4 février Sainte Véronique
Publié : mer. 04 févr. 2009, 23:05
Chapitre XXVIII
Véronique et le Suaire
Extrait des visions d’A.C Emmerich
[...] De tous les côtés, les gens en fête se rendaient au Temple ; les uns s’écartaient du cortège par crainte pharisaïque de se souiller, d’autres témoignaient quelque compassion. Simon avait à peine fait deux cents pas en portant la croix, lorsqu’une femme de haute taille et d’un air distingué, tenant une jeune fille par la main, sortit d’une grande maison située à gauche de la rue, et se précipita au devant du cortège. C’était Séraphia, femme de Sirach, membre du Sanhédrin, celle qui depuis, reçut le nom de Véronique, de « vera icon » (vrai portrait), par suite de l’acte qu’elle accomplit en ce jour.
Séraphia avait préparé chez elle un vin exquis et aromatisé, dans le pieux dessin de soulager le Seigneur sur son chemin de douleur. Elle était voilée, et un linge pendait de ses épaules. La petite fille qui la suivait était âgée de neuf ans ; tandis que le cortège approchait, elle tenait le vase rempli de vin caché sous son manteau.
Ceux qui marchaient en tête du cortège essayèrent en vain de la repousser. Entraîné par l’amour et la compassion, elle se fraya, avec l’enfant qui la tenait par sa robe, un passage à travers la populace, les soldats et les archers, arriva auprès de Jésus, se jeta à genoux et lui présenta le linge en lui disant : « Permettez-moi d’essuyer la face de mon Seigneur. » Jésus prit le linge de la main gauche et l’appliqua contre son visage ensanglanté ; puis, entre cette main et la droite qui soutenait le bras de la croix, il le pressa un peu, et le rendit à Séraphia en la remerciant. Celle-ci baisa le suaire, le mit sous son manteau contre son cœur et se releva. Alors la jeune fille leva timidement le vase de vin vers Jésus, mais les soldats et les archers l’empêchèrent avec des injures de recevoir ce soulagement. Ce ne fut que grâce à sa grande hardiesse et à la foule qui avait pendant quelques instants arrêté le cortège, que Séraphia parvint à présenter le suaire. Les pharisiens et les archers exaspérés de cette halte, et surtout de l’hommage public rendu au Seigneur, se mirent à le pousser et à le frapper tandis que Véronique se retirait en toute hâte dans sa maison.
A peine rentrée dans sa chambre, elle déposa le suaire sur une table et s’évanouit : la petite fille tomba à genoux à côté d’elle, pleura à chaudes larmes. Un ami de la maison les trouva ainsi, auprès du linge déployé, où s’était empreinte l’image merveilleusement ressemblante du visage ensanglanté de Jésus. Effrayé à cette vue, il fit revenir à elle Véronique, et lui montra le portait du Seigneur. Elle s’agenouilla en s’écriant : « Maintenant je veux tout quitter ; car le Seigneur m’a honorée d’un souvenir. » Ce linge était de laine fine, trois fois plus long que large. On mettait habituellement de pareils suaires autour du cou, et c’était l’usage d’en porter aussi au-devant des gens fatigués, affligés ou malades, et de leur en essuyer le visage pour leur témoigner qu’on prenait part à leur peine et à leur douleur. Véronique garda toujours ce linge suspendu au chevet de son lit ; après sa mort il fut remis à la Sainte Vierge, puis à l’Eglise par les apôtres.
Séraphia était parente de Jean-Baptiste : son père et Zacharie étaient cousins germains. Elle avait au moins cinq ans de plus que la Sainte Vierge, et assista à son mariage avec Saint Joseph. Elle était aussi parente du vieux Siméon, et liée dès l’enfance avec ses fils. Ceux-ci tenaient de leur père un vif désir de la venue du Messie, et Séraphia le partageait avec eux. Lorsque Jésus, à l‘âge de douze ans, enseigna dans le temple de Jérusalem, Séraphia qui n’était pas encore mariée, lui envoyait sa nourriture dans une maison d’Esséniens, située à un quart de lieue de la ville ; car c’était là qu’il se retirait lorsqu’il n’était pas dans le temple.
Séraphia s’était mariée tard avec Sirach, qui descendait de la chaste Suzanne. Il était membre du grand conseil, et fut d’abord très opposé à Jésus : Séraphia eut beaucoup à souffrir de lui à cause de l’attachement qu’il portait au Sauveur. Joseph d’Arimathie et Nicodème le ramenèrent à de meilleurs sentiments, et il permit à sa femme de suivre les enseignements de Jésus. Il se déclara pour lui avec Joseph et Nicodème lors du jugement prononcé par Caïphe, et se sépara comme eux du grand conseil. Séraphia était belle encore, malgré ses cinquante ans. Lors de l’entrée triomphante de Seigneur à Jérusalem, je l’avais vu, tenant une jeune enfant dans ses bras, détacher son voile et l’étendre sous les pas de Jésus. C’est ce même voile qu’elle présenta au Seigneur, afin d’effacer les traces de ses souffrances, dans cette autre marche triomphale, triste, mais plus glorieuse encore que la première. C’est ce même voile que l’Eglise a conservé, et qui est encore aujourd’hui l’objet de la vénération des fidèles.[...]
