Raistlin a écrit :
Mais qui a Dieu n'avait pas la connaissance ? Personne.
Que cherchez-vous à dire?
Raistlin a écrit :
Votre erreur, c'est simplement de demander pourquoi Dieu est Amour plutôt que connaissance, comme si on pouvait "être" la connaissance.
"Dieu est Amour" n'est pas plus ou moins compréhensible que "Dieu est Connaissance". D'ailleurs dans l'Amour tel que vous le comprenez, vous faites plus ou moins un mélange des genres en y placant le sentiment, l'acte du don de soi, et même la connaissance?
Ma solution provisoire serait de dire : "Dieu est l'Aimable Connaissance" pour conserver le bon sens qui nous dit que l'on ne peut aimer quelqu'un que l'on ne connaît pas.
Mais cette solution de bon sens n'est pas du tout adaptée au "Dieu est Amour" de Saint Jean:
(...)
Premier principe : ce qui est le plus profond est aussi le plus universel. Autrement dit, l’expérience humaine de l’amour est une voie réelle d’accès au mystère de Dieu.
(...)
Claude DAGENS, évêque d’Angoulême
DIEU EST AMOUR, première encyclique de Benoît XVI
Nous sommes donc poussés vers la solution insensée, peut-être est-ce pour cela que l'on parle de "folie de Dieu": aimer pour connaître et non pas connaître puis aimer.
C'est effectivement un renversement saisissant de perspectives: habituellement la connaissance de la personne précède le sentiment d'amour à son égard.
Mais cela soulève une deuxième difficulté: la spontanéité d'un tel amour, le bon sens nous dit que l'amour ne se commande pas, il se manifeste spontanément suite à la connaissance de la chose ou de la personne. Peut-on aimer sans le sentiment? Est-ce que cela ne s'apparente pas plutôt au devoir?
Une solution serait de dire que l'Inconnu, le Mystère, est de soi chose aimable: l'Inconnu est aimé avant même qu'il se dévoile.
Raistlin a écrit :
D'ailleurs, à bien y réfléchir, quand bien même Dieu serait "connaissance", ça ne l'empêcherait en rien d'être d'abord Amour.
Mais il faudrait alors expliquer comment la connaissance sort de l'amour alors que l'expérience quotidienne témoigne du contraire.
Par exemple vous connaissez quelqu'un et vous ne l'aimez pas du tout. Ce quelqu'un tombe à terre, vous allez le relever. Est-ce que soudainement vous vous êtes mis à l'aimer? Pas du tout, vous n'avez que satisfait à votre devoir de charité.
Vous avez actualisé la bonne action, vous n'avez pas actualisé le sentiment, et ce n'est pas de l'amour pour le prochain mais l'accomplissement d'un devoir.
"Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas" disait Pascal. Si vous n'aimez pas quelqu'un, la raison, le devoir, ne pourront pas vous forcer à l'aimer.
Raistlin a écrit :
Je vous ai dit ce que c'était, du moins ce qu'était l'Amour au sens le plus pur (donc divin) du terme.
Lisez les réponses que l'on donne à vos questions.
Vous avez défini l'amour comme le "don de soi", je vous ai indirectement répondu que ce n'est pas l'amour, mais un acte d'amour lorsqu'il est motivé par le sentiment d'amour, retranchez le sentiment d'amour et ce n'est plus de l'amour.
Raistlin a écrit :
Premier de quoi ? De quoi parlez-vous ? Vous savez que vous êtes incompréhensible par moments ?
Premier car il n'est pas un mélange de sentiments comme par exemple l'effroi, mélange de peur et d'étonnement.
Raistlin a écrit :
La question est pourtant claire : pour vous l'amour c'est quoi ?
Un sentiment, Descartes parlait de passion de l'âme, cela revient au même:
Art. 56. L’amour et la haine.
Or, toutes les passions précédentes peuvent être excitées en nous sans que nous apercevions en aucune façon si l’objet qui les cause est bon ou mauvais. Mais lorsqu’une chose nous est représentée comme bonne à notre égard, c’est-à-dire comme nous étant convenable, cela nous fait avoir pour elle de l’amour ; et lorsqu’elle nous est représentée comme mauvaise ou nuisible, cela nous excite à la haine.
"Les passions de l'âme"
Descartes
Raistlin a écrit :
Et justement, parce que le loup implique la peur, il n'est pas la peur. De même, la connaissance du mal n'est pas le mal.
Oui la connaissance du mal est un bien, elle permet de l'éviter. Alors pourquoi l'interdit divin sur la connaissance du bien et du mal?
Raistlin a écrit :
Avez-vous déjà vu un amour qui ne se traduit pas en actes ? Non, car ça n'existe pas.
Donc un malade ne disposant plus de ses facultés physiques et mentales ne peut plus aimer? Parce qu'il n'est plus capable d'effectuer un acte d'amour?