par zélie » lun. 23 nov. 2009, 21:04
Roméo a écrit :
Alors que beaucoup disent s´en remettre, sans plus vouloir avancer, à la volonté de Dieu, je continue à me battre pour essayé de m´en sortir par touts les moyens, car je n´arrive pas à croire en un Dieu qui nous donne la vie, uniquement pour qu´on se laisse vivre et que Lui fasse tout le reste.
Non.
Mon pauvre Roméo, vous me faites penser à moi quand la croix dont j'ai rêvé m'a bel et bien écrasée... Oui, vous avez raison de vous battre par tous les moyens, de ne pas rester les bras croisés et de ne pas vous apitoyer sur votre sort mais d'agir. Après avoir fait tout ce que vous pouvez, et remué ciel et terre, oui, alors, remettez-vous en à Dieu pour ce qui vous échappe, pour ce dont vous êtes impuissant à changer, et pour ce dont vous ne savez pas ce qu'il faut faire. Votre choix vous l'exercez suffisamment quand dans une situation vous choisissez d'obéir à Dieu plutôt que de voler ou de mentir un peu pour en récolter un peu plus de richesse, ou des trucs comme ça...
Roméo a écrit :
Pourtant, je ne pense pas qu´elle passait au-dessus des lois dictées, elle aimait son prochain, elle aimait son Dieu, elle n´a pas été épargnée...Cette croix à porter elle l´a choisie...
Oui, elle l’a choisie. Mais Mère Térésa est un cas à part, un rocher, on don de Dieu, un ange de Sa cour offert par Dieu aux hommes pour leur servir d’ancrage, de phare dans la tempête. Vos croix choisies, vous ne les avez pas choisies parce que c’était des croix, vous les avez choisies en pensant qu’elles feraient votre bonheur, assurerait le confort et la stabilité de votre famille, et c’est normal, et c’est bien ainsi, parce que votre souhait était d’être un père et un mari protecteur. Ne vous fustigez pas de vos choix et de leurs conséquences aujourd’hui, vous n’avez pas cherché le mal, la facilité, vous avez essayé quelque chose mais vous avez eu un avatar, un imprévu qui vous oblige à réorienter votre vie. Ce sont des choses qui arrivent, et qui peuvent être extrêmement pénibles à passer, mais elles arrivent et elles ne nous tuent pas, elles nous renforcent au contraire. Les médicaments ne sont jamais bien goûteux, et pourtant ils nous rendent sains et forts. La souffrance c’est pareil.
Roméo a écrit :
Cette interminable souffrance dont je souffre, je ne sais pas comment la circonvenir, et que faire pour pouvoir éviter cela dans le futur ??..Comment se savoir dans le bon chemin...
Lorsque je suis passée au rouleau compresseur et que j’ai vu ma vie s’écrouler, j’avais envie de mourir. Une chose qui m’a tenue, ce sont mes enfants, ma dernière était un nourrisson, à peine née, déjà aux portes de la mort. Et partant de là, je me suis répétée jour après jour que si toutes les bonnes choses ont une fin, les mauvaises en ont une aussi, il faut en être sûr, et que perdre jusqu’à son toit, son conjoint ou pire son enfant ne doit pas nous faire perdre de vue qu’on survivra même à ça… Je l’avoue, je n’ai tenu que par la prière, inondée et enfouie dans la prière comme un prisonnier oublie la prison en se créant un monde intérieur. Ma journée de 16 heures finie, j’étais couchée à vingt heures et je plongeais dans une soirée de prière et de lecture. J’avais beau me battre (comme une gourde, mais comme une gourde active), faire tout ce que je pouvais, je voyais bien qu’il y avait une grande part d’impuissance dans ma vie. Alors pour tenir je priais, parce que sinon le désespoir m’aurait emportée. Au fur et à mesure, ce ne sont pas tant les choses qui ont changées que ma vision sur elles, et Dieu m’a amenée à vivre sous sa grâce malgré des apparences extérieures contraires. Pas grave, le principal n’est-il pas comment on voit les choses, plutôt que comment les canons de la société voudraient nous les faire voir ?
