Bonjour Cgs
Argh, Raistlin m'a devancé, mais bon ça va, on dit la même chose
Je vais donc répondre à vous deux deux, en utilisant les propos de Raistlin
Bonjour Raistlin,
le catholique ne doit pas contraindre les autres à agir comme lui agirait
Commençons par reconnaître cet accord entre nous.
Cependant, [le catholique] ne doit pas non plus se taire lorsque l'orientation prise est immorale. Ainsi, si ce pays décidait un jour de permettre aux parents tuer dans le ventre de leur mère les bébés dont la couleur des yeux ne leur convient pas, vous taireriez-vous en disant simplement que vous, en tant que catholique, vous ne le ferez pas ? Certes, cet exemple est extrême
L’exemple n’est pas extrême. Il est même dramatiquement d’actualité. Mais il n’a aucune relation avec la question du repos dominical. Dans un cas il s’agit de protéger des innocents mis à mort, incapables de se défendre. Dans l’autre, il s’agit d’hommes et de femmes majeurs, disposant de leur revenu, prenant la responsabilité de leur vie et de leur salut, sans agresser personne.
En êtes-vous certain ? Entre deux postulants - un qui accepet travailler le dimanche et un autre qui refuse - pensez-vous réellement que les chances d'embauche soient identiques ?
Avoir le droit de faire quelque chose ne signifie pas qu’il soit facile de le faire. Bien sûr que les chances d’embauche ne seront pas identiques. Mais avoir une morale forte, des convictions solides, avoir la foi, ça coûte. Et de quel droit faisons-nous reporter ce coût sur autrui ?
Certains qui font carême vont renoncer à sortir au restaurant pendant cette période. La beauté du geste, c’est que les restaurants restent ouverts. Fermez-les pendant le carême et le renoncement n’a plus aucune valeur.
Je l’ai déjà dit sur un autre fil, j’ai eu l’occasion, étant dans la finance, d’embaucher des juifs pratiquants. Ils me demandaient d’inclure dans leur contrat qu’il ne leur serait pas demandé de travailler et de voyager pendant le sabbat (soit dès le vendredi après-midi) et pendant les fêtes juives. Ça posait problème. Mais j’ai accepté, car des gens qui ont le courage de leur conviction ne sont pas seulement admirables, ils seront aussi ceux qui défendront le mieux l’entreprise. Donc même l'employeur qui ne partage pas cette conviction, si l'on se place sur le strict et triste plan de l'intérêt, a tout à gagner à embaucher des croyants.
Pour ma part, je suis contre le travail du dimanche pour le danger que cela représente pour la famille, que l'on soit catholique ou non.
Je ne vois pas pourquoi. Reportez-vous à mon exemple des juifs. Dans une famille catholique, chaque membre qui travaille demandera les mêmes jours de congé, dimanche, Noël, Vendredi Saint, etc. La famille vivra d’autant plus intensément ces jours de congé qu’elle aura dû les demander spécifiquement.
En outre, je m'y oppose car, contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, le dimanche fait partie de l'héritage culturel de la France. Le libéralisme ne me paraît pas une raison suffisante pour rejeter cet héritage.
Il n’y a d’héritage que celui que nous acceptons, chacun pour soi. Sinon ce n’est plus un héritage, mais un boulet.
les Français qui sont pour - selon les sondages - me semblent l'être pour de mauvaises raisons : en gros, ça leur donne un jour de plus pour consommer à outrance. Et en tant que catholique, je me demande dans quelle mesure il n'est pas de notre devoir de dénoncer aussi cette illusion.
Absolument. Mais dénoncer une illusion n’est pas la même chose qu’interdire d’y croire.
Bien à vous,
Christian
Le Sabbat est fait pour l’homme et non pas l’homme pour le Sabbat
Mc, 2 :27