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Le dilemme d’une mère
Publié : mer. 29 avr. 2009, 16:02
par Dúbida
Lu sur
Les Observateurs (France 24).
La Canadienne Myah Walker a été confrontée au pire dilemme que puisse connaître une mère. Les médecins ont très tôt diagnostiqué une anencéphalie à son fœtus, c'est-à-dire une absence quasi complète de cerveau. Elle a pourtant refusé d'avorter. Et contre toute attente, son bébé est toujours en vie deux mois après la naissance.
L'anencéphalie est une maladie congénitale. Le fœtus ne dispose que d'une partie du tronc cérébral, mais pas de cuir chevelu, de voûte crânienne, de méninges, de cervelet ni d'hémisphères cérébraux. Les bébés atteints de cette maladie meurent généralement à la naissance ou dans les jours qui suivent. Les médecins ont diagnostiqué l'anencéphalie dès la 19e semaine de grossesse et ont conseillé à Myah d'avorter. Cette dernière, très croyante, a refusé. Mais, contre toute attente, la petite Faith, née le 19 février, est toujours en vie. Sa mère tient un blog sur son bébé : "
We walk by Faith, not by Sight" ("Nous marchons grâce à la foi et non grâce à la vue"). Attaquée par beaucoup d'internautes canadiens, elle explique son choix sur les Observateurs.
Cette histoire a d'abord été racontée en France par
Revue de Web.
Myah Walker
"Je n'ai pas gardé mon bébé pour prouver ma foi ou mes valeurs morales"
Myah Walker vit dans l'Etat du Nouveau-Brunswick, au Canada. Elle est la mère de Faith.
Le diagnostique m'a sonnée. Le docteur n'a pas dit 'votre bébé souffre d'anencéphalie', il a dit 'votre bébé n'a pas de cerveau'. Je n'avais jamais entendu parler de ce genre de choses, et je n'arrivais pas à y croire. Je lui ai dit 'mais si, il doit bien avoir un cerveau'. Il m'a juste répondu 'non'.
Les médecins ne m'ont pas dit clairement qu'ils me conseillaient d'avorter, mais j'ai senti qu'ils n'approuvaient pas ma décision. Ensuite, j'ai vu d'autres médecins qui m'ont demandé pourquoi je souhaitais le garder. J'étais fâchée, alors la première chose qui me soit venue à l'esprit c'est 'parce que l'avortement est un meurtre', mais en fait ce n'était pas la vraie raison. Je n'ai pas gardé mon bébé pour prouver ma foi ou mes valeurs morales. Je voulais juste mon bébé ; je l'aime quoi qu'il arrive.
J'ai commencé à bloguer huit semaines avant l'accouchement. C'était juste pour partager des photos et des vidéos avec mes proches. J'ai reçu beaucoup de messages haineux. Ca m'a vraiment fait mal, et étonnée. Je ne comprenais pas pourquoi des gens m'attaquaient. Maintenant, je suis au-dessus de tout ça, je ne lis même plus ces messages.
Lorsqu'elle est née, le fait qu'elle soit en pleine forme ne m'a pas surprise. Maintenant, j'espère juste que ça va continuer. Je sais que cela semble fou pour beaucoup, mais je crois honnêtement que cela pourrait durer encore des mois, voire des années. Je ne suis pas choquée, car je sais pourquoi elle est ici. Mais j'imagine que pour les gens qui ne croient pas aux miracles, c'est une énigme."
Que pensez-vous de sa décision ?
Re: Le dilemme d’une mère
Publié : mer. 29 avr. 2009, 17:08
par Harfang
Elle a entièrement remis le sort de sa fille entre les mains du Seigneur, acceptant malgré tout cette terrible épreuve. Je trouve ça fou, complètement fou même, mais courageux et qui ne mérite pas, à mon sens, d'être blâmer puisque la petite ne peut techniquement pas souffrir.
Personnellement ça me laisse perplexe et je ne m'aventurerai pas à émettre un avis sur une situation aussi délicate.
