’écoute un peu de musique pour adoucir cette attente et favoriser la détente avant l’entrée dans cette période étrange d’oubli récupérateur…
Soudain, alors que je n’ai pas bougé, les choses semblent avoir changé. Perturbée, j’essaye de déplacer un bras ou une jambe. Impossible, mon corps est totalement paralysé et je sais fort bien ce qui va m’arriver d’ici quelques secondes. Je suis toujours consciente, mais l’état de cette conscience s’est modifié. Je peux toujours décider de mes réactions face à l’évènement qui va suivre, mais je ne peux pas bouger, encore moins l’éviter. Il me sera imposé.
Un intense sifflement qui semble provenir de ma tête annonce LA présence. Ce qui semble être une entité à part entière se met à me pousser, me tirer, me secouer. Mon corps, que je ne peux bouger, semble ne répondre qu’aux stimulations de cette étrange présence. Face à ce qui ressemble à une agression, je sais que je n’ai que deux choix. Soit je me débats de toutes mes forces pour essayer d’arriver à récupérer mon état normal de conscience et à quitter l’expérience, soit j’accepte ce qui m’arrive. Dans le premier cas, je perds énormément d’énergie, d’autant que, souvent, je n’arrive à garder l’état d’éveil ordinaire que quelques secondes avant de retomber dans cet état de conscience parallèle. Parfois, je gagne un peu de temps en remuant un pied ou une jambe, voire en me mouchant ou en buvant un verre d’eau. Mais inévitablement, dès que mon immobilité dure plus de cinq secondes, cet état de conscience parallèle s’empare à nouveau de moi.
Cette fois, j’ai décidé de laisser se passer l’expérience. Au fond, que peut-il m’arriver ? Je sais que je suis dans une réalité parallèle et que, malgré les apparences, je ne risque rien. Je dois être, je suppose, dans un état neurologique voisin de l’état de rêve, enfin, c’est une supposition pas forcément facile à faire de prime abord, tant l’expérience semble réelle.
A présent l’entité se met en position de s’emparer de mon corps. Il faut vous dire que ce qu’elle ne manque jamais de faire, c’est de pénétrer de force sa proie. Le viol est sa principale façon de s’introduire en vous. Elle se fait lourde, écrasante, se couche sur vous et vous étouffe. Je sais parfaitement que tout cela n’est qu’illusion de sensation. Cette apparente asphyxie n’a lieu que dans cette réalité parallèle. Je sais que mon corps physique dans sa dimension matérielle ne manque pas d’air. Le savoir m’aide à ne pas lutter contre cet étouffement et me permet de constater qu’il ne m’est pas nécessaire de respirer dans cette réalité.
La présence se relève légèrement pour me pénétrer. Ses bras puissants me plaquent les épaules sur mon matelas. Je m’attends à ce que, comme à l’accoutumée, elle perfore mon vagin de force avec ce membre viril dont elle est dotée. Je cède un instant à la panique quand je constate qu’elle me sodomise : je ne m’y attendais pas du tout et la douleur est plus vraie que nature ! De nouveau, je me raisonne : je suis dans un état de conscience parallèle, tout ceci, aussi réel que cela puisse paraître n’est qu’illusion. Cela relativise la douleur et me permet d’accepter l’intrusion. De toutes façons, rien ni personne ne peut réellement s’emparer de mon âme ou de l’essence de mon être, si je n’y consens…
L’entité me relâche un instant et me laisse là, avec ma sensation d’anus lourd, dilaté et douloureux. A quoi rime tout ça ? Je n’en sais trop rien. Qu’est-ce que ce phénomène ? D’où vient-il ? Comment s’explique-t’il ? Est-ce un refoulement matérialisé ? Un des miens ? Celui d’un autre ? Un collectif ? Mystère…
Heureusement, cette fois-ci, les sensations désagréables vont vite s’estomper. Ces illusions de douleur peuvent parfois persister bien après le retour à un état de conscience ordinaire ou d’éveil « normal ». Ca vous en apprend un bout sur les interactions corps esprit: oui, on peut avoir des douleurs crées de toutes pièces par l’esprit au sens large du terme. Il m’est arrivé de faire une inflammation vaginale suite à l’une de ces aventures nocturnes. Et pourtant, je sais parfaitement que les symptômes n’existent qu’au niveau de l’esprit à la base.
