Des temples à purifier
Publié : lun. 10 nov. 2008, 11:00
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 2, 13-22)
13 Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
14 Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
15 Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
16 et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
17 Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
18 Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
19 Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
20 Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
21 Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.
22 Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Durant l'après-midi, je me suis retrouvé chez des amis et le partage au sujet du corps, temple de l'Esprit, a été très intéressant et nous a conduit à nous interroger sur de curieuses formes (modernes ou de toujours ?) d'opacité de la conscience. Nous avons parlé de ces croyants, croyants pratiquants, qui commettent des fautes sans en avoir conscience. Je me suis exclamé que ce n'est pas possible ! Et cependant, j'ai dû reconnaître que mon auteur du moment, Julien Green, en effectuant son retour à l' Eglise catholique (sa famille était protestante), s'était aperçu qu'il avait commis des fautes sans avoir éprouvé le moindre remord. Il avait expliqué qu'ayant grandi dans ce milieu particulier, il avait possédé très naïvement la certitude du salut, de telle sorte qu'il péchait gravement, mais sans éprouver le moindre besoin de lutter contre ses penchants. La découverte de la confession lui avait été d'autant plus pénible. Pour tout dire, il avait jusqu'alors trempé dans la luxure sans jamais se douter qu'en suivant ses penchants, il se séparait de Dieu. Et en grande partie, son Journal est né de la nécessité d'une veille constante...
Nous avons discuté également du cas du jeune Abbé G., mis en cause dans une large enquête de photos pédophiles sur internet. Inculpé, il n'avait pas nié les faits: il avait bel et bien acheté des accès illicites et payé avec sa carte de crédit. Les journaux lui avaient prêté une déclaration qui disait en substance: aussi longtemps tout restait sur le plan virtuel, il n'avait pas eu conscience de faire le mal, ni même songé qu'en payant, il finançait un réseau criminel. (Il est vrai que notre culture télévisuelle nous a déshabitués de nous méfier du flot d'images qui coulent sur nos écrans...) Pour ma part, je dois reconnaître qu'au tout début de ma rencontre avec le web, je n'avais pas pu résister à la tentation de certains sites. Mais quoi, j'avais tout de suite éprouvé les remords caractéristiques du péché et éprouvé un regret amer. Bref, j'avais cru les prêtres et les religieux mieux protégés que les laïcs, à cause de leur formation théologique...
Que l'on puisse ne pas ressentir cette morsure de la conscience lorsque celle-ci est agressée et outrepassée, j'en demeure tout de même étonné Mais il paraît que si, c'est ainsi. Il y a donc des âmes qui font le mal en ne percevant pas qu'il soit tel, et qui ne se reprocheront rien aussi longtemps qu'elles n'auront pas été soumises au plus vif éclairage.
C'est une fameuse découverte ! Elle me renforce dans mes options de lutte, d'effort, de veille et de prière. Car si l'œil est la lampe du corps, la lumière est d'autant plus vive que l'on prie. Je ne peux toutefois pas demander comme fit le curé d'Ars, de pouvoir "se voir comme il était vu". Il avait obtenu du Seigneur ce qu'il avait demandé et son seul commentaire, après une vision qualifiée d'épouvantable, mérite d'être repris: "Ce fut une grâce d'avoir cette vision et une grâce plus grande encore d'en être arraché".
Seigneur, s'il est vrai que nous sommes-nous même des Temples du Christ, viens vite à notre aide, car de combien de trafics devons-nous encore débarrasser la maison du Père ?
13 Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
14 Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
15 Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
16 et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
17 Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
18 Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
19 Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
20 Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
21 Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.
22 Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Durant l'après-midi, je me suis retrouvé chez des amis et le partage au sujet du corps, temple de l'Esprit, a été très intéressant et nous a conduit à nous interroger sur de curieuses formes (modernes ou de toujours ?) d'opacité de la conscience. Nous avons parlé de ces croyants, croyants pratiquants, qui commettent des fautes sans en avoir conscience. Je me suis exclamé que ce n'est pas possible ! Et cependant, j'ai dû reconnaître que mon auteur du moment, Julien Green, en effectuant son retour à l' Eglise catholique (sa famille était protestante), s'était aperçu qu'il avait commis des fautes sans avoir éprouvé le moindre remord. Il avait expliqué qu'ayant grandi dans ce milieu particulier, il avait possédé très naïvement la certitude du salut, de telle sorte qu'il péchait gravement, mais sans éprouver le moindre besoin de lutter contre ses penchants. La découverte de la confession lui avait été d'autant plus pénible. Pour tout dire, il avait jusqu'alors trempé dans la luxure sans jamais se douter qu'en suivant ses penchants, il se séparait de Dieu. Et en grande partie, son Journal est né de la nécessité d'une veille constante...
Nous avons discuté également du cas du jeune Abbé G., mis en cause dans une large enquête de photos pédophiles sur internet. Inculpé, il n'avait pas nié les faits: il avait bel et bien acheté des accès illicites et payé avec sa carte de crédit. Les journaux lui avaient prêté une déclaration qui disait en substance: aussi longtemps tout restait sur le plan virtuel, il n'avait pas eu conscience de faire le mal, ni même songé qu'en payant, il finançait un réseau criminel. (Il est vrai que notre culture télévisuelle nous a déshabitués de nous méfier du flot d'images qui coulent sur nos écrans...) Pour ma part, je dois reconnaître qu'au tout début de ma rencontre avec le web, je n'avais pas pu résister à la tentation de certains sites. Mais quoi, j'avais tout de suite éprouvé les remords caractéristiques du péché et éprouvé un regret amer. Bref, j'avais cru les prêtres et les religieux mieux protégés que les laïcs, à cause de leur formation théologique...
Que l'on puisse ne pas ressentir cette morsure de la conscience lorsque celle-ci est agressée et outrepassée, j'en demeure tout de même étonné Mais il paraît que si, c'est ainsi. Il y a donc des âmes qui font le mal en ne percevant pas qu'il soit tel, et qui ne se reprocheront rien aussi longtemps qu'elles n'auront pas été soumises au plus vif éclairage.
C'est une fameuse découverte ! Elle me renforce dans mes options de lutte, d'effort, de veille et de prière. Car si l'œil est la lampe du corps, la lumière est d'autant plus vive que l'on prie. Je ne peux toutefois pas demander comme fit le curé d'Ars, de pouvoir "se voir comme il était vu". Il avait obtenu du Seigneur ce qu'il avait demandé et son seul commentaire, après une vision qualifiée d'épouvantable, mérite d'être repris: "Ce fut une grâce d'avoir cette vision et une grâce plus grande encore d'en être arraché".
Seigneur, s'il est vrai que nous sommes-nous même des Temples du Christ, viens vite à notre aide, car de combien de trafics devons-nous encore débarrasser la maison du Père ?