République chrétienne ?
Publié : dim. 26 juil. 2009, 17:29
Certains chrétiens sont obsédés par le mythe du Grand Roi, et un retour salvateur, mais néanmoins anachronique des institutions monarchiques d’ancien régime. Ce rêve est bien sûr attisé par l'extrême corruption des institutions actuelles qui favorisent le carriérisme, l'ambition personnelle (surtout en France, où l'on est capable d'être candidat pendant 30 ans à l'élection présidentielle), le clientélisme (dû au système des partis politiques), et bien sûr la collusion entre le pouvoir et l’argent, où toute une classe politique est parvenue à servir d’abord les intérêts des banques, des actionnaires et de la finance mondiale, au détriment évident du peuple qui se trouve de plus en plus spolié par la flambée des prix et l'endettement, et soumis à la pression du chômage, du sous-emploi et des bas salaires.
Je ne prétends pas fournir en guise de solution miracle la recette permettant d’éviter tous ces maux. Simplement, la complication du système politique et socio-économique actuel apparaît tellement sans solution, que je me sens autorisé à rêver de ce que pourrait être un régime chrétien idéal, dans un monde parfait peuplé de gentils bisounours… La super présidentialisation de la 5e République, dont l'acte le plus symbolique a été très certainement l'intrusion du président Sarkozy dans l'enceinte sacrée et inviolable du Parlement, faisant désormais de cette assemblée des représentants du peuple une simple chambre d'enregistrement, et mettant fin à la séparation des pouvoirs, me pousse à imaginer non pas un retour nostalgique vers un régime absolu et personnel (puisqu'on y est déjà), mais au contraire vers un régime idéal d'institutions républicaines.
Les deux exemples de régimes politiques qui me semblent pouvoir retenir l’attention, et pouvant satisfaire la raison humaine (dont Dieu a pourvu l'homme), sont : 1. La République romaine. 2. La République fédérale américaine. La première a été le plus long régime démocratique de l’histoire, dont le règne de 500 ans fut prolongé par le régime impérial. En effet, l’empereur romain était avant tout le « premier » membre du Sénat romain (Princeps), d’où il tirait sa légitimité. Il était officiellement un magistrat nommé par cette assemblée. Le régime américain est actuellement une des plus vieilles démocraties du monde, et donc une des plus stables. En comparaison, combien de fois, par exemple, la France, et même n’importe quel autre état européen (sauf la Grande-Bretagne), n’a-t-elle pas changé de régime. Mettons de côté notre antiaméricanisme de base pour regarder objectivement ce phénomène. Les Etats-Unis tirent en grande partie leur force de leurs institutions. Ce fut aussi le cas des Romains en leur temps. D’ailleurs, le déclin de Rome fut véritablement engagé dès l’instant où les institutions furent affaiblies par la tyrannie des monarques impériaux.
Avant tout, ce qu’il y a d’admirable dans ces deux régimes, c’est l’effacement des hommes devant les institutions. Les hommes passent, les magistrats exercent leurs mandats, s’en vont pour redevenir de simples particuliers, mais les institutions demeurent, et continuent de fonctionner imperturbablement, d’une façon réglée et mécanique.
Dans une République, le Souverain est le Peuple. Or, pour les chrétiens, le Souverain est le Christ. Le Monarque d’ancien régime était le « Lieutenant » de Dieu sur terre. Donc une figure du Christ Roi. Pourquoi le Peuple Souverain ne serait-il pas lui aussi une figure du Christ Souverain. En effet, dans le Ciel, le Christ et l’Eglise célèbrent leurs noces éternelles, le Christ étant la Tête de son épouse, et l’Eglise rassemblant les membres du Corps mystique de l’Epoux. Pourquoi donc sur terre le Peuple Souverain ne serait pas la figure de ce Corps mystique dont le Christ est la Tête ?
