Gidzborg a écrit :Bonjour, je me suis inscrit sur le forum comme ça ça sera plus facile.
En effet, c'est mieux. Soyez le bienvenu.
Dans la suite, je vais essayer d'apporter quelques éléments à votre réflexion. Notez que je ne suis pas théologien et que mon propos comporte certainement de nombreuses lacunes quand ce n'est pas d'erreurs doctrinales. Donc prudence car le sujet que vous abordez est délicat et complexe.
Gidzborg a écrit :Tout d'abord Raistlin j'ai exactement le même raisonnement que toi, donc je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis: Dieu connait bien sa créature: l'homme donc il savait que son fils mourrait sur une croix. Mais ce qui me chiffonne c'est certains détails profétiques comme l'exemple que j'avais donné: (je ne sais plus la formulation exacte) qu'aucun de ses os ne soit brisé. Je sais ça à l'air d'un détail, mais cela signifie que Dieu régule une part de la liberté de l'homme pour parvenir à ses desseins (en gros il prend directement le contrôle du volant).
En fait, je pense qu'il y a deux choses à prendre en compte :
1- Le fait que Dieu sait tout et peut parfaitement prévoir quelles seront nos comportements face à certaines situations et donc oeuvrer dans ce cadre là.
2- L'Église enseigne que Dieu guide l'Histoire des Hommes : c'est la Providence. Mais attention : Dieu ne fait pas pécher. Voilà pourquoi il serait faux de dire que Dieu a guidé ceux qui ont rejeté et crucifié le Christ pour réaliser Son dessein.
Dieu peut nous guider par Sa grâce. Le fait-Il à chaque fois ? Alors, là, je ne sais pas. Mais quoiqu'il en soit, la grâce de Dieu ne va jamais contre notre liberté. Au contraire, elle ordonne notre liberté au Bien qu'est Dieu.
Ce que je veux dire, c'est que la liberté, c'est la capacité d'ordonner sa vie au Bien et de choisir le Bien lorsqu'il se présente à nous. Une liberté non ordonnée donne qu'on fait n'importe quoi selon ce qui nous passe par la tête. Plutôt que d'être libre, nous devenons alors esclaves de nos passions, nos instincts, notre péché, etc. La grâce de Dieu réordonne notre liberté et nous fait choisir le Bien. C'est en cela, à mon sens, que Dieu peut nous guider.
Gidzborg a écrit :Or justement il y a des choses dans la bible qui me font penser que Dieu n'a pas tout prévu à l'avance et c'est justement là que la liberté de l'homme prend toute sa dimension comme cadeau d'un amour infini. L'homme construit son avenir (il peut être parfois être guidé par Dieu, mais Dieu ne décide pas à sa place.)
Dieu est omniscient, c'est aussi affirmé par la Bible. La conclusion logique, c'est que Dieu ne peut en aucun cas être "surpris" ou mis en échec par notre liberté (du fait également de Sa Toute-puissance).
Certes l'Homme est libre et cette liberté est la condition de l'amour. Mais l'omniscience de Dieu Lui permet de savoir ce que nous ferons de notre liberté. Imaginez un homme en haut d'une montagne qui voit, en contrebas, deux hommes s'avançant l'un vers l'autre mais ne le sachant pas. L'homme en haut sait que ces deux hommes vont se rencontrer sans que cela n'amoindrisse pour autant leur liberté. (Attention, ce n'est qu'une image)
Gidzborg a écrit :Est ce que l'homme évolue dans un carcan qui a été construit par Dieu et il doit prouver sa valeur à l'intérieur de ce carcan? (un "oui" me semble bizarre à cette question, parce que cela voudrait dire que l'homme ne construit que son propre avenir et pas celui de l'humanité)
Là, on avance sur le terrain de la doctrine de la prédestination.
Ici, il faut bien comprendre que l'Église condamne l'erreur pélagienne qui dit que l'Homme, par sa liberté seule, peut se sauver. La grâce de Dieu est toujours première (tout comme la foi est un don de Dieu). Ce qui est bien, c'est que Dieu ne refuse Sa grâce à personne (mais en accorde peut-être de plus efficaces à certains qu'à d'autres).
Alors, cela ne signifie aucunement que Dieu décide du moindre de nos mouvements. Cependant, en ce qui concerne le but à atteindre (la vie éternelle auprès de Lui), en effet tout dépend de Sa grâce et des moyens qu'Il nous donne pour y parvenir.
Mais bon, je ne suis pas très à l'aise avec ces notions : ça me dépasse un peu.
Gidzborg a écrit :Est ce que l'homme construit l'avenir de l'humanité? (cela signifierait que l'homme a librement choisit par exemple de prendre du fruit de la connaissance et que Dieu à réagit face à cette action en envoyant son fils sur terre, mais l'hommme pouvait aussi bien choisir de ne pas prendre du fruit de la connaissance) Je préfère la deuxième hypothèse qui rend l'homme plus actif et vraiment maître de son destin. Cela montre que Dieu à laissé véritablement l'homme libre et qu'il n'intervient que pour le guider vers le bien. Dans le cathéchisme de l'Eglise Catholique il est écrit que Dieu peut faire sortir le bien du mal. Je pense donc que par réaction aux mauvaises actions de l'homme il y a une action divine qui est plus ou moins forte, mais qui laisse l'homme totalement libre.
L'Église professe que Dieu est le maître des temps et de l'Histoire.
Certes, l'Homme est libre mais il oeuvre au sein du plan que Dieu a pour l'humanité et pour la Création en général.
Qu'est-ce que cela signifie ? D'abord que l'Homme ne pourra jamais mettre en échec son Créateur. Dieu atteint infailliblement le but qu'Il s'est fixé, du fait de Sa Toute-puissance. Dieu nous a créé dans un but bien précis et ce but ne saurait ne pas être atteint. Un exemple : le péché originel. Dieu savait que nos premiers parents pècheraient et causeraient la chute de l'humanité mais Il avait prévu, de toute éternité, un moyen de nous sauver.
Maintenant, Dieu respecte aussi infiniment notre liberté : c'est également Sa volonté. Et c'est, à mon sens, la raison de la possibilité de l'Enfer : nulle obligation à aimer le Seigneur, nous pouvons nous damner si nous le voulons. Mais dans ce cas, Dieu, tout en respectant et en "validant" le choix des damnés, les mettra "à part" (avec les anges déchus) lorsqu'Il fera toute chose nouvelle car Son but c'est une Création renouvelée, un royaume de fils et de filles, et que ce but sera forcément atteint.
Bon, je ne sais si j'ai répondu à vos questions. J'ai quand même l'impression de ne pas être très clair.
N'est pas théologien qui veut !
Enfin bref, n'hésitez pas à me dire si j'ai répondu à côté de la plaque et à repréciser les points qui vous semblent obscur.
Cordialement,