N’ayez pas peur de vos lendemains, à chaque jour suffit sa peine… demandez chaque jour dans le Pater Noster à Jésus sa grâce pour vous accompagner ce jour et celui-là seulement, et soyez sûr qu’il le fera… Voyez-vous actuellement je vis au travail sous la houlette d’une personne qui elle ne vit que pour que me faire perdre mon travail, parce que je la hérisse. Si je perdais mon travail, je perdrais ma maison dans le mois qui suit, et mes enfants risqueraient d’être placés, comme on me l’a proposé un jour où j’eus l’heur de me plaindre de ma situation délicate. Cette fragilité sociale, il y a des gens autour de moi qui s’en délectent et à que ça fait soupirer d’aise, parce que je les hérisse aussi. Aller chaque jour à mon travail relève d’aller chaque jour combattre une phobie… je ne sais jamais si j’arriverais à passer la porte du boulot, si j’arriverais à ne pas m’enfuir avant 17 heures. L’avantage immense d’une telle situation, c’est que je prie comme un volcan impuissant à ne pas érupter tous les matins. Je prie comme une respiration, comme un plongeur aspire à sa bouteille, je prie plus fort que je ne vis, je suis ailleurs, dans un autre monde, je prie comme si je retrouvais enfin ma famille longtemps absente, je prie* comme un verre s’irise à la lumière, comme si mon être n’était plus que ce verre… j’arrive pas à vous dire. Bref, dans la souffrance on se transforme. Dans la souffrance répétée et sans fin, on s’accroche comme on n’imagine pas qu’on aurait pu s’accrocher. Et on vit un seul jour après l’autre, parce que viser demain c’est déjà beaucoup trop. On apprend à vivre ce jour, un seul jour à la fois avec Jésus au plus près, en lui parlant sans cesse, en l’invitant sans cesse à nous tenir la main… On apprend aussi à ne pas regarder les événements désastreux comme des événements désastreux, mais comme des occasions de recourir à la grâce, des étapes pour faire grandir notre foi et notre confiance en Dieu, des occasions de détachement du monde, et on s’étonne même d’y découvrir des visions spiritualisées des choses. (ouh, c’est pas clair, mais je trouve pas les mots). Et finalement la souffrance sans lumière au bout du tunnel devient supportable parce que chaque pas est un pas dans un monde spirituel, et c’est là qu’on y trouve une lumière à nulle autre pareille, qui illumine tellement le reste que finalement, la souffrance donnée par le monde matériel, même si elle est sans espoir de lumière au bout du tunnel, ben, au fond, … tant pis, ce n’est plus si grave.
Je ne sais Roméo si votre accident vous laissera des séquelles ou s’il aura des conséquences d’apparence désastreuses dans votre couple, famille et travail. Mais dites-vous que Dieu, qui n’est pas responsable des erreurs qui vous ont conduit là, est présent dans votre vie, et que rien n’est jamais figé, jamais, jamais. Une femme partie depuis des années peut revenir, j’ai vu cela chez des cousins, et des tas de choses du même genre. Quelle que soit votre souffrance actuelle et son insupportabilité, battez-vous sereinement, et faites confiance à Dieu dans la prière pour tout ce qui vous échappe. Vous serez surpris de là ou Dieu vous emmènera.
Roméo a écrit : comment aider son prochain, qui te martyrise ??
En priant pour lui, de tout votre cœur, et en le recommandant au Père à chaque élévation du pain et du vin à la Sainte Messe, en le confiant à Jésus par la grâce de Son Précieux Sang, et à Marie ou à un saint. Par une dévotion pour lui, quoi.
En restant serein, courtois et fidèle à Dieu et à vous-même en face de lui. C’est le meilleur cadeau que vous puissiez lui faire, et en plus vous vous rendez rassurant, attirant, sympathique. S’il ne le reconnait jamais c’est pas grave. Mais à être ainsi vous vous y aurez gagné une seconde nature qui vous ouvrira un monde. Et votre prochain réfléchira un jour à tout ça, et ça le rapprochera de Dieu.