Le reste est à inventer. Mais j’avance déjà quelques idées. Il y aurait un Sénat, figure terrestre du Collège céleste des apôtres appelés à siéger sur des trônes pour juger les 12 tribus d’Israël. Ces juges rappellent inévitablement les Juges de l’Ancien Testament qui gouvernèrent Israël avant l’établissement de la monarchie. Ce Sénat élirait le Premier membre de ses rangs, un Prince du Sénat, magistrat appelé à exercer un mandat limité dans le temps. Un Conseil théocratique, mais peuplé de laïcs, étant donné la non vocation des religieux à se mêler des choses de gouvernement, veillerait sur le respect des institutions et de leur esprit chrétien. L’élection se déroulerait sans candidature, comme pour l’élection du pape. Les Sénateurs désigneraient celui qui leur semble le « meilleur » d’entre eux, comme à l’époque de Trajan. Les partis politiques seraient bien sûr interdits.
Reste à examiner la question la plus délicate : la désignation du Sénat. Je vais avancer une idée toute personnelle, qui est certainement contestable, j’en conviens : à la base, existerait un corps de Hauts Fonctionnaires de la République. Ce corps fournirait toute la classe politique. Pour en faire partie, il serait nécessaire de prononcer 2 des 3 vœux monastiques : vœux de pauvreté et d’obéissance (honorer et servir l’Etat). Le vœu de chasteté, et donc le célibat, ne serait pas nécessaire puisque ce corps doit rester laïc. Mais il ne possèderait plus rien en propre, et appartiendrait corps et bien à la République. Pour entrer dans ce corps, on peut imaginer plusieurs processus, pourquoi pas tout simplement une sélection scolaire, où les meilleurs appelés à servir l’Etat seraient repérés, regroupés, et pris en charge dès leur plus jeune âge. Une fois leurs études achevées, ils entameraient un cursus honorum, dont le principe serait d’empêcher la formation de petits potentats locaux (comme nos roitelets indéboulonnables en France). Les magistrats poursuivraient leurs carrières en passant d’une charge à une autre, et en changeant de lieu.
L’entrée dans le Corps des Fonctionnaires, puis dans le Sénat, et l’accession aux diverses charges, seraient validées par des cérémonies religieuses de type Sacre, afin que les magistratures soient également exercées au nom de Dieu, comme du temps des rois de France. Le Conseil théocratique aurait le pouvoir de destituer un magistrat ou un sénateur, et même de révoquer un fonctionnaire, qui ne respecterait pas dans l’exercice de sa charge l’esprit républicain et chrétien.
Cet esprit chrétien régirait toute la société dans ses coutumes, mœurs, son rapport à l’argent, etc. Un texte constitutif fonderait et fixerait les valeurs sociales chrétiennes devant régir la société, et servirait de préambule à la constitution républicaine.
Je ne prétends pas fournir en guise de solution miracle la recette permettant d’éviter tous ces maux. Simplement, la complication du système politique et socio-économique actuel apparaît tellement sans solution, que je me sens autorisé à rêver de ce que pourrait être un régime chrétien idéal, dans un monde parfait peuplé de gentils bisounours… La super présidentialisation de la 5e République, dont l'acte le plus symbolique a été très certainement l'intrusion du président Sarkozy dans l'enceinte sacrée et inviolable du Parlement, faisant désormais de cette assemblée des représentants du peuple une simple chambre d'enregistrement, et mettant fin à la séparation des pouvoirs, me pousse à imaginer non pas un retour nostalgique vers un régime absolu et personnel (puisqu'on y est déjà), mais au contraire vers un régime idéal d'institutions républicaines.
Les deux exemples de régimes politiques qui me semblent pouvoir retenir l’attention, et pouvant satisfaire la raison humaine (dont Dieu a pourvu l'homme), sont : 1. La République romaine. 2. La République fédérale américaine. La première a été le plus long régime démocratique de l’histoire, dont le règne de 500 ans fut prolongé par le régime impérial. En effet, l’empereur romain était avant tout le « premier » membre du Sénat romain (Princeps), d’où il tirait sa légitimité. Il était officiellement un magistrat nommé par cette assemblée. Le régime américain est actuellement une des plus vieilles démocraties du monde, et donc une des plus stables. En comparaison, combien de fois, par exemple, la France, et même n’importe quel autre état européen (sauf la Grande-Bretagne), n’a-t-elle pas changé de régime. Mettons de côté notre antiaméricanisme de base pour regarder objectivement ce phénomène. Les Etats-Unis tirent en grande partie leur force de leurs institutions. Ce fut aussi le cas des Romains en leur temps. D’ailleurs, le déclin de Rome fut véritablement engagé dès l’instant où les institutions furent affaiblies par la tyrannie des monarques impériaux.
Avant tout, ce qu’il y a d’admirable dans ces deux régimes, c’est l’effacement des hommes devant les institutions. Les hommes passent, les magistrats exercent leurs mandats, s’en vont pour redevenir de simples particuliers, mais les institutions demeurent, et continuent de fonctionner imperturbablement, d’une façon réglée et mécanique.
Dans une République, le Souverain est le Peuple. Or, pour les chrétiens, le Souverain est le Christ. Le Monarque d’ancien régime était le « Lieutenant » de Dieu sur terre. Donc une figure du Christ Roi. Pourquoi le Peuple Souverain ne serait-il pas lui aussi une figure du Christ Souverain. En effet, dans le Ciel, le Christ et l’Eglise célèbrent leurs noces éternelles, le Christ étant la Tête de son épouse, et l’Eglise rassemblant les membres du Corps mystique de l’Epoux. Pourquoi donc sur terre le Peuple Souverain ne serait pas la figure de ce Corps mystique dont le Christ est la Tête ?
Le reste est à inventer. Mais j’avance déjà quelques idées. Il y aurait un Sénat, figure terrestre du Collège céleste des apôtres appelés à siéger sur des trônes pour juger les 12 tribus d’Israël. Ces juges rappellent inévitablement les Juges de l’Ancien Testament qui gouvernèrent Israël avant l’établissement de la monarchie. Ce Sénat élirait le Premier membre de ses rangs, un Prince du Sénat, magistrat appelé à exercer un mandat limité dans le temps. Un Conseil théocratique, mais peuplé de laïcs, étant donné la non vocation des religieux à se mêler des choses de gouvernement, veillerait sur le respect des institutions et de leur esprit chrétien. L’élection se déroulerait sans candidature, comme pour l’élection du pape. Les Sénateurs désigneraient celui qui leur semble le « meilleur » d’entre eux, comme à l’époque de Trajan. Les partis politiques seraient bien sûr interdits.
Reste à examiner la question la plus délicate : la désignation du Sénat. Je vais avancer une idée toute personnelle, qui est certainement contestable, j’en conviens : à la base, existerait un corps de Hauts Fonctionnaires de la République. Ce corps fournirait toute la classe politique. Pour en faire partie, il serait nécessaire de prononcer 2 des 3 vœux monastiques : vœux de pauvreté et d’obéissance (honorer et servir l’Etat). Le vœu de chasteté, et donc le célibat, ne serait pas nécessaire puisque ce corps doit rester laïc. Mais il ne possèderait plus rien en propre, et appartiendrait corps et bien à la République. Pour entrer dans ce corps, on peut imaginer plusieurs processus, pourquoi pas tout simplement une sélection scolaire, où les meilleurs appelés à servir l’Etat seraient repérés, regroupés, et pris en charge dès leur plus jeune âge. Une fois leurs études achevées, ils entameraient un cursus honorum, dont le principe serait d’empêcher la formation de petits potentats locaux (comme nos roitelets indéboulonnables en France). Les magistrats poursuivraient leurs carrières en passant d’une charge à une autre, et en changeant de lieu.
L’entrée dans le Corps des Fonctionnaires, puis dans le Sénat, et l’accession aux diverses charges, seraient validées par des cérémonies religieuses de type Sacre, afin que les magistratures soient également exercées au nom de Dieu, comme du temps des rois de France. Le Conseil théocratique aurait le pouvoir de destituer un magistrat ou un sénateur, et même de révoquer un fonctionnaire, qui ne respecterait pas dans l’exercice de sa charge l’esprit républicain et chrétien.
Cet esprit chrétien régirait toute la société dans ses coutumes, mœurs, son rapport à l’argent, etc. Un texte constitutif fonderait et fixerait les valeurs sociales chrétiennes devant régir la société, et servirait de préambule à la constitution républicaine.