Les papas de cinquante ans...

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etienne lorant
Pater civitatis
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Les papas de cinquante ans...

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J'ai suivi d'une oreille distraite une émission radio qui avait pour sujet: "Les nouveaux pères". Il s'agissait d'un débat autour d'un nouveau "phénomène de société": des hommes dans la cinquantaine, après un premier mariage dont ils ont eu des enfants, épousent en secondes noces (*) des femmes beaucoup plus jeunes qu'eux et se retrouvent de nouveau avec un bébé dans les bras.

L'allure de l'émission était "franche et joyeuse", mais au bout d'un moment des "points sensibles" sont apparus: les enfants issus du premier mariage se montrent jaloux autant de leur nouvelle belle-mère que de l'enfant qui est né - dont on redoute qu'il héritera de tout; les filles du premier mariage reprochent à leur père d'avoir cédé au "démon de midi" au point de rompre l'union légitime pour refaire sa vie. J'ai coupé ma radio lorsqu'a été évoqué le cas d'un fils âgé de vingt-cinq ans qui a séduit sa belle-mère... du même âge que lui. Enfin, bref, l'imbroglio et l'étalage de la "bonne volonté" de chacun(e) m'a donné une sorte de nausée auditive - si j'ose m'exprimer ainsi...

J'ai moi-même cinquante-deux ans. J'ai recherché l'état du mariage jusqu'à la trentaine (je croyais être en quête d'une stabilité d'existence, mais je me suis rendu compte, après un long temps d'égarements divers, qu'il était préférable pour moi de demeurer célibataire. Une épître de saint Paul m'a beaucoup inspiré ce choix, qui est difficile - car il ressemble à l'acceptation d'une pauvreté radicale, mais qui est riche à la longue, car Dieu devient l'unique objet du désir). S'il m'arrive assez souvent de souffrir de ma solitude, je parviens cependant - du fait de ma plus grande liberté - à donner un temps pour tout et un temps pour chaque chose. En dehors de mes devoirs d'état (mon travail), j'ai des temps de prière, de lecture, de contemplation, de méditation, de partage et j'en arrive (de temps à autre) à des louanges pures, qui sont comme détachées de mon être de chair: je sais bien que c'est l'Esprit qui se réjouit de Dieu en moi. De quoi me plaindrais-je ?

(*) Le cas des veufs remariés n'avait pas été évoqué au moment où j'ai coupé l'émission.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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