La prière qui coule...

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etienne lorant
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La prière qui coule...

Message non lu par etienne lorant »

J'auraii passé la majeure partie du mois d'août à souffrir de ma digestion, à demeurer dans la solitude, que ce soit à mon travail ou chez moi, mais aussi à prier. Or, je n'ai pas prié pour guérir (c'est en bonne voie) ni pour rompre ma solitude. J'ai prié parce que la prière m'a apporté du bonheur, un réconfort que j'aurais difficile de décrire. Il ressemble à celui qu'on éprouve, quand on est petit enfant, à la présence d'un adulte aux alentours. Sauf que cette présence était intérieure, et elle est si rassurante et sécurisante qu'au lieu de me passer un film dans la soirée, ou de lire, je me suis retrouvé souvent étendu sur mon lit à prier sans lassitude et sans m'endormir, mais en éprouvant un réel bonheur.

Ce midi même, après un repas léger, j'ai pu prier une heure aux intentions de ceux qui ne semblent n'avoir aucune autre forme de communication sur ce forum que dans le rejet de l'Eglise, de ses enseignements, et de ses membres aussi. Il m'est venu à l'esprit que ce comportement agressif masque peut-être un besoin de conversion qui est mal compris et mal vécu. Pourquoi un tel acharnement ? Il ne s'agit pas d'indifférence, ce n'est pas possible, mais peut-être une remise en question "violente". De toute manière, je m'y suis senti poussé et je n'ai pas résisté. Je sais que prier peut devenir une autre forme de l'être. On peut assister à une réunion, répondre à des questions, avancer des arguments, tout en demeurant dans la prière. C'est comme lors de mes premières découvertes des Cantates de Bach: quelques notes suffisaient à soulever mon esprit et à l'emporter quelque part dans les hauteurs, mais tout le reste, le corps, mais aussi l'intelligence, continuait comme en automate, à discuter un prix, rendre la monnaie, ranger des ouvrages...

Je ne sais pas si cette période de "souffle de prière" va durer, mais en attendant, je m'y abandonne comme dans une eau courante fraîche et transparente tandis que le soleil tape dur...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La prière qui coule...

Message non lu par Etrigan »

"Il ressemble à celui qu'on éprouve, quand on est petit enfant, à la présence d'un adulte aux alentours." : votre prière doit être très juste et belle, alors.
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espoir1001
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Re: La prière qui coule...

Message non lu par espoir1001 »

Bonjour

Vous décrivez parfaitement ce que l'on ressent; et vous avez raison cette agressivité est surement une demande un appel au secours j'ose aller jusque là. Ca me fait penser à ses petits enfants qui ne sachant pas comment se faire une copine ou les mordent mais aussi a des adolescents qui pour attirer l'attention de leur parent s'opposent à ces derniers.


Fraternellement
La foi ce n'est pas seulement être fidèle à Dieu, c'est vouloir entrer dans la fidélité de Dieu

Si tu vas au bout du monde tu y verras des traces de Dieu, si tu regardes au fond de toi tu y trouveras Dieu lui-même.
Madeleine Delbrêl

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papillon
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Re: La prière qui coule...

