Souvenir du futur : les Nouveaux Catholiques
Publié : mar. 28 juil. 2009, 9:37
Hier soir, j'arrive Gare Saint Lazare et un étrange attroupement attire mon attention. Je m'approche, il y a là un petit groupe d'hommes et de filles habillés de façon bizarre, certains semblent comme des moines du temps passé, des vêtements médiévaux, serait-ce des acteurs? des troubadours venus d'un autre temps? C'est bariolé, gais, très vivant. Ils sont jeunes, assez barraqués, les filles semblent sportives, vives, enjouées et elles sont plutôt mignonnes, il y a une grande croix parmi eux. Ils distribuent des tracts, discutent avec les passants. Marrant tout ça!
- Qui êtes-vous?
- Les nouveaux catholiques.
- Vous seriez pas un peu scouts sur les bords?
- Regardez-nous bien, on a l'air de scouts? On a pas leurs uniformes, ni tout ce qui de près ou de loin fleure la ringardise provinciale et désuète. Nous sommes résolument futuristes, passionnés de sciences, de philosophie, intéressés par toutes les cultures, et assez implacables dans notre résolution. Nous voulons sauver le monde, pas seulement être gentils et prier.
- Et que faîtes-vous devant cette Gare, en plein mois de Juillet?
- Tiens c'est intéressant. Et quel est votre but?
- Vous convertir, puisque notre religion est la vraie et qu'elle permet le salut des âmes et celui de la société.
- Bizarre quand même! Mais intéressant. Vous êtes formés?
- Oui, bien sûr. Vous pouvez venir si vous voulez. Pendant l'année nous pratiquons l'argumentation, nous étudions les arguments de nos principaux types de contradicteurs, les athées bien sûr, les sceptiques rigolards, les musulmans avec leurs propres dogmes et l'histoire de l'islam, et même le bouddhisme ; nous étudions les réponses et objections possibles à la philosophie chrétienne. Nous avons des cours sur l'économie, l'écologie, pour essayer d'imaginer la société future, et des réponses aux crises qui se pointent. L'Histoire des grandes réalisations de l'Occident et de la Chrétienté nous tient aussi à coeur ; nous sommes prêts à montrer à chacun la supériorité de l'Occident judéo-chrétien, sa grandeur et sa beauté.
- Euh l'occident chrétien! vous y allez fort, là! et si des extrémistes de gauche veulent venir et vous casser la gueule?
- Ils sont les bienvenus pour discuter. Si ils veulent autre chose, nous n'avons pas pour coutume de tendre la joue gauche. Nous sommes aussi formés aux sports de combat, filles et garçons. Assez intensivement. Nous renouons avec la tradition des Moines Guerriers, que voulez-vous!
- Alors j'ai compris! Vous êtes d'extrême droite. Des disciples de Lefebvre et compagnie!
- Mais non ; nous reconnaissons Vatican II, nous ne sommes pas racistes et nous apprécions Israël. Vous voyez ces noirs, ces africains, ces asiatiques, ces maghrébins, avec nous. Nous sommes chrétiens, ce qui veut dire que nous sommes rebelles contre les idoles marchandes, les aliénations, le culte du fric, tant les fausses valeurs de droite que de gauche. Nous aimons la grandeur, la droiture, la bonté, et la force spirituelle.
- Vous ne faîtes pas de social, apparemment.
- Juste ce qu'il faut. Nous nous occupons des pauvres une partie du temps, mais nous ne transformons pas l'Eglise en annexe des services sociaux, ou en centre d'animation socio-culturel. J'ai même l'impression que les gens qui viennent vers l'Eglise ont envie de méditer et de parler de l'existence de Dieu, du Mal, de la foi dans un monde qui a vu Auschwitz, d métaphysique aussi. Et pas seulement d'entendre des propos humanistes, qui se tiennent partout.
- Euh quand même... L'Eglise, c'est ringard, non... Face aux médias, aux amuseurs, que voulez-vous faire! Face au ricanement, ce signe de supériorité désabusée de l'époque.
- L'époque se casse la gueule ; attendez que la crise augmente, attendez qu'il y ait un climat de guerre civile. Vous verrez les gens rechercher le message et la force de l'Eglise. Nous serons là.
- Voui, je doute que tout le monde se mette à la chasteté et aux messes, même rénovées avec des chanteurs à guitare.
- Nous méprisons les chanteurs à guitare. Nous faisons du chant grégorien, et ne négligeons pas des formes de musiques gothiques, des arrangements sobres à l'orgue avec des choeurs, bien sûr sans l'aspect noir, voire satanique du gothique. Nous sommes pour un art chrétien modernisé, puissant, viril, prenant.