Re: Le dilemme d’une mère
Publié : mer. 29 avr. 2009, 17:23
par etienne lorant
Je retiendrai seulement l'amour de la maman pour son enfant : "Je voulais juste mon bébé; je l'aime quoi qu'il arrive." C'est le type même d'une situation "impossible" à lequel sainte Claire avait pourtant répondu. "Si une des soeurs vient m'avouer avoir commis telle ou telle faute qui doit être sanctionnée, je lui applique la sanction correspondante; si l'une d'entre elles vient me dire : j'ai mis le feu au couvent, je ne peux que plonger en adoration devant Dieu, car Lui seul connaît la réponse appropriée"
Re: Le dilemme d’une mère
Publié : mer. 29 avr. 2009, 17:41
par Raistlin
Comme Etienne, je retiens simplement l'amour de cette mère pour son enfant. Elle a choisi un chemin difficile mais elle ne semble pas le regretter.
Re: Le dilemme d’une mère
Publié : mer. 29 avr. 2009, 18:08
par Cgs
Bonjour,
Cette histoire m'inspire deux réflexions :
1) Le courage de cette femme d'assumer sa grossesse jusqu'au bout : elle a su, alors qu'elle était en état de fragilité due à la grossesse, tenir tête aux médecins et à l'opinion ambiante qui se dit "bien pensante". Bravo ! La prière et la foi dans le Seigneur ont dû être une force déterminante pour cette femme !
2) La suffisance inadmissible des médecins, tant dans leur diagnostic que dans leur jugement de la situation. Lorsqu'il détecte une anomalie, un médecin doit toujours émettre des réserves sur le futur. Parmi certains parents, il existe des cas où l'on avait diagnostiqué une trisomie au foetus, alors que le bébé s'est révélé à la naissance parfaitement sain. En conséquence, le corps médical doit garder, à mon sens, une certaine humilité par rapport à ce qu'il peut diagnostiquer comme pathologies. En médecine, on n'affirme jamais quelque chose avec 100% de certitude. J'ai particulièrement apprécié un médecin qui m'a dit un jour "Vous savez, en médecine, on ne sait jamais parfaitement, mais on peut essayer de comprendre ce qui se passe". Et il avait raison.
Mais ce qui est plus grave dans cette affaire, c'est le droit que prennent les médecins de juger la femme qui prend la décision de garder son enfant. J'aurais envie de leur demander "Et si c'était le vôtre, le tueriez-vous ?" ; "De quel droit critiquez-vous ma décision ?". Ce serait intéressant de voir quel était le contenu des réactions haineuses reçues par cette femme.
Le handicap et le fait d'être contre une pensée ambiante, cela fait peur à beaucoup, d'où ces réactions vives.
A ce propos, une émission très intéressante sur le sujet (et sur d'autres, qui englobent la bioéthique) :
http://www.ktotv.com/cms/videos/fiche_v ... nouveautes
Cela dure 90 minutes, les intervenants sont très intéressants, et parfois rigolos pour certains
Bien à vous,
Re: Le dilemme d’une mère
Publié : mer. 29 avr. 2009, 21:16
par Fée Violine
Cgs a écrit :Ce serait intéressant de voir quel était le contenu des réactions haineuses reçues par cette femme.
Si vous allez voir les deux sites indiqués par Dubida, il y a sur chacun de nombreux commentaires, très divers. Ceux qui critiquent font remarquer que cette enfant, sans cerveau, ne pourra jamais avoir ni sentiments, ni perceptions, que de toute façon elle ne vivra pas longtemps, et que l'argent dépensé pour elle serait mieux utilisé à soigner d'autres personnes. Il y a aussi pas mal de gens qui accusent cette mère d'être soumise à ses convictions religieuses (ils semblent avoir une drôle de conception de la religion). Il y a aussi des personnes athées qui déclarent que cette mère a eu raison.
Re: Le dilemme d’une mère
Publié : jeu. 30 avr. 2009, 19:21
par Dúbida
Je vous demande votre avis et je ne donne même pas le mien...