Que Dieu vous emporte dans Son Cœur,
Zélie
* « je » n’est pas le terme exact, parce que moi seule, je ne peux ni ne veux rien, tellement « je » est loin de ce que je décris plus haut. Mais force est de constater que la prière a des ces retournements parfois…
[quote="Roméo"]
Alors que beaucoup disent s´en remettre, sans plus vouloir avancer, à la volonté de Dieu, je continue à me battre pour essayé de m´en sortir par touts les moyens, car je n´arrive pas à croire en un Dieu qui nous donne la vie, uniquement pour qu´on se laisse vivre et que Lui fasse tout le reste. [/quote]
Non.
Mon pauvre Roméo, vous me faites penser à moi quand la croix dont j'ai rêvé m'a bel et bien écrasée... Oui, vous avez raison de vous battre par tous les moyens, de ne pas rester les bras croisés et de ne pas vous apitoyer sur votre sort mais d'agir. Après avoir fait tout ce que vous pouvez, et remué ciel et terre, oui, alors, remettez-vous en à Dieu pour ce qui vous échappe, pour ce dont vous êtes impuissant à changer, et pour ce dont vous ne savez pas ce qu'il faut faire. Votre choix vous l'exercez suffisamment quand dans une situation vous choisissez d'obéir à Dieu plutôt que de voler ou de mentir un peu pour en récolter un peu plus de richesse, ou des trucs comme ça...
[quote="Roméo"]
Pourtant, je ne pense pas qu´elle passait au-dessus des lois dictées, elle aimait son prochain, elle aimait son Dieu, elle n´a pas été épargnée...Cette croix à porter elle l´a choisie... [/quote]
Oui, elle l’a choisie. Mais Mère Térésa est un cas à part, un rocher, on don de Dieu, un ange de Sa cour offert par Dieu aux hommes pour leur servir d’ancrage, de phare dans la tempête. Vos croix choisies, vous ne les avez pas choisies parce que c’était des croix, vous les avez choisies en pensant qu’elles feraient votre bonheur, assurerait le confort et la stabilité de votre famille, et c’est normal, et c’est bien ainsi, parce que votre souhait était d’être un père et un mari protecteur. Ne vous fustigez pas de vos choix et de leurs conséquences aujourd’hui, vous n’avez pas cherché le mal, la facilité, vous avez essayé quelque chose mais vous avez eu un avatar, un imprévu qui vous oblige à réorienter votre vie. Ce sont des choses qui arrivent, et qui peuvent être extrêmement pénibles à passer, mais elles arrivent et elles ne nous tuent pas, elles nous renforcent au contraire. Les médicaments ne sont jamais bien goûteux, et pourtant ils nous rendent sains et forts. La souffrance c’est pareil.
[quote="Roméo"]
Cette interminable souffrance dont je souffre, je ne sais pas comment la circonvenir, et que faire pour pouvoir éviter cela dans le futur ??..Comment se savoir dans le bon chemin...
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Lorsque je suis passée au rouleau compresseur et que j’ai vu ma vie s’écrouler, j’avais envie de mourir. Une chose qui m’a tenue, ce sont mes enfants, ma dernière était un nourrisson, à peine née, déjà aux portes de la mort. Et partant de là, je me suis répétée jour après jour que si toutes les bonnes choses ont une fin, les mauvaises en ont une aussi, il faut en être sûr, et que perdre jusqu’à son toit, son conjoint ou pire son enfant ne doit pas nous faire perdre de vue qu’on survivra même à ça… Je l’avoue, je n’ai tenu que par la prière, inondée et enfouie dans la prière comme un prisonnier oublie la prison en se créant un monde intérieur. Ma journée de 16 heures finie, j’étais couchée à vingt heures et je plongeais dans une soirée de prière et de lecture. J’avais beau me battre (comme une gourde, mais comme une gourde active), faire tout ce que je pouvais, je voyais bien qu’il y avait une grande part d’impuissance dans ma vie. Alors pour tenir je priais, parce que sinon le désespoir m’aurait emportée. Au fur et à mesure, ce ne sont pas tant les choses qui ont changées que ma vision sur elles, et Dieu m’a amenée à vivre sous sa grâce malgré des apparences extérieures contraires. Pas grave, le principal n’est-il pas comment on voit les choses, plutôt que comment les canons de la société voudraient nous les faire voir ?
