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Au sujet des habitants du coeur...

Publié : lun. 01 juin 2009, 17:04
par etienne lorant
J'ai récemment déclaré à une de mes connaissances, qui ne communie pas en semaine:
"A la messe de ce matin, nous n'étions qu'une poignée, mais lorsque j'ai communié nous y étions une foule, il y avait notamment toi et ta famille; toute ma famille, mes relations et tous les habitants du coeur".

J'ai été très étonné lorsque j'ai reçu en retour ce message: "Comment cela serait-il possible ? Comment un coeur pourrait-il être habité par plusieurs ? Il y en a forcément un qui prime pour toi par-dessus les autres". Je n'ai pas essayé de répondre. La vérité, c'est qu'à partir du moment où j'ouvert mon coeur au Christ, totalement, je me suis rendu compte que toutes les personnes que j'ai connues et aimées, depuis l'âge où j'ai aimé la première fois, y sont présentes. Il y a notamment un ami d'enfance, Philippe, qui était mon voisin et qui a complètement disparu - je n'ai plus de nouvelles de lui depuis 1976. Il y a également une certaine Diane Desrosiers (nom très commun au Québec) avec qui j'ai correspondu au début des années 70: elle habitait Rimouski. Je me suis toujours demandé ce qu'il est advenu d'elle, mais quoi qu'elle soit devenue, elle est bel et bien présente. Il y a aussi Dominique, ce "camarade" de collège qui me tapait sur les doigts en salle d'étude, lorsque j'avais quinze ans et étais si timide, çà le défoulait: c'est lui qui m'a appris à haïr bien avant que j'apprenne à pardonner.... mais il a bien fallu que j'apprenne et c'est par lui que j'ai commencé.

Cette foule de gens qui habitent mon coeur n'y créent aucun désordre, ne suscitent en moi aucune confusion. Car au contact du Christ, dans l'Eucharistie, le coeur ne peut que se dilater: il y a de la place pour chacun et chacune. Mais je comprends ce qu'a voulu dire cette relation: c'est de préférence qu'elle parle ... et je ne peux pas lui répondre - du moins pas tout de suite, pas sans expliquer longuement, que je n'ai plus de préférence.

C'est cependant la vérité. Mon coeur n'a plus de préférence en effet: la première personne que j'aime dans ma journée, c'est (ou ce devrait être) la personne qu'il m'est donné de croiser en premier. Or, dès mon réveil, je remets ma vie à Jésus: en lui tous et toutes se retrouvent incluses. Au fil des ans, c'est devenu pour moi tout simple et évident.