Cher Touriste,
que voilà un beau texte! Merci de nous l'avoir cité.
Les prêtres sont donc avec tous les chrétiens, des disciples du Seigneurs. Ils doivent donc obéir, eux-aussi!
A ce sujet, il me revient maintenant à l'esprit un passage de Saint Paul.
Il se trouve dans I Cor. 10, 6 :
1 Car je ne veux pas vous laisser ignorer, frères, que nos pères ont tous été sous la nuée, qu'ils ont tous traversé la mer,
2 et qu'ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer;
3 qu'ils ont tous mangé le même aliment spirituel,
4 et qu'ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les accompagnait, et ce rocher était le Christ.
5 Cependant ce n'est pas dans la plupart d'entre eux que Dieu trouva son plaisir, puisque leurs corps jonchèrent le désert.
6 Or ces choses ont été des figures de ce qui nous concerne, afin que nous n'ayons pas de désirs coupables, comme ils en ont eu,
7 et que vous ne deveniez pas idolâtres, comme quelques-uns d'entre eux, selon qu'il est écrit : "Le peuple s'assit pour manger et pour boire; puis il se leva pour se divertir."
Ainsi donc, Dieu a délivré Israël de la servitude d'Egypte et Israël est devenu un peuple libre. Un peuple libre, certes, mais qui avait encore besoin d'être éduqué. Un peuple libre mais un peuple indocile.
Il a donc fallut lui apprendre ce qu'était la fidélité authentique.
En conséquence, ce peuple libre fut-il mené au travers du désert, pendant quarante années, sous la conduite de Moïse et d'Aaron.
A ce peuple libre, il fallut donner une Loi et de nombreuses prescriptions.
A ce peuple d'enfants, incapables de se diriger eux-mêmes, il fallut apprendre l'obéissance.
Et cette obéissance, pour parler enfin d'elle, se fait uniquement dans la foi.
Il est bon de rappeler, de temps à autres, que les évêque et les prêtres ne sont pas dispensés de soumettre librement leur volonté à la volonté divine et à l'ordre qu'elle a établi. Eux aussi, qui sont des pères, sont les enfant d'un Dieu auquel ils doivent obéir - d'une obéissance ne doit pourtant rien avoir d'enfantin ou de puéril. Pas davantage que celle que nous leur devons ne doit-être enfantine ou puérile. Ou naïve.
La désobéissance des évêques et des prêtres est un sujet douloureux et grave. Sur lequel il importe de ne pas se voiler la face. Elle existe, elle est discernable, elle est multiforme.
En ce qui me concerne, dans mon rapport à l'autorité, avec celle du Pape, de l'évêque ou du prêtre par exemple, je n'obéis pas pour des questions de " confiance" ou même de "sympathie" envers le Saint Père, l'évêque ou le curé. Il ne s'agit pas pour moi d'obéir parce que je considère que cet homme-là me plaît bien mieux par son caractère, ses talents, sa manière de parler ou d'agir que le précédent qui me semblait nul ou inconsistant ou n'avoir pas les mêmes "idées" que moi, ou être plus ou moins "hérétiques" selon des critères le plus souvent fixés par... moi-même!
Il s'agit de tout autre chose : il s'agit d'obéir au représentant de Dieu. Obéissons!
Mais en ayant à l'esprit que l'obéissance qui se fait dans la foi ne peut-être que celle qui est revêtue de prudence, de force et de magnanimité.
L'obéissance est faite de prudence, parce que seule la prudence peut me faire connaître et faire, en toutes choses, ce qui est honnête, et fuir ce qui ne l'est pas.
Elle est faite de force, parce qu'il me sera inutile d'avoir la connaissance du bien, ou même d'en avoir la volonté, si je n'en ai pas le courage. Et parce qu'il me faut à la fois savoir faire face à d'innombrables dangers et être patient dans l'épreuve. Faire ce qui est honnête et fuir ce qui ne l'est pas m'est impraticable sans la force.
Quant à la magnanimité, il s'agit de cette grandeur de Dieu qui vient prendre et élargir mon âme trop petite. C'est elle qui ouvre mon esprit à d'autres horizons que ses modestes et petites idées dont je me glorifie. C'est elle qui me fera dépasser les réactions étroites de mon orgueil et de ma susceptibilité et me fera répondre à ce qui m'offense par de la charité.
J'obéis donc à mon évêque et au prêtre de ma paroisse avec prudence, force et magnanimité. En conséquence je fuis ce qui n'est pas honnête, reste patient, toujours prêt à affronter certains dangers, et charitable autant qu'il m'est possible.
Car l'obéissance, et plus particulièrement celle d'un évêque ou d'un prêtre, se fait
uniquement dans la foi. Et ce que les évêques et les prêtres me doivent, à moi, à vrai dire, c'est la visibilité de leur obéissance irréprochable, parfaite et ferme. Parce que dans leur soumission à la volonté de Dieu, dans l'Eglise, ils me montre non pas seulement leur grandeur, leur maturité et leur dignité, mais aussi la foi, l'espérance et la charité dont vit toute l'Eglise.
Tout cela n'est pas qu'avis purement personnel de Virgile: en clair, nul catholique n'est tenu d'obéir à une autorité qui ne se fait pas dans la foi catholique (ou même qui iraient simplement à l'encontre du droit ou de la morale) et qu'il faut bien alors qualifier d'illégitime et d'usurpée.
Il s'agit d'un sujet bien délicat auquel, par ces temps où bien peu de personnes semble comprendre ce qu'est l'obéissance et où les corps jonchent par milliers le désert, il serait bon que tous les catholiques, évêques et prêtres compris, réfléchissent énormément...
Je ne parle pas ici particulièrement ou seulement des évêques, prêtres et fidèles de la FFSPX.
S'il me faut apprendre l'obéissance au Christ et à son Eglise, pour que mon corps n'en vienne pas à joncher le désert, j'ai besoin d'éducateurs eux-mêmes parfaits et saints dans l'obéissance.
S'il faut apprendre ce qu'est l'obéissance à ceux à qui on a appris à désobéir, de façon systématique, dans la famille, à l'école, dans la vie sociale et professionnelle, il faudra donner à l'Eglise catholique obéissante une toute autre visibilité que celle qu'elle a actuellement en France.
Et ce que j'écris a certainement un rapport avec la Conférence des évêques de France.
Amicalement.
Virgile.