N’ayez pas peur de vos lendemains, à chaque jour suffit sa peine… demandez chaque jour dans le Pater Noster à Jésus sa grâce pour vous accompagner ce jour et celui-là seulement, et soyez sûr qu’il le fera… Voyez-vous actuellement je vis au travail sous la houlette d’une personne qui elle ne vit que pour que me faire perdre mon travail, parce que je la hérisse. Si je perdais mon travail, je perdrais ma maison dans le mois qui suit, et mes enfants risqueraient d’être placés, comme on me l’a proposé un jour où j’eus l’heur de me plaindre de ma situation délicate. Cette fragilité sociale, il y a des gens autour de moi qui s’en délectent et à que ça fait soupirer d’aise, parce que je les hérisse aussi. Aller chaque jour à mon travail relève d’aller chaque jour combattre une phobie… je ne sais jamais si j’arriverais à passer la porte du boulot, si j’arriverais à ne pas m’enfuir avant 17 heures. L’avantage immense d’une telle situation, c’est que je prie comme un volcan impuissant à ne pas érupter tous les matins. Je prie comme une respiration, comme un plongeur aspire à sa bouteille, je prie plus fort que je ne vis, je suis ailleurs, dans un autre monde, je prie comme si je retrouvais enfin ma famille longtemps absente, je prie* comme un verre s’irise à la lumière, comme si mon être n’était plus que ce verre… j’arrive pas à vous dire. Bref, dans la souffrance on se transforme. Dans la souffrance répétée et sans fin, on s’accroche comme on n’imagine pas qu’on aurait pu s’accrocher. Et on vit un seul jour après l’autre, parce que viser demain c’est déjà beaucoup trop. On apprend à vivre ce jour, un seul jour à la fois avec Jésus au plus près, en lui parlant sans cesse, en l’invitant sans cesse à nous tenir la main… On apprend aussi à ne pas regarder les événements désastreux comme des événements désastreux, mais comme des occasions de recourir à la grâce, des étapes pour faire grandir notre foi et notre confiance en Dieu, des occasions de détachement du monde, et on s’étonne même d’y découvrir des visions spiritualisées des choses. (ouh, c’est pas clair, mais je trouve pas les mots). Et finalement la souffrance sans lumière au bout du tunnel devient supportable parce que chaque pas est un pas dans un monde spirituel, et c’est là qu’on y trouve une lumière à nulle autre pareille, qui illumine tellement le reste que finalement, la souffrance donnée par le monde matériel, même si elle est sans espoir de lumière au bout du tunnel, ben, au fond, … tant pis, ce n’est plus si grave.
Je ne sais Roméo si votre accident vous laissera des séquelles ou s’il aura des conséquences d’apparence désastreuses dans votre couple, famille et travail. Mais dites-vous que Dieu, qui n’est pas responsable des erreurs qui vous ont conduit là, est présent dans votre vie, et que rien n’est jamais figé, jamais, jamais. Une femme partie depuis des années peut revenir, j’ai vu cela chez des cousins, et des tas de choses du même genre. Quelle que soit votre souffrance actuelle et son insupportabilité, battez-vous sereinement, et faites confiance à Dieu dans la prière pour tout ce qui vous échappe. Vous serez surpris de là ou Dieu vous emmènera.
[quote="Roméo"] comment aider son prochain, qui te martyrise ??
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En priant pour lui, de tout votre cœur, et en le recommandant au Père à chaque élévation du pain et du vin à la Sainte Messe, en le confiant à Jésus par la grâce de Son Précieux Sang, et à Marie ou à un saint. Par une dévotion pour lui, quoi.
En restant serein, courtois et fidèle à Dieu et à vous-même en face de lui. C’est le meilleur cadeau que vous puissiez lui faire, et en plus vous vous rendez rassurant, attirant, sympathique. S’il ne le reconnait jamais c’est pas grave. Mais à être ainsi vous vous y aurez gagné une seconde nature qui vous ouvrira un monde. Et votre prochain réfléchira un jour à tout ça, et ça le rapprochera de Dieu.
Que Dieu vous emporte dans Son Cœur,
Zélie
* « je » n’est pas le terme exact, parce que moi seule, je ne peux ni ne veux rien, tellement « je » est loin de ce que je décris plus haut. Mais force est de constater que la prière a des ces retournements parfois…