Au début, j'avoue que je n'avais pas trop compris de quoi il s'agissait (je ne connaissais pas la maladie en question). Avant tout, je précise que je suis généralement opposée à l'avortement, et le fait notamment qu'en France on puisse avorter beaucoup plus tard lorsqu'il s'agit d'un enfant handicapé me laisse un peu... songeuse. Mais ce cas particulier me met mal à l'aise. Je n'arrive pas à prendre position franchement "pour" ou "contre", même si je ne vois pas pourquoi cette mère s'en prend autant dans la figure.
Mais cette malformation est vraiment terrible : la fillette, littéralement, n'a pas de cerveau (je voulais voir, j'ai tapé "anencéphalie" et c'est monstrueux, je ne trouve pas d'autre mot). Et en effet elle n'éprouvera jamais aucun sentiment, elle n'a aucune conscience, elle est aveugle, sourde, ne communique pas du tout... J'ai l'impression que cette enfant est un peu, comme je l'ai lu dans les commentaires de certains sites, "une morte-vivante". Un autre intervenant a écrit (je n'étais pas d'accord avec le reste de son commentaire) : "Derrière ce visage de bébé, il n'y a rien". Et c'est fou de se dire que vraiment, il n'y a rien.
Et je me demande pourquoi Dieu permet une telle chose, et je ne peux pas m'empêcher de m'interroger sur ce que deviendras cette fillette : enfer ? paradis ? autre chose ? elle n'a aucun moyen de choisir entre le bien et le mal, elle ne pense pas (de fait, les bébés n'ont pas de véritables pensées, mais contrairement à ces derniers cette petite ne pensera jamais, n'aura jamais son propre caractère etc).
Bref, je suis un peu perdue là, et moi aussi ça me laisse perplexe.
Re: Le dilemme d’une mère
Publié : jeu. 30 avr. 2009, 23:36
par Harfang
Et je me demande pourquoi Dieu permet une telle chose, et je ne peux pas m'empêcher de m'interroger sur ce que deviendras cette fillette : enfer ? paradis ? autre chose ? elle n'a aucun moyen de choisir entre le bien et le mal, elle ne pense pas (de fait, les bébés n'ont pas de véritables pensées, mais contrairement à ces derniers cette petite ne pensera jamais, n'aura jamais son propre caractère etc).
Bref, je suis un peu perdue là, et moi aussi ça me laisse perplexe.
Même s'il est vrai que sur cette Terre elle n'a guère de conscience, son âme est malgré tout créée, et à sa mort elle sera restaurée dans la maison du Père, un peu à la manière des bébés avortés.
(Je m'engage sur un domaine que je ne connais guère, reprenez moi si je dis des choses fausses)
Re: Le dilemme d’une mère
Publié : ven. 01 mai 2009, 0:06
par Christophe
Dúbida a écrit :Bref, je suis un peu perdue là, et moi aussi ça me laisse perplexe.
Quand vous aurez des enfants, vous comprendrez mieux...
Un enfant n'a besoin que d'une chose pour être heureux : de l'amour. Et si la mère sait pouvoir donner cet amour, elle peut être certaine que son enfant sera heureux.
Re: Le dilemme d’une mère
Publié : ven. 01 mai 2009, 1:21
par Hélène
Christophe a écrit :Et si la mère sait pouvoir donner cet amour, elle peut être certaine que son enfant sera heureux.
Edit : Et si la mère... et le père savent pouvoir donner cet amour, ils peuvent être certains que leur enfant sera heureux.