Tandis que je continue à m’interroger sur le pourquoi de cette entité et de ses attaques, celle-ci revient à la charge. Elle ne semble plus vouloir faire de commerce charnel avec moi mais semble bien décidée à m’extirper de mon corps. Ce qu’à priori je déteste, car me mouvoir dans ma chambre en voyant mon corps allongé dans mon lit, même si je sais que ce n’est probablement qu’une vision de l’esprit, m’apparaît toujours comme effroyable. Je me concentre sur le fait que je suis dans une réalité parallèle et que rien n’est sensé m’arriver physiquement parlant. Mais j’avoue qu’il y a toujours un petit doute : peut-être que je verrai ainsi mon corps après ma mort alors, dans quelle mesure ne suis-je peut-être pas morte ? Je me raisonne : après tout, et alors ?
C’est dans cet esprit que je continue l’expérience imposée. L’entité me fait passer à travers la vitre vers la terrasse comme un fantôme et semble s’en amuser. J’arrive à laisser ma peur de côté et à considérer l’évènement comme une exploration psychique pleinement consciente d’une réalité autre, d’un éveil différent. Après tout, si je peux apprendre quelque chose au sujet des 95% non utilisés de l’esprit humain, considérons la chose comme une expérience scientifique. Mais l’entité semble s’offusquer de l’intérêt que j’ai soudain pour la chose et me retire manu militari de la terrasse et me force à rejoindre mon corps.
S’ensuit une série de manipulations étranges de sa part, dont des pétrissages abdominaux dont le but semble d’être de stimuler la zone génitale. Au bout d’un moment, l’entité stoppe ses manipulations et disparaît, je reste quelques secondes dans l’attente avant de ressentir un imperceptible changement. Je viens de comprendre que je suis revenue à l’état d’éveil classique, dans la réalité ordinaire. Je sais que je vais à nouveau pouvoir bouger mon corps, ce que je fais, pour vérifier que je suis bien revenue. Sachant que je vais être tranquille à présent, je garde mon immobilité pour que le sommeil puisse enfin me gagner… Cela prendra encore un certain temps avant de m’endormir, mais je finis par m’enfoncer dans un sommeil peuplé de rêves insignifiants…
… Je sais que cela risque de recommencer demain… Mais on verra demain, c’est un autre jour…
En attendant, reste LA question : c’est quoi ça et à quoi ça rime ?»
R.M.
Voilà un récit laïque qui peut contribuer à apporter un éclairage supplémentaire.
Avec mes salutations cordiales,
Théo d’Or
« Minuit.
Je suis allongée dans mon lit et attends le sommeil, fatiguée, mais celui-ci me fuit, comme à l’accoutumée. J’écoute un peu de musique pour adoucir cette attente et favoriser la détente avant l’entrée dans cette période étrange d’oubli récupérateur…
Soudain, alors que je n’ai pas bougé, les choses semblent avoir changé. Perturbée, j’essaye de déplacer un bras ou une jambe. Impossible, mon corps est totalement paralysé et je sais fort bien ce qui va m’arriver d’ici quelques secondes. Je suis toujours consciente, mais l’état de cette conscience s’est modifié. Je peux toujours décider de mes réactions face à l’évènement qui va suivre, mais je ne peux pas bouger, encore moins l’éviter. Il me sera imposé.
Un intense sifflement qui semble provenir de ma tête annonce LA présence. Ce qui semble être une entité à part entière se met à me pousser, me tirer, me secouer. Mon corps, que je ne peux bouger, semble ne répondre qu’aux stimulations de cette étrange présence. Face à ce qui ressemble à une agression, je sais que je n’ai que deux choix. Soit je me débats de toutes mes forces pour essayer d’arriver à récupérer mon état normal de conscience et à quitter l’expérience, soit j’accepte ce qui m’arrive. Dans le premier cas, je perds énormément d’énergie, d’autant que, souvent, je n’arrive à garder l’état d’éveil ordinaire que quelques secondes avant de retomber dans cet état de conscience parallèle. Parfois, je gagne un peu de temps en remuant un pied ou une jambe, voire en me mouchant ou en buvant un verre d’eau. Mais inévitablement, dès que mon immobilité dure plus de cinq secondes, cet état de conscience parallèle s’empare à nouveau de moi.
Cette fois, j’ai décidé de laisser se passer l’expérience. Au fond, que peut-il m’arriver ? Je sais que je suis dans une réalité parallèle et que, malgré les apparences, je ne risque rien. Je dois être, je suppose, dans un état neurologique voisin de l’état de rêve, enfin, c’est une supposition pas forcément facile à faire de prime abord, tant l’expérience semble réelle.
