Bonjour Zafari,
Zafari a écrit :L'adultère est un péché, certes, mais il semblerait que tout dépende des circonstances. J'ai moi même vu un prêtre pour cela, il y a quelques années. Persuadé que j'étais en état de péché mortel. Le prêtre a éclaté de rire... Le seul péché mortel, et celui contre l'Esprit m'a-t-il affirmé.
Je pense qu'il y a là une confusion : le péché contre l'Esprit Saint est le seul qui ne sera pas pardonné. (cf Matthieu 12,31-32)
Mais il existe d'autres péchés graves (le meurtre, le viol, l'adultère, le faux témoignage, etc.) qui, Dieu merci, peuvent être pardonnés. (Ouf !)
Quoiqu'il en soit, et même si la notion de péché mortel doit être manipulée avec précaution (un péché mortel étant la combinaison d'une faute grave ET d'une volonté délibérée de pécher),
l'adultère reste objectivement une faute grave.
Et une faute grave, si elle est commise en pleine conscience et délibérément, devient péché mortel.
Donc à la question l'adultère est-il un péché mortel, je réponds (et je pense être en accord avec la Tradition de l'Eglise) : pas forcément mais le risque est grand que vous en commettiez un, surtout si vous persévérez.
Zafari a écrit :"Quoique vous fassiez, vous ne serez pas dans les clous vis à vis du Magistère... Pratiquez la politique du moindre mal, préservez vos enfants, et ne faîtes de mal ni à votre maîtresse qui vous aime, ni à votre femme qui doit supporter un mari qu'elle n'aime plus. Elle aussi fait des sacrifices, qui bien que non dictés par l'Eglise, la font souffrir. Remettez vous en à la Divine Providence, priez, et si vous vous sentez en paix avec Dieu, allez communier."
Je trouve (ça n'engage que moi) qu'il y a du bon et du moins bon là-dedans.
C'est sûr que le chemin que l'Eglise nous propose est un chemin de sainteté et il n'est pas anormal que nous trébuchions, le sacrement de la réconciliation étant fait pour cela. Il ne faut donc pas désespérer et demander à Dieu, dans la prière et les sacrements, de nous relever à chaque fois.
Cependant, je ne pense pas qu'on puisse se limiter à pratiquer une politique du "moindre mal". Notre devoir de baptisé est, selon Jésus, d'être "parfait comme notre Père céleste est parfait" (Matthieu 5, 48). Le chrétien doit viser la sainteté, doit faire des efforts en ce sens, et ne jamais cesser de viser un idéal qui le dépasse, certes, mais qu'il espère atteindre avec la grâce de Dieu.
Enfin, je vais finir sur une petite précision qui me semble importante : la communion au corps et au sang du Christ nécessite
d'être en état de grâce. Voilà pourquoi il est recommandé de se confesser avant d'aller communier, plus que de se "sentir" en paix avec Dieu (ce qui est très subjectif, vous en conviendrez).
Il ne s'agit pas de règles absurdes mais d'une règle d'amour : en communiant, on accueille le Christ dans notre corps, notre coeur et notre âme.
Fraternellement,