Re: Le dilemme d’une mère
Publié : ven. 01 mai 2009, 1:37
par Hélène
Je vous expose deux cas vécus proche de moi cette année-même sur mon lieu de travail :
L'une vient d'avoir 40 ans et, ô surprise, elle est enceinte... de jumeaux par dessus le marché ! Toutes ses collègues de travail (sauf moi bien sûr) lui conseillent fortement, à son (grand) âge, d'y penser vivement avant de donner naissance à ces deux enfants... raison de plus, les médecins ont vu "quelque chose" d'anormal pour l'un des foetus. On lui annonce qu'il risque d'être trisomique et que "par prudence", il vaudrait mieux qu'elle se soumette à l'amniocentèse afin d'être sûre et qu'elle puisse "décider" (mais on pousse le bouchon de l'avortement...).
La deuxième, 35 ans, voulait un troisième enfant. L'enfant est voulu, attendu. Puis, malheur, à 12 semaines, elle apprend encore par les spécialistes que l'enfant a ce qu'on appelle une hydrocéphalie et qu'il risque d'être trisomique. Elle ne perd pas de temps et prend rendez-vous à la clinique d'avortement... mais, pour être sûre, elle se soumet à l'amniocentèse et à un test de génétique. Les résultats disent que l'enfant est possiblement trisomique. Elle choisit l'avortement disant qu'elle n'a pas le choix... et qu'elle doit faire vite, "question d'éthique et pour ne pas le sentir bouger", avant la 15e semaine...
Je reviens à la première collègue : elle décide finalement d'aller jusqu'au bout. De poursuivre la grossesse, de ne pas faire l'amniocentèse et de faire confiance "à la nature" (elle n'est pas croyante). Tout de même, elle choisit la vie. Ma seule contribution à cela fût ma prière et l'encouragement pour ces nouvelles vies qu'elle porte. Eh, bien... elle a donné naissance à ses deux jumeaux il y a deux semaines... tous les deux sont en bonne santé, aucune trisomie ou anomalie.
La question se pose : pour cette 2e collègue, si elle avait choisi la vie, est-ce que les choses auraient été toutes autres ? J'ai déjà entendu le témoignage d'une femme qui a vécu une situation semblable. Les médecins lui disaient qu'elle devait se faire avorter parce que l'un de ses jumeaux était trisomique, qu'il pourrait empêcher l'autre d'être mené à terme et qu'elle pourrait en mourir... cette femme était croyante et a choisi d'aller jusqu'au bout dans la prière. Résultat : les deux enfants sont nés tout à fait normaux.
Hélène
Re: Le dilemme d’une mère
Publié : ven. 01 mai 2009, 9:04
par Cgs
Bonjour,
Merci Hélène pour ces témoignages qui illustrent mes propos précédents sur le corps médical !
C'est quand même fou, quand on y pense, que des gens se sentent "obligés" d'avorter dans le souci d'éviter un hypothétique handicap...
Bien à vous,
Re: Le dilemme d’une mère
Publié : ven. 01 mai 2009, 9:47
par Christophe
Oui, et j'ai témoigné sur ce forum d'un cas très similaire à ceux évoqués par Hélène, qui concerne un de mes collègues de travail et pour lequel plusieurs intervenants ont priés (
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... =89&t=7602). Les parents sont musulmans, peut-être cela a-t-il joué dans leur décision... de même que nos prières. Toujours est-il que les médecins avaient émis des diagnostiques contradictoires et orientaient vers une "IMG" ; finalement les parents ont décidé de laisser naître leur enfant. Celui-ci est en parfaite santé, merci pour lui.

Re: Le dilemme d’une mère
Publié : mar. 05 mai 2009, 23:48
par BJLP
Et Dieu vit que c'était Bon!
L'épreuve de cette mère et son courrage est bon au yeux de Dieu surtout son courrage.
Moi, la question que je me pause est la suivante:
Dieu donne la vie.
Dieu crée à son image.
Dieu à-t-il voulu cela pour cet enfant?
La place de cet être vivant et les places de la mère et du père sont déjà assurés au paradis. Est-ce-que je me trompe?
La solidarité de l'entourage c'est cela qui est bon au yeux de Dieu.
Il sait trés bien que c'est une épreuve.
Ne sommes plus aux temps du Christ ou on mettait en cause les fautes des parents lorsqu'ils avaient un enfants pas normal.