L'apparent et le réel
Publié : lun. 22 déc. 2008, 17:21
Ce creux entre le dernier dimanche de l'Avent et Noël, comme il est difficile à négocier !
D'un côté, on dirait que le monde tire de toutes ses forces pour que l'on retombe, soit dans le souci, soit dans la consommation (ce qui revient au même), tandis que de l'autre, l'âme aspire à la contemplation, à l'immobilité. J'ai en tête quelques images du reportage intitulé "Le grand silence", qui a été tourné au sein du monastère de la Grande Chartreuse... Je me souviens des lueurs des ombres, des chuchotements, de la lumière devinée... Mais je n'ai pas besoin d'une tel recul. Je retiens seulement l'application à bien faire de petites choses, c'est à cela que se livrait l'un des moines qui taillait un nouvel habit: chacun de ses gestes était mesuré comme s'il ne voulait fournir aucun effort vain, ou bien était-ce que sa prière qui lui conférait cette apparente facilité dans son travail.
Lorsque les Clarisses étaient encore en ville, durant le temps de silence qui précédait le premier office, j'avais remarqué plusieurs fois la totale immobilité de certaines des Soeurs: leurs corps était sans aucun doute présents, mais sans plus ! Car leur prière était d'une telle intensité qu'on pouvait deviner le Ciel présent à travers leur prière. Elles étaient parfaitement immobiles, mais j'allais dire : d'une immobilité de braise. C'était tellement évident qu'il se passait tout autre chose !
Bref, au milieu de ce conflit dans l'invisible, je me garde dans une sorte de "No man's land". Je ne fais pas grand chose, mais je m'applique à être cela n'a rien à voir... Il faut s'accepter tel qu'on est et s'aimer comme un autre prochain. J'ai passé une heure à ranger les tiroirs de mon bureau, et maintenant j'écris quelques lignes sans chercher la moindre subtilité. Je suis sobre depuis hier. Le 24 décembre, je boirai deux petites coupes de Clairette de Die en compagnie de ma soeur et d'un voisin, qui est veuf et très isolé. Petit toasts de pain brioché, chacun deux rondelles de foie gras, et diverses confitures. Ce sera tout... et la messe de Minuit, si c'est possible cette année.
En attendant, ce midi, j'ai trouvé les vœux de Noël d'une amie qui m'est chère, mais à son écriture toute tronquée, à certaines lettres recroquevillées sur elles-même, je devine l'effort qu'elle a fourni, car elle n'avait strictement rien à écrire, mais elle s'est forcée - et elle n'aurait pas dû. Rien de plus pénible que d'essayer de forcer un tel blocage, je le comprends très bien ! Je ne suis pas parvenu à écrire cette année (si ce n'est ici) et il me reste à peine demain pour trouver un cadeau : un chèque-livre fera l'affaire. Et puis, je téléphonerai.
Tenez, voici ce que je propose à tous: qu'en ce Noël, nous fournissions le très simple effort de demeurer tels que nous sommes, et de paraître tels. Le Seigneur, Lui, saura très bien nous donner le signe de la fête, tel qu'Il l'a voulue. Jésus, j'ai confiance en Toi !
D'un côté, on dirait que le monde tire de toutes ses forces pour que l'on retombe, soit dans le souci, soit dans la consommation (ce qui revient au même), tandis que de l'autre, l'âme aspire à la contemplation, à l'immobilité. J'ai en tête quelques images du reportage intitulé "Le grand silence", qui a été tourné au sein du monastère de la Grande Chartreuse... Je me souviens des lueurs des ombres, des chuchotements, de la lumière devinée... Mais je n'ai pas besoin d'une tel recul. Je retiens seulement l'application à bien faire de petites choses, c'est à cela que se livrait l'un des moines qui taillait un nouvel habit: chacun de ses gestes était mesuré comme s'il ne voulait fournir aucun effort vain, ou bien était-ce que sa prière qui lui conférait cette apparente facilité dans son travail.
Lorsque les Clarisses étaient encore en ville, durant le temps de silence qui précédait le premier office, j'avais remarqué plusieurs fois la totale immobilité de certaines des Soeurs: leurs corps était sans aucun doute présents, mais sans plus ! Car leur prière était d'une telle intensité qu'on pouvait deviner le Ciel présent à travers leur prière. Elles étaient parfaitement immobiles, mais j'allais dire : d'une immobilité de braise. C'était tellement évident qu'il se passait tout autre chose !
Bref, au milieu de ce conflit dans l'invisible, je me garde dans une sorte de "No man's land". Je ne fais pas grand chose, mais je m'applique à être cela n'a rien à voir... Il faut s'accepter tel qu'on est et s'aimer comme un autre prochain. J'ai passé une heure à ranger les tiroirs de mon bureau, et maintenant j'écris quelques lignes sans chercher la moindre subtilité. Je suis sobre depuis hier. Le 24 décembre, je boirai deux petites coupes de Clairette de Die en compagnie de ma soeur et d'un voisin, qui est veuf et très isolé. Petit toasts de pain brioché, chacun deux rondelles de foie gras, et diverses confitures. Ce sera tout... et la messe de Minuit, si c'est possible cette année.
En attendant, ce midi, j'ai trouvé les vœux de Noël d'une amie qui m'est chère, mais à son écriture toute tronquée, à certaines lettres recroquevillées sur elles-même, je devine l'effort qu'elle a fourni, car elle n'avait strictement rien à écrire, mais elle s'est forcée - et elle n'aurait pas dû. Rien de plus pénible que d'essayer de forcer un tel blocage, je le comprends très bien ! Je ne suis pas parvenu à écrire cette année (si ce n'est ici) et il me reste à peine demain pour trouver un cadeau : un chèque-livre fera l'affaire. Et puis, je téléphonerai.
Tenez, voici ce que je propose à tous: qu'en ce Noël, nous fournissions le très simple effort de demeurer tels que nous sommes, et de paraître tels. Le Seigneur, Lui, saura très bien nous donner le signe de la fête, tel qu'Il l'a voulue. Jésus, j'ai confiance en Toi !