Aimer Dieu pour Dieu
Publié : mar. 02 juin 2009, 14:32
Ce qui se passe dans une âme qui découvre Dieu et finit par L'aimer réellement est à ce point difficile à exprimer qu'il y faut des mots de poète, ou bien alors - comme je l'ai fait, lire beaucoup les mystiques ou les témoignages de convertis, avant de trouver "quelque chose qui ressemble" à ce que l'on a éprouvé. J'ai trouvé un tel texte chez Simone Weil, dans "Attente de Dieu":
"Un jour vient où l'âme appartient à Dieu, où non seulement elle consent à l'amour, mais où vraiment, effectivement, elle aime. L'âme n'aime pas comme une créature d'un amour créé. Cet amour en elle est divin, incréé, car c'est l'amour de Dieu pour Dieu qui passe à travers elle. Dieu seul est capable d'aimer Dieu. Nous pouvons seulement consentir à perdre nos sentiments propres pour laisser passage en notre âme à cet amour. C'est cela se nier soi-même. Nous ne sommes créés que pour ce consentement."
Je ne sais pas dire réellement s'il s'agit de se nier soi-même. En ce qui me concerne, je dirais plutôt : faire l'effort de s'oublier soi-même chaque fois que c'est possible. Il survient alors non pas le vide absolu qu'on redoutait, mais une joie qui est capable de traverser l'état de condition humaine dans laquelle nous sommes: de jour ou de nuit, malade ou bien portant, solitaire ou accompagné, jeune ou âgé, à jeun ou l'estomac rempli, etc. C'est une joie bien spécifique, que j'ai parfois décrite comme celle que ressentirait un fil électrique au moment où "le courant" passe. Finalement, cela rejoint bien ce que dit Paul lorsqu'il s'exclame: "Ce n'est plus moi qui vis, mais c'est le Christ qui vit en moi".
Une autre remarque est liée à cet événement de l'Amour traversant nos pauvres cœurs vidés: c'est que, dans cet état de l'être, l'amour du prochain devient possible "quasi" naturellement. C'est que le Seigneur, envahissant notre âme, nous prête en quelque sorte des sentiments que nous n'avions pas, mais qui nous incitent à œuvrer selon la volonté divin et qui, plus tard, peuvent s'atténuer, voire disparaître. N'est-ce pas ainsi que l'on devient des "serviteurs inutiles" ?
"Un jour vient où l'âme appartient à Dieu, où non seulement elle consent à l'amour, mais où vraiment, effectivement, elle aime. L'âme n'aime pas comme une créature d'un amour créé. Cet amour en elle est divin, incréé, car c'est l'amour de Dieu pour Dieu qui passe à travers elle. Dieu seul est capable d'aimer Dieu. Nous pouvons seulement consentir à perdre nos sentiments propres pour laisser passage en notre âme à cet amour. C'est cela se nier soi-même. Nous ne sommes créés que pour ce consentement."
Je ne sais pas dire réellement s'il s'agit de se nier soi-même. En ce qui me concerne, je dirais plutôt : faire l'effort de s'oublier soi-même chaque fois que c'est possible. Il survient alors non pas le vide absolu qu'on redoutait, mais une joie qui est capable de traverser l'état de condition humaine dans laquelle nous sommes: de jour ou de nuit, malade ou bien portant, solitaire ou accompagné, jeune ou âgé, à jeun ou l'estomac rempli, etc. C'est une joie bien spécifique, que j'ai parfois décrite comme celle que ressentirait un fil électrique au moment où "le courant" passe. Finalement, cela rejoint bien ce que dit Paul lorsqu'il s'exclame: "Ce n'est plus moi qui vis, mais c'est le Christ qui vit en moi".
Une autre remarque est liée à cet événement de l'Amour traversant nos pauvres cœurs vidés: c'est que, dans cet état de l'être, l'amour du prochain devient possible "quasi" naturellement. C'est que le Seigneur, envahissant notre âme, nous prête en quelque sorte des sentiments que nous n'avions pas, mais qui nous incitent à œuvrer selon la volonté divin et qui, plus tard, peuvent s'atténuer, voire disparaître. N'est-ce pas ainsi que l'on devient des "serviteurs inutiles" ?