- Eh bien, si j'avais su que des gens comme vous existaient! Vous êtes nombreux?
- On commence. Nous sommes très peu nombreux. Comme les premiers Apôtres. Nous allons re-christianiser ce monde, et ce ne sera ni triste, ni ringard. De grandes choses nous attendent...
- Qui êtes-vous?
- Les nouveaux catholiques.
- Vous seriez pas un peu scouts sur les bords?
- Regardez-nous bien, on a l'air de scouts? On a pas leurs uniformes, ni tout ce qui de près ou de loin fleure la ringardise provinciale et désuète. Nous sommes résolument futuristes, passionnés de sciences, de philosophie, intéressés par toutes les cultures, et assez implacables dans notre résolution. Nous voulons sauver le monde, pas seulement être gentils et prier.
- Et que faîtes-vous devant cette Gare, en plein mois de Juillet?
- Tiens c'est intéressant. Et quel est votre but?
- Vous convertir, puisque notre religion est la vraie et qu'elle permet le salut des âmes et celui de la société.
- Bizarre quand même! Mais intéressant. Vous êtes formés?
- Oui, bien sûr. Vous pouvez venir si vous voulez. Pendant l'année nous pratiquons l'argumentation, nous étudions les arguments de nos principaux types de contradicteurs, les athées bien sûr, les sceptiques rigolards, les musulmans avec leurs propres dogmes et l'histoire de l'islam, et même le bouddhisme ; nous étudions les réponses et objections possibles à la philosophie chrétienne. Nous avons des cours sur l'économie, l'écologie, pour essayer d'imaginer la société future, et des réponses aux crises qui se pointent. L'Histoire des grandes réalisations de l'Occident et de la Chrétienté nous tient aussi à coeur ; nous sommes prêts à montrer à chacun la supériorité de l'Occident judéo-chrétien, sa grandeur et sa beauté.
- Euh l'occident chrétien! vous y allez fort, là! et si des extrémistes de gauche veulent venir et vous casser la gueule?
- Ils sont les bienvenus pour discuter. Si ils veulent autre chose, nous n'avons pas pour coutume de tendre la joue gauche. Nous sommes aussi formés aux sports de combat, filles et garçons. Assez intensivement. Nous renouons avec la tradition des Moines Guerriers, que voulez-vous!
- Alors j'ai compris! Vous êtes d'extrême droite. Des disciples de Lefebvre et compagnie!
- Mais non ; nous reconnaissons Vatican II, nous ne sommes pas racistes et nous apprécions Israël. Vous voyez ces noirs, ces africains, ces asiatiques, ces maghrébins, avec nous. Nous sommes chrétiens, ce qui veut dire que nous sommes rebelles contre les idoles marchandes, les aliénations, le culte du fric, tant les fausses valeurs de droite que de gauche. Nous aimons la grandeur, la droiture, la bonté, et la force spirituelle.
- Vous ne faîtes pas de social, apparemment.
- Juste ce qu'il faut. Nous nous occupons des pauvres une partie du temps, mais nous ne transformons pas l'Eglise en annexe des services sociaux, ou en centre d'animation socio-culturel. J'ai même l'impression que les gens qui viennent vers l'Eglise ont envie de méditer et de parler de l'existence de Dieu, du Mal, de la foi dans un monde qui a vu Auschwitz, d métaphysique aussi. Et pas seulement d'entendre des propos humanistes, qui se tiennent partout.
- Euh quand même... L'Eglise, c'est ringard, non... Face aux médias, aux amuseurs, que voulez-vous faire! Face au ricanement, ce signe de supériorité désabusée de l'époque.
- L'époque se casse la gueule ; attendez que la crise augmente, attendez qu'il y ait un climat de guerre civile. Vous verrez les gens rechercher le message et la force de l'Eglise. Nous serons là.
- Voui, je doute que tout le monde se mette à la chasteté et aux messes, même rénovées avec des chanteurs à guitare.
- Nous méprisons les chanteurs à guitare. Nous faisons du chant grégorien, et ne négligeons pas des formes de musiques gothiques, des arrangements sobres à l'orgue avec des choeurs, bien sûr sans l'aspect noir, voire satanique du gothique. Nous sommes pour un art chrétien modernisé, puissant, viril, prenant.
- Eh bien, si j'avais su que des gens comme vous existaient! Vous êtes nombreux?
- On commence. Nous sommes très peu nombreux. Comme les premiers Apôtres. Nous allons re-christianiser ce monde, et ce ne sera ni triste, ni ringard. De grandes choses nous attendent...