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L'effort d'abandonner
Publié : jeu. 07 mai 2009, 17:49
par etienne lorant
Comme il est bon d'abandonner sa volonté, son désir, ses représentations, son imagerie personnelle... et de tout remettre à Dieu. Cela fait peur, car on dirait que c'est, pour un oisillon, le premier saut hors du nid, dans le vide complet. Mais le retour de la Joie est à ce prix, et ce prix est très modeste, car nous savons que le dessein de Dieu est toujours ce qu'il y a de mieux pour nous ! De plus en plus, s'il y a un effort de volonté à fournir, c'est cet effort-là: l'effort de s'abandonner soi-même.
Re: L'effort d'abandonner
Publié : jeu. 07 mai 2009, 18:02
par coeurderoy
Cher Etienne, on est alors pris de vertige, on craint de s'engloutir, de "perdre les commandes", bref de tout rater.
J'aime cette image de la poétesse Marie Noël (un poème ou une méditation ?) : nous sommes des cruches fêlées, fuyant de toutes parts et en sommes conscients ; comment "contenir" dans ces conditions la Grâce de Dieu...Avec nos efforts nous colmatons les brèches les plus visibles...
La réponse est simple pour Dieu lorsqu'il s'agit de "bien nous utiliser" et de nous combler : cette cruche inutile et abimée, il l'immerge tout simplement dans l'Océan de Son Amour ; ainsi tombée tout au fond, le récipient défectueux baigne-t-il totalement dans l'élément qui l'emplit entièrement, l'environne, le déborde...
Fraternellement in Christo
Re: L'effort d'abandonner
Publié : jeu. 07 mai 2009, 18:35
par etienne lorant
C'est un très beau texte, qui dit très bien "l'obstacle psychologique" de la perte de contrôle. Dans l'oraison : "Non comme je veux, mais comme Tu veux", c'est sans doute la conjonction comme qui traduit le mieux l'abandon du "self control" : c'est renoncer, pas seulement au projet que l'on se figurait le meilleur, mais aussi à la façon de l'atteindre. La cruche fêlée, me fait penser aussi au grain de blé semé en terre: s'il ne meurt pas, il ne porte pas de fruit. Il faut donc mourir à soi-même. Je me souviens du Petit Journal de sainte Faustine. A une page, un grand "X" traversait la page, avec comme commentaire : "A partir de cet instant, ma volonté n'existe plus".