Dies Irae

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
Règles du forum
Forum d'échanges sur la Sainte Bible.
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Dies Irae

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,26-37.
Ce qui se passera dans les jours du Fils de l'homme ressemblera à ce qui est arrivé dans les jours de Noé.
On mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche. Puis le déluge arriva, qui les a tous fait mourir.
Ce sera aussi comme dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ;
mais le jour où Loth sortit de Sodome, Dieu fit tomber du ciel une pluie de feu et de soufre qui les a tous fait mourir ;
il en sera de même le jour où le Fils de l'homme se révélera.
Ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et qui aura ses affaires dans sa maison, qu'il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu'il ne retourne pas en arrière.
Rappelez-vous la femme de Loth.
Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera.
Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l'une sera prise, l'autre laissée.
Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l'une sera prise, l'autre laissée. »
Les disciples lui demandèrent : « Où donc, Seigneur ? » Il leur répondit : « Là où il y a un corps, là aussi se rassembleront les vautours. »

Je sais, je sais: à partir de ce texte, une multitude d'interprétations sont possibles, et ne serions-nous pas justement parvenus à ce temps ? Mais j'applique à ce passage la même méthode d'intériorisation que j'emploie avec tous les autres: en quoi cette Parole m'a-t-elle touché aujourd'hui ? Et aussitôt, j'ai ma réponse.

Jésus nous dit qu'il va se passer un événement qui correspond très fort à ce que j'ai vécu lors de ma conversion, le jour où le Fils de l'homme s'est révélé. Nombre de pensées en moi, de constructions charnelles et inhumaines, se sont retrouvées anéanties, exactement comme si je ne les avais jamais eues. C'est au point que, lorsque j'essaie de me souvenir de la trace que je prétendais laisser en ce monde, j'ai très difficile et je me dis : mais non, ce n'était pas moi ! Lorsque l'amour de Dieu m'a été manifesté par le don total du Christ, j'ai d'abord vécu le Sodome de toutes mes opinions et prétentions mondaines; tout fut balayé en un instant. Et au même moment, je suis entré dans l'arche. J'ai vécu ce double mouvement, qui ressemble fort pour moi à la "répétition spirituelle" de mon baptême.

La femme de Loth m'apparaît également. Oh, comme je suis reconnaissant au Seigneur que ce jour, ce jour-là, mes yeux s'étant ouverts sur l'Amour, je n'ai pas retenu pour moi la moindre parcelle de "doute raisonnable" ! La Joie était si forte, si puissante, elle me soulevait si haut, que j'ai demandé à mourir. Or, je lis : "Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera." J'aurais bien voulu m'envoler vers le Royaume ce jour-là, car toute ma vie ancienne avait véritablement cessé d'être: j'aurais pu tout aussi bien en balayer la poussière étalée sur le sol de ma chambre. C'est le fait de demander à mourir qui m'a donner la Vie et c'est l'absence complète d'hésitation dans mon coeur qui me préserve, encore aujourd'hui, de ce qui est arrivée à cette femme. Pourquoi ce sort terrible, de se retrouver changé en statue de sel ? Sans doute parce qu'une statue représente un mouvement figé. Sauf dans une statue, nul ne peut être et avoir été. Demeurer un peu des deux, c'est pire que d'être ni vivant ni mort... ce qui me renvoie immédiatement au paralytique ficelé sur sa civière. Est-il mort ou est-ce un homme vivant?

Cela survient, les journaux n'en parlent pas, les proches ne savent qu'en dire, mais un homme est passé de la mort à la vie et un autre de la vie à la mort. La multitude erre dans le monde entre mort et vie, certains sont tièdes ou figés, mais il est évident que là où les vautours s'assemblent, il y a un cadavre. Et il est tout aussi évident que là où les anges proclament la gloire de Dieu, il y a un homme entré dans la Vie.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : florence_yvonne, morpheus et 4 invités