Livre des Visions de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich
aux Editions Pierre Téqui 1995
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
Véronique et le Suaire
Extrait des visions d’A.C Emmerich
[...] De tous les côtés, les gens en fête se rendaient au Temple ; les uns s’écartaient du cortège par crainte pharisaïque de se souiller, d’autres témoignaient quelque compassion. Simon avait à peine fait deux cents pas en portant la croix, lorsqu’une femme de haute taille et d’un air distingué, tenant une jeune fille par la main, sortit d’une grande maison située à gauche de la rue, et se précipita au devant du cortège. C’était Séraphia, femme de Sirach, membre du Sanhédrin, celle qui depuis, reçut le nom de Véronique, de « vera icon » (vrai portrait), par suite de l’acte qu’elle accomplit en ce jour.
Séraphia avait préparé chez elle un vin exquis et aromatisé, dans le pieux dessin de soulager le Seigneur sur son chemin de douleur. Elle était voilée, et un linge pendait de ses épaules. La petite fille qui la suivait était âgée de neuf ans ; tandis que le cortège approchait, elle tenait le vase rempli de vin caché sous son manteau.
Ceux qui marchaient en tête du cortège essayèrent en vain de la repousser. Entraîné par l’amour et la compassion, elle se fraya, avec l’enfant qui la tenait par sa robe, un passage à travers la populace, les soldats et les archers, arriva auprès de Jésus, se jeta à genoux et lui présenta le linge en lui disant : « Permettez-moi d’essuyer la face de mon Seigneur. » Jésus prit le linge de la main gauche et l’appliqua contre son visage ensanglanté ; puis, entre cette main et la droite qui soutenait le bras de la croix, il le pressa un peu, et le rendit à Séraphia en la remerciant. Celle-ci baisa le suaire, le mit sous son manteau contre son cœur et se releva. Alors la jeune fille leva timidement le vase de vin vers Jésus, mais les soldats et les archers l’empêchèrent avec des injures de recevoir ce soulagement. Ce ne fut que grâce à sa grande hardiesse et à la foule qui avait pendant quelques instants arrêté le cortège, que Séraphia parvint à présenter le suaire. Les pharisiens et les archers exaspérés de cette halte, et surtout de l’hommage public rendu au Seigneur, se mirent à le pousser et à le frapper tandis que Véronique se retirait en toute hâte dans sa maison.
A peine rentrée dans sa chambre, elle déposa le suaire sur une table et s’évanouit : la petite fille tomba à genoux à côté d’elle, pleura à chaudes larmes. Un ami de la maison les trouva ainsi, auprès du linge déployé, où s’était empreinte l’image merveilleusement ressemblante du visage ensanglanté de Jésus. Effrayé à cette vue, il fit revenir à elle Véronique, et lui montra le portait du Seigneur. Elle s’agenouilla en s’écriant : « Maintenant je veux tout quitter ; car le Seigneur m’a honorée d’un souvenir. » Ce linge était de laine fine, trois fois plus long que large. On mettait habituellement de pareils suaires autour du cou, et c’était l’usage d’en porter aussi au-devant des gens fatigués, affligés ou malades, et de leur en essuyer le visage pour leur témoigner qu’on prenait part à leur peine et à leur douleur. Véronique garda toujours ce linge suspendu au chevet de son lit ; après sa mort il fut remis à la Sainte Vierge, puis à l’Eglise par les apôtres.
Séraphia était parente de Jean-Baptiste : son père et Zacharie étaient cousins germains. Elle avait au moins cinq ans de plus que la Sainte Vierge, et assista à son mariage avec Saint Joseph. Elle était aussi parente du vieux Siméon, et liée dès l’enfance avec ses fils. Ceux-ci tenaient de leur père un vif désir de la venue du Messie, et Séraphia le partageait avec eux. Lorsque Jésus, à l‘âge de douze ans, enseigna dans le temple de Jérusalem, Séraphia qui n’était pas encore mariée, lui envoyait sa nourriture dans une maison d’Esséniens, située à un quart de lieue de la ville ; car c’était là qu’il se retirait lorsqu’il n’était pas dans le temple.
Séraphia s’était mariée tard avec Sirach, qui descendait de la chaste Suzanne. Il était membre du grand conseil, et fut d’abord très opposé à Jésus : Séraphia eut beaucoup à souffrir de lui à cause de l’attachement qu’il portait au Sauveur. Joseph d’Arimathie et Nicodème le ramenèrent à de meilleurs sentiments, et il permit à sa femme de suivre les enseignements de Jésus. Il se déclara pour lui avec Joseph et Nicodème lors du jugement prononcé par Caïphe, et se sépara comme eux du grand conseil. Séraphia était belle encore, malgré ses cinquante ans. Lors de l’entrée triomphante de Seigneur à Jérusalem, je l’avais vu, tenant une jeune enfant dans ses bras, détacher son voile et l’étendre sous les pas de Jésus. C’est ce même voile qu’elle présenta au Seigneur, afin d’effacer les traces de ses souffrances, dans cette autre marche triomphale, triste, mais plus glorieuse encore que la première. C’est ce même voile que l’Eglise a conservé, et qui est encore aujourd’hui l’objet de la vénération des fidèles.[...]
Livre des Visions de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich
aux Editions Pierre Téqui 1995
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde