guelfo a écrit :
Je ne pense pas que Saint-Augustin entendait défendre une théocratie, et quand bien même ç'aurait été son intention, eh bien il aurait eu tort.
Vox populi, vox dei.
guelfo a écrit :
Vous mélangez deux choses qui n'ont rien à voir: d'une part la vie spirituelle de l'individu, et d'autre part l'organisation de la vie en société. Les contraintes auxquelles s'astreint librement l'individu afin de se rapprocher de son Créateur deviennent une forme de tyrannie lorsque c'est la société qui tente de les imposer.
J'aimerais d'ailleurs savoir en quoi consisterait "l'aliénation" dont vous accusez le libéralisme. J'aimerais également savoir en quoi ce concept d'origine marxiste pourrait se justifier d'un point de vue chrétien.
Vous séparez deux choses qui ont tout à voir, vous absolutisez le relatif, vous visez le réel mais vous échouez en ne pensant que le relatif abstrait de la totalité.
Le marxisme, contrairement à l'hégélianisme a les mêmes postulats de départ que le libéralisme: il fait de la conscience individuelle singulière une figure première et irréductible du savoir. L'hégélianisme est chrétien considérant la trinité comme la quintessence du réel (voir "la religion accomplie" de Hegel), le marxisme est matérialiste:
Voilà du Marx:
"...dans la société communiste, où chacun n'a pas une sphère d'activité exclusive, mais peut se perfectionner dans la branche qui lui plaît, la société réglemente la production générale, ce qui crée pour moi la possibilité de faire aujourd'hui telle chose, demain telle autre, de chasser le matin, de pêcher l'après midi, (...) de faire de la critique après le repas, selon mon bon plaisir, sans jamais devenir chasseur, pêcheur ou critique." . Soit donc la possibilité, au delà d'un travail réparti égalitairement entre les individus, travail nécessaire à la production des biens vitaux élémentaires, d'une activité riche, multiforme, liée à un champ d'expérimentation très large, permettant aux individus de devenir des individus "complets" et non plus parcellaires, bornés.
Voilà du Hegel:
"On confond souvent la liberté avec l’arbitraire ; mais l’arbitraire n’est qu’une liberté irrationnelle, les choix et les décisions qu’il provoque étant dictés, non par la volonté raisonnable, mais par des impulsions accidentelles, par des mobiles sensibles extérieurs."
« Le contenu de la religion chrétienne en tant que le plus haut stade de développement de la religion en général coïncide parfaitement avec le contenu de la vraie philosophie. »
"cette élévation du fini à l'infini considérée comme une élévation de la vie finie à la vie infinie, nous l'appelons religion » (Fragments d'un Système)."
"la religion ne se développe pas indépendamment de la politique, elle traduit le degré de liberté d'un peuple"
guelfo a écrit :
Je ne partage pas du tout cette vision hégélienne de l'histoire, dont la justification chrétienne m'échappe. Dans la mesure où elle se rapproche des théories ternaires de Joachim de Flore, j'oserais même la qualifier d'hérétique ! ;-) Sérieusement, le dialectisme hégélo-marxien est une théorie fausse et dépassée.
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Rien à voir avec "L'évangile éternel" de Joachim de Flore, en revanche l'individu-roi, mais en fait esclave de ses désirs est un non sens total et est irréconciliable avec le christianisme. Le libéralisme est déjà un corps mort, il a perdu son âme et son activité ne résulte plus que de soubresauts spasmodiques post-mortem.