A présent l’entité se met en position de s’emparer de mon corps. Il faut vous dire que ce qu’elle ne manque jamais de faire, c’est de pénétrer de force sa proie. Le viol est sa principale façon de s’introduire en vous. Elle se fait lourde, écrasante, se couche sur vous et vous étouffe. Je sais parfaitement que tout cela n’est qu’illusion de sensation. Cette apparente asphyxie n’a lieu que dans cette réalité parallèle. Je sais que mon corps physique dans sa dimension matérielle ne manque pas d’air. Le savoir m’aide à ne pas lutter contre cet étouffement et me permet de constater qu’il ne m’est pas nécessaire de respirer dans cette réalité.
La présence se relève légèrement pour me pénétrer. Ses bras puissants me plaquent les épaules sur mon matelas. Je m’attends à ce que, comme à l’accoutumée, elle perfore mon vagin de force avec ce membre viril dont elle est dotée. Je cède un instant à la panique quand je constate qu’elle me sodomise : je ne m’y attendais pas du tout et la douleur est plus vraie que nature ! De nouveau, je me raisonne : je suis dans un état de conscience parallèle, tout ceci, aussi réel que cela puisse paraître n’est qu’illusion. Cela relativise la douleur et me permet d’accepter l’intrusion. De toutes façons, rien ni personne ne peut réellement s’emparer de mon âme ou de l’essence de mon être, si je n’y consens…
L’entité me relâche un instant et me laisse là, avec ma sensation d’anus lourd, dilaté et douloureux. A quoi rime tout ça ? Je n’en sais trop rien. Qu’est-ce que ce phénomène ? D’où vient-il ? Comment s’explique-t’il ? Est-ce un refoulement matérialisé ? Un des miens ? Celui d’un autre ? Un collectif ? Mystère…
Heureusement, cette fois-ci, les sensations désagréables vont vite s’estomper. Ces illusions de douleur peuvent parfois persister bien après le retour à un état de conscience ordinaire ou d’éveil « normal ». Ca vous en apprend un bout sur les interactions corps esprit: oui, on peut avoir des douleurs crées de toutes pièces par l’esprit au sens large du terme. Il m’est arrivé de faire une inflammation vaginale suite à l’une de ces aventures nocturnes. Et pourtant, je sais parfaitement que les symptômes n’existent qu’au niveau de l’esprit à la base.
Tandis que je continue à m’interroger sur le pourquoi de cette entité et de ses attaques, celle-ci revient à la charge. Elle ne semble plus vouloir faire de commerce charnel avec moi mais semble bien décidée à m’extirper de mon corps. Ce qu’à priori je déteste, car me mouvoir dans ma chambre en voyant mon corps allongé dans mon lit, même si je sais que ce n’est probablement qu’une vision de l’esprit, m’apparaît toujours comme effroyable. Je me concentre sur le fait que je suis dans une réalité parallèle et que rien n’est sensé m’arriver physiquement parlant. Mais j’avoue qu’il y a toujours un petit doute : peut-être que je verrai ainsi mon corps après ma mort alors, dans quelle mesure ne suis-je peut-être pas morte ? Je me raisonne : après tout, et alors ?
C’est dans cet esprit que je continue l’expérience imposée. L’entité me fait passer à travers la vitre vers la terrasse comme un fantôme et semble s’en amuser. J’arrive à laisser ma peur de côté et à considérer l’évènement comme une exploration psychique pleinement consciente d’une réalité autre, d’un éveil différent. Après tout, si je peux apprendre quelque chose au sujet des 95% non utilisés de l’esprit humain, considérons la chose comme une expérience scientifique. Mais l’entité semble s’offusquer de l’intérêt que j’ai soudain pour la chose et me retire manu militari de la terrasse et me force à rejoindre mon corps.
S’ensuit une série de manipulations étranges de sa part, dont des pétrissages abdominaux dont le but semble d’être de stimuler la zone génitale. Au bout d’un moment, l’entité stoppe ses manipulations et disparaît, je reste quelques secondes dans l’attente avant de ressentir un imperceptible changement. Je viens de comprendre que je suis revenue à l’état d’éveil classique, dans la réalité ordinaire. Je sais que je vais à nouveau pouvoir bouger mon corps, ce que je fais, pour vérifier que je suis bien revenue. Sachant que je vais être tranquille à présent, je garde mon immobilité pour que le sommeil puisse enfin me gagner… Cela prendra encore un certain temps avant de m’endormir, mais je finis par m’enfoncer dans un sommeil peuplé de rêves insignifiants…
… Je sais que cela risque de recommencer demain… Mais on verra demain, c’est un autre jour…
En attendant, reste LA question : c’est quoi ça et à quoi ça rime ?»
R.M.
Voilà un récit laïque qui peut contribuer à apporter un éclairage supplémentaire.
Avec mes salutations cordiales,
Théo d’Or