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etienne lorant a écrit :Ce midi même, après un repas léger, j'ai pu prier une heure aux intentions de ceux qui ne semblent n'avoir aucune autre forme de communication sur ce forum que dans le rejet de l'Eglise, de ses enseignements, et de ses membres aussi. Il m'est venu à l'esprit que ce comportement agressif masque peut-être un besoin de conversion qui est mal compris et mal vécu. Pourquoi un tel acharnement ? Il ne s'agit pas d'indifférence, ce n'est pas possible, mais peut-être une remise en question "violente".
Il y a beaucoup de vrai dans ce que vous dites et cette agressivité peut tout aussi bien être le fait de non-catholiques que 'd'anciens' catholiques qui ne savent plus où ils en sont. Ces comportements me sont familiers, je les vois régulièrement dans mon entourage. Ils ont aussi fait partie de ma vie. Chaque phénomène a son explication .
Enfant, j'ai beaucoup souffert du catholicisme, du moins de celui qu'on m'a servi. Je le dis sans hargne, sans colère, sans haine. Mon but n'est pas de choquer et ce que j'avance n'est ni une provocation ni un règlement de compte. Je n'en suis plus là. Je dis simplement les choses comme elles sont. Etait-ce la morale puritaine et culpabilisante de l'époque, ou le climat familial et la compréhension que mes parents avaient de leur religion? Etait-ce l'enseignement de l'Eglise ou le fait du clergé local dans un contexte social particulier? Peût-être étais-je une enfant trop fragile. Je ne sais pas si ça se passait comme ça seulement dans mon patelin où si c'était partout pareil. Je ne sais pas si le catholicisme de votre enfance était nourrissant et sécurisant mais le mien ne l'était pas. Je l'ai vécu très mal et j'ai fini par jeter le bébé avec l'eau du bain. Mais ces choses nous restent longtemps dans la peau.
Quand j'ai retrouvé la foi, j'en ai éprouvé un tel bonheur que j'ai désiré jeter un nouveau regard sur le catholicisme, cette religion que je connais au fond bien mal. Car quelque chose malgré tout m'attache à cette Eglise, comme un lien de parenté inaliénable et j'ai éprouvé un besoin de me réconcilier. Sans doute n'avais-je rien compris à l'époque parce que j'étais trop jeune et je n'avais pas pris le temps d'approfondir les choses. C'est la raison de mon arrivée sur ce forum. Je fais un trait sur le passé et je recommence à zéro...pensais-je. Erreur. Sitôt inscrite je me suis mise à souffrir. Tout m'est revenu du passé avec une violence et une acuité qui m'ont prise au dépourvu. Sommeil agité, rêves oppressants, réveil en milieu de nuit avec une douleur dans le dos, envie fréquente de pleurer, pas de joie. J'ai lu sur ce forum des choses qui m'ont donné froid dans le dos et m'ont paru à l'opposé de l'amour chrétien. J'ai voulu quitter. Mais j'ai lu aussi beaucoup de textes qui m'ont inspirée et nourrie et je suis restée. Je reviens maintenant à chaque jour et je ne veux plus m'en passer. Mais en parallèle j'ai revécu cette hantise viscérale héritée de 'jadis' qui ne s'était qu'endormie dans mon ventre, celle de l'intolérance, du jugement, de la condamnation, de la solitude, du rejet et du mensonge. Il m'est arrivée paradoxalement de me réfugier dans ma foi toute neuve faite d'amour et de miséricorde pour me calmer et me protéger...de la religion. Je suis chrétienne, c'est irrévocable. Je ne vois pas aujourd'hui comment je pourrais ne plus l'être et vivre autrement. Mais serai-je catholique? Parfois je pense que ce n'est plus possible, mais j'ai un tel besoin de communion que je ne peux me résoudre à faire le deuil de l'Eucharistie que je n'ai pas connu depuis des décennies. Ma démarche de retour est trop récente. Je prendrai le temps qu'il faut pour lire, réfléchir et prier.
je suis façonnée du même moule que ceux de ma génération qui ont vécu dans la même société, à la même époque, dans les mêmes conditions et le même enseignement et plusieurs d'entre eux ont comme moi avec le catholicisme une relation ..déchirante où l'attachement côtoie le desarroi. Alors je ne suis pas étonnée, que ce soit sur ce forum ou ailleurs, de voir voler des briques à l'occasion. Je n'approuve pas cette agressivité qui ne règle rien, n'apporte aucune réponse et risque en plus de blesser autrui. C'est si facile de blesser les gens. Même avec les meilleures intentions du monde on arrive parfois à blesser quelqu'un. L'amour devrait toujours être notre guide quoi qu'on fasse, mais bon, les choses ne se passent pas toujours ainsi, malheureusement.
etienne lorant
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Re: La prière qui coule...

Message non lu par etienne lorant »

Sitôt inscrite je me suis mise à souffrir. Tout m'est revenu du passé avec une violence et une acuité qui m'ont prise au dépourvu. Sommeil agité, rêves oppressants, réveil en milieu de nuit avec une douleur dans le dos, envie fréquente de pleurer, pas de joie. J'ai lu sur ce forum des choses qui m'ont donné froid dans le dos et m'ont paru à l'opposé de l'amour chrétien. J'ai voulu quitter. Mais j'ai lu aussi beaucoup de textes qui m'ont inspirée et nourrie et je suis restée. Je reviens maintenant à chaque jour et je ne veux plus m'en passer. Mais en parallèle j'ai revécu cette hantise viscérale héritée de 'jadis' qui ne s'était qu'endormie dans mon ventre, celle de l'intolérance, du jugement, de la condamnation, de la solitude, du rejet et du mensonge. Il m'est arrivée paradoxalement de me réfugier dans ma foi toute neuve faite d'amour et de miséricorde pour me calmer et me protéger...de la religion. Je suis chrétienne, c'est irrévocable. Je ne vois pas aujourd'hui comment je pourrais ne plus l'être et vivre autrement. Mais serai-je catholique? Parfois je pense que ce n'est plus possible, mais j'ai un tel besoin de communion que je ne peux me résoudre à faire le deuil de l'Eucharistie que je n'ai pas connu depuis des décennies. Ma démarche de retour est trop récente. Je prendrai le temps qu'il faut pour lire, réfléchir et prier.
J'ai été très ému par votre témoignage. Je me suis converti en 1985, mais moi aussi, j'avais tant été ... "culpabilisé", j'avais si mal compris la relation au Christ, qu'en définitive, chaque dimanche pendant deux ans, j'ai fait un effort pour aller à la messe. J'arrivais sur le parvis, et quand je voyais les autres fidèles, je faisais demi-tour. Je savais pourtant comme Jésus m'attendait, mais c'était plus fort que moi. Finalement, j'ai guéri à cause d'une personne (dont je ne doute pas qu'elle m'a été envoyée par Dieu) qui avait besoin de l'Eucharistie pour guérir - c'est sa foi à elle qui m'a permis de me sortir de ces contradictions... dont j'avais peur qu'elles ne viennent à bout de ma foi renouvelée.... Je prie spécialement pour vous !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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