je remets ce que j'avais écrit dans l'autre fil :
Il s'agit de rites sacrés fondés sur une causalité archétypale, c'est à dire que les symboles sensibles , gestes , paroles etc, ayant pour fonctions de manifester quelque chose ont, comme tel, leur fondement et leur efficace dans l'archétype qui complète et achève le geste, la parole dite le monde.
En effet , un symbole n'est là que pour manifester autre chose que lui même, il n'a pas sa signification en lui même mais hors de lui même, car c'est ce qu'il signifie qui le fonde et qui le justifie existentiellement.
Aussi, l'étymologie de symbole, symballein, symbolon évoque-t-elle une notion de "rassembler" et de mise en mouvement, ce qui veut dire que la forme sensible doit rejoindre la forme archétypale pour que le symbole soit complet. En somme il faut que les "deux bouts" se rejoignent, se complètent.
En d'autres termes, pour que le symbole sacré puisse être opérant, il faut que la forme surnaturelle soit prolongée par la forme sensible (et donc pas par n'importe quelle forme) dans le monde. Ainsi, la forme sensible étant en effet le prolongement dans le monde de la forme intelligible, la messe (forme sensible) qui est une répétition en gestes symboliques de son exemple éternel le NT (la forme éternelle), ne peut pas changer. Si le sens symbolique de le messe changeait alors elle ne serait plus l'image de son modèle, ce ne serait plus une messe, mais un rassemblement plus ou moins convivial.
Si la forme sensible ne respecte pas son archétype alors il n'y a plus symbole et plus de causalité, le sensible ne rejoignant plus son modèle céleste et éternel, il devient un rituel profane sans causalité sémantique et sans signification autre que conventionnelle.
On ne peut pas utiliser du pain de mie et du jus d'orange et raconter n'importe quoi sinon le symbole est inopérant.
Aussi lors de la cène il n'y avait que Jésus et les apôtres, il aurait pu y convier les femmes mais il ne l'a pas fait.
C'est donc aussi pourquoi ceux qui croient encore à la présence réelle s'attachent encore à respecter le minimum vital pour que le rituel eucharistique garde son sens symbolique et puisse donc être opérant -en vertu même de sa signification.
En résumé, la liturgie terrestre doit manifester en signifiant le modèle céleste (éternel et immuable) pour qu'en retours celui si produise ses effets dans la liturgie terrestre.
Le céleste appelle le terrestre mais celui doit donc se rendre conforme à son modèle éternel et c'est pour cela que certaines choses ne peuvent jamais changer et que l'église n'a pas même le pouvoir de les changer.
Jean Paul II a donné d'autres explications ici
http://www.vatican.va/holy_father/john_ ... is_fr.html
http://www.vatican.va/holy_father/john_ ... em_fr.html
Si le Christ, en instituant l'Eucharistie, l'a liée d'une manière aussi explicite au service sacerdotal des Apôtres, il est légitime de penser qu'il voulait de cette façon exprimer la relation entre l'homme et la femme, entre ce qui est «féminin» et ce qui est «masculin», voulue par Dieu tant dans le mystère de la Création que dans celui de la Rédemption. Dans l'Eucharistie s'exprime avant tout sacramentellement l'acte rédempteur du Christ-Epoux envers l'Eglise-Epouse. Cela devient transparent et sans équivoque lorsque le service sacramentel de l'Eucharistie, où le prêtre agit «in persona Christi», est accompli par l'homme. C'est là une explication qui confirme l'enseignement de la Déclaration Inter insigniores, publiée sur mandat de Paul VI pour répondre aux interrogations suscitées par la question de l'admission des femmes au sacerdoce ministériel(50).
Tout est symbole de tout dans l'univers chrétien et donc tout porte un sens. On en vient ainsi à la notion de causalité sémantique, c'est à dire que c'est par le sens de la forme sensible que se manifeste l'invisible et donc que la forme sensible peut-être opérante. Le sens est donc le lien avec l'invisible. Qu'on mette une femme prêtre est le sens symbolique de la liturgie devenu différent ne produit plus le lien nécessaire pour avoir une véritable liturgie.
Ainsi donc, si seul un homme peut être prêtre, c'est parce que le masculin, dans sa dimension active, est symbole du Verbe , Jésus Christ, qui crée et "répare" sa création, tandis que le féminin avec la Vierge Marie dans la fonction passive qui conçoit de façon immaculée symbolise en autre l'Essence divine qui contient les 3 Personnes donc l'aspect "matricielle" . Le féminin dans sa dimension maternelle symbolise aussi l'Eglise qui réunit les fidèles et que le Christ a tant aimé (et qu'un mari doit imiter dans ses rapports avec son épouse selon la parole de St Paul Ep 5,25).
Il y a pleins d'autres analogies révélées par les grands théologiens comme St Maxime le Confesseur. L'article parle en outre de la dimension céleste de la liturgie :
http://www.abbaye-liguge.com/uploads/115.pdf