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Une histoire de mauvais goût

Publié : sam. 27 juin 2009, 12:15
par Nakor
Salutations,
de tous les débats dont j'ai pris connaissance récemment me font venir à l'esprit une problématique qui je pense est fondamentale. Le Mauvais Goût existe-il ?

Car, je fois l'avouer, je ne faisais pas grand cas de cette problématique avant cela. Pour moi c'était devenu l'évidence ; le mauvais goût n'existe pas !
Je m'explique ; hors on sait qu'une notion comme celle-ci est arbitraire. Hors on sait que la réponse à une question sur le bon goût de quelle que soit l'œuvre ou l'écrit aura une réponse différente pour chaque homme, pour des raisons différentes au moins...
Non vraiment, l'homme n'a pas, et n'aura jamais, les mêmes critères que l'homme suivant. Jamais identiques. C'est tout comme nos empreintes digitales, elles nous sont uniques.
Nous avons tous un sens différent de la tolérances, et nous avons tous un sens qui diffère pour le mot "tolérance". Cela s'explique assez logiquement, car nous avons tous un vécu qui nous pousse à donner tel ou telle tournure à nos songes.

Le même raisonnent pourrait s'appliquer au Mal. Qui peut dire ce qui est mal ? Ce qui est Bien ? Les plus souvent, les deux sont sur la même frontière. Peu (ou pas du tout) dissociable !
L'un ou l'autre existent ? J'ai des doutes.
Pour un parti, cet homicide est un meurtre, pour l'autre une justice !

Pour en revenir à mon histoire de mauvais goût, peut-on alors dire que notre "Helfest" national est Mal ?
Rude problématique ! Tout le monde veut trancher, mais même les deux partis attaquant/défenseurs du festival n'ont pas même une identique vision de ce qu'ils attaquent ou protègent. On a tous nos valeurs propres... Notre jugement propre.
Donc, le mauvais goût existe ? Le Bien et le Mal ? S'ils sont véritables, ils sont bien cachés !

Re: Une histoire de mauvais goût

Publié : sam. 27 juin 2009, 23:42
par La grenouille!
Bonjour,

Vous parlez de deux choses bien différentes: le goût, et les notions de Bien et de Mal. ce n'est pas moi qui décide ce qui est bien ou mal; par contre c'est moi qui décide si je trouve que ces rideaux rouges vont bien dans cette pièce ou non.
Vous vous posez de nombreuses questions, ce qui est indispensable; et vous semblez aussi manquer d'un peu de méthode dans la réflexion... ce qui me rappelle singulièrement moi-même, quelques années en arrière...
Pour le moment, vous en arrivez à un scepticisme assez déprimant. Poussez votre raisonnement jusqu'au bout: si tout n'est qu'opinion, s'il n'y a aucun moyen d'avoir accès à la vérité, alors personne n'existe. Le monde n'existe que dans nos pensées; nos corps ne sont qu'une construction de notre pensée; de quoi peut-on être sûr alors? de rien. Vous devriez alors vous méfier même de vos pensées: sont-elles bien réelles? Si elles le sont, à quoi servent-elles puisqu'il n'y a aucune vérité? Etudiez la philosophie: le scepticisme est dépassé depuis longtemps.

Pour répondre à votre question, il est assez grave de dire que le bien et le mal sont indissociables. Mais vous soulevez bien une question fondamentale qui est au coeur de notre actualité: le gros problème de notre société est de ne plus savoir différencier le bien du mal. Pourquoi? parce que tout est permis; toutes les opinions se valent; pire encore: on a le droit de tout dire, sauf qu'on a une conviction. Pas étonnant que vous en soyez à remettre en question l'existence même du bien et du mal.

Maintenant, je vous propose un petit exercice: imaginez une société composée d'hommes et de femmes. Imaginez que chacun ait son opinion, ses désirs, ses vengeances à assouvir, ses questions irrésolues... Imaginez que chacun ait le droit de s'exprimer quand et comme ça lui chante, que personne n'ait besoin de faire d'effort ni de se fixer un but. Parce que s'il n'y a pas de bien et de mal, s'il n'y a pas de vérité, il n'y a que... MOI. Plein de Moi tout-puissants juxtaposés. Ah ben tiens, vous n'avez même pas besoin d'imaginer: c'est notre société actuelle. Parce que bizarrement, les sceptiques, relativistes etc... ne remettent pas en question leur MOI tout-puissant. Au final, ces hommes et femmes ne font même plus l'effort d'être hommes et femmes...
Ne sentez-vous pas en vous un grand désir de communion avec tous les hommes? Ne sentez-vous pas ce bien et ce mal, cette conscience qui vous dit quoi faire?
Je ne vous parle pas d'idées abstraites, je vous parle de vie réelle: la nature de l'homme, c'est de vivre en société. La nature de l'homme, c'est de rechercher l'union, la communion; pas de communion sans Bien et Mal. On ne fait pas ce qu'on veut.
Là intervient la question du goût: oui, nous sommes tous différents, et les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Mais ne mélangeons pas: nous sommes tous différents et nous avons tous des efforts à faire pour faire le bien et rejeter le mal.
L'homme sans le bien et le mal (autrement dit: l'homme sans Une vérité absolue, sans Dieu) n'a plus sa dignité.

L'Eglise dit ce qui est bien et ce qui est mal pour guider les hommes vers l'accomplissement de leur nature profonde: rejoindre la divinité de Dieu... Après, chacun a ses difficultés, ses réticences; il existe un grand et beau sacrement qui délivre du péché, qui libère en profondeur les chrétiens de leurs craintes: le sacrement de réconciliation. Ne pas purifier son péché, ne pas essayer de surmonter ses difficultés, ne même pas tenter de rendre l'humanité meilleure, c'est une faiblesse coupable.

Vous qui réfléchissez tant à des questions de fond, lisez donc les ouvrages de notre pape actuel... C'est un éminent philosophe, qui vous aidera à comprendre la position de l'Eglise.